{"id":8132,"date":"2026-10-21T10:51:39","date_gmt":"2026-10-21T10:51:39","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8132"},"modified":"2026-10-21T10:51:39","modified_gmt":"2026-10-21T10:51:39","slug":"partie-2-une-jeune-femme-ose-entendre-la-douleur-des-enfants-mais-le-secret-que-porte-leur-frere-aine-menace-encore-de-refermer-toutes-les-portes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8132","title":{"rendered":"PARTIE 2 \u2013 Une jeune femme ose entendre la douleur des enfants, mais le secret que porte leur fr\u00e8re a\u00een\u00e9 menace encore de refermer toutes les portes"},"content":{"rendered":"<p>Antoine fit un pas vers son fils, mais Lina leva doucement une main pour lui demander de patienter. Jules venait de poser une question qu\u2019il gardait probablement en lui depuis des mois. Il fallait lui laisser le temps de supporter sa propre parole. Le gar\u00e7on regardait le tapis, les yeux humides, comme s\u2019il regrettait d\u2019avoir r\u00e9v\u00e9l\u00e9 cette pens\u00e9e. Hugo s&#39;\u00e9tait rapproch\u00e9 de lui. Les deux fr\u00e8res, si prompts \u00e0 se frapper quelques instants auparavant, demeuraient maintenant c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Lina sentit combien ce moment \u00e9tait d\u00e9licat. Une r\u00e9ponse trop rapide pouvait transformer leur peine en nouvelle honte.<\/p>\n<p>Elle leur expliqua que leur m\u00e8re ne les avait pas quitt\u00e9s par choix. Claire avait \u00e9t\u00e9 malade, et son corps n\u2019avait pas pu gu\u00e9rir malgr\u00e9 les soins. Elle reconnaissait que cela pouvait sembler incompr\u00e9hensible et injuste. Elle ne leur demanda pas d\u2019accepter imm\u00e9diatement cette r\u00e9alit\u00e9. \u00ab On peut \u00eatre tr\u00e8s en col\u00e8re contre quelqu\u2019un qui nous manque \u00bb, dit-elle doucement. \u00ab Cela ne veut pas dire qu\u2019on cesse de l\u2019aimer. \u00bb Jules commen\u00e7a \u00e0 pleurer. Hugo tenta d&#39;abord de rester impassible, puis essuya son visage avec la manche de son pull.<\/p>\n<p>Lina leur demanda s\u2019ils souhaitaient qu\u2019elle reste pr\u00e8s d\u2019eux. Jules hocha la t\u00eate, puis vint s\u2019appuyer contre son \u00e9paule. Hugo attendit avant de rejoindre son fr\u00e8re. Antoine, depuis le couloir, assistait \u00e0 une sc\u00e8ne qu\u2019il ne savait plus provoquer. Ses fils pleuraient sans se battre, sans chercher \u00e0 briser quelque chose ou \u00e0 fuir. Il comprit que leurs col\u00e8res n\u2019\u00e9taient pas seulement des refus d\u2019ob\u00e9ir. Elles exprimaient des questions auxquelles personne n&#39;avait donn\u00e9 suffisamment de place. Cette prise de conscience ne r\u00e9parait rien, mais elle changeait d\u00e9j\u00e0 sa mani\u00e8re de les regarder.<\/p>\n<p>Lorsque les gar\u00e7ons furent plus calmes, Lina leur proposa de lui montrer leurs jouets pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. Ils choisirent deux petites voitures us\u00e9es et racont\u00e8rent comment leur m\u00e8re organisait autrefois des courses dans le couloir. Hugo affirma qu\u2019il gagnait presque toujours. Jules protesta imm\u00e9diatement, mais cette fois leur d\u00e9saccord se termina par un sourire. Lina ne chercha pas \u00e0 transformer ce souvenir en le\u00e7on. Elle les \u00e9couta expliquer les r\u00e8gles invent\u00e9es par Claire, posant parfois une question pr\u00e9cise. Antoine d\u00e9couvrit qu\u2019il ignorait certains d\u00e9tails de ces jeux. Cette ignorance le blessa davantage qu\u2019il ne l\u2019aurait imagin\u00e9.