{"id":8450,"date":"2026-10-22T11:57:15","date_gmt":"2026-10-22T11:57:15","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8450"},"modified":"2026-10-22T11:57:15","modified_gmt":"2026-10-22T11:57:15","slug":"partie-9-a-seize-jours-de-la-vente-jai-decouvert-que-mon-fils-preparait-un-dernier-arrangement-sans-mavoir-demande-mon-accord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8450","title":{"rendered":"PARTIE 9 \u2013 \u00c0 seize jours de la vente, j\u2019ai d\u00e9couvert que mon fils pr\u00e9parait un dernier arrangement sans m\u2019avoir demand\u00e9 mon accord"},"content":{"rendered":"<p>Le 12 octobre, Ludovic a re\u00e7u un appel qui l\u2019a fait quitter la table avant m\u00eame d\u2019avoir termin\u00e9 son caf\u00e9. Il \u00e9tait sept heures quarante. Charlotte venait de d\u00e9poser une casserole de lait chaud sur le dessous-de-plat, et j\u2019\u00e9talais un peu de confiture sur une tranche de pain. Mon fils a regard\u00e9 l\u2019\u00e9cran de son t\u00e9l\u00e9phone, puis son visage s\u2019est ferm\u00e9. Il a r\u00e9pondu bri\u00e8vement avant de sortir dans le jardin. \u00c0 travers la fen\u00eatre, je le voyais marcher entre la terrasse et le petit cerisier, une main plaqu\u00e9e contre son oreille pour mieux entendre son interlocuteur.<\/p>\n<p>Quand il est revenu, il avait les traits tir\u00e9s. Charlotte lui a demand\u00e9 qui l\u2019avait appel\u00e9. Il a r\u00e9pondu qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un conseiller charg\u00e9 de son dossier bancaire. Elle a imm\u00e9diatement voulu savoir si la vente pouvait encore \u00eatre \u00e9vit\u00e9e. Ludovic s\u2019est content\u00e9 de dire qu\u2019une possibilit\u00e9 existait, mais qu\u2019il fallait r\u00e9unir certains documents. Puis il m\u2019a regard\u00e9e. Ce regard m\u2019a suffi pour comprendre que cette nouvelle tentative risquait, une fois encore, de me concerner.<\/p>\n<p>J\u2019ai attendu qu\u2019Emma et Lucas partent pour l\u2019\u00e9cole avant de lui demander ce qu\u2019il envisageait. Il m\u2019a expliqu\u00e9 qu\u2019un interlocuteur avait \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019un accord de derni\u00e8re minute, \u00e0 condition d\u2019apporter des garanties s\u00e9rieuses de paiement. Je lui ai demand\u00e9 quelles garanties. Il a parl\u00e9 de ressources familiales, de promesses \u00e9crites et d\u2019un \u00e9ventuel engagement de remboursement. Son vocabulaire \u00e9tait vague, mais je reconnaissais la direction que prenait la conversation.<\/p>\n<p>\u00ab Tu ne songes pas \u00e0 utiliser de nouveau mon nom ? \u00bb lui ai-je demand\u00e9.<\/p>\n<p>Il a secou\u00e9 la t\u00eate avec une irritation visible. Il m\u2019a assur\u00e9 qu\u2019il ne ferait plus jamais une chose pareille. Puis il a ajout\u00e9 qu\u2019une simple d\u00e9claration de soutien moral et financier pourrait peut-\u00eatre aider la banque \u00e0 accepter un d\u00e9lai. Je lui ai demand\u00e9 de me montrer les conditions exactes. Il a r\u00e9pondu qu\u2019il n\u2019avait encore rien re\u00e7u par \u00e9crit. Je lui ai alors demand\u00e9 de ne donner aucun engagement en mon nom et de ne transmettre aucune information concernant mes ressources.<\/p>\n<p>Charlotte nous observait depuis l\u2019\u00e9vier. Elle n\u2019a pas protest\u00e9. Depuis la conversation au cours de laquelle Ludovic avait reconnu avoir imit\u00e9 ma signature, son attitude envers moi avait chang\u00e9. Elle restait souvent impatiente, mais ses remarques les plus blessantes avaient disparu. Je ne savais pas si ce changement venait de ses regrets ou de la peur de perdre notre maison. Peut-\u00eatre les deux. Les sentiments humains sont rarement aussi simples qu\u2019on le souhaiterait.