J'ai attendu plusieurs minutes avant d'entrer dans la maison. Ma mère m'a trouvée dans l'entrée, le sac de l'hôpital serré contre moi. Elle a ouvert la bouche pour demander comment cela s'était passé, puis a changé d'avis. Elle m'a seulement montré que du déjeuner m'attendait dans le four. Notre fille a traversé le salon en courant pour m'annoncer qu'elle avait dessiné un dinosaure assez grand pour manger une voiture. J'ai posé les affaires de Jack dans un coin et me suis accroupie pour examiner son œuvre. Je voulais lui accorder toute mon attention, mais le cardigan gris occupait encore chacune de mes pensées.
Ma mère a remarqué que quelque chose me préoccupait. Elle a attendu que notre fille soit retournée à ses crayons avant de me demander si le personnel avait été désagréable. J'ai secoué la tête. Elle a ensuite voulu savoir si j'avais récupéré tout ce qui appartenait à Jack. « Je crois », ai-je répondu. Ce n'était pas un mensonge exact, mais ce n'était pas la vérité non plus. Je ne voulais pas raconter l'histoire d'une femme inconnue alors que j'en ignorais moi-même presque tout. Ma mère connaissait l'étendue de notre amour. Je redoutais de voir dans son regard la même suspicion que celle qui commençait à me ronger.
Après son départ, j'ai vidé le sac sur notre lit. Chaque objet semblait chargé d'une présence que je ne savais pas comment accueillir. J'ai placé la montre de Jack près de la photographie posée sur la table de chevet. J'ai vérifié le marque-page dans son livre, puis rangé la trousse de toilette. Le cardigan est resté sur le couvre-lit. De près, il paraissait parfaitement ordinaire. Il ne portait aucune inscription particulière, aucune étiquette de pressing, aucun indice permettant de retrouver sa propriétaire. Il sentait faiblement le savon et quelque chose de propre que je ne parvenais pas à identifier.
J'ai essayé de me représenter cette femme. Une quarantaine d'années, des cheveux foncés, une sacoche pleine de papiers. Cela pouvait correspondre à des dizaines de personnes. Une employée d'assurance, une assistante juridique, une vieille amie que Jack n'aurait jamais pensé à mentionner. J'ai dressé mentalement une liste d'explications raisonnables. À chacune, une question venait se joindre. Pourquoi aurait-elle rendu visite à Jack aussi souvent ? Pourquoi ne m'avait-il jamais parlé d'elle ? Pourquoi leurs rencontres semblaient-elles organisées lorsque j'étais absente ? Je n'avais aucune réponse vérifiable. Seulement un vêtement qui ne m'appartenait pas.
Je me suis surprise à remonter beaucoup plus loin dans notre mariage. J'ai cherché des conversations interrompues, des absences, des appels auxquels il aurait répondu dans une autre pièce. Jusqu'à sa maladie, rien ne me paraissait suspect. Jack pouvait être réservé à propos de son enfance, mais il n'avait jamais cultivé le mystère dans notre vie quotidienne. Lorsqu'il rentrait tard, il me disait où il était allé. Quand une amie le contactait, il en parlait naturellement. Nous n'étions pas de ceux qui exigeaient de connaître chaque mouvement de l'autre. Nous avions seulement construit une confiance assez solide pour ne pas avoir besoin de vérifier.
Cette confiance m'avait longtemps paru indestructible. Il y avait eu des années difficiles, des désaccords sur l'argent et des périodes où la fatigue nous rendait moins patients l'un envers l'autre. Nous n'avions pourtant jamais vécu dans la méfiance. Même pendant les derniers mois, lorsque Jack avait commencé à cacher ses documents, je n'avais pas envisagé qu'il puisse me mentir sur une relation personnelle. Je pensais que la maladie bouleversait sa manière de se protéger. À présent, je relisais ses gestes en leur donnant des intentions qu'il ne pouvait plus contester. Cette impossibilité de lui parler me retenait autant qu'elle m'encourageait à chercher.