<\/p>\n<p>La visite se poursuivit dans la chambre de Louise. La petite fille \u00e9tait assise par terre, entour\u00e9e de poup\u00e9es mutil\u00e9es. Elle n\u2019accueillit pas Lina et ne manifesta aucun int\u00e9r\u00eat pour son arriv\u00e9e. La jeune femme s\u2019accroupit \u00e0 quelques pas d\u2019elle. Elle remarqua une poup\u00e9e dont la t\u00eate avait \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e, mais ne tenta pas de la r\u00e9parer. Elle demanda simplement si elle pouvait la regarder. Louise ne r\u00e9pondit pas. Lina attendit, puis prit d\u00e9licatement la poup\u00e9e lorsque l\u2019enfant la poussa vers elle. Pendant plusieurs minutes, elles rest\u00e8rent assises sans presque parler.<\/p>\n<p>Antoine s\u2019impatientait int\u00e9rieurement. Il esp\u00e9rait entendre sa fille prononcer une phrase compl\u00e8te, peut-\u00eatre raconter quelque chose de sa journ\u00e9e. Lina ne lui promettait rien. Elle tenait la poup\u00e9e ab\u00eem\u00e9e avec pr\u00e9caution et suivait le regard de Louise. Finalement, la petite posa sa main sur la sienne. Ce geste fut bref, presque imperceptible. Pourtant, son p\u00e8re sentit qu\u2019il venait d\u2019assister \u00e0 quelque chose d\u2019important. Pour la premi\u00e8re fois depuis longtemps, Louise avait accept\u00e9 de partager un objet auquel elle tenait sans se mettre \u00e0 crier.<\/p>\n<p>Dans le couloir, Antoine demanda \u00e0 Lina si le comportement de sa fille devait l\u2019inqui\u00e9ter. Elle r\u00e9pondit qu\u2019un retrait aussi marqu\u00e9 m\u00e9ritait une \u00e9valuation adapt\u00e9e et qu\u2019elle ne pr\u00e9tendait pas \u00e9tablir un diagnostic. Elle \u00e9tait encore \u00e9tudiante, pas psychologue dipl\u00f4m\u00e9e. Mais elle pensait que Louise avait besoin d&#39;un environnement pr\u00e9visible, de patience et d\u2019occasions de communiquer sans \u00eatre press\u00e9e. Elle lui sugg\u00e9ra \u00e9galement de reprendre contact avec les professionnels de sant\u00e9 qui suivaient les enfants. Antoine fut frapp\u00e9 par cette prudence. D\u2019autres candidates lui avaient pr\u00e9sent\u00e9 des solutions imm\u00e9diates. Lina reconnaissait les limites de son savoir.<\/p>\n<p>Ils retrouv\u00e8rent Manon dans la buanderie. La fillette repliait des v\u00eatements d\u00e9j\u00e0 parfaitement rang\u00e9s. Lorsqu\u2019elle aper\u00e7ut son p\u00e8re, elle demanda si Louise avait mang\u00e9 et si les gar\u00e7ons s\u2019\u00e9taient calm\u00e9s. Lina observa la mani\u00e8re dont elle posait ces questions. Manon ne cherchait pas \u00e0 se faire remarquer. Elle v\u00e9rifiait que chacun allait bien, comme une adulte responsable de toute une maisonn\u00e9e. La jeune femme lui proposa de laisser les v\u00eatements pour plus tard. Manon r\u00e9pondit qu\u2019elle avait presque termin\u00e9 et qu&#39;il restait plusieurs choses \u00e0 pr\u00e9parer avant le d\u00e9jeuner.<\/p>\n<p>Lina s\u2019assit sur une chaise basse et lui demanda depuis quand elle s\u2019occupait autant des affaires de ses fr\u00e8res et de sa s\u0153ur. Manon h\u00e9sita. Puis elle expliqua que Claire connaissait tous les horaires, les v\u00eatements pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de chacun et les petites habitudes du soir. Apr\u00e8s sa mort, les nounous changeaient constamment. Certaines ne savaient pas calmer Louise, d\u2019autres confondaient les affaires des jumeaux. Manon avait commenc\u00e9 \u00e0 les aider. Peu \u00e0 peu, elle s\u2019\u00e9tait persuad\u00e9e qu\u2019il lui appartenait de maintenir la maison en ordre. Son p\u00e8re \u00e9tait tr\u00e8s occup\u00e9, ajouta-t-elle, et elle ne voulait pas l&#39;inqui\u00e9ter.<\/p>\n<p>\u00ab Et toi, qui s\u2019occupe de toi ? \u00bb demanda Lina. Manon baissa les yeux vers le linge. Ses l\u00e8vres trembl\u00e8rent. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle n\u2019avait pas besoin de grand-chose, qu&#39;elle savait se d\u00e9brouiller et que sa m\u00e8re aurait \u00e9t\u00e9 contente de la voir agir ainsi. Lina lui dit qu\u2019elle avait le droit d\u2019\u00eatre une enfant de neuf ans, de jouer, de se tromper et d\u2019avoir parfois besoin d\u2019aide. Elle n\u2019avait pas \u00e0 devenir la personne qui rempla\u00e7ait Claire. Manon tenta de protester, puis s\u2019arr\u00eata. Elle posa le tee-shirt qu\u2019elle tenait et se mit \u00e0 pleurer, les \u00e9paules secou\u00e9es de sanglots retenus depuis trop longtemps.