PARTIE 18 – Sernin révéla qui possédait réellement Montfaucon, et pourquoi Philippe avait accepté un arrangement capable de ruiner toute sa famille

Gabriel Sernin refusa la visioconférence.

Il voulait parler par téléphone, avec Inès d’abord, puis avec nous si elle jugeait cela nécessaire.

Nous attendîmes le lendemain matin dans son cabinet.

Personne n’avait vraiment dormi.

Solange était rentrée chez elle quelques heures pour se changer.

Adrien avait disparu sans demander à me voir.

Bastien aussi.

Aurélie, elle, était restée.

À neuf heures précises, le téléphone d’Inès sonna.

Elle décrocha.

« Maître Moreau. »

Une voix d’homme âgé répondit.

Calme.

Précise.

Nous n’entendions que des fragments.

Oui.

Philippe.

Montfaucon.

Non, pas exactement.

Puis Inès se leva.

Elle ferma la porte de son bureau.

L’entretien dura presque quarante minutes.

Je regardai l’horloge.

Aurélie relisait des documents sans vraiment les voir.

À un moment, elle murmura :

« S’il dit vrai, beaucoup de choses vont devoir être relues. »

« Sur quoi ? »

« Sur Philippe. »

Je n’eus pas le temps d’en demander davantage.

Inès revint.

Son visage ne me rassura pas.

« Il accepte qu’on l’appelle ensemble. »

Solange venait d’arriver.

Elle posa son sac sans parler.

Adrien était derrière elle.

Ils ne semblaient pas avoir voyagé ensemble.

Inès installa le haut-parleur.

La voix de Sernin remplit la pièce.

« Solange ? »

Elle se figea.

« Oui. »

Long silence.

« Cela fait quatre ans. »

« Je sais. »

« Non. Vous ne savez pas. C’est bien le problème. »

Elle encaissa.

Sernin poursuivit.

« Je ne suis pas ici pour régler notre passé. Je vais répondre uniquement à ce qui concerne les structures de Philippe. »

« D’accord. »

Inès commença.

« Vous nous avez écrit que Montfaucon n’appartenait pas entièrement à Philippe. »

« Exact. »

« À qui d’autre ? »

« À moi, au départ. »

Personne ne bougea.

Sernin continua.

« Montfaucon avait été créée comme véhicule commun. Philippe apportait certains actifs. Moi, je fournissais le financement initial et l’accès à plusieurs fonds privés. »

Aurélie fronça les sourcils.

« Je n’ai jamais vu votre participation. »

« Parce qu’elle était logée dans une fiducie. »

« Bellérophon ? »

« Non. Avant Bellérophon. »

Je regardai Inès.

Encore une couche.

« Pourquoi une structure cachée ? » demanda-t-elle.

« Parce que Philippe préparait alors une opération que Solange aurait refusée. »

Tous les regards se tournèrent vers elle.

Solange pâlit.

« Laquelle ? »

Sernin répondit sans hésiter.

« Vendre une partie du groupe. »

Le silence fut immense.

Adrien releva la tête.

« Papa voulait vendre ? »

« Oui. »

« Quand ? »

« Près de dix ans avant sa mort. »

Solange murmura :

« Impossible. »

« Non. Vous refusiez simplement de l’entendre. »

Sa voix n’était pas cruelle.

Ce qui la rendait plus dure.

« Philippe savait que le groupe était trop concentré. Trop endetté. Trop dépendant de l’immobilier. Il voulait vendre des participations, réduire la taille et sortir certains actifs personnels. »

« Il ne m’a jamais dit ça. »

« Il vous l’a dit plusieurs fois. Vous avez répondu que vendre serait reconnaître que les Valmont reculaient. »

Solange ferma les yeux.

Je compris.

Elle avait passé des années à protéger un nom que son mari lui-même avait voulu alléger.

Sernin reprit.

