{"id":8282,"date":"2026-10-22T05:43:28","date_gmt":"2026-10-22T05:43:28","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8282"},"modified":"2026-10-22T05:43:28","modified_gmt":"2026-10-22T05:43:28","slug":"partie-6-une-ancienne-archiviste-accepte-de-briser-son-silence-et-nous-conduit-vers-les-derniers-documents-signes-par-lhomme-que-jattendais-depuis-toujours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8282","title":{"rendered":"PARTIE 6 \u2013 Une ancienne archiviste accepte de briser son silence et nous conduit vers les derniers documents sign\u00e9s par l\u2019homme que j\u2019attendais depuis toujours"},"content":{"rendered":"<p>La femme s&#39;appelait Margaret Collins. Michael m&#39;avait pr\u00e9venue qu&#39;elle ne recevait presque plus de visiteurs et qu&#39;elle se m\u00e9fiait des personnes qui cherchaient \u00e0 rouvrir d&#39;anciens dossiers militaires. Nous avions convenu de la rencontrer le lendemain matin. Pourtant, lorsque je descendis dans la cuisine de Michael, apr\u00e8s une nuit pass\u00e9e dans sa chambre d&#39;amis, je le trouvai d\u00e9j\u00e0 assis devant une pile de documents. Daniel pr\u00e9parait du caf\u00e9. Tous deux avaient l&#39;air de ne pas avoir dormi davantage que moi. Sur la table, une enveloppe portait l&#39;adresse de Margaret, ainsi qu&#39;un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone \u00e9crit au crayon.<\/p>\n<p>Michael expliqua qu&#39;il avait parl\u00e9 avec elle tard dans la soir\u00e9e. Elle avait accept\u00e9 de nous recevoir, \u00e0 condition que nous ne cherchions pas \u00e0 enregistrer notre conversation sans son autorisation. Elle souhaitait \u00e9galement savoir pr\u00e9cis\u00e9ment quels documents nous poss\u00e9dions. Je demandai si elle avait d\u00e9j\u00e0 vu le nom de Thomas. Michael r\u00e9pondit qu&#39;elle avait reconnu certaines r\u00e9f\u00e9rences administratives, mais qu&#39;elle n&#39;avait jamais voulu commenter directement son dossier. Son exp\u00e9rience lui avait appris que les souvenirs peuvent se m\u00e9langer avec les informations d\u00e9couvertes plus tard. Elle pr\u00e9f\u00e9rait consulter des copies avant de parler.<\/p>\n<p>J&#39;appr\u00e9ciai cette exigence. Depuis mon arriv\u00e9e, j&#39;avais rencontr\u00e9 deux hommes profond\u00e9ment marqu\u00e9s par les \u00e9v\u00e9nements de leur jeunesse. Leurs t\u00e9moignages me semblaient sinc\u00e8res, mais ils demeuraient li\u00e9s \u00e0 des souvenirs vieux de plusieurs d\u00e9cennies. Margaret pouvait nous apporter un regard diff\u00e9rent, fond\u00e9 sur l&#39;organisation des archives plut\u00f4t que sur les \u00e9motions des anciens pilotes. Je demandai \u00e0 Michael de pr\u00e9parer uniquement les documents n\u00e9cessaires, sans lui montrer d&#39;embl\u00e9e nos hypoth\u00e8ses les plus inqui\u00e9tantes. Je voulais savoir ce qu&#39;elle reconna\u00eetrait par elle-m\u00eame. Daniel approuva cette m\u00e9thode.<\/p>\n<p>La maison de Margaret se trouvait \u00e0 moins d&#39;une heure de route, dans une petite ville o\u00f9 les rues principales \u00e9taient bord\u00e9es de commerces anciens. Nous arriv\u00e2mes en fin de matin\u00e9e. Une femme \u00e2g\u00e9e ouvrit la porte avant que nous ayons eu le temps de sonner une seconde fois. Elle portait une robe sombre, des chaussures confortables et des lunettes suspendues \u00e0 une cha\u00eene. Ses cheveux gris \u00e9taient soigneusement relev\u00e9s. Elle nous observa tour \u00e0 tour avant de poser les yeux sur moi. \u00ab Vous \u00eates Eleanor \u00bb, dit-elle. Il ne s&#39;agissait pas d&#39;une question. Je r\u00e9pondis que oui. Elle me prit bri\u00e8vement la main, puis nous invita \u00e0 entrer.