{"id":8711,"date":"2026-10-23T05:13:34","date_gmt":"2026-10-23T05:13:34","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8711"},"modified":"2026-10-23T05:13:34","modified_gmt":"2026-10-23T05:13:34","slug":"partie-1-ce-soir-la-entre-une-facture-impayee-et-les-reproches-de-mon-mari-jai-compris-que-notre-maison-ne-reposait-plus-que-sur-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8711","title":{"rendered":"PARTIE 1 \u2013 Ce soir-l\u00e0, entre une facture impay\u00e9e et les reproches de mon mari, j\u2019ai compris que notre maison ne reposait plus que sur moi"},"content":{"rendered":"<p>Le sac de courses s\u2019est d\u00e9chir\u00e9 au moment o\u00f9 je franchissais la porte. Trois oranges ont roul\u00e9 sur le carrelage, l\u2019une jusqu\u2019au pied du canap\u00e9, une autre sous la petite table du salon. Je suis rest\u00e9e immobile quelques secondes, les doigts crisp\u00e9s autour de la poign\u00e9e du second sac. Mes chaussures \u00e9taient tremp\u00e9es, mon dos me lan\u00e7ait et, dans mon sac \u00e0 main, une enveloppe froiss\u00e9e m\u2019annon\u00e7ait que notre \u00e9lectricit\u00e9 risquait d\u2019\u00eatre coup\u00e9e. Du salon, Arturo a simplement demand\u00e9 : \u00ab Tu as encore achet\u00e9 des haricots ? \u00bb<\/p>\n<p>Il n\u2019avait pas tourn\u00e9 la t\u00eate. La t\u00e9l\u00e9vision projetait sur son visage une lumi\u00e8re bleut\u00e9e, et la t\u00e9l\u00e9commande reposait sur son ventre. Sur la table basse, un verre \u00e0 moiti\u00e9 vide voisinait avec une assiette portant les restes de son d\u00e9jeuner. Il \u00e9tait un peu plus de vingt et une heures. J\u2019avais quitt\u00e9 la maison avant huit heures du matin, travaill\u00e9 toute la journ\u00e9e dans un bureau de comptabilit\u00e9, travers\u00e9 Guadalajara dans deux autobus bond\u00e9s, puis attendu sous la pluie devant l\u2019\u00e9picerie. Arturo, lui, \u00e9tait assis exactement \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 je l\u2019avais laiss\u00e9 le matin.<\/p>\n<p>\u00ab Bonsoir \u00e0 toi aussi \u00bb, ai-je r\u00e9pondu en d\u00e9posant mes sacs contre le mur. Ma voix m\u2019a sembl\u00e9 \u00e9trang\u00e8re, presque trop calme. J\u2019ai retir\u00e9 ma veste humide, l\u2019ai suspendue \u00e0 la pat\u00e8re et me suis accroupie pour ramasser la premi\u00e8re orange. Le carrelage \u00e9tait froid sous mes genoux. Arturo a augment\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement le volume du t\u00e9l\u00e9viseur avant de r\u00e9p\u00e9ter sa question. Il voulait savoir ce que nous allions manger, puisque les haricots lui semblaient revenir trop souvent au menu.<\/p>\n<p>\u00ab Il reste du poulet au r\u00e9frig\u00e9rateur, ai-je expliqu\u00e9. Tu peux le pr\u00e9parer si tu pr\u00e9f\u00e8res. \u00bb Il a laiss\u00e9 \u00e9chapper un soupir agac\u00e9. \u00ab Elena, tu sais bien que j\u2019ai faim \u00e0 cette heure-ci. Tu aurais pu t\u2019en occuper avant de partir. \u00bb J\u2019ai relev\u00e9 les yeux vers lui. Pendant un instant, j\u2019ai attendu un sourire qui aurait transform\u00e9 sa remarque en plaisanterie maladroite. Mais il observait d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e9cran. Il ne plaisantait pas. Il consid\u00e9rait sinc\u00e8rement que j\u2019aurais d\u00fb organiser son d\u00eener avant m\u00eame de commencer ma propre journ\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019une des oranges s\u2019\u00e9tait immobilis\u00e9e contre sa pantoufle. Il aurait suffi qu\u2019il se penche pour la ramasser. Je l\u2019ai vu d\u00e9placer l\u00e9g\u00e8rement son pied, non pour m\u2019aider, mais pour ne pas \u00eatre g\u00ean\u00e9. Ce petit mouvement m\u2019a fait davantage de peine que sa remarque sur le d\u00eener. Je connaissais depuis longtemps ses mauvaises habitudes, son impatience, sa mani\u00e8re de parler sans mesurer la port\u00e9e de ses mots. Pourtant, quelque chose dans cette indiff\u00e9rence tranquille me paraissait nouveau. Peut-\u00eatre parce que j\u2019\u00e9tais arriv\u00e9e au bout d\u2019une fatigue que je refusais jusque-l\u00e0 de nommer.