{"id":8133,"date":"2026-10-21T10:51:42","date_gmt":"2026-10-21T10:51:42","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8133"},"modified":"2026-10-21T10:51:42","modified_gmt":"2026-10-21T10:51:42","slug":"partie-3-face-a-une-gouvernante-prestigieuse-venue-remplacer-lina-les-cinq-enfants-revelent-enfin-a-leur-pere-qui-leur-a-rendu-le-courage-de-vivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8133","title":{"rendered":"PARTIE 3 \u2013 Face \u00e0 une gouvernante prestigieuse venue remplacer Lina, les cinq enfants r\u00e9v\u00e8lent enfin \u00e0 leur p\u00e8re qui leur a rendu le courage de vivre"},"content":{"rendered":"<p>\u00c9l\u00e9onore arriva le lendemain avec vingt minutes d\u2019avance. Antoine venait \u00e0 peine de terminer un appel professionnel lorsqu\u2019il aper\u00e7ut sa voiture s\u2019engager dans l\u2019all\u00e9e. Une seconde femme l\u2019accompagnait, v\u00eatue d\u2019un tailleur sombre et portant une chemise contenant plusieurs dossiers. La visite avait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e sans son accord d\u00e9finitif, mais sa s\u0153ur agissait comme si tout \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gl\u00e9. Elle p\u00e9n\u00e9tra dans le hall avec l\u2019assurance de quelqu\u2019un qui se consid\u00e8re charg\u00e9 de remettre de l\u2019ordre. Antoine sentit une contrari\u00e9t\u00e9 famili\u00e8re monter en lui. Depuis la mort de Claire, trop de personnes avaient cru pouvoir d\u00e9cider \u00e0 sa place.<\/p>\n<p>La directrice de l\u2019agence parisienne se pr\u00e9senta avec une politesse irr\u00e9prochable. Elle expliqua qu&#39;elle avait s\u00e9lectionn\u00e9 une candidate britannique disposant d&#39;une longue exp\u00e9rience aupr\u00e8s de familles fortun\u00e9es. La gouvernante parlait plusieurs langues, connaissait les exigences des \u00e9tablissements scolaires priv\u00e9s et poss\u00e9dait des recommandations impressionnantes. Elle pourrait instaurer un programme quotidien pr\u00e9cis, contr\u00f4ler les repas et encadrer les activit\u00e9s \u00e9ducatives. Antoine \u00e9couta sans interrompre. Il avait d\u00e9j\u00e0 entendu des arguments semblables avant l&#39;arriv\u00e9e des quinze pr\u00e9c\u00e9dentes nounous. Les comp\u00e9tences de cette nouvelle candidate \u00e9taient probablement r\u00e9elles, mais elles ne r\u00e9pondaient pas \u00e0 la question essentielle.<\/p>\n<p>\u00c9l\u00e9onore remarqua son silence. \u00ab Je ne comprends pas ton h\u00e9sitation \u00bb, lui dit-elle. \u00ab Tu t&#39;es plaint pendant des mois de ne trouver personne de fiable. Je t\u2019apporte enfin une solution. \u00bb Antoine lui r\u00e9pondit qu\u2019il avait d\u00e9sormais quelqu\u2019un et que les enfants progressaient. Sa s\u0153ur fit un geste impatient. Elle consid\u00e9rait les changements r\u00e9cents comme encourageants, mais insuffisants pour justifier une d\u00e9cision durable. \u00ab Tu confonds leur attachement avec une v\u00e9ritable prise en charge \u00bb, affirma-t-elle. La directrice de l\u2019agence resta discr\u00e8te, visiblement habitu\u00e9e aux tensions familiales qui accompagnaient ce genre de recrutement.