<\/p>\n<p>Antoine s\u2019avan\u00e7a aussit\u00f4t. Manon se laissa prendre dans ses bras et enfouit son visage contre lui. Il avait oubli\u00e9 \u00e0 quel point elle \u00e9tait encore petite. Lorsqu\u2019elle se redressa, elle lui demanda s\u2019il \u00e9tait d\u00e9\u00e7u qu\u2019elle n\u2019ait pas termin\u00e9 le rangement. Cette question le bouleversa. \u00ab Non, ma ch\u00e9rie. Je suis d\u00e9sol\u00e9 de t\u2019avoir laiss\u00e9 croire que tout cela d\u00e9pendait de toi. \u00bb Il lui promit qu\u2019il trouverait une autre organisation et qu\u2019elle pourrait reprendre ses activit\u00e9s. Manon ne r\u00e9pondit pas imm\u00e9diatement. Elle resta simplement pr\u00e8s de lui, comme si elle v\u00e9rifiait la solidit\u00e9 de cette promesse.<\/p>\n<p>Il restait Gabriel. Antoine pr\u00e9vint Lina que son fils a\u00een\u00e9 ne recevait presque personne. Depuis la mort de Claire, il passait de longues heures enferm\u00e9 dans sa chambre, parlant peu et refusant les activit\u00e9s familiales. Il r\u00e9ussissait encore correctement \u00e0 l\u2019\u00e9cole, ce qui avait longtemps rassur\u00e9 son p\u00e8re. Mais ses r\u00e9sultats ne disaient rien de ce qu\u2019il vivait. Lina monta jusqu\u2019\u00e0 sa porte et frappa doucement. Aucune r\u00e9ponse. Une musique sourde traversait le bois. Elle annon\u00e7a son pr\u00e9nom et expliqua qu\u2019elle venait de rencontrer ses fr\u00e8res et s\u0153urs. Gabriel augmenta aussit\u00f4t le volume.<\/p>\n<p>Lina ne chercha pas \u00e0 entrer. Elle s\u2019assit dans le couloir, son sac pos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle. Les minutes pass\u00e8rent. Une fois, elle entendit Gabriel d\u00e9placer sa chaise. Une autre fois, quelque chose tomba sur le parquet. Elle ne fit aucun commentaire. Au bout d\u2019un moment, la musique s\u2019arr\u00eata. La porte s\u2019entrouvrit suffisamment pour laisser appara\u00eetre le visage du gar\u00e7on. \u00ab Vous comptez rester assise l\u00e0 toute la journ\u00e9e ? \u00bb demanda-t-il. Lina r\u00e9pondit qu\u2019elle n\u2019avait pas pr\u00e9vu de le faire, mais qu\u2019elle souhaitait lui laisser la possibilit\u00e9 de parler s\u2019il en avait envie.<\/p>\n<p>Gabriel lui demanda ce qu\u2019elle venait chercher. Il avait vu passer quinze nounous, et chacune avait fini par lui demander de mieux se comporter. Lina r\u00e9pondit qu\u2019elle n\u2019avait pas l\u2019intention de le traiter comme un probl\u00e8me \u00e0 corriger. \u00ab Tout le monde dit \u00e7a au d\u00e9but \u00bb, r\u00e9pliqua-t-il. Sa voix \u00e9tait basse, mais dure. Elle accepta cette m\u00e9fiance sans chercher \u00e0 se d\u00e9fendre. Gabriel resta sur le seuil, les bras crois\u00e9s. Il remarqua les livres qui d\u00e9passaient du sac de Lina et lui demanda pourquoi elle les avait apport\u00e9s. Elle expliqua qu\u2019elle \u00e9tudiait la psychologie de l\u2019enfant et aimait travailler avec des histoires, lorsque les enfants le souhaitaient.<\/p>\n<p>\u00ab Vous \u00eates psychologue ? \u00bb demanda Gabriel. Elle r\u00e9pondit imm\u00e9diatement que non, qu\u2019elle devait encore terminer ses \u00e9tudes et qu\u2019elle ne se ferait jamais passer pour une professionnelle dipl\u00f4m\u00e9e. Le gar\u00e7on sembla surpris. Il \u00e9tait habitu\u00e9 aux adultes qui affirmaient tout savoir sur lui. Lina ajouta qu&#39;elle connaissait personnellement certaines formes de chagrin, m\u00eame si son histoire \u00e9tait diff\u00e9rente. Lorsqu\u2019il lui demanda ce qu\u2019elle voulait dire, elle parla de son petit fr\u00e8re Sami. Elle avait seize ans lorsqu\u2019il \u00e9tait mort accidentellement \u00e0 huit ans. Pendant longtemps, elle avait \u00e9t\u00e9 incapable de prononcer son pr\u00e9nom sans pleurer.