« Montfaucon devait servir à acheter certains actifs personnels de Philippe à leur juste valeur avant une réorganisation générale. Ce n’était pas illégal. C’était une séparation patrimoniale. »

Inès demanda :

« Et Dumas ? »

« Il a préparé plusieurs actes. À l’époque, je le respectais. »

« Qu’est-ce qui a changé ? »

« Il a compris que la peur de Philippe pouvait être monétisée. »

Je regardai Aurélie.

Elle acquiesça très légèrement.

« Philippe voulait protéger sa famille. Marc lui proposait toujours une nouvelle structure. Une nouvelle précaution. Une nouvelle clause. Petit à petit, Montfaucon est devenue plus compliquée que nécessaire. »

« Et Bellérophon ? »

Sernin prit une seconde.

« C’est là que j’ai commis ma propre erreur. »

Cette phrase me surprit.

Tout le monde, dans cette histoire, semblait finir par arriver à cet endroit.

Mon erreur.

« J’ai créé Bellérophon avec Philippe. »

Solange ouvrit les yeux.

« Pourquoi ? »

« Pour protéger Montfaucon en cas de décès de l’un de nous. »

« Qui était bénéficiaire ? »

« Nos familles, indirectement. »

Inès demanda :

« Les Valmont ? »

« Oui. Et mes enfants. »

Adrien fronça les sourcils.

« Donc Dumas ne devait jamais en être bénéficiaire. »

« Jamais. »

« Pourtant Asterion finit chez Bellérophon. »

« C’est ce que j’ai découvert après la mort de Philippe. »

La voix de Sernin se durcit.

« Marc avait obtenu des pouvoirs qui lui permettaient de déplacer certaines structures vers Bellérophon. Sur le papier, cela pouvait sembler protecteur parce que la fondation était déjà liée à Philippe. »

Je compris.

« Il utilisait une destination légitime pour rendre les transferts moins suspects. »

« Exactement. »

« Mais l’argent pouvait ensuite ressortir par d’autres sociétés. »

« Oui. »

Aurélie intervint.

« MDS. »

« Entre autres. »

Solange murmura :

« Pourquoi ne m’avoir jamais tout expliqué après la mort de Philippe ? »

Sernin resta silencieux plusieurs secondes.

« J’ai essayé. »

« Pas comme ça. »

« J’ai appelé. J’ai écrit. J’ai proposé de venir. Vous avez refusé. Puis Marc m’a envoyé une mise en demeure m’accusant de tenter de profiter de la succession. »

Solange se couvrit le visage.

« Je pensais vous protéger », dit-elle faiblement.

Sernin répondit :

« C’est précisément ce que Marc voulait que vous pensiez. »

Je regardai Adrien.

Il était blême.

Quelque chose dans cette phrase avait dû le toucher autant que moi.

Parce que c’était exactement le mécanisme qu’il avait utilisé avec moi.

Je te cache ça pour te protéger.

Je décide à ta place pour te protéger.

Je t’empêche de voir parce que je sais mieux.

Inès reprit.

« Vous avez dit que Philippe avait accepté un arrangement capable de ruiner sa famille. Quel arrangement ? »

Sernin soupira.

« Une clause de garantie générale. »

Aurélie se redressa.

« Sur quoi ? »

« Sur les dettes croisées futures de certaines structures. »

Solange murmura :

« Non. »

« Si. »

Sernin continua.

« Philippe pensait pouvoir éviter une vente brutale du groupe en garantissant temporairement plusieurs lignes par Montfaucon. »

« Combien ? » demanda Adrien.

« Au départ ? Environ trois millions. »

Bastien blanchit.

« Et ensuite ? »

« Marc a élargi la portée. »

Inès demanda :

« Avec l’accord de Philippe ? »

« Sur les premières extensions, oui. Sur les suivantes, je n’en suis pas certain. »

« Pourquoi Philippe aurait-il accepté ? »

« Parce qu’il venait de comprendre que certaines sociétés du groupe étaient plus fragiles qu’il ne le pensait. »

Solange secoua la tête.