<\/p>\n<p>Antoine proposa de rejoindre le jardin. Il estimait qu&#39;une conversation abstraite ne suffirait pas \u00e0 expliquer la situation. \u00c9l\u00e9onore accepta, convaincue que la visite confirmerait son jugement. Ils travers\u00e8rent le salon et ouvrirent la porte-fen\u00eatre. Une brise l\u00e9g\u00e8re remuait les branches des arbres. \u00c0 quelques m\u00e8tres, les enfants avaient organis\u00e9 un d\u00e9jeuner improvis\u00e9 sur une grande couverture. Les jumeaux terminaient une cabane construite avec des morceaux de bois l\u00e9ger et des draps. Manon \u00e9voluait pieds nus sur l\u2019herbe, inventant des pas de danse. Gabriel versait de la citronnade dans des verres de couleurs diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Lina \u00e9tait assise \u00e0 l\u2019ombre avec Louise sur les genoux. La petite fille tenait un sandwich d\u00e9coup\u00e9 en forme d\u2019\u00e9toile et mordait soigneusement chacune de ses pointes. De temps en temps, elle montrait quelque chose dans le jardin et pronon\u00e7ait quelques mots. Lina r\u00e9pondait en suivant son regard. Lorsque Louise aper\u00e7ut son p\u00e8re, elle se redressa imm\u00e9diatement. \u00ab Papa ! Viens manger avec nous ! \u00bb cria-t-elle avant de courir vers lui. Antoine se pencha pour la recevoir. Sa fille se jeta dans ses bras avec une spontan\u00e9it\u00e9 qu\u2019il n\u2019avait plus connue depuis la disparition de Claire.<\/p>\n<p>Il la souleva contre lui. Louise lui montra son sandwich et lui demanda s&#39;il voulait partager la derni\u00e8re \u00e9toile. Antoine accepta, incapable de dissimuler son \u00e9motion. La directrice de l\u2019agence observa la sc\u00e8ne avec attention. Elle reconnut que les enfants paraissaient d\u00e9tendus, mais souligna que leur organisation semblait assez libre. Selon elle, une structure plus rigoureuse pourrait offrir davantage de stabilit\u00e9. Antoine se tourna vers elle. Il lui expliqua que la structure existait, mais qu&#39;elle avait \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e aux besoins particuliers de chacun. Les repas, les temps de repos et les activit\u00e9s demeuraient r\u00e9guliers. Ce qui avait chang\u00e9, c&#39;\u00e9tait la mani\u00e8re de r\u00e9pondre aux crises.<\/p>\n<p>Hugo vint montrer leur cabane. Il expliqua qu\u2019ils avaient d\u00e9cid\u00e9 de construire deux entr\u00e9es pour \u00e9viter les disputes. Jules pr\u00e9cisa que cette id\u00e9e lui appartenait, mais son fr\u00e8re ne protesta pas. Quelques semaines auparavant, une remarque de ce genre aurait suffi \u00e0 d\u00e9clencher une bagarre. Lina les f\u00e9licita pour leur coop\u00e9ration sans pr\u00e9tendre qu\u2019ils \u00e9taient devenus exemplaires. Elle leur demanda simplement s\u2019ils avaient v\u00e9rifi\u00e9 la solidit\u00e9 du toit. Les gar\u00e7ons repartirent aussit\u00f4t, absorb\u00e9s par leur projet. Antoine les regarda s\u2019\u00e9loigner. Leurs rires avaient autrefois rempli toute la maison. Il avait fini par oublier combien ils lui manquaient.<\/p>\n<p>Manon s&#39;approcha \u00e0 son tour. Elle expliqua qu&#39;elle pr\u00e9parait un petit spectacle et demanda \u00e0 son p\u00e8re s&#39;il pourrait y assister le soir. Antoine lui promit d&#39;\u00eatre pr\u00e9sent. \u00c9l\u00e9onore remarqua que la fillette ne parlait plus des devoirs m\u00e9nagers ni des responsabilit\u00e9s qu&#39;elle s&#39;attribuait auparavant. Elle semblait redevenue pr\u00e9occup\u00e9e par ses propres jeux. La s\u0153ur d&#39;Antoine dut reconna\u00eetre int\u00e9rieurement qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;un changement important. Cependant, elle refusait encore d&#39;en attribuer tout le m\u00e9rite \u00e0 Lina. Elle pensait que le temps avait peut-\u00eatre simplement commenc\u00e9 \u00e0 att\u00e9nuer la douleur des enfants.