<\/p>\n<p>Gabriel baissa les yeux. Il voulut savoir si elle pensait encore \u00e0 lui. \u00ab Tr\u00e8s souvent \u00bb, r\u00e9pondit-elle. \u00ab Il y a des jours o\u00f9 cela me fait sourire, et d\u2019autres o\u00f9 son absence revient avec la m\u00eame force qu\u2019au d\u00e9but. \u00bb Le gar\u00e7on resta silencieux. Puis il lui demanda si l&#39;on finissait un jour par oublier les personnes disparues. Lina lui dit qu&#39;elle ne croyait pas que ce soit le but. Avec le temps, certains souvenirs deviennent moins douloureux, mais l\u2019amour ne dispara\u00eet pas simplement parce qu&#39;une vie s&#39;est arr\u00eat\u00e9e. Gabriel passa sa main sur le montant de la porte, cherchant visiblement ses mots.<\/p>\n<p>Il demanda ensuite si les adultes pouvaient vraiment comprendre ce qu\u2019un enfant ressentait. Lina r\u00e9pondit qu&#39;ils ne le pouvaient pas toujours et que cela ne leur donnait pas le droit de cesser d\u2019\u00e9couter. Gabriel regarda vers l\u2019escalier, o\u00f9 son p\u00e8re attendait discr\u00e8tement. Il remarqua aussit\u00f4t sa pr\u00e9sence et son expression se ferma. Lina comprit qu\u2019il ne souhaitait pas poursuivre devant Antoine. Elle lui proposa de reprendre cette conversation un autre jour. Il ne l\u2019invita pas dans sa chambre, mais ne claqua pas la porte lorsqu\u2019elle se releva. Pour Antoine, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un changement.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de la journ\u00e9e, Lina demanda un entretien avec le p\u00e8re. Elle lui expliqua ce qu\u2019elle avait observ\u00e9 sans r\u00e9v\u00e9ler les confidences qui ne n\u00e9cessitaient pas de l&#39;\u00eatre. Les jumeaux semblaient avoir besoin d\u2019apprendre \u00e0 exprimer leur col\u00e8re autrement que par la violence. Louise m\u00e9ritait une attention particuli\u00e8re en raison de son retrait. Manon avait pris trop de responsabilit\u00e9s, tandis que Gabriel paraissait s\u2019isoler pour prot\u00e9ger quelque chose qu\u2019il ne parvenait pas encore \u00e0 partager. Lina insista sur un point : aucun de ces enfants n\u2019\u00e9tait simplement mal \u00e9lev\u00e9. Tous essayaient, avec les moyens dont ils disposaient, de survivre \u00e0 une perte immense.<\/p>\n<p>Antoine lui proposa alors de travailler aupr\u00e8s de la famille. Lina accepta de commencer par une p\u00e9riode d\u2019essai et demanda que les horaires soient compatibles avec ses \u00e9tudes et ses autres obligations. Elle voulait \u00e9galement que le p\u00e8re reste pr\u00e9sent dans les d\u00e9cisions importantes. \u00ab Je ne peux pas devenir la seule personne qui conna\u00eet vos enfants \u00bb, lui dit-elle. Antoine reconnut qu&#39;il avait trop souvent d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 les moments difficiles. Il s&#39;engagea \u00e0 rentrer plus t\u00f4t lorsque cela serait possible et \u00e0 participer activement aux nouvelles habitudes de la maison. Ils parl\u00e8rent aussi de la n\u00e9cessit\u00e9 de faire accompagner les enfants par des professionnels qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Les premiers jours furent loin d\u2019\u00eatre paisibles. Hugo continua de provoquer Jules lorsqu\u2019il se sentait contrari\u00e9. Louise refusait certains repas et jetait parfois sa cuill\u00e8re par terre. Manon demandait r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019autorisation de pr\u00e9parer les v\u00eatements de ses fr\u00e8res. Gabriel \u00e9vitait encore les conversations familiales. Lina ne consid\u00e9ra aucun de ces comportements comme la preuve d\u2019un \u00e9chec. Elle observa les moments o\u00f9 les tensions apparaissaient, s\u2019effor\u00e7a de maintenir des routines simples et expliqua aux enfants qu&#39;ils avaient le droit d&#39;\u00eatre tristes sans faire mal aux autres.