PARTIE 34 – L’aveu d’Aaron Bell confirma le meurtre de Martha, mais son dernier secret impliqua Eleanor dans une décision qu’Olivia ne pouvait plus ignorer

Rachel Bell mit plusieurs secondes avant de lancer l’enregistrement.

Elle se trouvait dans une maison protégée, entourée de deux agents qui avaient accepté de rester hors champ.

Olivia, toujours dans le mausolée, s’assit devant la plaque de Martha.

Richard Harrington resta près d’elle.

Eleanor demeura plus loin.

Michael se tenait debout contre le mur.

Natalie regardait tout depuis la salle sécurisée.

Andrew aussi.

Claire avait connecté Iris à un environnement isolé afin que la preuve, si elle était authentique, puisse être vérifiée sans activer immédiatement la dissolution.

Rachel parla :

« Mon père a enregistré ça six mois avant sa mort. Il était malade. Il savait que je fouillais dans ses affaires. Il m’a laissé plusieurs cassettes mais m’a demandé de n’en utiliser aucune sauf si Guardian essayait de reprendre Olivia. »

Olivia fronça les sourcils.

« Il connaissait mon nom jusque-là. »

« Oui. »

« Est-ce qu’il m’a déjà vue ? »

Rachel hésita.

« Oui. »

Olivia regarda Eleanor.

Elle baissa les yeux.

Rachel continua :

« Quand vous étiez enfant. Quelques fois. Mais à distance. »

Olivia ferma les yeux.

« Lancez. »

Rachel appuya.

La voix d’Aaron Bell apparut.

Plus faible que dans les anciens enregistrements.

« Si Olivia Harrington entend ceci, alors quelqu’un a probablement décidé qu’elle devait enfin payer pour ce que nous avons fait avant sa naissance. »

Olivia serra les doigts sur ses genoux.

Bell poursuivit :

« Je suis son père biologique. Martha Harrington était sa mère. Martha n’a jamais choisi de me donner un enfant. Ce point doit être compris avant tout le reste. »

Le silence devint lourd.

Eleanor leva brusquement les yeux.

Richard Harrington se raidit.

Olivia semblait ne plus respirer.

Bell continua :

« Notre relation avait commencé volontairement. Elle s’est terminée avant sa grossesse. Après, j’ai essayé de la convaincre de revenir vers moi. Elle a refusé. J’ai insisté. Je l’ai menacée avec des informations que je possédais sur Arthur. Je regrette cela. »

Rachel ferma les yeux de l’autre côté de l’écran.

« La nuit de sa mort, Arthur m’a envoyé chez elle. Guardian avait détecté qu’elle préparait une divulgation. J’avais pour instruction de l’empêcher de remettre certains documents à la police. »

Olivia regarda la pierre portant le nom de sa mère.

« Martha était vivante et consciente quand je suis arrivé. Elle m’a dit qu’elle savait pour Guardian. Qu’elle savait ce que son père avait fait. Et qu’elle savait ce que j’étais devenu. »

Bell toussa sur l’enregistrement.

« Je lui ai demandé les copies. Elle a refusé. J’avais sur moi un sédatif utilisé par Guardian. L’ordre d’Arthur disait neutralisation permanente si divulgation imminente. »

Michael ferma les yeux.

Richard Harrington détourna la tête.

Bell continua :

« J’ai injecté le produit. Je savais que la dose pouvait la tuer. »

Olivia émit un bruit étranglé.

Richard posa sa main près d’elle sans la toucher.

Bell :

« Je pourrais dire que j’obéissais à Arthur. Ce serait vrai et insuffisant. J’aurais pu refuser. Je ne l’ai pas fait. »

Natalie sentit la différence avec tant d’autres confessions.

Pas de protection invoquée.

Pas de nécessité.

Un choix reconnu.

« Martha a compris ce que je venais de faire. Elle m’a demandé une seule chose. Que l’enfant vive. »

Olivia ferma les yeux.