<\/p>\n<p>Son salon \u00e9tait rempli de livres, de photographies familiales et de petites bo\u00eetes \u00e9tiquet\u00e9es. Une grande table avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9barrass\u00e9e pour recevoir nos dossiers. Margaret expliqua qu&#39;elle avait travaill\u00e9 pendant plusieurs d\u00e9cennies dans des services charg\u00e9s de classer, transf\u00e9rer et conserver des documents administratifs. Elle n&#39;avait pas n\u00e9cessairement acc\u00e8s \u00e0 leur contenu complet. Son r\u00f4le consistait souvent \u00e0 v\u00e9rifier les r\u00e9f\u00e9rences, les dates, les autorisations et les changements de statut. Cette exp\u00e9rience lui avait permis de reconna\u00eetre les proc\u00e9dures ordinaires, mais aussi certaines pratiques inhabituelles. Elle insista toutefois sur le fait qu&#39;une irr\u00e9gularit\u00e9 ne constituait pas automatiquement la preuve d&#39;une intention criminelle.<\/p>\n<p>Je lui expliquai pourquoi j&#39;\u00e9tais venue. Je racontai bri\u00e8vement ma relation avec Thomas, l&#39;annonce de sa disparition et la lettre que Daniel m&#39;avait remise dans l&#39;avion. Margaret m&#39;\u00e9couta sans m&#39;interrompre. Lorsque je mentionnai l&#39;identit\u00e9 de Robert Ellis, elle baissa l\u00e9g\u00e8rement les yeux. Je remarquai ce mouvement, mais ne le commentai pas. Je sortis une copie du premier registre et la posai devant elle. Elle ajusta ses lunettes, examina le num\u00e9ro de transfert et demanda \u00e0 voir la page suivante. Michael lui remit le document correspondant. Pendant plusieurs minutes, nous rest\u00e2mes silencieux tandis qu&#39;elle comparait les r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n<p>Enfin, elle leva la t\u00eate. \u00ab Ce syst\u00e8me de num\u00e9rotation appartient \u00e0 une cat\u00e9gorie de dossiers que l&#39;on ne consultait pas par nom ordinaire \u00bb, expliqua-t-elle. Les personnes concern\u00e9es pouvaient recevoir une d\u00e9signation administrative temporaire afin de limiter la circulation de leurs informations personnelles. Le proc\u00e9d\u00e9 n&#39;\u00e9tait pas n\u00e9cessairement ill\u00e9gal en lui-m\u00eame. Cependant, il devait normalement exister un registre central permettant de r\u00e9tablir les correspondances. Sans cette cl\u00e9, un individu pouvait devenir pratiquement invisible pour les recherches fond\u00e9es sur son identit\u00e9 civile. Je sentis ma gorge se serrer. Thomas avait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 rendu introuvable non par l&#39;absence de documents, mais par la mani\u00e8re dont ils avaient \u00e9t\u00e9 class\u00e9s.<\/p>\n<p>Margaret me demanda de lui montrer le bordereau de transport. Elle suivit les chiffres avec un crayon, puis ouvrit un carnet o\u00f9 elle avait not\u00e9 certains anciens codes. Deux r\u00e9f\u00e9rences correspondaient \u00e0 un service dont les archives avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties entre plusieurs organismes apr\u00e8s la guerre. Une troisi\u00e8me semblait indiquer une proc\u00e9dure exceptionnelle. Margaret expliqua que ce type de transfert devait normalement \u00eatre accompagn\u00e9 d&#39;une autorisation sign\u00e9e et d&#39;un rapport de r\u00e9ception. Elle ne pouvait pas affirmer que ces pi\u00e8ces existaient encore. Mais si elles avaient \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es, elles permettraient d&#39;identifier le responsable du d\u00e9placement et l&#39;\u00e9tablissement d&#39;arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>Daniel sortit la copie portant les initiales du colonel Richard Mercer. Margaret l&#39;examina longuement. Elle connaissait son nom. Il apparaissait dans plusieurs ensembles d&#39;archives associ\u00e9s \u00e0 des op\u00e9rations de renseignement. Elle pr\u00e9cisa qu&#39;elle n&#39;avait jamais travaill\u00e9 directement sous ses ordres et qu&#39;elle ne souhaitait pas lui attribuer des d\u00e9cisions sans preuve. Cependant, elle reconnut une marque administrative utilis\u00e9e par son service. Cela renfor\u00e7ait l&#39;id\u00e9e que les documents avaient circul\u00e9 dans une cha\u00eene particuli\u00e8re. Je lui demandai si Mercer aurait pu faire dispara\u00eetre volontairement le v\u00e9ritable nom de Thomas. Elle r\u00e9pondit qu&#39;un responsable disposant des autorisations appropri\u00e9es pouvait restreindre l&#39;acc\u00e8s \u00e0 certaines correspondances.