<\/p>\n<p>Dans un coin de la salle de jeux, elle installa des coussins sur lesquels les jumeaux pouvaient frapper lorsqu\u2019ils sentaient la col\u00e8re monter. Elle leur apprit \u00e0 reconna\u00eetre les premiers signes de leur agitation : les mains crisp\u00e9es, la respiration rapide, l\u2019envie de crier. Elle ne leur demandait pas de devenir silencieux. Elle cherchait \u00e0 \u00e9viter qu\u2019ils se blessent. Un apr\u00e8s-midi, Hugo lan\u00e7a un coussin contre le mur au lieu de pousser son fr\u00e8re. Jules se moqua de lui, puis finit par essayer \u00e0 son tour. Les deux gar\u00e7ons rirent de leur maladresse. Lina profita de ce moment pour leur proposer de r\u00e9parer ensemble un jouet qu\u2019ils avaient cass\u00e9.<\/p>\n<p>Avec Louise, les progr\u00e8s furent plus discrets. Lina prit l\u2019habitude de d\u00e9couper certains fruits en petites formes amusantes, notamment des papillons. La fillette les observait d\u2019abord avec m\u00e9fiance, puis choisissait parfois une aile avant de manger le reste. Lina n&#39;en faisait pas un \u00e9v\u00e9nement. Elle continuait simplement de lui proposer des choix adapt\u00e9s \u00e0 son \u00e2ge. Lorsque Louise voulait garder une poup\u00e9e ab\u00eem\u00e9e pr\u00e8s d\u2019elle, elle la laissait faire. Progressivement, l\u2019enfant recommen\u00e7a \u00e0 demander des objets par leur nom. Antoine entendit un matin un mot qu\u2019il n\u2019avait pas entendu depuis longtemps : \u00ab Encore. \u00bb<\/p>\n<p>Manon retrouva peu \u00e0 peu le chemin de ses jeux. Lina lui demanda de lui montrer ses poup\u00e9es plut\u00f4t que ses comp\u00e9tences en rangement. La fillette h\u00e9sita, puis sortit une vieille bo\u00eete contenant des v\u00eatements miniatures et des accessoires. Elle expliqua qu&#39;elle n&#39;avait plus vraiment jou\u00e9 depuis plusieurs mois. Lina l\u2019encouragea \u00e0 reprendre ses activit\u00e9s sans lui imposer une joie imm\u00e9diate. Un apr\u00e8s-midi, Manon choisit une robe rose et se mit \u00e0 danser dans le salon. Antoine, rentr\u00e9 plus t\u00f4t que pr\u00e9vu, l\u2019aper\u00e7ut tourner devant la fen\u00eatre. Il resta quelques secondes sur le seuil, boulevers\u00e9 de retrouver un geste familier de son enfance.<\/p>\n<p>Chaque soir, Lina d\u00e9posait devant la porte de Gabriel une tasse de chocolat chaud accompagn\u00e9e d\u2019un petit mot. Elle ne lui demandait pas de r\u00e9pondre. Elle \u00e9crivait simplement qu\u2019elle \u00e9tait disponible s\u2019il souhaitait parler. Les premi\u00e8res tasses rest\u00e8rent longtemps intactes. Puis, un soir, elle trouva la tasse vide et le mot soigneusement pli\u00e9. Le lendemain, Gabriel lui demanda si elle connaissait un morceau de piano que sa m\u00e8re aimait jouer. Lina r\u00e9pondit qu\u2019elle ne le connaissait pas, mais qu\u2019il pouvait le lui faire d\u00e9couvrir. Le gar\u00e7on n\u2019accepta pas encore de descendre au salon. Pourtant, il lui indiqua le titre du morceau.<\/p>\n<p>Au fil de cette premi\u00e8re semaine, Antoine apprit lui aussi \u00e0 modifier ses habitudes. Il rentrait suffisamment t\u00f4t pour d\u00eener avec les enfants plusieurs soirs de suite. Il posa son t\u00e9l\u00e9phone hors de port\u00e9e pendant les repas. Au d\u00e9but, les conversations \u00e9taient maladroites. Les jumeaux parlaient en m\u00eame temps, Louise renversait parfois son verre et Gabriel r\u00e9pondait \u00e0 peine. Antoine r\u00e9sistait \u00e0 l\u2019envie de transformer chaque incident en rappel \u00e0 l\u2019ordre. Il raconta un soir une petite erreur commise au travail. Hugo \u00e9clata de rire en d\u00e9couvrant que son p\u00e8re pouvait lui aussi se tromper. Jules exigea aussit\u00f4t une autre histoire.