<\/p>\n<p>Dans ma chambre, j\u2019ai appel\u00e9 Ma\u00eetre Lambert. Il m\u2019a conseill\u00e9 de lui transmettre imm\u00e9diatement tout document qui me serait pr\u00e9sent\u00e9. Il m\u2019a expliqu\u00e9 qu\u2019un accord entre Ludovic et la banque ne devait pas \u00eatre construit sur une nouvelle promesse dont je ne comprendrais pas les cons\u00e9quences. En revanche, si mon fils obtenait un financement ind\u00e9pendant et une solution juridiquement valable, cela pouvait modifier la suite de la proc\u00e9dure. Notre pr\u00e9paration aux ench\u00e8res devait donc rester une pr\u00e9caution, et non une certitude.<\/p>\n<p>Je lui ai demand\u00e9 s\u2019il avait re\u00e7u des informations nouvelles concernant la contestation de la caution. Il m\u2019a r\u00e9pondu que les d\u00e9marches suivaient leur cours et que l\u2019aveu de Ludovic, rapport\u00e9 dans mon compte rendu, constituait un \u00e9l\u00e9ment important, sans remplacer les v\u00e9rifications n\u00e9cessaires. Des pi\u00e8ces compl\u00e9mentaires avaient \u00e9t\u00e9 demand\u00e9es. Il fallait encore distinguer la responsabilit\u00e9 \u00e9ventuelle de mon fils, les obligations de la banque et les effets du contrat contest\u00e9. Cette lenteur m\u2019\u00e9prouvait, mais j\u2019avais appris \u00e0 ne plus confondre patience et passivit\u00e9.<\/p>\n<p>Deux jours plus tard, le 14 octobre, je me suis rendue \u00e0 Bourges pour un rendez-vous consacr\u00e9 exclusivement \u00e0 la vente. Ma\u00eetre Lambert avait dispos\u00e9 sur son bureau les derni\u00e8res pi\u00e8ces disponibles concernant le pavillon. Il m\u2019a rappel\u00e9 la mise \u00e0 prix de quatre-vingt mille euros, le co\u00fbt probable des travaux et les frais qui viendraient s\u2019ajouter au prix d\u2019adjudication. Nous avons repris ensemble mon plafond d\u2019ench\u00e8re. Apr\u00e8s avoir examin\u00e9 l\u2019estimation et mes besoins futurs, nous avions fix\u00e9 une limite de cent quatre-vingt mille euros pour le prix d\u2019adjudication, sans compter les frais.<\/p>\n<p>Cette somme me paraissait \u00e9norme, m\u00eame en sachant que je disposais de cinq cent mille euros. Je n\u2019avais jamais achet\u00e9 quoi que ce soit d\u2019aussi important sans G\u00e9rard. Notre ancienne maison avait \u00e9t\u00e9 choisie \u00e0 deux. Nous avions visit\u00e9 les pi\u00e8ces, compar\u00e9 les devis et calcul\u00e9 ce que nous pouvions rembourser. Cette fois, j\u2019\u00e9tais seule devant une d\u00e9cision susceptible de modifier le reste de ma vie. Ma\u00eetre Lambert m\u2019a demand\u00e9 si je souhaitais consulter une personne de confiance. J\u2019ai r\u00e9pondu que je n\u2019avais personne \u00e0 qui r\u00e9v\u00e9ler mon gain pour le moment.<\/p>\n<p>Il n\u2019a pas insist\u00e9. Nous avons discut\u00e9 des cons\u00e9quences pratiques d\u2019une \u00e9ventuelle acquisition. M\u00eame si je remportais les ench\u00e8res, je ne pourrais pas simplement annoncer \u00e0 Ludovic et Charlotte qu\u2019ils devaient quitter les lieux le jour m\u00eame. Il faudrait examiner leur situation d\u2019occupation et respecter les formalit\u00e9s applicables. Je lui ai expliqu\u00e9 que je ne souhaitais pas pr\u00e9cipiter les enfants dans une situation plus difficile encore. Mon objectif n\u2019\u00e9tait pas de les punir, mais de disposer enfin d\u2019un logement et de prot\u00e9ger ma libert\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Vous pouvez pr\u00e9voir une solution humaine sans renoncer \u00e0 vos droits \u00bb, m\u2019a-t-il r\u00e9pondu.<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9crit cette phrase dans mon carnet. Depuis janvier, j\u2019avais souvent \u00e9prouv\u00e9 le besoin de choisir entre deux extr\u00eames : tout accepter pour maintenir la paix familiale ou me montrer inflexible afin de ne plus \u00eatre exploit\u00e9e. Ma\u00eetre Lambert m\u2019aidait \u00e0 comprendre qu\u2019il existait d\u2019autres possibilit\u00e9s. Je pouvais \u00eatre ferme sur la propri\u00e9t\u00e9, les finances et les signatures, tout en laissant \u00e0 Ludovic et Charlotte un d\u00e9lai raisonnable pour s\u2019organiser si la maison devenait la mienne.