<\/p>\n<p>Gabriel arriva avec un verre destin\u00e9 \u00e0 son p\u00e8re. Il salua poliment la directrice de l\u2019agence, mais son expression changea lorsqu&#39;il comprit la raison de sa pr\u00e9sence. Il regarda Lina, puis sa tante. \u00ab Vous venez chercher une nouvelle nounou ? \u00bb demanda-t-il. \u00c9l\u00e9onore r\u00e9pondit qu&#39;elle voulait seulement s&#39;assurer que la famille b\u00e9n\u00e9ficierait du meilleur accompagnement possible. Gabriel resta silencieux un instant. Puis il observa que Lina \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente et qu&#39;ils n&#39;avaient demand\u00e9 personne d&#39;autre. Antoine sentit la tension s&#39;installer. Il demanda \u00e0 son fils de ne pas s&#39;inqui\u00e9ter, mais Gabriel ne quittait plus sa tante des yeux.<\/p>\n<p>\u00c9l\u00e9onore expliqua qu&#39;il \u00e9tait normal de s&#39;attacher \u00e0 une personne gentille, mais que les adultes devaient parfois prendre des d\u00e9cisions difficiles. Gabriel lui demanda si elle avait d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 avec les enfants de ce qu&#39;ils vivaient r\u00e9ellement. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle s&#39;inqui\u00e9tait d&#39;eux depuis le d\u00e9c\u00e8s de leur m\u00e8re. \u00ab Ce n&#39;est pas ce que je vous ai demand\u00e9 \u00bb, r\u00e9pliqua le gar\u00e7on. Son ton n&#39;\u00e9tait pas insolent. Il exprimait une lassitude profonde. Il rappela que beaucoup de personnes \u00e9taient venues les voir, leur avaient apport\u00e9 des cadeaux ou recommand\u00e9 de se montrer courageux. Peu avaient accept\u00e9 de les \u00e9couter lorsqu&#39;ils n&#39;arrivaient pas \u00e0 \u00eatre sages.<\/p>\n<p>Antoine intervint pour \u00e9viter que la conversation ne se transforme en accusation. Il dit \u00e0 sa s\u0153ur que les services de l\u2019agence ne seraient pas n\u00e9cessaires. La directrice accueillit sa d\u00e9cision avec professionnalisme, m\u00eame si elle paraissait surprise. \u00c9l\u00e9onore, en revanche, se raidit. \u00ab Tu pr\u00e9f\u00e8res donc cette employ\u00e9e \u00e0 ta propre famille ? \u00bb demanda-t-elle. Antoine r\u00e9pondit qu&#39;il choisissait d&#39;abord ce qui permettait \u00e0 ses enfants de se sentir en s\u00e9curit\u00e9. Il ne souhaitait pas rompre avec sa s\u0153ur, mais il refusait qu\u2019elle impose un remplacement sans avoir tenu compte de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne.<\/p>\n<p>Gabriel fit alors un pas en avant. \u00ab Lina n&#39;est pas contre notre famille \u00bb, d\u00e9clara-t-il. \u00ab Elle en fait d\u00e9j\u00e0 partie. \u00bb Le silence qui suivit surprit tout le monde, y compris la jeune femme. Hugo et Jules s&#39;\u00e9taient rapproch\u00e9s. Manon tenait la main de Louise. Antoine sentit que son fils venait de formuler quelque chose qu&#39;il n&#39;avait pas encore os\u00e9 reconna\u00eetre lui-m\u00eame. Lina ne rempla\u00e7ait pas Claire. Elle n&#39;\u00e9tait pas leur m\u00e8re. Pourtant, elle occupait d\u00e9sormais une place importante dans leur vie, une place construite au fil de gestes simples et de conversations difficiles.<\/p>\n<p>La directrice de l\u2019agence prit cong\u00e9 quelques minutes plus tard. \u00c9l\u00e9onore resta suffisamment longtemps pour adresser un dernier avertissement \u00e0 son fr\u00e8re. Elle lui demanda de r\u00e9fl\u00e9chir aux cons\u00e9quences d\u2019un attachement trop rapide. Antoine reconnut que cette question m\u00e9ritait d&#39;\u00eatre prise au s\u00e9rieux, mais pas sous la forme d&#39;un jugement social. Il lui proposa de revenir partager un repas lorsqu&#39;elle serait dispos\u00e9e \u00e0 rencontrer Lina sans pr\u00e9jug\u00e9s. \u00c9l\u00e9onore ne r\u00e9pondit pas. Elle reprit son sac et quitta la maison avec une froideur qui masquait mal sa d\u00e9ception.