Bell poursuivit :

« Je ne savais pas encore qu’elle était enceinte. Arthur, si. »

Michael serra la mâchoire.

« Martha est morte moins d’une heure plus tard. Arthur m’a ordonné d’effacer la grossesse du rapport et de transférer l’enfant après la naissance sous une identité familiale contrôlée. »

Olivia ouvrit les yeux.

« L’enfant est née plusieurs mois plus tard, prématurément, après que le corps médical a maintenu la grossesse aussi longtemps que possible. »

Natalie fronça les sourcils.

« Martha n’était donc pas morte immédiatement ? »

Claire secoua la tête.

« Il doit parler d’un maintien somatique temporaire. »

Richard Harrington devint livide.

Eleanor pleurait.

Bell expliqua :

« Martha avait une grossesse viable mais très précoce. Arthur a exigé que les médecins prolongent les fonctions corporelles assez longtemps pour sauver le fœtus. Je ne sais pas si cela a été fait pour l’enfant ou pour la succession. Probablement les deux. »

Olivia couvrit sa bouche.

Natalie sentit l’horreur de ce que cela signifiait.

Olivia avait littéralement été portée par le corps de sa mère après la mort cérébrale ou l’incapacité irréversible de celle-ci.

Bell continua :

« Eleanor Pierce-Harrington a accepté d’adopter l’enfant et de la présenter comme la sienne. Richard Harrington ne savait pas. »

Richard regarda sa femme.

Eleanor sanglotait.

« C’est vrai. »

Bell :

« Eleanor m’a posé une condition. Je ne devais jamais réclamer de rôle parental. »

Olivia fixa Eleanor.

« Et il a accepté ? »

Rachel murmura :

« Oui. »

L’enregistrement continuait.

« Je l’ai accepté parce que je savais que je n’avais aucun droit moral après ce que j’avais fait à Martha. Mais des années plus tard, j’ai essayé de voir Olivia. Eleanor m’en a empêché. Elle avait raison. »

Eleanor ferma les yeux.

Bell inspira difficilement.

« Ce qu’Eleanor n’a jamais su, c’est qu’Arthur avait créé Iris. Il voulait que la fille de Martha conserve une autorité secrète sur Guardian. C’était sa manière tordue de croire qu’il réparait quelque chose. »

Michael eut un rire froid.

« Réparer. »

Bell :

« Lorsque Arthur est mort, j’ai conservé la preuve d’Iris. J’aurais dû la détruire. Je ne l’ai pas fait. »

Olivia regarda Rachel.

« Donc la lettre… »

Rachel répondit :

« Oui. »

« C’était lui ? »

Rachel secoua la tête.

« Pas entièrement. »

L’enregistrement allait répondre.

Bell poursuivit :

« J’ai préparé une lettre pour Olivia mais je n’ai jamais osé l’envoyer. Je l’ai donnée à Eleanor. »

Tous se tournèrent vers elle.

Eleanor pâlit.

Olivia murmura :

« Toi. »

Bell continua :

« Elle devait décider si et quand Olivia devait savoir. »

Olivia se leva.

« C’est toi qui m’as envoyé la lettre il y a quatre ans. »

Eleanor pleurait.

« Oui. »

« Pourquoi quatre ans avant aujourd’hui ? »

Eleanor répondit :

« Parce que j’avais découvert que Samuel Ortiz avait recommencé à chercher Iris. »

« Et tu ne pouvais toujours pas simplement me dire la vérité. »

Eleanor secoua la tête.

« J’avais peur que tu me haïsses. »

Olivia eut un rire douloureux.

« Alors tu as choisi une énigme envoyée anonymement. »

« Oui. »

« Tu voulais que je découvre ma mère morte, mon père meurtrier et mon rôle dans Guardian toute seule. »

« Je pensais pouvoir te guider si quelque chose se produisait. »

Olivia regarda autour d’elle.