<\/p>\n<p>Sur le chemin du retour, je me suis arr\u00eat\u00e9e devant une petite boutique de linge de maison. Dans la vitrine, des serviettes blanches \u00e9taient dispos\u00e9es pr\u00e8s d\u2019un vase transparent. J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 ma chambre au rez-de-chauss\u00e9e, \u00e0 ses meubles disparates et \u00e0 la toile cir\u00e9e que Charlotte d\u00e9testait. Pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai imagin\u00e9 choisir moi-m\u00eame des rideaux, des draps et une lampe. Je n\u2019ai rien achet\u00e9. Je ne voulais pas commencer \u00e0 vivre dans un avenir qui n\u2019existait pas encore.<\/p>\n<p>Le 16 octobre, Ludovic m\u2019a remis trois feuilles imprim\u00e9es. Il les avait pos\u00e9es sur la table de la cuisine apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, avec un stylo bleu. Il m\u2019a expliqu\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un projet de d\u00e9claration destin\u00e9 \u00e0 appuyer sa demande de d\u00e9lai aupr\u00e8s de la banque. J\u2019ai lu la premi\u00e8re page lentement. On y indiquait que j\u2019\u00e9tais dispos\u00e9e \u00e0 soutenir financi\u00e8rement mon fils dans la mesure de mes possibilit\u00e9s. Plus loin, une phrase pr\u00e9cisait que je pourrais mettre \u00e0 disposition une partie de mon \u00e9pargne si un accord de remboursement \u00e9tait conclu.<\/p>\n<p>J\u2019ai repos\u00e9 les feuilles. Ludovic a imm\u00e9diatement commenc\u00e9 \u00e0 expliquer que ce document n\u2019\u00e9tait pas un v\u00e9ritable engagement. Selon lui, il devait seulement montrer \u00e0 la banque que sa famille ne l\u2019abandonnait pas. Je lui ai demand\u00e9 pourquoi le texte \u00e9voquait explicitement mes \u00e9conomies. Il a r\u00e9pondu que son conseiller souhaitait des \u00e9l\u00e9ments concrets. Je lui ai demand\u00e9 le nom de ce conseiller et une copie de sa demande. Ludovic a h\u00e9sit\u00e9, puis d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il allait se renseigner.<\/p>\n<p>\u00ab Dans ce cas, je ne signe rien \u00bb, ai-je r\u00e9pondu.<\/p>\n<p>Il a pouss\u00e9 un soupir et s\u2019est pass\u00e9 les mains dans les cheveux. Charlotte, qui pliait des torchons pr\u00e8s de l\u2019\u00e9vier, s\u2019est retourn\u00e9e vers nous. Elle a demand\u00e9 si le document \u00e9tait r\u00e9ellement dangereux. Je lui ai expliqu\u00e9 qu\u2019une d\u00e9claration \u00e9crite pouvait avoir des cons\u00e9quences et qu\u2019il fallait la faire examiner. Elle a regard\u00e9 Ludovic. Il a repris les feuilles sans protester davantage, mais je voyais sa d\u00e9ception.<\/p>\n<p>Le soir, j\u2019ai envoy\u00e9 des photographies du document \u00e0 Ma\u00eetre Lambert. Il m\u2019a confirm\u00e9 que j\u2019avais eu raison de ne pas signer sans examen. Il m\u2019a indiqu\u00e9 que la formulation \u00e9tait trop impr\u00e9cise et pouvait cr\u00e9er des difficult\u00e9s. Nous avons convenu qu\u2019aucune nouvelle d\u00e9claration financi\u00e8re ne serait \u00e9tablie en mon nom. Si Ludovic souhaitait n\u00e9gocier avec la banque, il devrait pr\u00e9senter ses propres ressources et ses propres propositions.<\/p>\n<p>Le lendemain matin, Charlotte est venue me voir dans ma chambre. Elle tenait une tasse de th\u00e9 qu\u2019elle avait pr\u00e9par\u00e9e pour moi. Ce geste m\u2019a surprise. Pendant trois ans, elle m\u2019avait rarement apport\u00e9 quoi que ce soit sans raison pratique. Elle s\u2019est assise sur la chaise pr\u00e8s de l\u2019armoire et m\u2019a demand\u00e9 si je lui en voulais encore pour mon anniversaire. J\u2019ai regard\u00e9 la tasse. Une l\u00e9g\u00e8re vapeur montait au-dessus du liquide ambr\u00e9.