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son d\u00e9part, Lina demanda \u00e0 parler \u00e0 Antoine. Ils s&#39;install\u00e8rent dans la cuisine pendant que les enfants terminaient leur d\u00e9jeuner dans le jardin. Elle expliqua qu&#39;elle avait \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment touch\u00e9e par les paroles de Gabriel, mais qu&#39;elle ne souhaitait pas devenir une source de conflit permanent entre lui et sa s\u0153ur. Antoine r\u00e9pondit qu&#39;il ne lui appartenait pas de porter le poids des opinions d&#39;\u00c9l\u00e9onore. Il reconnaissait ses comp\u00e9tences, appr\u00e9ciait son travail et voyait chaque jour les progr\u00e8s des enfants. Il lui demanda toutefois de lui signaler honn\u00eatement toute difficult\u00e9 li\u00e9e \u00e0 sa charge de travail.<\/p>\n<p>Lina lui parla alors de ses examens et de sa fatigue. Ses journ\u00e9es \u00e9taient devenues presque impossibles \u00e0 organiser. Elle passait une partie de son temps \u00e0 Saint-Cloud, travaillait encore ailleurs et r\u00e9visait tard dans la nuit. Antoine proposa d&#39;am\u00e9nager son contrat et de lui accorder davantage de temps pour ses \u00e9tudes. Lina accepta de discuter d&#39;une organisation plus viable, mais refusa d&#39;abandonner son ind\u00e9pendance. Elle tenait \u00e0 poursuivre son parcours universitaire sans d\u00e9pendre enti\u00e8rement d&#39;une famille, m\u00eame g\u00e9n\u00e9reuse. Antoine respecta cette exigence, qui renfor\u00e7a sa confiance en elle.<\/p>\n<p>Les jours suivants, la maison conserva son nouvel \u00e9quilibre. Il y eut encore des disputes, des nuits agit\u00e9es et des moments o\u00f9 Louise refusait de manger. Mais les crises ne dominaient plus toute la vie familiale. Antoine participait davantage aux routines du soir. Il apprit \u00e0 demander aux enfants ce qui les avait contrari\u00e9s avant de parler de discipline. Il d\u00e9couvrit aussi que certains souvenirs de Claire pouvaient \u00eatre \u00e9voqu\u00e9s sans provoquer imm\u00e9diatement des larmes. Un soir, il proposa de regarder l&#39;un de ses vieux films pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. Manon demanda du pop-corn, et les jumeaux s&#39;install\u00e8rent sous la m\u00eame couverture.<\/p>\n<p>Gabriel demeurait le plus r\u00e9serv\u00e9. Il acceptait d\u00e9sormais de parler avec Lina et parfois avec son p\u00e8re, mais certaines journ\u00e9es le ramenaient \u00e0 son silence. Antoine remarqua qu&#39;il gardait toujours un tiroir ferm\u00e9 \u00e0 cl\u00e9 dans sa chambre. Il ne chercha pas \u00e0 l&#39;ouvrir. Il savait que son fils avait besoin d&#39;un espace qui lui appartienne. Toutefois, lorsqu&#39;il lui proposa un apr\u00e8s-midi de retourner au piano, Gabriel refusa si brusquement qu&#39;Antoine se demanda s&#39;il avait r\u00e9veill\u00e9 une douleur particuli\u00e8re. Lina lui conseilla de ne pas insister et de laisser au gar\u00e7on la possibilit\u00e9 de retrouver lui-m\u00eame cet instrument.<\/p>\n<p>Trois semaines pass\u00e8rent apr\u00e8s la visite d&#39;\u00c9l\u00e9onore. L&#39;approche des examens de Lina rendit son emploi du temps encore plus charg\u00e9. Antoine veillait \u00e0 lui laisser des moments de r\u00e9vision et prenait davantage le relais aupr\u00e8s des enfants. Manon pr\u00e9parait un petit spectacle de danse. Hugo et Jules avaient appris \u00e0 r\u00e9parer ensemble certains de leurs jouets. Louise construisait de longues conversations faites de mots simples et de gestes expressifs. Ces progr\u00e8s n&#39;effa\u00e7aient pas les quinze mois de souffrance, mais ils rendaient les journ\u00e9es moins impr\u00e9visibles.