« Il ne m’a jamais dit ça. »

Sernin répondit :

« Parce qu’il avait peur que vous refusiez toute réduction de taille et que vous le poussiez à maintenir artificiellement les apparences. »

La phrase frappa Solange de plein fouet.

Je la vis se raidir.

Puis ne plus bouger.

Sernin poursuivit.

« Philippe n’était pas innocent. Il a accepté trop de montages. Il a lui-même caché certains risques au conseil. Il pensait toujours pouvoir corriger plus tard. »

Je sentis un frisson.

Encore ce mot.

Plus tard.

Adrien fixa la table.

Son père apparaissait de plus en plus comme un avertissement de ce qu’il aurait pu devenir.

Peut-être de ce qu’il était déjà devenu.

« Quand Philippe a-t-il compris que Dumas utilisait le système contre lui ? »

« Environ six mois avant sa mort. »

« Qu’est-ce qui l’a alerté ? »

« Une opération portant sur une société hôtelière. Une cession temporaire qui n’est jamais revenue. »

Aurélie murmura :

« Hôtel Mirabeau. »

Sernin s’arrêta.

« Vous vous souvenez. »

« Oui. Je pensais que la banque avait refusé le retour. »

« Non. Marc l’a bloqué. »

Inès demanda :

« Pourquoi ? »

« Parce qu’une société liée à MDS avait déjà acquis un droit économique sur l’actif. »

Le motif se répétait.

La protection temporaire devenait une appropriation durable.

Sernin continua.

« Philippe a commencé à vérifier tous les transferts. C’est là qu’il a compris que Montfaucon avait financé des sociétés qu’il ne connaissait pas. »

« Novalis », dis-je.

« Oui. »

« Et vous ? »

« J’avais déjà quitté la gestion quotidienne. Philippe et moi étions en conflit. »

« À propos de quoi ? »

Sernin resta silencieux.

Puis :

« À propos de Marc. »

Je regardai Solange.

Elle écoutait comme quelqu’un qui découvre une seconde version de sa propre vie.

« J’ai dit à Philippe de le licencier immédiatement. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas. »

« Pourquoi ? »

« Parce que Marc détenait les archives de plusieurs opérations qui auraient pu exposer Philippe lui-même à des poursuites. »

La pièce devint silencieuse.

Adrien leva lentement les yeux.

« Quelles opérations ? »

« Des déclarations incomplètes. Des valorisations trop optimistes. Des garanties signées sans informer certains associés. »

Solange murmura :

« Philippe avait fait ça ? »

« Oui. »

Sernin n’adoucit rien.

« Pas pour s’enrichir personnellement, à ma connaissance. Pour sauver le groupe. Ce qui, juridiquement, ne change pas toujours grand-chose. »

Je regardai Adrien.

Même expression.

Même douleur.

Il comprenait que son père n’avait pas seulement été piégé.

Il avait donné lui-même à Dumas les armes nécessaires pour le tenir.

Comme Adrien avec son avance irrégulière.

Comme Bastien avec ses dettes.

Comme Solange avec ses signatures.

Dumas n’avait peut-être pas créé leurs fautes.

Il les collectionnait.

Puis il les utilisait.

« Pourquoi Philippe ne s’est-il pas dénoncé lui-même ? » demandai-je.

Sernin eut un rire triste.

« Parce que les gens pensent toujours qu’ils peuvent réparer une faute sans en subir les conséquences. C’est l’un des moteurs les plus fiables de ce genre de catastrophe. »

Personne ne répondit.

Je sentis cette phrase entrer profondément.

Elle décrivait presque tous les gens assis autour de moi.

Peut-être même moi, si je n’y prenais pas garde.

Inès demanda :

« Que s’est-il passé dans les jours précédant l’accident ? »

Sernin prit son temps.

« Philippe m’a appelé. Pour la première fois depuis des mois. Il disait avoir trouvé une signature qu’il n’avait jamais donnée. »

Solange se redressa.

« L’acte Asterion ? »

« Je ne connaissais pas le nom à ce moment-là. »

« Il vous a dit quoi exactement ? »

« Que Marc avait franchi une ligne irréversible. »

Sernin fit une pause.