<\/p>\n<p>Je lui ai r\u00e9pondu que son cadeau m\u2019avait bless\u00e9e, mais que ce n\u2019\u00e9tait pas uniquement \u00e0 cause de sa faible valeur. Elle a baiss\u00e9 les yeux. J\u2019ai expliqu\u00e9 que je m\u2019\u00e9tais sentie ridiculis\u00e9e devant mes petits-enfants, comme si mes besoins les plus modestes suffisaient \u00e0 faire rire toute la famille. Charlotte a serr\u00e9 la tasse entre ses mains. Elle a reconnu avoir voulu faire une plaisanterie. Elle n\u2019avait pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que j\u2019\u00e9prouverais.<\/p>\n<p>\u00ab Je n\u2019aurais pas d\u00fb te parler ainsi \u00bb, a-t-elle dit.<\/p>\n<p>J\u2019ai accept\u00e9 ses excuses sans pr\u00e9tendre que tout \u00e9tait r\u00e9par\u00e9. Je lui ai expliqu\u00e9 que les petites humiliations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es finissaient par modifier la mani\u00e8re dont une personne se sentait chez elle. Elle a acquiesc\u00e9. Puis elle m\u2019a demand\u00e9 si je pensais que nous pourrions continuer \u00e0 vivre ensemble apr\u00e8s octobre. Je lui ai r\u00e9pondu que cela d\u00e9pendrait de ce qui se produirait et des d\u00e9cisions de chacun.<\/p>\n<p>Charlotte s\u2019est mise \u00e0 parler de ses recherches de logement. Elle avait visit\u00e9 deux maisons, mais les propri\u00e9taires demandaient des garanties qu\u2019elle et Ludovic ne pouvaient pas fournir. Elle avait \u00e9galement r\u00e9pondu \u00e0 plusieurs offres d\u2019emploi. Une entreprise de nettoyage lui avait propos\u00e9 un entretien. Elle semblait honteuse de devoir envisager un travail si diff\u00e9rent de celui qu\u2019elle avait connu avec sa boutique. Je lui ai rappel\u00e9 que j\u2019avais travaill\u00e9 pendant trente et un ans \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et que je n\u2019avais jamais consid\u00e9r\u00e9 un m\u00e9tier honn\u00eate comme une humiliation.<\/p>\n<p>Elle m\u2019a regard\u00e9e longuement. Puis elle a souri faiblement. \u00ab Tu as raison \u00bb, a-t-elle r\u00e9pondu. Je ne savais pas si cette conversation changerait durablement notre relation, mais je sentais qu\u2019elle avait cess\u00e9 de me voir uniquement comme une personne \u00e0 charge. Pour la premi\u00e8re fois, elle semblait comprendre que j\u2019avais eu une vie, un m\u00e9tier, des choix et des responsabilit\u00e9s avant de venir habiter chez eux.<\/p>\n<p>Le 19 octobre, une nouvelle inqui\u00e9tude est apparue. Ludovic a annonc\u00e9 qu\u2019il avait rendez-vous avec un homme qui se proposait de racheter rapidement le pavillon avant la vente judiciaire. Il parlait d\u2019un investisseur immobilier capable de pr\u00e9senter une offre et de n\u00e9gocier avec les cr\u00e9anciers. Charlotte semblait soulag\u00e9e. Elle imaginait qu\u2019une vente amiable permettrait peut-\u00eatre d\u2019\u00e9viter l\u2019audience et de pr\u00e9server une partie de leur situation financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Je lui ai demand\u00e9 si cette possibilit\u00e9 \u00e9tait encore juridiquement ouverte et si la banque avait donn\u00e9 son accord. Ludovic a r\u00e9pondu qu\u2019il devait justement se renseigner. Il avait re\u00e7u le contact de cet homme par une connaissance professionnelle. Je lui ai conseill\u00e9 de montrer toute proposition \u00e0 un avocat avant de signer. Il a sembl\u00e9 contrari\u00e9 que je lui donne ce conseil, mais il n\u2019a pas contest\u00e9.