<\/p>\n<p>Un jeudi, Antoine dut rester tard au si\u00e8ge de son entreprise. Un probl\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 informatique n\u00e9cessitait sa pr\u00e9sence aupr\u00e8s de plusieurs collaborateurs. Il t\u00e9l\u00e9phona \u00e0 la maison pour pr\u00e9venir Lina de son retard. Elle lui r\u00e9pondit que les enfants avaient termin\u00e9 le d\u00eener et que Louise semblait un peu fatigu\u00e9e. La petite avait moins jou\u00e9 que d&#39;habitude et paraissait chaude au toucher. Lina avait pris sa temp\u00e9rature et surveillait son \u00e9tat. Antoine lui demanda de le tenir inform\u00e9 de toute \u00e9volution. Elle lui promit de ne pas attendre si des signes inqui\u00e9tants apparaissaient.<\/p>\n<p>Vers la fin de la soir\u00e9e, Louise commen\u00e7a \u00e0 respirer plus rapidement. Sa temp\u00e9rature monta brusquement. Lina interrompit ses r\u00e9visions et resta aupr\u00e8s d&#39;elle. La petite refusait de boire et semblait inhabituellement somnolente. Lina appela les services m\u00e9dicaux pour demander une \u00e9valuation urgente. Tandis qu&#39;elle r\u00e9pondait aux questions, Louise eut une convulsion. Le temps sembla se contracter autour d&#39;elles. Lina posa imm\u00e9diatement l&#39;enfant sur le c\u00f4t\u00e9, \u00e9loigna les objets qui pouvaient la blesser et surveilla sa respiration. Elle demanda \u00e0 Gabriel d&#39;appeler le SAMU et de suivre les consignes donn\u00e9es par le r\u00e9gulateur.<\/p>\n<p>Gabriel ob\u00e9it malgr\u00e9 sa peur. Manon accourut avec des serviettes, puis s&#39;arr\u00eata en apercevant sa petite s\u0153ur. Les jumeaux commenc\u00e8rent \u00e0 pleurer dans le couloir. Lina leur parla d&#39;une voix ferme et leur demanda de rester \u00e0 distance pour laisser de la place \u00e0 Louise. Elle expliqua \u00e0 Manon qu&#39;elle n&#39;avait pas \u00e0 intervenir et lui demanda de s&#39;asseoir pr\u00e8s des gar\u00e7ons. Les secondes s&#39;\u00e9tiraient. Gabriel r\u00e9p\u00e9tait au t\u00e9l\u00e9phone les informations n\u00e9cessaires, surveillant la respiration de sa s\u0153ur sous les indications du r\u00e9gulateur. Lina tentait de rester concentr\u00e9e, consciente que chaque geste comptait.<\/p>\n<p>Antoine re\u00e7ut l&#39;appel alors qu&#39;il sortait d&#39;une salle de r\u00e9union. Gabriel avait r\u00e9ussi \u00e0 composer son num\u00e9ro apr\u00e8s avoir suivi les instructions du SAMU. Sa voix tremblait. Il expliqua que Louise \u00e9tait tr\u00e8s malade, qu&#39;elle avait convuls\u00e9 et que les secours \u00e9taient en route. Antoine sentit une peur brutale lui traverser la poitrine. Il pensa \u00e0 Claire, aux m\u00e9decins, aux heures pass\u00e9es dans les couloirs de l&#39;h\u00f4pital. Il demanda \u00e0 son fils de lui r\u00e9p\u00e9ter ce qui se passait, mais Gabriel ne parvenait plus \u00e0 formuler des phrases compl\u00e8tes. Antoine partit imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>Lorsqu&#39;il arriva \u00e0 Saint-Cloud, plusieurs lumi\u00e8res \u00e9taient allum\u00e9es. Une ambulance venait d&#39;entrer dans la propri\u00e9t\u00e9. Il traversa le hall presque en courant et trouva les secours aupr\u00e8s de Louise. Lina expliquait les sympt\u00f4mes observ\u00e9s et les mesures prises. Son visage \u00e9tait p\u00e2le, mais sa voix restait pr\u00e9cise. Antoine s&#39;approcha de sa fille, incapable de comprendre comment elle avait pu devenir si malade en quelques heures. Il voulut la prendre dans ses bras, mais les professionnels lui demand\u00e8rent de leur laisser terminer leur \u00e9valuation. Il recula, les mains tremblantes.