<\/p>\n<p>Un soir, apr\u00e8s le coucher des enfants, Antoine trouva Lina dans la cuisine, entour\u00e9e de manuels universitaires. Elle avait \u00e9tal\u00e9 des fiches de r\u00e9vision \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une tasse de th\u00e9 refroidi. Il lui demanda si elle pr\u00e9parait un examen important. Elle expliqua qu\u2019elle devait passer ses \u00e9preuves finales dans deux semaines. Si elle r\u00e9ussissait, elle pourrait d\u00e9poser un dossier pour int\u00e9grer un master consacr\u00e9 \u00e0 la psychologie du traumatisme. En cas d\u2019\u00e9chec, ses contraintes financi\u00e8res risquaient de retarder son projet d\u2019au moins une ann\u00e9e. Antoine remarqua ses yeux fatigu\u00e9s et comprit qu\u2019elle \u00e9tudiait apr\u00e8s des journ\u00e9es d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouvantes.<\/p>\n<p>Il lui demanda pourquoi elle avait choisi cette sp\u00e9cialit\u00e9. Lina resta un moment silencieuse avant de r\u00e9pondre. Apr\u00e8s la mort de Sami, elle avait \u00e9t\u00e9 entour\u00e9e de personnes bien intentionn\u00e9es, mais beaucoup lui demandaient de se montrer courageuse sans jamais accepter sa fragilit\u00e9. Elle avait grandi avec l\u2019impression qu\u2019il fallait m\u00e9riter l\u2019affection des autres en ne les inqui\u00e9tant pas. Elle souhaitait d\u00e9sormais aider les enfants \u00e0 comprendre qu\u2019ils pouvaient souffrir, pleurer et demander du soutien sans d\u00e9cevoir leur entourage. Antoine pensa imm\u00e9diatement \u00e0 Manon, puis \u00e0 Gabriel. Pour la premi\u00e8re fois, il parla longuement de Claire avec une autre personne.<\/p>\n<p>Il raconta ses films pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, son habitude de chanter faux et la mani\u00e8re dont elle transformait les t\u00e2ches ordinaires en jeux. Lina l\u2019\u00e9couta sans interrompre ses souvenirs ni essayer de d\u00e9tourner la conversation vers l\u2019avenir. Antoine \u00e9prouva un soulagement inattendu. Il pouvait parler de sa femme sans que son interlocutrice le regarde avec piti\u00e9. Il pouvait m\u00eame sourire en \u00e9voquant certaines de ses maladresses. Lorsque Lina lui demanda ce que Claire faisait les jours de pluie avec les enfants, il se souvint des cabanes construites avec des couvertures. Il d\u00e9cida alors d&#39;en proposer une aux jumeaux pendant le week-end.<\/p>\n<p>Mais cette nouvelle tranquillit\u00e9 ne tarda pas \u00e0 attirer l\u2019attention d\u2019\u00c9l\u00e9onore Delcourt, la s\u0153ur d\u2019Antoine. Mari\u00e9e \u00e0 un d\u00e9put\u00e9, elle fr\u00e9quentait les r\u00e9ceptions officielles et accordait une grande importance \u00e0 la r\u00e9putation familiale. Elle avait suivi les difficult\u00e9s de son fr\u00e8re avec une inqui\u00e9tude m\u00eal\u00e9e d\u2019agacement. Lorsqu\u2019elle apprit qu\u2019une femme de m\u00e9nage travaillait d\u00e9sormais aupr\u00e8s de ses neveux et ni\u00e8ces, elle demanda \u00e0 venir d\u00e9jeuner. Antoine accepta, sans mesurer combien cette visite allait fragiliser l\u2019\u00e9quilibre encore r\u00e9cent de la maison.<\/p>\n<p>Le dimanche suivant, \u00c9l\u00e9onore arriva dans une voiture sombre, portant un ensemble \u00e9l\u00e9gant et un sac co\u00fbteux. Elle embrassa les enfants avec une chaleur mesur\u00e9e, puis observa Lina pr\u00e9parer le d\u00e9jeuner. Les jumeaux lui racont\u00e8rent leur nouvelle cabane. Louise montra fi\u00e8rement un papillon d\u00e9coup\u00e9 dans une pomme. Manon expliqua qu\u2019elle avait repris la danse. Gabriel resta en retrait, mais il ne monta pas se r\u00e9fugier dans sa chambre. \u00c9l\u00e9onore \u00e9couta ces nouvelles sans manifester l&#39;enthousiasme qu&#39;Antoine esp\u00e9rait. Son regard revenait sans cesse vers la jeune femme qui circulait entre la cuisine et la salle \u00e0 manger.