<\/p>\n<p>Deux jours plus tard, j\u2019ai d\u00e9couvert un brouillon de proposition pos\u00e9 sur la table du s\u00e9jour. Ludovic \u00e9tait sorti et Charlotte pr\u00e9parait le repas. Je n\u2019ai pas fouill\u00e9 ses affaires ; le document \u00e9tait ouvert, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un catalogue de meubles. Une somme y \u00e9tait indiqu\u00e9e : cent vingt mille euros. L\u2019offre semblait porter sur l\u2019acquisition du pavillon dans un d\u00e9lai tr\u00e8s court, sous r\u00e9serve de plusieurs conditions. Je savais que ce montant pouvait \u00eatre insuffisant pour couvrir les sommes dues, mais je ne pouvais pas juger de la validit\u00e9 de la proposition sans conna\u00eetre toutes les pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Ludovic, lorsqu\u2019il est rentr\u00e9, s\u2019il avait obtenu un avis juridique. Il a reconnu que non. L\u2019investisseur souhaitait une r\u00e9ponse rapide et affirmait pouvoir s\u2019occuper de toutes les formalit\u00e9s. Je lui ai conseill\u00e9 de ne pas se laisser presser. Charlotte m\u2019a soutenue. Elle a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019ils avaient d\u00e9j\u00e0 commis assez d\u2019erreurs en signant des documents sans comprendre leurs cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>Cette intervention m\u2019a \u00e9tonn\u00e9e. Quelques mois plus t\u00f4t, Charlotte aurait probablement consid\u00e9r\u00e9 mon avis comme inutile. \u00c0 pr\u00e9sent, elle semblait mesurer le danger des d\u00e9cisions prises dans l\u2019urgence. Ludovic a fini par accepter de consulter un professionnel avant de poursuivre les discussions. Je n\u2019ai pas su si cela suffirait \u00e0 emp\u00eacher une nouvelle erreur, mais au moins il ne paraissait plus totalement sourd \u00e0 nos avertissements.<\/p>\n<p>Le 22 octobre, Ma\u00eetre Lambert m\u2019a confirm\u00e9 que la proc\u00e9dure de vente restait programm\u00e9e pour le 28. Les d\u00e9marches entreprises par Ludovic n\u2019avaient pas, \u00e0 ce stade, entra\u00een\u00e9 de report officiel. Il m\u2019a demand\u00e9 de me tenir pr\u00eate \u00e0 venir \u00e0 Bourges la veille de l\u2019audience pour finaliser notre dossier. Il souhaitait \u00e9galement v\u00e9rifier une derni\u00e8re fois les fonds disponibles et les formalit\u00e9s de repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>J\u2019ai ouvert mon carnet et regard\u00e9 les dates. Six jours. Le temps qui me s\u00e9parait des ench\u00e8res se mesurait d\u00e9sormais en heures de repas, en lessives et en nuits. J\u2019avais pass\u00e9 neuf mois \u00e0 prot\u00e9ger mon secret. Je savais qu\u2019il ne pourrait pas rester cach\u00e9 \u00e9ternellement si je devenais propri\u00e9taire de la maison. Ludovic et Charlotte finiraient par comprendre que je disposais de ressources dont ils ignoraient l\u2019existence.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, Emma m\u2019a demand\u00e9 si elle pouvait dormir dans ma chambre. Elle avait fait un cauchemar. Charlotte a accept\u00e9 exceptionnellement. Nous avons install\u00e9 un petit matelas pr\u00e8s de mon lit. Avant d\u2019\u00e9teindre, Emma m\u2019a demand\u00e9 si j\u2019avais peur de l\u2019avenir. Je lui ai r\u00e9pondu que cela m\u2019arrivait, m\u00eame \u00e0 mon \u00e2ge. Elle a r\u00e9fl\u00e9chi, puis d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle avait surtout peur de ne plus pouvoir voir ses amis si nous d\u00e9m\u00e9nagions.<\/p>\n<p>Je lui ai caress\u00e9 la joue. Je ne pouvais pas promettre que rien ne changerait. Je lui ai expliqu\u00e9 que les maisons \u00e9taient importantes, mais que les personnes qui nous aimaient pouvaient rester pr\u00e9sentes m\u00eame lorsque nous changions d\u2019adresse. Emma a ferm\u00e9 les yeux. Quelques minutes plus tard, sa respiration est devenue r\u00e9guli\u00e8re. J\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 regarder le plafond, incapable de dormir.<\/p>\n<p>Le lendemain, Ludovic m\u2019a annonc\u00e9 que l\u2019investisseur avait retir\u00e9 sa proposition apr\u00e8s avoir examin\u00e9 certains \u00e9l\u00e9ments du dossier. Il semblait d\u00e9courag\u00e9. Charlotte s\u2019est assise \u00e0 la table sans parler. Je n\u2019ai pos\u00e9 aucune question suppl\u00e9mentaire. Les derni\u00e8res possibilit\u00e9s de r\u00e9soudre la situation avant les ench\u00e8res semblaient se r\u00e9duire, mais je savais qu\u2019une \u00e9volution restait juridiquement possible jusqu\u2019au dernier moment.