« Vous pensez tous que guider veut dire tenir les fils sans qu’on les voie. »

Natalie ferma les yeux.

Exactement.

Bell continua sur l’enregistrement :

« Si Olivia écoute ceci, je veux qu’elle sache qu’Eleanor a sauvé sa vie. »

Olivia se figea.

« Arthur voulait qu’elle soit élevée à l’intérieur d’une structure Guardian surveillée. Eleanor a falsifié plusieurs documents pour la sortir de la chaîne opérationnelle. Richard Harrington a involontairement renforcé cette protection en la reconnaissant comme sa fille. »

Richard regarda Eleanor.

Elle pleurait.

Bell :

« Cela ne justifie pas ses mensonges. Je dis seulement ce qui est vrai. »

Olivia s’assit de nouveau.

L’enregistrement continuait.

« Pour activer la dissolution d’Iris, il faut reconnaître officiellement que Martha est morte à cause d’une action Guardian. Je confirme que c’est le cas. J’ai exécuté l’ordre. »

Claire regarda son écran.

Un indicateur Iris venait de passer de rouge à jaune.

EVIDENCE MATCH FOUND.

« Ça le reconnaît », dit-elle.

Olivia leva les yeux.

Bell terminait.

« Olivia, je ne te demande pas de me considérer comme ton père. Je ne mérite pas ce mot. Rachel est ma fille aussi. Elle n’est responsable de rien de ce que j’ai fait. Si vous vous rencontrez un jour, ne lui faites pas porter ma faute. »

Rachel pleurait maintenant.

Olivia regardait l’écran.

Bell conclut :

« Martha voulait que tu vives sans Guardian. Si tu peux terminer ce qu’elle n’a jamais pu commencer, fais-le seulement parce que c’est ton choix. Pas le mien. Pas celui d’Arthur. »

L’enregistrement s’arrêta.

Personne ne parla.

Claire regarda Iris.

« L’autorité de dissolution est maintenant disponible. »

Sur l’écran :

CONFIRM GUARDIAN TERMINATION?
AUTHORIZED SUCCESSOR: OLIVIA HARRINGTON.

Deux options.

OUI.

NON.

Olivia regarda les mots.

Richard Harrington s’approcha.

« Tu n’as pas besoin de décider maintenant. »

Michael murmura :

« Certaines cellules sont déjà suspendues. La dernière de Marianne existe toujours. On a un peu de temps. »

Marianne acquiesça.

« Tu peux attendre. »

Olivia leva les yeux vers tous ces adultes.

« C’est presque drôle. »

Personne ne sourit.

« Toute ma vie, vous avez décidé avant que j’aie le choix. Maintenant que j’ai enfin un bouton devant moi, tout le monde devient prudent. »

Natalie parla depuis l’écran.

« Parce qu’il doit être à toi. »

Olivia la regarda.

« Qu’est-ce que tu ferais ? »

Natalie secoua la tête.

« Je ne te le dirai pas. »

« Pourquoi ? »

« Parce que si je te dis ce que je ferais, tu vas devoir décider si tu fais pareil ou si tu me contredis. Et je ne veux pas ajouter ma voix à toutes les autres. »

Olivia resta silencieuse.

Andrew sourit faiblement depuis son écran.

« Elle devient agaçante avec cette histoire de choix. »

Natalie le regarda.

« Tu es blessé, pas protégé contre les représailles. »

Olivia rit malgré elle.

Petit rire.

Mais réel.

Puis elle regarda Eleanor.

« J’ai besoin de savoir une chose. »

« Tout. »

Olivia secoua la tête.

« Une chose seulement. Quand tu m’as prise, est-ce qu’Arthur te l’a ordonné ? »

Eleanor répondit sans hésiter.

« Non. »

« Tu pouvais refuser ? »

« Oui. »

« Pourquoi tu as accepté ? »

Eleanor regarda sa fille.