<\/p>\n<p>Lina se tourna vers lui. Elle comprit imm\u00e9diatement ce qui se passait derri\u00e8re son regard. La maladie de Louise r\u00e9veillait toute la terreur v\u00e9cue pendant les derniers mois de Claire. Antoine semblait sur le point de perdre le contr\u00f4le. Lina lui demanda de respirer lentement et de l&#39;\u00e9couter. Elle lui rappela que les secours \u00e9taient pr\u00e9sents, que Louise \u00e9tait prise en charge et qu&#39;il devait rester disponible pour r\u00e9pondre aux questions des m\u00e9decins. Il s&#39;effor\u00e7a de suivre ses instructions. Pour la premi\u00e8re fois, il acceptait qu&#39;une autre personne l&#39;aide \u00e0 traverser une peur qu&#39;il ne pouvait plus dissimuler.<\/p>\n<p>Louise fut transport\u00e9e \u00e0 l&#39;h\u00f4pital Ambroise-Par\u00e9. Antoine l&#39;accompagna pendant que Lina organisait la prise en charge des autres enfants. Gabriel refusait de quitter la maison sans savoir ce qui allait arriver \u00e0 sa s\u0153ur. Manon pleurait silencieusement, les mains serr\u00e9es autour d&#39;une serviette. Hugo et Jules se tenaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, inhabituellement calmes. Lina leur expliqua ce qu&#39;elle savait, sans leur promettre un r\u00e9sultat qu&#39;elle ne pouvait pas garantir. Elle leur dit que les m\u00e9decins allaient examiner Louise et d\u00e9terminer le traitement n\u00e9cessaire. Puis elle les rejoignit \u00e0 l&#39;h\u00f4pital lorsque les dispositions pratiques le permirent.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res heures furent \u00e9prouvantes. Louise subit plusieurs examens. Les m\u00e9decins confirm\u00e8rent qu&#39;elle souffrait d&#39;une pneumonie s\u00e9v\u00e8re et que son \u00e9tat n\u00e9cessitait une surveillance rapproch\u00e9e. La maladie avait \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e \u00e0 temps pour permettre une prise en charge adapt\u00e9e, mais la fillette resterait hospitalis\u00e9e. Antoine \u00e9couta les explications, essayant de ne pas laisser ses souvenirs de Claire envahir chaque phrase. Il demanda plusieurs fois si sa fille allait mourir. Le m\u00e9decin lui r\u00e9pondit que l&#39;\u00e9quipe prenait la situation au s\u00e9rieux, tout en lui expliquant les signes encourageants observ\u00e9s depuis son admission.<\/p>\n<p>Dans la salle d&#39;attente, Lina s&#39;installa aupr\u00e8s des quatre autres enfants. Hugo s&#39;endormit contre l&#39;\u00e9paule de Jules. Manon gardait les yeux fix\u00e9s sur les portes du service. Gabriel semblait \u00e9puis\u00e9, mais refusait de fermer les paupi\u00e8res. Antoine les rejoignit apr\u00e8s avoir pass\u00e9 quelques minutes aupr\u00e8s de Louise. Il les informa que leur petite s\u0153ur recevait un traitement et que les m\u00e9decins \u00e9taient confiants quant \u00e0 son \u00e9volution. Les jumeaux pos\u00e8rent plusieurs questions. Manon demanda quand ils pourraient lui apporter ses poup\u00e9es. Gabriel resta silencieux, observant son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Lorsque les plus jeunes furent occup\u00e9s par Lina, Gabriel s&#39;approcha d&#39;Antoine. Il lui demanda s&#39;il avait eu tr\u00e8s peur. Son p\u00e8re acquies\u00e7a sans chercher \u00e0 le cacher. Gabriel regarda vers Lina, qui aidait Manon \u00e0 choisir une poup\u00e9e pour Louise. \u00ab Quand elle est tomb\u00e9e malade, je savais que Lina saurait quoi faire \u00bb, murmura-t-il. Antoine reconnut que la jeune femme avait r\u00e9agi avec sang-froid et appel\u00e9 rapidement les secours. Gabriel ajouta qu&#39;il n&#39;avait pas pens\u00e9 \u00e0 sa tante, ni aux anciennes nounous. Dans la confusion, il avait seulement voulu que Lina reste aupr\u00e8s d&#39;eux.