<\/p>\n<p>Le 25 octobre, Ma\u00eetre Lambert m\u2019a appel\u00e9e pour confirmer notre rendez-vous du lendemain. Il avait v\u00e9rifi\u00e9 les conditions de participation et souhaitait que nous examinions les derni\u00e8res pi\u00e8ces ensemble. Sa voix \u00e9tait calme. Il m\u2019a rappel\u00e9 que je pouvais encore renoncer. J\u2019ai r\u00e9pondu que je voulais maintenir ma d\u00e9cision, dans les limites que nous avions fix\u00e9es.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir raccroch\u00e9, j\u2019ai sorti la photographie de G\u00e9rard de son petit cadre. Je l\u2019ai tenue entre mes mains. Ses cheveux \u00e9taient encore bruns sur l\u2019image, et son sourire avait cette retenue qui lui \u00e9tait propre. Je me suis souvenue de la mani\u00e8re dont il examinait toujours les d\u00e9cisions importantes : sans pr\u00e9cipitation, mais sans fuir ses responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>J\u2019ai replac\u00e9 la photographie sur ma table de nuit. Puis j\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 mon sac pour Bourges. J\u2019y ai mis mes lunettes, mon carnet, ma carte d\u2019identit\u00e9, une bouteille d\u2019eau et les documents demand\u00e9s par Ma\u00eetre Lambert. J\u2019ai \u00e9galement gliss\u00e9 une petite bo\u00eete de biscuits, habitude h\u00e9rit\u00e9e de mes ann\u00e9es \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Je ne savais pas ce que les jours suivants m\u2019apporteraient. Mais je savais que je ne voulais plus arriver devant une d\u00e9cision importante les mains vides.<\/p>\n<p>Dans la soir\u00e9e, Ludovic est venu frapper \u00e0 ma porte. Il m\u2019a demand\u00e9 si je pouvais l\u2019accompagner au tribunal le 28 octobre. Il disait avoir besoin de ma pr\u00e9sence. Je l\u2019ai regard\u00e9 avec surprise. Pendant des mois, il avait cherch\u00e9 \u00e0 me tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart de ses difficult\u00e9s. \u00c0 pr\u00e9sent, il souhaitait que je sois l\u00e0 lorsque leur issue serait d\u00e9cid\u00e9e.<\/p>\n<p>Je lui ai r\u00e9pondu que je viendrais \u00e0 Bourges ce jour-l\u00e0. Il a sembl\u00e9 soulag\u00e9. Il m\u2019a remerci\u00e9e et m\u2019a embrass\u00e9e sur le front. Lorsqu\u2019il est sorti, j\u2019ai referm\u00e9 doucement la porte. Je ne lui avais pas menti. Je serais bien pr\u00e9sente au tribunal. Mais il ignorait encore que je ne viendrais pas seulement pour lui tenir compagnie.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8451\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 10 : Le matin des ench\u00e8res, mon fils m\u2019attendait parmi les spectateurs sans imaginer que mon avocat pouvait acheter notre maison<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 12 octobre, Ludovic a re\u00e7u un appel qui l\u2019a fait quitter la table avant m\u00eame d\u2019avoir termin\u00e9 son caf\u00e9. Il \u00e9tait sept heures quarante. Charlotte venait de d\u00e9poser une &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8441,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8450","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8450","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8450"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8450\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8466,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8450\/revisions\/8466"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8441"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8450"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8450"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8450"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}