« Parce que je t’ai vue. »

Olivia attendit.

« Tu étais minuscule. En soins intensifs. Personne n’était certain que tu survivrais. Arthur parlait déjà de trusts et de succession. Bell parlait de risques. Les médecins parlaient de pronostics. »

Sa voix trembla.

« Et j’ai pensé que personne dans cette pièce ne parlait de toi comme d’un bébé. Seulement comme d’un problème. »

Olivia pleurait.

« Alors je t’ai prise. »

« Et tu m’as aimée ? »

Eleanor acquiesça.

« Dès le début. »

« Et tu m’as menti parce que tu avais peur de me perdre. »

« Oui. »

Olivia ferma les yeux.

« C’est une raison. Pas une excuse. »

« Je sais. »

Natalie regarda Marianne.

Encore la même leçon.

Il était possible d’aimer et de faire du mal.

Les deux vérités pouvaient rester ensemble.

Olivia regarda l’écran Iris.

Puis elle appuya sur NON.

Tout le monde se figea.

Michael demanda :

« Tu refuses de fermer Guardian ? »

Olivia secoua la tête.

« Je refuse de le faire maintenant. »

Claire regarda.

IRIS DECISION DEFERRED.
72 HOURS.

Olivia acquiesça.

« Je veux savoir exactement ce que la dissolution fera aux personnes encore protégées. »

Marianne sembla presque sourire.

« Bonne décision. »

Olivia la regarda.

« Ne recommencez pas. »

Marianne se tut.

Olivia poursuivit :

« Je veux parler à Rachel. Je veux voir les listes. Je veux savoir si quelqu’un perdra une protection médicale ou une identité. Après, je déciderai. »

Daniel acquiesça.

« On organisera tout. »

Olivia regarda la plaque de Martha.

« Elle a passé sa vie à essayer de parler. Je ne vais pas utiliser son nom pour faire quelque chose sans comprendre. »

Richard Harrington posa une main sur son épaule.

Cette fois, Olivia accepta.

Puis Claire reçut une alerte.

« Attendez. »

Natalie sentit son cœur se serrer.

« Quoi ? »

Claire regarda Iris.

« L’activation de la preuve Bell a déclenché une archive liée. »

Nom :

MARTHA FINAL RECORD.

Michael s’approcha.

« Il existe un enregistrement de Martha ? »

Claire acquiesça.

« Daté de quelques jours avant sa mort. »

Olivia trembla.

« Ouvrez. »

Un fichier vidéo apparut.

Une jeune femme entra dans le cadre.

Cheveux sombres.

Regard ferme.

Elle ressemblait étonnamment à Olivia.

Pas identique.

Mais suffisamment pour que Richard Harrington porte une main à sa bouche.

Martha regarda directement la caméra.

« Si cette vidéo est un jour vue par mon enfant, cela signifie que j’ai probablement échoué à sortir de Guardian. »

Olivia pleura immédiatement.

Martha poursuivit :

« Je ne sais pas encore si tu es une fille ou un garçon. Je ne sais même pas si je pourrai t’élever. Mais je sais une chose : Arthur ne décidera pas de ce que tu deviendras. »

Michael ferma les yeux.

Richard baissa la tête.

Martha ajouta :

« Si quelqu’un te donne un pouvoir en mon nom, ne l’utilise jamais par loyauté envers moi. Je ne veux pas devenir une autre morte qui dirige ta vie. »

Olivia eut un sanglot.

Natalie sentit les mots atteindre toute la pièce.

Marianne aussi.

Martha termina :

« Choisis les vivants. Toujours. »

L’enregistrement s’éteignit.

Et personne n’eut besoin de demander pourquoi Olivia avait reporté sa décision.


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 35 : Pendant qu’Olivia pesait la dissolution de Guardian, Natalie apprit que sa grossesse exigeait une décision médicale immédiate qu’aucun système ne pouvait prendre pour elle

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