<\/p>\n<p>Je me suis redress\u00e9e en tenant les fruits contre ma poitrine. L\u2019enveloppe de la compagnie d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 d\u00e9passait de mon sac. Je l\u2019avais ouverte dans le deuxi\u00e8me autobus, coinc\u00e9e entre une femme portant un enfant endormi et un homme dont le parapluie d\u00e9goulinait sur mes chaussures. Le montant r\u00e9clam\u00e9 repr\u00e9sentait une somme que je n\u2019avais pas disponible. Il fallait payer rapidement, sous peine de voir la situation s\u2019aggraver. Tout au long du trajet, j\u2019avais additionn\u00e9 mentalement les d\u00e9penses, cherch\u00e9 celles que je pourrais repousser et recalcul\u00e9 les jours nous s\u00e9parant de ma prochaine paie.<\/p>\n<p>\u00c0 quarante minutes de la maison, j\u2019avais pens\u00e9 appeler Arturo. Je voulais lui demander s\u2019il avait re\u00e7u une r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019une de ses candidatures, ou simplement lui annoncer la mauvaise nouvelle. J&#39;avais regard\u00e9 son nom sur l&#39;\u00e9cran de mon t\u00e9l\u00e9phone, puis j&#39;avais renonc\u00e9. Les derni\u00e8res conversations consacr\u00e9es \u00e0 l&#39;argent s&#39;\u00e9taient termin\u00e9es par les m\u00eames phrases. Il disait qu&#39;il \u00e9tait au courant, qu&#39;il faisait de son mieux, que je ne comprenais pas combien sa situation \u00e9tait difficile. Je finissais toujours par m&#39;excuser de l&#39;avoir inqui\u00e9t\u00e9. Ce soir-l\u00e0, je n&#39;avais plus l&#39;\u00e9nergie de recommencer.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions mari\u00e9s depuis suffisamment longtemps pour que je me souvienne de l\u2019homme qu\u2019Arturo avait \u00e9t\u00e9 avant cette p\u00e9riode. Il n\u2019avait pas toujours pass\u00e9 ses journ\u00e9es devant la t\u00e9l\u00e9vision. Pendant des ann\u00e9es, il avait travaill\u00e9 dans une entreprise de meubles de Guadalajara, o\u00f9 il coordonnait les livraisons, r\u00e9glait les retards et connaissait par leur pr\u00e9nom presque tous les chauffeurs. Il rentrait parfois tard, avec les manches retrouss\u00e9es et les chaussures couvertes de poussi\u00e8re d\u2019entrep\u00f4t. Il racontait les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans la journ\u00e9e avec une animation que j\u2019aimais entendre, m\u00eame lorsque je n\u2019y comprenais pas grand-chose.<\/p>\n<p>Il parlait souvent d\u2019ouvrir sa propre entreprise. Il imaginait un petit service de transport sp\u00e9cialis\u00e9, assez modeste pour commencer avec un seul v\u00e9hicule, mais capable de grandir. Il dessinait des tableaux de d\u00e9penses sur des feuilles quadrill\u00e9es et me demandait mon avis parce que je travaillais dans les chiffres. Nous discutions apr\u00e8s le coucher des enfants, assis \u00e0 la table de la cuisine, un caf\u00e9 entre nous. Je savais qu\u2019il pouvait \u00eatre obstin\u00e9. Cette qualit\u00e9 nous avait parfois aid\u00e9s. Je n\u2019avais jamais imagin\u00e9 qu\u2019elle deviendrait un obstacle aussi lourd.<\/p>\n<p>Son licenciement \u00e9tait survenu vingt-trois mois plus t\u00f4t. Je me souvenais encore du bruit de ses cl\u00e9s lorsqu\u2019il les avait pos\u00e9es sur le meuble de l\u2019entr\u00e9e, en plein apr\u00e8s-midi. Arturo n\u2019avait pas imm\u00e9diatement annonc\u00e9 la nouvelle. Il avait retir\u00e9 ses chaussures, bu un verre d\u2019eau, puis s\u2019\u00e9tait assis devant moi. Quand il m\u2019avait expliqu\u00e9 que son poste \u00e9tait supprim\u00e9, son visage avait cette expression ferm\u00e9e des hommes qui retiennent difficilement leur humiliation. Je lui avais pris les mains. Je lui avais assur\u00e9 que nous traverserions cette \u00e9preuve ensemble.