J'ai fini par plier le cardigan et le ranger dans un sac en papier. Je l'ai placé au fond de l'armoire, sous des couvertures. Une heure plus tard, je suis remontée pour le ressortir. Je me sentais absurde. Ce vêtement ne devenait pas plus inquiétant parce que je le laissais visible, et il ne cessait pas d'exister lorsque je le cachais. Je l'ai finalement posé sur le dossier d'une chaise près de la fenêtre. Le soleil de l'après-midi éclairait les manches grises. Je me suis demandé si Jack l'avait touché, s'il l'avait vu porté par sa propriétaire, s'il connaissait la raison pour laquelle il avait été abandonné dans sa chambre.
Le soir, pendant que notre fille prenait son bain, j'ai retrouvé le téléphone de Jack. Je l'avais laissé éteint depuis sa mort. L'allumer m'a donné l'impression de pénétrer dans un espace où il pouvait encore me surprendre par une réaction. L'écran s'est éclairé sur une photographie de notre fille, prise dans le jardin quelques mois auparavant. Elle tenait un arrosoir presque aussi grand qu'elle. Jack avait choisi lui-même cette image. Je suis restée à la regarder longuement avant d'ouvrir les messages. J'avais honte de ce que j'allais faire, mais la curiosité avait déjà dépassé le point où je pouvais facilement revenir en arrière.
J'ai parcouru les conversations sans découvrir quoi que ce soit d'étrange. Il y avait les échanges avec ses collègues, des messages concernant les rendez-vous médicaux, quelques plaisanteries avec d'anciens amis et nos propres discussions. Dans celles-ci, je retrouvais toute la banalité d'une vie commune : penser au pain, confirmer l'heure d'un examen, demander si notre fille avait mangé, rappeler qu'il fallait acheter du savon. J'ai relu un message où Jack me remerciait d'avoir préparé son repas préféré alors qu'il ne pouvait presque plus manger. Le souvenir de ce dîner m'a traversée avec une telle précision que j'ai dû arrêter mes recherches.
Je cherchais le nom d'une femme que je ne connaissais pas, mais j'ignorais comment elle aurait pu apparaître dans les contacts. J'ai examiné quelques numéros professionnels sans essayer de les appeler. Je n'avais aucune raison de déranger des inconnus pour leur demander s'ils avaient entretenu une relation avec mon mari mourant. J'ai également parcouru les derniers appels. Rien ne permettait d'identifier la visiteuse de l'hôpital. Cette absence de preuve aurait dû suffire à interrompre mes soupçons. Au lieu de cela, j'ai commencé à me demander si Jack avait volontairement effacé leurs échanges.
Cette idée m'a fait poser le téléphone avec dégoût. Je me suis regardée dans le miroir de la salle de bains. Mes cheveux étaient attachés à la hâte. J'avais les traits tirés, les yeux gonflés et une fatigue dont la grossesse n'expliquait qu'une partie. Je n'étais plus capable de distinguer ce qui relevait d'une intuition et ce qui naissait simplement d'un chagrin devenu trop lourd. J'ai passé de l'eau froide sur mon visage. Dans la pièce voisine, notre fille m'appelait pour que je lui apporte son pyjama. Je me suis dépêchée de la rejoindre, soulagée par une tâche à laquelle je connaissais encore la réponse.
Au moment du coucher, elle a demandé si je pouvais lui lire l'histoire que son père racontait toujours avec des voix différentes. J'ai accepté, même si je savais que je serais incapable d'imiter Jack. Elle m'a corrigée plusieurs fois. Le dragon devait parler plus fort. La princesse devait avoir une voix très aiguë. Le vieux roi, selon elle, ressemblait à son grand-père lorsqu'il était enrhumé. J'ai recommencé jusqu'à la faire rire. Puis elle a posé sa main sur mon ventre et demandé si son petit frère ou sa petite sœur pouvait déjà entendre les histoires. Je lui ai répondu que le bébé percevait probablement ma voix.