« Et qu’il allait tout avouer à Solange. »

Elle ferma les yeux.

Personne ne parla.

« Il allait me dire quoi ? »

« Tout. »

« Les risques ? »

« Oui. Ses propres fautes. Les transferts. Les garanties. Marc. »

Solange leva une main vers sa bouche.

« Il ne l’a jamais fait. »

« Il a eu son accident avant. »

Le silence devint presque insupportable.

Sernin ajouta aussitôt :

« Et je le répète : je n’ai aucune raison de croire que Marc a provoqué cet accident. Philippe m’avait dit qu’il était épuisé. Il avait bu lors d’un dîner. Il pleuvait. La police a conclu à une perte de contrôle cohérente avec les circonstances. »

Inès hocha la tête.

La précision était importante.

Elle empêchait la douleur de devenir accusation sans preuve.

« Mais après son accident », reprit Sernin, « Marc a repris le contrôle. »

« Grâce à l’acte signé alors que Philippe était inconscient », dis-je.

« Si cet acte est effectivement faux, oui. »

Solange ouvrit les yeux.

« Vous saviez pour la signature ? »

« J’avais des soupçons. Pas le document. »

« Pourquoi ne pas être allé à la police ? »

« Parce que je n’avais rien de suffisamment concret. Et parce que j’étais moi-même lié aux structures. Toute accusation aurait pu sembler être un conflit entre associés. »

« Alors vous avez attendu. »

« Oui. »

La réponse était nue.

Encore une fois.

Personne n’était entièrement courageux dans cette histoire.

Seulement plus ou moins tardif.

Inès demanda :

« Qui contrôle Bellérophon aujourd’hui ? »

Sernin prit une inspiration.

« C’est là que ça devient dangereux. »

Aurélie se pencha.

« Marc ? »

« Non. »

« Qui ? »

« Théoriquement, un conseil indépendant de trois personnes. En pratique, depuis la mort de Philippe, deux membres sont proches de Marc. »

« Et le troisième ? »

Sernin se tut.

Puis :

« Moi. »

Nous nous regardâmes.

« Vous pouvez bloquer ? » demanda Inès.

« Certaines décisions. Pas toutes. »

« Le transfert d’Asterion ? »

« J’essaie de le faire suspendre. »

Solange se redressa.

« Depuis quand saviez-vous qu’Asterion avait reçu ces actifs ? »

« Depuis ce matin. »

« Et pourquoi nous parler maintenant ? »

Sernin répondit très calmement.

« Parce que pour la première fois depuis quatre ans, quelqu’un possède suffisamment de pièces différentes pour montrer que Marc n’a pas seulement protégé des actifs. »

« Il les a captés », dit Aurélie.

« Oui. »

Je regardai l’écran.

« Et le fichier Saint-Roch prouve le schéma récent. »

« Exact. »

Sernin ajouta :

« Mais ce n’est pas le document le plus dangereux pour lui. »

Inès se redressa.

« Lequel ? »

« Le registre privé de Montfaucon. »

« Vous l’avez ? »

« Une copie partielle. Philippe l’avait fait dupliquer avant sa mort. »

Mon cœur accéléra.

« Qu’est-ce qu’il contient ? »

« Les instructions de bénéficiaires réels derrière chaque transfert. Pas les sociétés intermédiaires. Les personnes ou intérêts finaux. »

Aurélie devint blanche.

« Si ce registre existe… »

« Oui. »

Sernin termina la phrase.

« Il peut montrer qui a réellement bénéficié des actifs déplacés pendant presque dix ans. »

Solange demanda :

« Marc ? »

Sernin répondit :

« Parfois. »

Le mot nous arrêta.

« Parfois ? »

« Oui. »

« Qui d’autre ? »

Long silence.

« Philippe lui-même, sur certaines premières opérations. Plusieurs membres de la famille. Des partenaires. Et plus tard, des sociétés liées à Marc. »

Bastien baissa la tête.