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, j\u2019\u00e9tais persuad\u00e9e de dire quelque chose de vrai. Nous avions d\u00e9j\u00e0 surmont\u00e9 des mois compliqu\u00e9s, des d\u00e9penses impr\u00e9vues et des probl\u00e8mes de sant\u00e9 sans gravit\u00e9 mais co\u00fbteux. Nous savions r\u00e9duire notre train de vie. J\u2019avais un emploi stable dans la comptabilit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de distribution. Arturo poss\u00e9dait de l\u2019exp\u00e9rience et de nombreuses relations professionnelles. Quelques semaines de recherche semblaient envisageables. M\u00eame quelques mois. Nous avions discut\u00e9 du budget en promettant de ne pas laisser cette difficult\u00e9 nous opposer.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, il s&#39;\u00e9tait effectivement mis en mouvement. Il avait actualis\u00e9 son curriculum vitae, t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 d&#39;anciens coll\u00e8gues et r\u00e9pondu \u00e0 plusieurs annonces. Il se levait t\u00f4t et s&#39;habillait correctement, m\u00eame lorsqu&#39;il n&#39;avait aucun rendez-vous. Je l&#39;entendais parler au t\u00e9l\u00e9phone depuis la cuisine, exposer ses comp\u00e9tences avec assurance, promettre de rappeler. Il supportait mal les refus, mais je comprenais sa d\u00e9ception. Apr\u00e8s avoir occup\u00e9 des responsabilit\u00e9s pendant des ann\u00e9es, il lui \u00e9tait difficile de s&#39;entendre dire qu&#39;on avait choisi quelqu&#39;un d&#39;autre.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res semaines avaient laiss\u00e9 place \u00e0 des mois. Une entreprise se trouvait trop loin. Une autre proposait un salaire inf\u00e9rieur \u00e0 ses attentes. Un poste disponible impliquait des t\u00e2ches qu&#39;il jugeait indignes de son exp\u00e9rience. Je n&#39;avais pas contest\u00e9 chacune de ses d\u00e9cisions. J&#39;avais pens\u00e9 qu&#39;il avait besoin de conserver un peu de confiance en lui. Lorsqu&#39;il refusait une proposition, il m&#39;assurait qu&#39;une meilleure occasion viendrait. Je voulais le croire, peut-\u00eatre aussi parce qu&#39;admettre le contraire aurait rendu notre situation beaucoup plus inqui\u00e9tante.<\/p>\n<p>Progressivement, ses journ\u00e9es avaient perdu leur structure. Le r\u00e9veil sonnait moins souvent. Les v\u00eatements professionnels restaient suspendus dans l&#39;armoire. Arturo commen\u00e7ait la matin\u00e9e devant son t\u00e9l\u00e9phone, puis s&#39;installait devant la t\u00e9l\u00e9vision, pr\u00e9tendant surveiller les offres d&#39;emploi pendant les publicit\u00e9s. Je continuais \u00e0 lui demander des nouvelles de ses recherches, mais mes questions devenaient prudentes. Son visage se durcissait facilement. Il entendait dans mes paroles une critique, m\u00eame lorsque je cherchais seulement \u00e0 comprendre o\u00f9 nous en \u00e9tions.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, mes propres journ\u00e9es s&#39;allongeaient. Au bureau, je v\u00e9rifiais les factures fournisseurs, rapprochais des comptes et corrigeais des erreurs qui ne m&#39;appartenaient pas toujours. Je prenais parfois du travail suppl\u00e9mentaire parce que chaque heure r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e pouvait nous aider. Au retour, deux autobus me s\u00e9paraient de la maison. Je passais le trajet \u00e0 penser aux achats, aux devoirs des enfants, au linge qui attendait ou aux factures que je devais classer. Lorsque j&#39;entrais enfin chez nous, une seconde journ\u00e9e commen\u00e7ait.