« Alors il entend aussi quand tu es triste ? » a-t-elle demandé. J'ai laissé passer quelques secondes. Je ne voulais pas lui répondre par une affirmation qui l'inquiéterait. « Il sait surtout que je suis là », ai-je dit. Elle a semblé satisfaite. Après avoir éteint la lumière, je suis restée assise près de son lit. J'avais passé la journée à chercher une preuve que Jack m'avait caché une partie de sa vie, puis je venais de passer une heure à raconter les histoires qu'il avait inventées pour notre fille. Ces deux réalités coexistaient sans que je puisse les réunir.
Cette nuit-là, j'ai rêvé de l'hôpital. Je marchais dans un couloir qui devenait interminable, portant le cardigan gris sur mon bras. Je savais que Jack se trouvait derrière une porte, mais chaque chambre contenait des personnes étrangères. Quand je parvenais enfin à le retrouver, il était assis devant son ordinateur et me demandait de patienter. Je me suis réveillée avec le cœur battant. La chambre était noire. La place de Jack était vide, comme chaque nuit depuis son décès. J'ai tendu la main vers son oreiller avant de me rappeler qu'aucun rêve, aussi précis soit-il, ne pouvait me ramener à lui.
Le lendemain matin, j'ai essayé de reprendre les démarches financières. La banque attendait un rappel. Les documents concernant les frais médicaux étaient toujours entassés sur la table. J'ai téléphoné à un service administratif, puis à un autre. Une employée m'a demandé si le titulaire principal de notre dossier pouvait confirmer certaines informations. J'ai expliqué qu'il était décédé. Elle s'est excusée et m'a transférée vers un autre service, où j'ai dû raconter la même chose. Lorsque l'appel s'est terminé, j'avais noté trois numéros de dossier, mais je ne savais pas encore combien nous devrions payer. Le cardigan gris me semblait presque moins cruel que cette indifférence sans intention.
Je me suis installée dans le bureau de Jack pour chercher d'anciens relevés. Il y conservait des dossiers classés avec une précision qui m'avait toujours amusée. Les contrats étaient rangés séparément des documents médicaux. Les factures importantes portaient une date, et les petites notes étaient regroupées dans des enveloppes. J'ai ouvert plusieurs tiroirs, sans rien trouver qui ressemble aux papiers décrits par l'infirmière. Cette absence m'a rappelé les soirs où Jack travaillait tard. Je revoyais les feuilles glissées rapidement dans une chemise lorsqu'il entendait mes pas. J'avais cru qu'il voulait m'éviter davantage de calculs. Je n'en étais plus certaine.
Son ordinateur portable se trouvait sur une étagère, près de quelques photographies anciennes. Je l'ai pris et posé sur le bureau. Mes doigts sont restés longtemps sur le couvercle. Nous connaissions mutuellement nos mots de passe, parce qu'il nous arrivait de partager les appareils sans y penser. Je pouvais probablement consulter ses fichiers. Pourtant, ouvrir ce qu'il avait délibérément choisi de garder privé me semblait différent des recherches effectuées dans son téléphone. Les dernières semaines avaient été les plus humiliantes de sa vie sur le plan physique. Il avait perdu tant de libertés qu'il avait peut-être eu besoin de conserver certaines décisions pour lui.
J'ai repensé à une discussion que nous avions eue dans sa chambre, lorsqu'il pouvait encore marcher jusqu'à la fenêtre. Je lui avais demandé pourquoi il s'obstinait à organiser des rendez-vous sans m'en parler. Il m'avait regardée avec cette douceur qui précédait parfois les conversations difficiles. « Tu fais déjà tellement de choses », avait-il répondu. Je lui avais rappelé qu'il n'existait aucune compétition entre nous pour déterminer lequel supporterait le plus de responsabilités. Il avait souri, mais son regard était resté grave. « Justement. J'aimerais pouvoir te retirer au moins une chose des épaules. » J'avais cru qu'il tentait de me ménager.