<\/p>\n<p>Je regardai Michael. Il semblait retenir son souffle. Margaret poursuivit en expliquant qu&#39;un dossier pouvait \u00eatre d\u00e9plac\u00e9 vers une nouvelle s\u00e9rie sans que les services ordinaires en soient inform\u00e9s. Les demandes ult\u00e9rieures recevraient alors des r\u00e9ponses incompl\u00e8tes, m\u00eame si les employ\u00e9s consult\u00e9s \u00e9taient de bonne foi. Une personne cherchant Thomas William Hale ne retrouverait pas n\u00e9cessairement un dossier class\u00e9 sous Robert Ellis. Je compris soudain comment un mensonge initial pouvait survivre pendant des d\u00e9cennies sans exiger la complicit\u00e9 permanente de centaines de personnes. Il suffisait que les renseignements soient s\u00e9par\u00e9s, que les r\u00e9f\u00e9rences soient connues d&#39;un petit nombre et que les employ\u00e9s suivants ignorent les liens.<\/p>\n<p>Margaret demanda ensuite \u00e0 examiner la lettre \u00e9crite par Thomas pendant sa d\u00e9tention. Je lui montrai une copie, conservant l&#39;original dans mon sac. Elle reconnut la forme du document. Il s&#39;agissait probablement d&#39;une demande adress\u00e9e \u00e0 l&#39;administration de l&#39;\u00e9tablissement. Le texte avait \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9, mais rien n&#39;indiquait qu&#39;il avait \u00e9t\u00e9 transmis au service charg\u00e9 de contacter les familles. Margaret d\u00e9signa une petite marque dans la marge. Elle pouvait signifier que la requ\u00eate avait \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue, puis renvoy\u00e9e vers un responsable pour d\u00e9cision. Je lui demandai si quelqu&#39;un avait pu refuser volontairement de m&#39;avertir. Elle r\u00e9pondit que c&#39;\u00e9tait possible, mais qu&#39;il fallait retrouver la d\u00e9cision correspondante pour le d\u00e9montrer.<\/p>\n<p>Je ressentis une lassitude profonde. Depuis la veille, chaque document r\u00e9v\u00e9lait une occasion manqu\u00e9e de nous r\u00e9unir. Thomas avait demand\u00e9 \u00e0 \u00e9crire. Un m\u00e9decin avait not\u00e9 cette demande. Une administration l&#39;avait enregistr\u00e9e. Puis le silence avait repris. Je me demandai combien de personnes avaient manipul\u00e9 ces papiers sans savoir qu&#39;une jeune femme attendait pr\u00e8s d&#39;un t\u00e9l\u00e9phone. Margaret sembla deviner mes pens\u00e9es. Elle me dit doucement que les archives donnaient parfois une illusion trompeuse de neutralit\u00e9. Derri\u00e8re une date, un num\u00e9ro ou une signature, il y avait toujours des \u00eatres humains. Elle avait appris cela trop tard dans sa propre carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Michael lui demanda ce qu&#39;elle savait du dossier m\u00e9dical retrouv\u00e9 apr\u00e8s le transfert. Margaret consulta la r\u00e9f\u00e9rence et demeura silencieuse plus longtemps que pr\u00e9c\u00e9demment. Elle finit par expliquer qu&#39;elle avait d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 cette s\u00e9rie documentaire. Plusieurs ann\u00e9es auparavant, elle avait particip\u00e9 \u00e0 un projet de reclassement concernant des archives m\u00e9dicales anciennes. Certains dossiers comportaient des noms de substitution, des num\u00e9ros de transport et des observations \u00e9tablies dans des \u00e9tablissements \u00e9loign\u00e9s. Elle se souvenait d&#39;avoir remarqu\u00e9 plusieurs incoh\u00e9rences. \u00c0 l&#39;\u00e9poque, elle n&#39;avait pas acc\u00e8s aux informations permettant de les r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>\u00ab Est-ce que vous vous souvenez de Robert Ellis ? \u00bb demandai-je. Margaret ferma les yeux quelques secondes. Elle r\u00e9pondit que ce nom lui disait quelque chose, mais qu&#39;elle refusait de fonder notre enqu\u00eate sur une impression. Elle se leva, traversa le salon et ouvrit une armoire basse. Elle en sortit une chemise cartonn\u00e9e contenant des notes personnelles. Elle expliqua qu&#39;elle avait conserv\u00e9 certaines r\u00e9f\u00e9rences administratives apr\u00e8s son d\u00e9part \u00e0 la retraite, sans emporter les documents officiels eux-m\u00eames. Ces notes lui permettaient de retrouver les dossiers lorsqu&#39;elle avait \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9e par des chercheurs ou des familles.