<\/p>\n<p>Je n&#39;avais pas imm\u00e9diatement remarqu\u00e9 \u00e0 quel point notre organisation avait chang\u00e9. Auparavant, Arturo r\u00e9parait ce qui se cassait, pr\u00e9parait parfois le d\u00eener et conduisait les enfants lorsqu&#39;il le pouvait. Apr\u00e8s son licenciement, j&#39;avais voulu lui \u00e9pargner les petites humiliations du quotidien. Je ne lui demandais pas de laver les assiettes si je le voyais d\u00e9courag\u00e9. Je rangeais ses affaires sans commentaire. Je r\u00e9pondais aux demandes des enfants avant qu&#39;il ait \u00e0 s&#39;en occuper. Ce qui devait \u00eatre une attention provisoire avait fini par devenir une habitude profond\u00e9ment install\u00e9e.<\/p>\n<p>La pluie frappait encore les vitres lorsque je suis revenue \u00e0 moi, debout au milieu de l&#39;entr\u00e9e. Arturo venait de changer de cha\u00eene. Il ne m&#39;avait pas demand\u00e9 pourquoi j&#39;\u00e9tais rentr\u00e9e si tard, ni pourquoi mes mains tremblaient l\u00e9g\u00e8rement. Je me suis approch\u00e9e de la cuisine avec les courses. Un pot de yaourt avait \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9 au fond du sac. Une petite flaque blanche coulait sur les tomates. J&#39;ai cherch\u00e9 un torchon propre et d\u00e9couvert que ceux de la veille \u00e9taient toujours dans l&#39;\u00e9vier. J&#39;en ai pris un dans l&#39;armoire, sans rien dire.<\/p>\n<p>J&#39;avais faim, mais l&#39;id\u00e9e de pr\u00e9parer le repas me donnait presque la naus\u00e9e. Je me suis appuy\u00e9e contre le plan de travail en respirant lentement. Notre cuisine n&#39;\u00e9tait pas grande. Depuis ma place, je pouvais apercevoir le salon, l&#39;\u00e9paule d&#39;Arturo et la t\u00e9l\u00e9vision. La lumi\u00e8re du plafonnier r\u00e9v\u00e9lait la poussi\u00e8re sur le rebord de la fen\u00eatre. Un verre oubli\u00e9 tra\u00eenait pr\u00e8s de l&#39;\u00e9vier. Je me suis demand\u00e9 combien de temps il me faudrait pour tout remettre en ordre avant de pouvoir enfin m&#39;asseoir.<\/p>\n<p>\u00ab Elena, \u00e7a va prendre encore longtemps ? \u00bb a appel\u00e9 Arturo. J&#39;ai ferm\u00e9 les yeux une seconde. Je cherchais une r\u00e9ponse qui ne d\u00e9g\u00e9n\u00e9rerait pas en dispute, parce que les enfants \u00e9taient \u00e0 la maison et que je savais qu&#39;ils entendaient d\u00e9j\u00e0 trop de choses. \u00ab Je viens juste de rentrer \u00bb, ai-je r\u00e9pondu. Il a r\u00e9torqu\u00e9 qu&#39;il ne faisait que poser une question. Cette mani\u00e8re de retourner une situation contre moi m&#39;\u00e9tait devenue famili\u00e8re. Je finissais souvent par devoir justifier mon ton au lieu de parler de ce qui m&#39;avait bless\u00e9e.<\/p>\n<p>J&#39;ai rempli une casserole d&#39;eau et sorti les haricots. Mes doigts portaient encore les marques rouges des poign\u00e9es des sacs. J&#39;ai frott\u00e9 mes paumes l&#39;une contre l&#39;autre, esp\u00e9rant faire dispara\u00eetre la sensation de br\u00fblure. Sur le r\u00e9frig\u00e9rateur, un calendrier \u00e9tait couvert de dates entour\u00e9es au stylo. Certaines correspondaient \u00e0 des paiements. D&#39;autres \u00e0 des rendez-vous scolaires. Presque toutes les annotations \u00e9taient de ma main. Je les connaissais par c\u0153ur, pourtant je continuais \u00e0 les v\u00e9rifier, comme si une date oubli\u00e9e pouvait suffire \u00e0 faire tomber le reste.<\/p>\n<p>Une orange que je n&#39;avais pas ramass\u00e9e \u00e9tait toujours au milieu du salon. Je l&#39;ai aper\u00e7ue en allant chercher une assiette. Arturo avait chang\u00e9 de position, allong\u00e9 davantage ses jambes, sans se pr\u00e9occuper du fruit. Je me suis arr\u00eat\u00e9e sur le seuil. Ce n&#39;\u00e9tait pas l&#39;orange qui m&#39;importait. C&#39;\u00e9tait l&#39;\u00e9vidence que, m\u00eame lorsqu&#39;une t\u00e2che se trouvait litt\u00e9ralement \u00e0 ses pieds, il attendait que je m&#39;en charge. Je me suis demand\u00e9 depuis quand j&#39;avais cess\u00e9 de trouver cette attente anormale.