« Moi ? »

« Indirectement, une fois. »

Il ferma les yeux.

Adrien demanda :

« Et moi ? »

Sernin prit quelques secondes.

« Je ne me souviens pas de votre nom comme bénéficiaire final. »

Adrien expira.

Presque imperceptiblement.

Puis Sernin ajouta :

« Mais je me souviens d’une entrée qui pourrait vous concerner. »

Adrien se raidit.

« Laquelle ? »

« Un code. AV-02. »

Je sentis une tension traverser la pièce.

« Qu’est-ce qu’il signifie ? »

« Je l’ignore. »

« Vous avez le registre ? »

« Pas ici. »

« Où ? »

La voix de Sernin se fit plus basse.

« Dans un coffre bancaire à Genève. »

Inès demanda :

« Vous pouvez nous l’envoyer ? »

« Non. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’après votre appel, j’ai vérifié l’accès au coffre. »

Il marqua une pause.

« Quelqu’un a tenté de le faire ouvrir vendredi. »

Vendredi.

La veille du mariage.

Je sentis mon ventre se nouer.

« Qui ? »

« Une personne munie d’une procuration au nom de Philippe Valmont. »

Solange murmura :

« Impossible. »

Sernin répondit :

« Oui. Philippe est mort depuis quatre ans. »

Inès demanda immédiatement :

« La banque a refusé ? »

« Oui. »

« Qui a présenté la procuration ? »

« Je n’ai pas encore le nom. »

Adrien se leva.

« Dumas. »

Sernin répondit :

« Peut-être. Mais la banque m’a donné un détail. »

« Lequel ? »

« La personne qui s’est présentée n’était pas Marc Dumas. »

Personne ne parla.

« Homme ou femme ? » demanda Inès.

« Femme. »

Solange pâlit.

Aurélie se raidit.

Je regardai autour de la table.

La présence d’une femme élargissait brutalement la liste.

« Description ? »

« La banque refuse encore de me la transmettre sans procédure formelle. »

Inès demanda :

« Elle avait quel type de procuration ? »

« Une copie certifiée d’un mandat ancien. »

Aurélie murmura :

« Donc quelqu’un possède encore les archives originales de Philippe. »

Je regardai Solange.

Elle secoua la tête avant même que je parle.

« Pas moi. »

Bastien regarda Aurélie.

Elle le vit.

« Ne commencez pas. Je n’ai jamais eu accès au coffre. »

Le téléphone resta silencieux une seconde.

Puis Sernin dit :

« Je vais vous envoyer la seule information que la banque m’a donnée. »

Un message arriva sur le téléphone d’Inès.

Une heure de passage.

Vendredi, 16 h 42.

Je fixai l’écran.

À cette heure-là, j’étais au domaine en train de préparer la répétition du mariage.

Adrien était censé être avec son père spirituel.

Solange organisait le dîner.

Aurélie se trouvait à Paris.

Bastien disait avoir passé l’après-midi à Bordeaux.

Mais soudain, je pensai à quelqu’un.

« Clara. »

Adrien leva brusquement les yeux.

« Non. »

« Elle est au Canada. »

« Elle pouvait voyager. »

« Pourquoi voudrait-elle ouvrir le coffre ? »

Personne ne savait.

Sernin, au bout du fil, répondit :

« Ce n’était pas Clara. »

« Comment le savez-vous ? »

« Parce que Clara m’a appelé vendredi soir. »

Le silence revint.

« À quel sujet ? »

« Elle disait qu’elle avait appris que quelqu’un cherchait le registre. »

Inès se pencha.

« Comment l’avait-elle appris ? »

Sernin hésita.

« C’est justement la question que vous devriez lui poser. »

L’appel se termina quelques minutes plus tard.

Clara, jusqu’ici, était celle qui semblait avoir quitté le système.

Celle qui gardait les preuves.

Celle qui avait averti.

Mais elle savait vendredi que quelqu’un cherchait un coffre secret à Genève.

Et nous ne savions toujours pas comment.


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