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le repas, elle demanda \u00e0 parler seule \u00e0 son fr\u00e8re. Dans le bureau, elle referma la porte et posa son sac sur une chaise. \u00ab Dis-moi que tu ne comptes pas confier durablement ces cinq enfants \u00e0 cette personne \u00bb, commen\u00e7a-t-elle. Antoine lui expliqua les progr\u00e8s constat\u00e9s, les nouvelles habitudes et l\u2019accompagnement qu\u2019il mettait en place. \u00c9l\u00e9onore l\u2019interrompit. Elle souligna que Lina n\u2019avait pas termin\u00e9 son dipl\u00f4me, ne disposait pas des r\u00e9f\u00e9rences exig\u00e9es dans leur milieu et avait \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9e alors qu\u2019elle nettoyait les bureaux de son entreprise. Pour elle, cette situation \u00e9tait profond\u00e9ment imprudente.<\/p>\n<p>Antoine lui rappela que quinze professionnelles exp\u00e9riment\u00e9es avaient \u00e9chou\u00e9. Sa s\u0153ur r\u00e9pondit que les qualifications ne constituaient pas une garantie absolue, mais qu\u2019elles restaient indispensables lorsqu\u2019il s&#39;agissait d&#39;enfants aussi fragiles. Puis elle pronon\u00e7a le nom de Claire. Elle affirma que celle-ci n\u2019aurait jamais accept\u00e9 de confier ses enfants \u00e0 quelqu\u2019un qui ne connaissait pas les exigences de leur famille. Antoine se leva brusquement. Il lui demanda de ne pas utiliser la m\u00e9moire de son \u00e9pouse pour soutenir une opinion qu\u2019elle ne pouvait pas v\u00e9rifier. \u00c9l\u00e9onore recula l\u00e9g\u00e8rement, surprise par la fermet\u00e9 de sa r\u00e9action.<\/p>\n<p>Il lui d\u00e9crivit ce qui avait chang\u00e9. Louise recommen\u00e7ait \u00e0 manger et \u00e0 parler. Les jumeaux apprenaient \u00e0 ma\u00eetriser leurs disputes. Manon jouait de nouveau. Gabriel avait pass\u00e9 pr\u00e8s de vingt minutes \u00e0 discuter avec lui la veille, chose qui n&#39;\u00e9tait plus arriv\u00e9e depuis des mois. \u00ab Voil\u00e0 ce que j&#39;appelle des r\u00e9sultats \u00bb, conclut-il. \u00c9l\u00e9onore r\u00e9pondit qu&#39;une am\u00e9lioration rapide pouvait aussi cr\u00e9er un attachement dangereux si la jeune femme finissait par partir. Elle craignait que les enfants ne subissent un nouvel abandon. Antoine entendait cet argument, mais il refusait qu&#39;on \u00e9carte Lina uniquement \u00e0 cause de son origine sociale.<\/p>\n<p>Dans la cuisine, Lina avait entendu une partie de la conversation. Elle continuait de laver les assiettes, mais ses mouvements avaient perdu leur assurance. Les paroles d\u2019\u00c9l\u00e9onore faisaient \u00e9cho \u00e0 ses propres doutes. Elle n\u2019appartenait pas au monde d&#39;Antoine. Elle n&#39;avait ni les relations ni les dipl\u00f4mes prestigieux des anciennes nounous. M\u00eame si elle faisait de son mieux, pouvait-elle rester aupr\u00e8s de ces enfants sans que sa pr\u00e9sence suscite continuellement des conflits ? Gabriel, qui descendait chercher de l\u2019eau, s\u2019arr\u00eata en apercevant son expression. Il ne dit rien sur le moment, mais il comprit que quelque chose venait de se produire.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, apr\u00e8s le d\u00eener, il retrouva Lina seule dans la cuisine. Il lui demanda si elle comptait partir. Elle fut surprise par la brutalit\u00e9 de la question. Gabriel expliqua qu\u2019il avait entendu sa tante et qu\u2019il savait reconna\u00eetre les conversations qui pr\u00e9c\u00e9daient un d\u00e9part. Lina r\u00e9pondit qu\u2019elle devait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa situation, \u00e0 ses \u00e9tudes et \u00e0 ce qui serait r\u00e9ellement bon pour les enfants. Le gar\u00e7on serra les m\u00e2choires. \u00ab Alors c&#39;est vrai. Vous allez nous laisser aussi. \u00bb Lina lui demanda de la regarder. Elle lui assura qu&#39;aucune d\u00e9cision n&#39;avait \u00e9t\u00e9 prise et qu&#39;elle ne dispara\u00eetrait pas sans leur parler.