<\/p>\n<p>Elle parcourut plusieurs pages avant de s&#39;arr\u00eater. Je vis son expression changer. Elle posa le doigt sur une ligne et demanda \u00e0 Michael de r\u00e9p\u00e9ter le num\u00e9ro du transfert. Il le fit. Margaret compara les chiffres, puis relut une annotation \u00e9crite de sa main. \u00ab J&#39;ai d\u00e9j\u00e0 cherch\u00e9 ce dossier \u00bb, murmura-t-elle. Elle expliqua qu&#39;une demande ancienne avait port\u00e9 sur un patient enregistr\u00e9 sous le nom de Robert Ellis. Le dossier \u00e9tait incomplet, mais plusieurs pi\u00e8ces mentionnaient une identit\u00e9 ant\u00e9rieure. Elle avait alors signal\u00e9 l&#39;anomalie \u00e0 un responsable. On lui avait r\u00e9pondu que la correspondance relevait d&#39;un niveau d&#39;autorisation sup\u00e9rieur et qu&#39;elle ne devait pas poursuivre.<\/p>\n<p>Je lui demandai qui avait pr\u00e9sent\u00e9 cette demande. Margaret consulta ses notes. Le nom du requ\u00e9rant avait \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 dans la copie qu&#39;elle avait conserv\u00e9e, mais elle se souvenait qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;une d\u00e9marche men\u00e9e par un ancien militaire. Michael lui demanda si cette personne pouvait \u00eatre Daniel. Elle secoua la t\u00eate. La demande \u00e9tait ant\u00e9rieure \u00e0 leurs premi\u00e8res d\u00e9marches officielles. Quelqu&#39;un d&#39;autre avait donc cherch\u00e9 \u00e0 retrouver Robert Ellis. Cette d\u00e9couverte nous surprit tous. Je demandai si cette personne avait pu conna\u00eetre la v\u00e9ritable identit\u00e9 de Thomas. Margaret r\u00e9pondit qu&#39;elle l&#39;ignorait, mais que la demande semblait suffisamment pr\u00e9cise pour provenir de quelqu&#39;un qui connaissait une partie du parcours du patient.<\/p>\n<p>Daniel se pencha sur la table. Il proposa que nous cherchions \u00e0 identifier ce requ\u00e9rant, mais Margaret nous arr\u00eata. Elle souhaitait d&#39;abord v\u00e9rifier un autre d\u00e9tail. Dans ses notes figurait la mention d&#39;un rapport de r\u00e9ception \u00e9tabli apr\u00e8s le dernier transfert. Le document appartenait \u00e0 une s\u00e9rie dont certaines pi\u00e8ces avaient r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 ouvertes \u00e0 de nouvelles consultations. Elle savait qu&#39;une demande pouvait \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e par l&#39;interm\u00e9diaire d&#39;un avocat ou d&#39;un chercheur autoris\u00e9. Toutefois, elle avait conserv\u00e9 le nom d&#39;une ancienne coll\u00e8gue susceptible de confirmer l&#39;emplacement exact du dossier.<\/p>\n<p>Je lui demandai si cette coll\u00e8gue accepterait de nous aider. Margaret r\u00e9pondit qu&#39;elle ne pouvait rien promettre. Les employ\u00e9s charg\u00e9s des archives \u00e9taient soumis \u00e0 des r\u00e8gles pr\u00e9cises et ne pouvaient pas remettre librement des documents confidentiels. En revanche, ils pouvaient indiquer les proc\u00e9dures l\u00e9gales permettant de solliciter leur consultation. Je lui demandai de pr\u00e9parer cette d\u00e9marche avec nous. Margaret me regarda longuement. Elle semblait peser non seulement les difficult\u00e9s administratives, mais aussi les cons\u00e9quences personnelles de son implication. Finalement, elle acquies\u00e7a. \u00ab Je peux au moins vous aider \u00e0 poser les bonnes questions \u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Nous pass\u00e2mes l&#39;heure suivante \u00e0 \u00e9tablir une chronologie. Margaret insistait pour que chaque fait soit accompagn\u00e9 de sa source. Elle s\u00e9parait les t\u00e9moignages