Devant son ordinateur fermé, je me suis demandé si ces paroles dissimulaient autre chose. Peut-être avait-il essayé de préparer un avenir dont je ne faisais pas partie. Peut-être voulait-il seulement laisser certaines questions en ordre. Je n'avais pas assez d'éléments pour choisir entre ces possibilités. J'ai replacé l'appareil sur son étagère sans l'allumer. Je ne prétendais pas respecter parfaitement son intimité après avoir consulté son téléphone. Je cherchais simplement à ne pas franchir toutes les limites à la fois. Il était possible que je regrette cette décision plus tard. Pour l'instant, elle me permettait encore de respirer.
Dans l'après-midi, j'ai retrouvé une photographie de Jack et moi prise peu après notre mariage. Nous étions devant la maison, le jour où nous avions reçu les clés. Il tenait une boîte à outils qu'il n'avait pas encore appris à utiliser correctement. Je portais une robe beaucoup trop légère pour le temps qu'il faisait. Nous souriions comme deux personnes certaines de connaître l'avenir. J'ai étudié son visage. Je voulais y trouver la preuve qu'il m'avait toujours aimée de la manière dont je l'avais cru. La photographie ne pouvait rien me dire de ses dernières semaines. Elle me rappelait seulement les années que nous avions traversées ensemble.
Je me suis surprise à lui parler à voix haute. « Pourquoi tu ne m'as rien raconté ? » Le silence du bureau m'a répondu. J'ai continué malgré moi, lui reprochant ses documents cachés, les rendez-vous dont je ne savais rien et cette femme inconnue. Puis je lui ai demandé pardon. J'avais honte de transformer ses derniers jours en enquête sentimentale alors que je savais combien il avait souffert. Je ne pouvais pas accepter sereinement l'idée qu'il m'avait peut-être menti. Je ne pouvais pas non plus l'accuser sans lui offrir la possibilité de répondre. Cette contradiction occupait désormais chacune de mes heures.
Le deuxième soir, j'ai repris le cardigan et examiné ses poches. Elles étaient vides. Le tissu avait été repris près d'un bouton, avec un fil un peu plus foncé. Je me suis demandé quelle femme prenait encore le temps de réparer ses vêtements. Cette pensée m'a presque fait rire. Je cherchais une personnalité dans des coutures. J'ai posé le cardigan sur la chaise de notre chambre, puis je suis descendue préparer le dîner. Notre fille voulait des pâtes, mais seulement avec la sauce que son père appelait « la sauce des jours de pluie ». Je l'ai préparée en suivant de mémoire ses indications approximatives.
Pendant le repas, elle m'a demandé pourquoi je regardais souvent l'escalier. Je n'avais pas conscience de le faire. J'ai répondu que j'étais fatiguée. Elle a proposé de porter les assiettes jusqu'à l'évier. J'ai accepté de lui confier les deux plus légères. Sa volonté de m'aider m'a émue autant qu'elle m'a inquiétée. À quatre ans, elle n'avait pas à devenir la personne chargée de soutenir sa mère. J'ai fait l'effort de parler de son école, des couleurs de ses crayons et de son dinosaure. Elle a raconté sa journée avec sérieux. Pendant quelques minutes, j'ai réussi à l'écouter sans penser à la femme inconnue.
La troisième nuit, le sommeil m'a presque entièrement échappé. J'ai imaginé appeler l'hôpital pour demander si quelqu'un connaissait le nom de la visiteuse. J'ai envisagé d'ouvrir l'ordinateur de Jack et de consulter chaque document jusqu'à trouver une trace de ses rencontres. J'ai même commencé à formuler une annonce que je pourrais publier pour retrouver la propriétaire du cardigan. Chacune de ces idées me paraissait à la fois raisonnable et profondément humiliante. Je ne voulais pas que notre histoire se transforme en sujet de curiosité pour des étrangers. S'il existait une vérité douloureuse, je préférais l'apprendre dans une pièce fermée, loin du regard de notre fille.