<\/p>\n<p>Gabriel resta debout devant elle, les mains crisp\u00e9es sur le bord de la table. Il expliqua que Louise souriait de nouveau, que Manon avait cess\u00e9 de se comporter comme une adulte et que leur p\u00e8re semblait enfin capable de les regarder sans avoir l\u2019air absent. Puis sa voix se brisa. Il dit qu&#39;il avait d\u00e9j\u00e0 vu trop de personnes partir de cette maison. Certaines n\u2019\u00e9taient rest\u00e9es que quelques heures. Une autre \u00e9tait partie pour toujours. Lina sentit que le gar\u00e7on ne parlait plus seulement d&#39;elle. Il lui demanda, presque en murmurant, de ne pas leur imposer une nouvelle disparition.<\/p>\n<p>Lina comprit alors que sa d\u00e9cision ne concernait pas uniquement un contrat de travail. Elle devait prendre en compte ses propres limites, mais aussi la confiance fragile que les enfants commen\u00e7aient \u00e0 lui accorder. Elle posa sa main pr\u00e8s de celle de Gabriel, sans chercher \u00e0 le toucher s\u2019il ne le souhaitait pas. \u00ab Je ne peux pas te promettre que rien ne changera jamais \u00bb, lui dit-elle. \u00ab Mais je peux te promettre de ne pas prendre \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re ce que tu viens de me confier. \u00bb Gabriel la regarda longtemps. Pour la premi\u00e8re fois, il semblait pr\u00eat \u00e0 lui croire une parole qui ne promettait pas l\u2019impossible.<\/p>\n<p>Le lendemain matin, Antoine re\u00e7ut un appel de sa s\u0153ur. \u00c9l\u00e9onore lui annon\u00e7a qu\u2019elle viendrait pr\u00e9senter une solution plus s\u00e9rieuse. Elle avait d\u00e9j\u00e0 pris contact avec la directrice d\u2019une agence parisienne r\u00e9put\u00e9e et obtenu le dossier d\u2019une gouvernante britannique ayant travaill\u00e9 pour plusieurs grandes familles europ\u00e9ennes. Antoine protesta qu\u2019il n\u2019avait rien demand\u00e9. \u00c9l\u00e9onore lui r\u00e9pondit qu\u2019il \u00e9tait encore sous le choc du deuil et qu\u2019il lui fallait quelqu\u2019un capable de prendre les bonnes d\u00e9cisions lorsque ses sentiments brouillaient son jugement. Avant qu\u2019il puisse poursuivre, elle lui indiqua l\u2019heure de leur arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir raccroch\u00e9, Antoine resta un moment devant la fen\u00eatre de son bureau. Dans le jardin, il apercevait ses enfants r\u00e9unis autour d\u2019une construction de bois et de couvertures. Lina aidait Louise \u00e0 tenir un petit morceau de tissu pendant que les jumeaux discutaient des dimensions de leur cabane. Manon dansait pieds nus dans l\u2019herbe. Gabriel transportait un plateau de verres, un sourire discret au visage. Antoine savait que sa s\u0153ur allait bient\u00f4t d\u00e9couvrir cette sc\u00e8ne. Il comprit \u00e9galement qu&#39;il ne pouvait plus \u00e9viter le choix qu&#39;elle voulait lui imposer.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8133\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 3 : Face \u00e0 une gouvernante prestigieuse venue remplacer Lina, les cinq enfants r\u00e9v\u00e8lent enfin \u00e0 leur p\u00e8re qui leur a rendu le courage de vivre<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Antoine fit un pas vers son fils, mais Lina leva doucement une main pour lui demander de patienter. Jules venait de poser une question qu\u2019il gardait probablement en lui depuis &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8130,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8132","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8132","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8132"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8132\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8148,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8132\/revisions\/8148"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8132"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8132"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8132"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}