personnels des documents contemporains. Elle distinguait les dates certaines des p\u00e9riodes approximatives. Je retrouvais dans sa m\u00e9thode quelque chose de familier. Pendant des ann\u00e9es, j&#39;avais demand\u00e9 \u00e0 mes \u00e9l\u00e8ves de justifier leurs interpr\u00e9tations par des passages pr\u00e9cis. Maintenant, cette discipline nous permettait d&#39;\u00e9viter que notre \u00e9motion d\u00e9forme les \u00e9l\u00e9ments disponibles. Je me surpris \u00e0 \u00e9prouver une forme de concentration nouvelle. Thomas n&#39;\u00e9tait plus seulement un souvenir. Il \u00e9tait au centre d&#39;une recherche dont je pouvais comprendre et v\u00e9rifier les \u00e9tapes.<\/p>\n<p>\u00c0 midi, Margaret nous proposa du th\u00e9 et quelques biscuits. Nous accept\u00e2mes une courte pause. Daniel resta pr\u00e8s de la fen\u00eatre, tandis que Michael se reposait dans un fauteuil. Je demandai \u00e0 Margaret pourquoi elle avait accept\u00e9 de nous rencontrer apr\u00e8s avoir longtemps refus\u00e9 de commenter ces archives. Elle regarda ses mains. Elle expliqua qu&#39;en vieillissant, elle avait commenc\u00e9 \u00e0 repenser aux dossiers qui lui avaient paru inhabituels. Pendant sa carri\u00e8re, elle avait respect\u00e9 les limites de ses fonctions. Elle avait cru que les responsables comp\u00e9tents examineraient les anomalies. Mais certaines questions \u00e9taient rest\u00e9es sans r\u00e9ponse, m\u00eame lorsque les raisons initiales de la confidentialit\u00e9 semblaient avoir disparu.<\/p>\n<p>Elle me raconta qu&#39;une famille \u00e9tait venue autrefois chercher des renseignements sur un homme disparu. Les archives ne permettaient pas de lui donner une r\u00e9ponse claire. Margaret avait vu la d\u00e9ception des proches et compris que, pour eux, un dossier incomplet n&#39;\u00e9tait pas une simple difficult\u00e9 administrative. Il repr\u00e9sentait une vie suspendue. Cette rencontre l&#39;avait marqu\u00e9e. Lorsqu&#39;elle avait appris que je cherchais Thomas depuis cinquante-cinq ans, elle avait reconnu cette attente. Elle ne voulait pas me promettre une issue heureuse, mais elle refusait d\u00e9sormais de laisser les proc\u00e9dures devenir une excuse pour ne rien tenter.<\/p>\n<p>Je lui demandai si les dossiers de Robert Ellis comportaient une date de d\u00e9c\u00e8s. Margaret r\u00e9pondit qu&#39;elle n&#39;en avait jamais vu dans les r\u00e9f\u00e9rences consult\u00e9es. Cette absence ne prouvait pas que le patient avait surv\u00e9cu longtemps. Certains registres \u00e9taient incomplets ou avaient \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s ailleurs. Mais elle confirma qu&#39;aucun document pr\u00e9sent\u00e9 jusque-l\u00e0 n&#39;\u00e9tablissait formellement la mort de Thomas apr\u00e8s son transfert. Je ressentis une \u00e9motion contradictoire. Une partie de moi voulait accueillir cette possibilit\u00e9 comme un espoir. Une autre se rappelait toutes les ann\u00e9es pendant lesquelles l&#39;absence de preuve m&#39;avait emp\u00each\u00e9e de faire mon deuil.<\/p>\n<p>Michael lui demanda si elle connaissait le nom de l&#39;\u00e9tablissement d&#39;arriv\u00e9e. Margaret h\u00e9sita. Elle avait vu plusieurs r\u00e9f\u00e9rences associ\u00e9es \u00e0 la m\u00eame s\u00e9rie. Certaines renvoyaient \u00e0 des centres m\u00e9dicaux militaires, d&#39;autres \u00e0 des installations temporaires utilis\u00e9es pendant des op\u00e9rations de renseignement. Le code figurant sur notre document correspondait \u00e0 une cat\u00e9gorie de transferts dont les destinations pouvaient \u00eatre modifi\u00e9es sans changer imm\u00e9diatement la r\u00e9f\u00e9rence principale. Elle devait consulter d&#39;autres notes avant de nous donner une r\u00e9ponse fiable. Je remarquai qu&#39;elle semblait n\u00e9anmoins reconna\u00eetre quelque chose dans les chiffres.