Au matin, j'ai pris une décision. Je contacterais le service administratif de l'hôpital afin de demander comment identifier une personne qui aurait eu un rôle officiel auprès de Jack. Je ne chercherais pas à obtenir des renseignements confidentiels. Je voulais seulement savoir si une intervenante extérieure avait pu l'accompagner pour des démarches. Si cette piste ne donnait rien, j'ouvrirais enfin son ordinateur. Je ne pouvais pas continuer à vivre en surveillant une chaise sur laquelle reposait un vêtement inconnu. Le soupçon avait déjà pris trop de place dans une maison où nous avions besoin de calme.
Je n'ai pourtant pas eu le temps d'effectuer cet appel. Dans l'après-midi, notre fille s'était installée à la table de la cuisine avec ses crayons. Elle avait entrepris de dessiner une famille de dinosaures dont chacun portait un chapeau différent. Je préparais une boisson chaude lorsqu'on a frappé à la porte. Le bruit était net, suivi d'un silence. Je n'attendais personne. Ma mère avait annoncé qu'elle passerait le lendemain, et les amis qui apportaient parfois des repas téléphonaient généralement avant de venir. J'ai essuyé mes mains sur un torchon et demandé à ma fille de rester dans la cuisine.
En traversant l'entrée, j'ai aperçu le cardigan gris posé dans le sac entrouvert près de l'escalier. J'avais finalement décidé de le laisser là, à portée de main, pour ne plus passer mon temps à le cacher. Je me suis arrêtée un instant devant le miroir du couloir. Je n'avais aucune raison de vérifier mon apparence pour ouvrir à un visiteur, mais mes traits fatigués me semblaient appartenir à une étrangère. J'ai remis une mèche derrière mon oreille et posé la main sur la poignée. Derrière moi, notre fille m'appelait déjà pour me montrer la couleur qu'elle avait choisie pour son dinosaure préféré.
La femme qui se tenait sur le perron avait les cheveux foncés et paraissait avoir un peu plus de quarante ans. Elle portait une veste sobre et tenait contre elle un sac de documents. Son expression n'était pas celle d'une personne venue annoncer une bonne nouvelle. Elle avait les lèvres serrées, les épaules légèrement rentrées, et semblait chercher les premiers mots d'une conversation qu'elle redoutait. Je l'ai regardée sans parler. Elle a demandé si elle se trouvait bien chez Emma, l'épouse de Jack. J'ai répondu oui. À cet instant, j'ai reconnu dans sa silhouette tous les détails donnés par l'infirmière.
Elle s'est présentée sans avancer davantage. Son prénom était Clara. Elle a expliqué qu'elle avait connu mon mari au cours des dernières semaines de sa maladie et qu'elle souhaitait me remettre quelque chose. Je sentais déjà mon cœur accélérer. J'avais imaginé cette rencontre pendant trois jours, préparé des questions et redouté les réponses. Mais devant cette femme réelle, dont le visage semblait surtout marqué par la fatigue, je ne savais plus quelle accusation formuler. Clara a regardé brièvement derrière moi, vers l'intérieur de la maison, puis elle a ouvert son sac avec précaution.
Elle en a sorti une enveloppe crème, un peu usée aux angles. Mon nom était inscrit sur le devant. Je n'ai pas eu besoin qu'elle me dise qui avait écrit ces lettres. Je connaissais la manière dont Jack formait le E de mon prénom, la légère inclinaison de son écriture et le trait qu'il prolongeait presque toujours sous la dernière lettre. J'avais vu cette écriture sur des centaines de messages, de cartes et de listes de courses. Elle se trouvait maintenant entre les mains d'une femme que mon mari avait rencontrée en secret. Clara a tendu l'enveloppe vers moi et m'a annoncé qu'il lui avait demandé de me la remettre seulement après sa mort.