<\/p>\n<p>Antoine posa une main sur l&#39;\u00e9paule de son fils. Gabriel lui expliqua qu&#39;il reconnaissait chez Lina quelque chose qu&#39;il avait connu avec Claire. Elle les regardait comme des personnes importantes, m\u00eame lorsqu&#39;ils criaient, pleuraient ou ne savaient pas expliquer ce qui leur arrivait. Le gar\u00e7on ne pr\u00e9tendait pas qu&#39;elle rempla\u00e7ait leur m\u00e8re. Il disait simplement qu&#39;il se sentait en s\u00e9curit\u00e9 avec elle. Antoine comprit la profondeur de cet attachement. Il r\u00e9alisa aussi que, depuis des semaines, il \u00e9prouvait lui-m\u00eame un sentiment nouveau lorsqu&#39;il rentrait \u00e0 la maison et trouvait Lina parmi les enfants.<\/p>\n<p>Mais cette prise de conscience le troubla. Il aimait encore Claire. Il avait gard\u00e9 sa chambre intacte, ses objets \u00e0 leur place et une partie de sa vie suspendue au jour de sa disparition. Comment pouvait-il \u00e9prouver de la tendresse pour une autre femme sans trahir la m\u00e9moire de son \u00e9pouse ? Il se reprocha imm\u00e9diatement cette pens\u00e9e, alors que Louise venait d&#39;\u00eatre hospitalis\u00e9e. Pourtant, l&#39;\u00e9motion ne disparaissait pas. Elle se m\u00ealait \u00e0 sa gratitude et \u00e0 une admiration sinc\u00e8re pour la mani\u00e8re dont Lina avait affront\u00e9 la crise.<\/p>\n<p>Lina s&#39;approcha quelques minutes plus tard. Elle demanda \u00e0 Antoine s&#39;il avait besoin de quelque chose et proposa de lui apporter un caf\u00e9. Il la regarda sans r\u00e9pondre tout de suite. Elle portait les m\u00eames v\u00eatements que lorsqu&#39;elle avait quitt\u00e9 la maison, et une m\u00e8che de cheveux s&#39;\u00e9tait \u00e9chapp\u00e9e de son chignon. La fatigue marquait son visage. Antoine remarqua qu&#39;elle s&#39;inqui\u00e9tait d&#39;abord des enfants, puis de lui, sans jamais parler de sa propre peur. Il comprit qu&#39;il voulait lui dire bien davantage que merci, mais qu&#39;il ne savait pas encore comment trouver les mots justes.<\/p>\n<p>Lorsque Louise fut stabilis\u00e9e et que les m\u00e9decins confirm\u00e8rent une \u00e9volution favorable, la famille put enfin rentrer se reposer. Antoine demeura aupr\u00e8s de sa fille aussi longtemps que possible avant de rejoindre les autres. Sur le trajet, Gabriel s&#39;endormit contre la vitre. Manon tenait la poup\u00e9e qu&#39;elle apporterait \u00e0 sa s\u0153ur le lendemain. Les jumeaux se disput\u00e8rent bri\u00e8vement une couverture, puis la partag\u00e8rent. Lina regardait d\u00e9filer les lumi\u00e8res de la ville, silencieuse. Antoine ressentit une immense reconnaissance pour cette jeune femme, mais aussi une inqui\u00e9tude profonde : il savait d\u00e9sormais qu&#39;elle avait pris une place qu&#39;il ne pouvait plus consid\u00e9rer comme simplement professionnelle.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8134\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 4 : Apr\u00e8s la nuit o\u00f9 sa fille a fr\u00f4l\u00e9 le pire, Antoine d\u00e9couvre que son amour renaissant se heurte \u00e0 une promesse faite \u00e0 Claire<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9l\u00e9onore arriva le lendemain avec vingt minutes d\u2019avance. 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