<\/p>\n<p>Nous repr\u00eemes l&#39;examen des documents. Margaret sortit une loupe plus puissante et observa attentivement le bordereau de transport. Dans le coin inf\u00e9rieur, presque effac\u00e9e, figurait une marque compos\u00e9e de deux lettres et d&#39;un chiffre. Michael ne l&#39;avait jamais consid\u00e9r\u00e9e comme importante. Margaret expliqua qu&#39;il pouvait s&#39;agir d&#39;une r\u00e9f\u00e9rence de r\u00e9ception ajout\u00e9e apr\u00e8s l&#39;arriv\u00e9e du patient. Si tel \u00e9tait le cas, elle permettrait de retrouver un registre distinct de celui utilis\u00e9 pour organiser le d\u00e9part. Elle nota les caract\u00e8res sur une feuille, puis consulta son carnet personnel.<\/p>\n<p>Son expression changea de nouveau. Elle avait retrouv\u00e9 une correspondance partielle avec une installation m\u00e9dicale dont les archives avaient \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es vers un d\u00e9p\u00f4t central plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s la guerre. Le lieu avait chang\u00e9 de fonction et certains b\u00e2timents avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9molis. Cependant, une partie des registres de r\u00e9ception avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e. Margaret connaissait le nom de la collection dans laquelle ils avaient \u00e9t\u00e9 class\u00e9s. Elle expliqua que cette piste \u00e9tait suffisamment pr\u00e9cise pour justifier une demande cibl\u00e9e. Nous n&#39;aurions plus \u00e0 r\u00e9clamer toutes les archives concernant Thomas, mais un dossier identifi\u00e9 par plusieurs r\u00e9f\u00e9rences crois\u00e9es.<\/p>\n<p>Je lui demandai si elle pouvait entreprendre cette demande imm\u00e9diatement. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle pouvait nous aider \u00e0 la r\u00e9diger et \u00e0 contacter le service responsable, mais qu&#39;elle devait respecter les proc\u00e9dures de communication. Nous pr\u00e9par\u00e2mes donc un courrier d\u00e9crivant les r\u00e9f\u00e9rences, les dates et les motifs de la recherche. Margaret ajouta une note expliquant les incoh\u00e9rences entre l&#39;identit\u00e9 de Thomas et celle de Robert Ellis. Elle recommanda \u00e9galement de joindre une copie de la lettre manuscrite dans laquelle le patient demandait que sa fianc\u00e9e soit avertie. Je consentis \u00e0 utiliser cette pi\u00e8ce, \u00e0 condition que l&#39;original demeure entre mes mains.<\/p>\n<p>Pendant que Michael v\u00e9rifiait les num\u00e9ros, Daniel demanda \u00e0 Margaret si elle avait d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 le colonel Mercer. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle l&#39;avait aper\u00e7u lors de r\u00e9unions administratives, sans avoir travaill\u00e9 directement avec lui. Elle se souvenait surtout de son entourage, compos\u00e9 d&#39;hommes soucieux de limiter la circulation de certains dossiers. Apr\u00e8s son d\u00e9part \u00e0 la retraite, plusieurs archives avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9examin\u00e9es et des pratiques anciennes avaient suscit\u00e9 des questions. Margaret refusa cependant d&#39;attribuer \u00e0 Mercer des d\u00e9cisions pr\u00e9cises sans disposer de documents sign\u00e9s. Je compris que cette retenue \u00e9tait devenue une r\u00e8gle essentielle de notre recherche.<\/p>\n<p>En fin d&#39;apr\u00e8s-midi, Margaret re\u00e7ut un appel de son ancienne coll\u00e8gue. Elle s&#39;\u00e9loigna quelques minutes dans le couloir, puis revint avec une expression grave. Le service avait confirm\u00e9 qu&#39;une collection correspondant \u00e0 notre demande existait. Certaines pi\u00e8ces avaient \u00e9t\u00e9 num\u00e9ris\u00e9es. D&#39;autres demeuraient conserv\u00e9es sous forme originale. Une recherche pouvait \u00eatre effectu\u00e9e \u00e0 partir des r\u00e9f\u00e9rences fournies. Margaret pr\u00e9cisa toutefois que l&#39;acc\u00e8s ne serait pas n\u00e9cessairement imm\u00e9diat. Nous devrions peut-\u00eatre passer par un avocat et pr\u00e9senter des justificatifs suppl\u00e9mentaires. Je lui demandai si une exception \u00e9tait possible compte tenu de mon \u00e2ge et de la dur\u00e9e de cette attente.