<\/p>\n<p>J&#39;aurais pu lui lancer une remarque cinglante. J&#39;en connaissais plusieurs, et certaines m&#39;auraient soulag\u00e9e sur le moment. Mais je pensais \u00e0 l&#39;avis d&#39;impay\u00e9 dans mon sac, aux comptes presque vides et aux deux adolescents qui travaillaient dans leurs chambres. Une dispute n&#39;aurait r\u00e9gl\u00e9 aucun de ces probl\u00e8mes. Elle aurait simplement ajout\u00e9 une fatigue suppl\u00e9mentaire \u00e0 notre soir\u00e9e. Alors je me suis pench\u00e9e une nouvelle fois, j&#39;ai pris l&#39;orange et je l&#39;ai d\u00e9pos\u00e9e sur le comptoir, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres.<\/p>\n<p>C&#39;est \u00e0 cet instant que j&#39;ai aper\u00e7u Aitana dans l&#39;encadrement de la porte. Notre fille de quatorze ans portait son uniforme scolaire et tenait un cahier ouvert contre elle. Elle avait observ\u00e9 suffisamment longtemps pour comprendre ce qui se passait. Ses yeux sont descendus vers mes chaussures tremp\u00e9es, puis vers le salon. Elle n&#39;a pas prononc\u00e9 un mot. Elle s&#39;est simplement avanc\u00e9e, a pris le sac que je n&#39;avais pas encore vid\u00e9 et a commenc\u00e9 \u00e0 ranger les provisions.<\/p>\n<p>\u00ab Tu devrais aller te changer, maman \u00bb, a-t-elle murmur\u00e9. J&#39;ai voulu lui sourire. Je crois que j&#39;y suis parvenue, mais sa fa\u00e7on de me regarder m&#39;a serr\u00e9 la gorge. Elle avait quatorze ans et connaissait d\u00e9j\u00e0 cette expression particuli\u00e8re que je prenais lorsque je cherchais \u00e0 ne pas montrer mon \u00e9puisement. Je lui ai caress\u00e9 rapidement les cheveux. Derri\u00e8re nous, Arturo a demand\u00e9 si le repas serait bient\u00f4t pr\u00eat. Aitana a pos\u00e9 une bo\u00eete de conserve sur l&#39;\u00e9tag\u00e8re avec un bruit sec.<\/p>\n<p>Dans le couloir, une porte s&#39;est ouverte. Diego venait manifestement d&#39;entendre la derni\u00e8re remarque de son p\u00e8re. Mon fils avait seize ans, des \u00e9paules qui s&#39;\u00e9largissaient depuis quelques mois et cette mani\u00e8re nouvelle de serrer la m\u00e2choire lorsqu&#39;il se retenait de r\u00e9pondre. Il a travers\u00e9 la pi\u00e8ce en silence, s&#39;est arr\u00eat\u00e9 devant le t\u00e9l\u00e9viseur et a regard\u00e9 Arturo. Puis il a tendu la main vers la commande de l&#39;appareil.<\/p>\n<p>Quand l&#39;\u00e9cran s&#39;est brusquement \u00e9teint, le silence a rempli le salon d&#39;une fa\u00e7on presque inqui\u00e9tante. Arturo s&#39;est redress\u00e9. Diego n&#39;a pas recul\u00e9. Je tenais encore un torchon humide et, pour la premi\u00e8re fois de la soir\u00e9e, personne ne me demandait de pr\u00e9parer quelque chose. Mon fils a regard\u00e9 son p\u00e8re droit dans les yeux, puis a prononc\u00e9 d&#39;une voix que je ne lui connaissais pas : \u00ab Maintenant, tu vas \u00e9couter. \u00bb<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8712\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 2 : Quand notre fils a os\u00e9 interrompre son p\u00e8re, les mots \u00e9chang\u00e9s ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une blessure que je n\u2019avais pas voulu voir grandir<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sac de courses s\u2019est d\u00e9chir\u00e9 au moment o\u00f9 je franchissais la porte. Trois oranges ont roul\u00e9 sur le carrelage, l\u2019une jusqu\u2019au pied du canap\u00e9, une autre sous la petite &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8710,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8711","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8711","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8711"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8711\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8727,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8711\/revisions\/8727"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8711"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8711"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8711"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}