<\/p>\n<p>Elle r\u00e9pondit que les proc\u00e9dures ne pr\u00e9voyaient pas toujours ce genre de situation, mais qu&#39;elle avait expliqu\u00e9 l&#39;urgence humaine du dossier. Sa coll\u00e8gue avait accept\u00e9 de v\u00e9rifier si certaines pi\u00e8ces \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 communicables. Nous attend\u00eemes pr\u00e8s du t\u00e9l\u00e9phone pendant plusieurs minutes. Michael regardait r\u00e9guli\u00e8rement l&#39;horloge. Daniel marchait lentement entre le salon et la fen\u00eatre. Je restai assise, les mains pos\u00e9es sur mes genoux. Je pensais \u00e0 Thomas dans un \u00e9tablissement inconnu, attendant qu&#39;une demande de courrier re\u00e7oive une r\u00e9ponse. Cette fois, c&#39;\u00e9tait moi qui attendais qu&#39;un service administratif retrouve son nom.<\/p>\n<p>Lorsque le t\u00e9l\u00e9phone sonna de nouveau, Margaret d\u00e9crocha imm\u00e9diatement. Elle \u00e9couta longuement sans parler, puis demanda qu&#39;on lui r\u00e9p\u00e8te une r\u00e9f\u00e9rence. Elle la nota sur un papier. Son visage se tendit. Elle posa plusieurs questions, remercia son interlocutrice et raccrocha. Nous la regardions tous. Margaret prit quelques secondes avant de parler. Le dossier de r\u00e9ception existait. Il contenait une s\u00e9rie de documents m\u00e9dicaux et administratifs relatifs au patient enregistr\u00e9 sous le nom de Robert Ellis. Certaines pages \u00e9taient encore soumises \u00e0 des restrictions, mais un inventaire partiel avait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9.<\/p>\n<p>Je demandai ce que mentionnait cet inventaire. Margaret expliqua qu&#39;il comportait plusieurs dates post\u00e9rieures au transfert et une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une d\u00e9claration personnelle r\u00e9dig\u00e9e par le patient. Un document semblait \u00e9galement avoir \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par lui. Je sentis le sang battre contre mes tempes. \u00ab Vous voulez dire qu&#39;il existe encore quelque chose \u00e9crit de sa main ? \u00bb demandai-je. Margaret r\u00e9pondit que l&#39;inventaire ne pr\u00e9cisait pas la nature exacte de la signature. Elle pouvait seulement confirmer que le dossier mentionnait une d\u00e9claration et un formulaire portant le nom de Robert Ellis.<\/p>\n<p>Je regardai la lettre que Thomas m&#39;avait destin\u00e9e avant sa derni\u00e8re mission. Sa signature se trouvait au bas de la page, l\u00e9g\u00e8rement inclin\u00e9e. Pendant des ann\u00e9es, cette \u00e9criture avait \u00e9t\u00e9 l&#39;un des derniers liens mat\u00e9riels entre nous. Maintenant, une autre signature pouvait exister, trac\u00e9e alors qu&#39;il \u00e9tait bless\u00e9, d\u00e9tenu et priv\u00e9 de son identit\u00e9. Je demandai \u00e0 Margaret comment obtenir une copie. Elle r\u00e9pondit que nous devrions pr\u00e9senter rapidement une demande officielle, mais que sa coll\u00e8gue avait accept\u00e9 de communiquer les r\u00e9f\u00e9rences exactes n\u00e9cessaires. Ce progr\u00e8s semblait modeste, pourtant il ouvrait une possibilit\u00e9 concr\u00e8te.<\/p>\n<p>Nous commencions \u00e0 ranger les documents lorsque Margaret s&#39;arr\u00eata devant une annotation qu&#39;elle venait de recevoir. Elle demanda \u00e0 Michael de v\u00e9rifier la date du dernier transfert. Il la lui donna. Margaret compara les chiffres avec ceux de l&#39;inventaire. \u00ab Il y a quelque chose que vous devez savoir \u00bb, dit-elle. Elle expliqua que le dossier m\u00e9dical ne s&#39;arr\u00eatait pas quelques jours apr\u00e8s l&#39;arriv\u00e9e du patient. Il comportait des r\u00e9f\u00e9rences \u00e9tablies bien plus tard. Elle ne pouvait pas encore d\u00e9terminer si toutes concernaient directement Thomas, mais le num\u00e9ro administratif semblait avoir \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9. Je lui demandai de pr\u00e9ciser la derni\u00e8re date.<\/p>\n<p>Margaret me la montra. Elle se situait plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s la mission. Je restai incapable de parler. Jusqu&#39;\u00e0 cet instant, j&#39;avais envisag\u00e9 que Thomas ait surv\u00e9cu quelques mois, peut-\u00eatre davantage, avant de mourir dans un \u00e9tablissement secret. Je d\u00e9couvrais maintenant qu&#39;une trace administrative portant son identit\u00e9 de substitution avait \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e bien au-del\u00e0 de cette p\u00e9riode. Je demandai si quelqu&#39;un avait pu r\u00e9utiliser le num\u00e9ro pour un autre patient. Margaret r\u00e9pondit que cette possibilit\u00e9 devait \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e, mais que les r\u00e9f\u00e9rences semblaient continues. Elle ajouta qu&#39;un document de sortie ou de transfert ult\u00e9rieur pouvait peut-\u00eatre \u00e9clairer la situation.<\/p>\n<p>Je rangeai lentement mes papiers. Le soleil d\u00e9clinait derri\u00e8re les fen\u00eatres de Margaret. Daniel proposa de nous reconduire chez Michael, mais je demandai quelques minutes suppl\u00e9mentaires. Je voulais comprendre une derni\u00e8re chose. \u00ab Si Thomas a v\u00e9cu plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s sa disparition, pourquoi n&#39;a-t-il jamais r\u00e9ussi \u00e0 me contacter ? \u00bb Margaret me regarda avec compassion. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle ne connaissait pas la r\u00e9ponse. Il pouvait avoir \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9 de communiquer, avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9, \u00eatre tomb\u00e9 gravement malade ou avoir connu d&#39;autres circonstances que les archives ne r\u00e9v\u00e9laient pas encore. Elle refusa de choisir une explication.<\/p>\n<p>Avant notre d\u00e9part, Margaret me remit une copie de la r\u00e9f\u00e9rence retrouv\u00e9e dans l&#39;inventaire. Elle avait entour\u00e9 la mention d&#39;une d\u00e9claration personnelle et d&#39;un \u00e9ventuel document de sortie. Je la remerciai. Au moment o\u00f9 je franchissais la porte, elle posa doucement une main sur mon bras. \u00ab Eleanor, ce dossier ne vous dira peut-\u00eatre pas tout. Les archives permettent parfois de retrouver une personne sans expliquer ce qu&#39;elle a v\u00e9cu. \u00bb Je r\u00e9pondis que je le savais, mais que j&#39;avais besoin de poursuivre. Elle acquies\u00e7a. Dans la voiture, je gardai le papier contre moi. Pour la premi\u00e8re fois depuis cinquante-cinq ans, je pouvais envisager que Thomas ait connu une longue existence apr\u00e8s le jour o\u00f9 on m&#39;avait annonc\u00e9 sa disparition. Cette possibilit\u00e9 \u00e9tait plus difficile \u00e0 supporter que toutes les hypoth\u00e8ses pr\u00e9c\u00e9dentes, car elle soulevait une question que je n&#39;avais jamais os\u00e9 formuler : avait-il continu\u00e9 \u00e0 vivre quelque part pendant que je l&#39;attendais ?<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8283\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 7 : Le dossier de Robert Ellis d\u00e9voile des ann\u00e9es de survie, mais une signature inattendue bouleverse tout ce que je croyais savoir de Thomas<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La femme s&#39;appelait Margaret Collins. Michael m&#39;avait pr\u00e9venue qu&#39;elle ne recevait presque plus de visiteurs et qu&#39;elle se m\u00e9fiait des personnes qui cherchaient \u00e0 rouvrir d&#39;anciens dossiers militaires. Nous avions &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8276,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8282","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8282","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8282"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8282\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8298,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8282\/revisions\/8298"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8276"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}