{"id":8111,"date":"2026-10-21T10:16:51","date_gmt":"2026-10-21T10:16:51","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8111"},"modified":"2026-10-21T10:16:51","modified_gmt":"2026-10-21T10:16:51","slug":"partie-14-quand-la-confiance-doscar-commenca-a-renaitre-une-decision-financiere-rappela-a-marianne-le-prix-veritable-de-son-independance-retrouvee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8111","title":{"rendered":"PARTIE 14 \u2013 Quand la confiance d\u2019Oscar commen\u00e7a \u00e0 rena\u00eetre, une d\u00e9cision financi\u00e8re rappela \u00e0 Marianne le prix v\u00e9ritable de son ind\u00e9pendance retrouv\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Le lundi qui suivit la visite de Laurent, Marianne trouva Oscar assis devant son cahier de dessin. Il avait repr\u00e9sent\u00e9 trois b\u00e2timents s\u00e9par\u00e9s par un chemin, deux vaches pr\u00e8s d&#39;une cl\u00f4ture et plusieurs personnages aux proportions incertaines. En reconnaissant la ferme, elle s&#39;approcha pour admirer son travail. Oscar lui expliqua qu&#39;il dessinait les endroits importants de sa vie. La grande maison de Beno\u00eet apparaissait \u00e0 droite, reconnaissable \u00e0 son tilleul et \u00e0 la balan\u00e7oire. La boutique occupait le centre de la feuille. \u00c0 gauche, pr\u00e8s de l&#39;\u00e9table, il avait dessin\u00e9 un petit personnage portant une veste sombre. Marianne comprit qu&#39;il s&#39;agissait de Laurent.<\/p>\n<p>Elle ne lui demanda pas pourquoi il l&#39;avait plac\u00e9 l\u00e0. Le gar\u00e7on pr\u00e9cisa spontan\u00e9ment qu&#39;il voulait garder une image de la visite pour se souvenir de ce qu&#39;ils avaient fait. \u00ab Comme \u00e7a, si on se revoit, je pourrai lui montrer ce que j&#39;ai ajout\u00e9. \u00bb Marianne acquies\u00e7a. Elle remarqua qu&#39;Oscar n&#39;avait pas dessin\u00e9 son p\u00e8re dans la maison, mais dans la cour, pr\u00e8s de Capucine. Cela lui sembla correspondre \u00e0 la place encore h\u00e9sitante qu&#39;il occupait dans la vie de son fils. Il n&#39;\u00e9tait plus enti\u00e8rement absent, sans \u00eatre devenu une pr\u00e9sence quotidienne. Marianne d\u00e9cida de respecter ce rythme plut\u00f4t que d&#39;essayer de lui donner une signification trop rapide.<\/p>\n<p>Laurent continua d&#39;\u00e9crire et de t\u00e9l\u00e9phoner r\u00e9guli\u00e8rement. Il proposa quelques semaines plus tard une nouvelle visite, cette fois pour partager une promenade au bord du ruisseau. Oscar accepta, \u00e0 condition que Marianne soit pr\u00e9sente au d\u00e9but. La rencontre se d\u00e9roula sans difficult\u00e9. Laurent arriva \u00e0 l&#39;heure convenue et apporta un petit carnet destin\u00e9 aux observations de la nature. Le gar\u00e7on l&#39;utilisa imm\u00e9diatement pour noter les oiseaux aper\u00e7us pendant la promenade. Marianne observa que Laurent posait davantage de questions qu&#39;il ne racontait d&#39;histoires sur lui-m\u00eame. Il semblait enfin comprendre que renouer avec son fils exigeait de s&#39;int\u00e9resser \u00e0 l&#39;enfant qu&#39;il \u00e9tait devenu, et non seulement \u00e0 celui qu&#39;il avait connu autrefois.<\/p>\n<p>Cette am\u00e9lioration progressive apportait du soulagement, mais elle \u00e9veillait aussi chez Marianne une vigilance nouvelle. Elle ne voulait pas que l&#39;enthousiasme d&#39;Oscar le rende vuln\u00e9rable \u00e0 une \u00e9ventuelle interruption des contacts. Chaque fois que Laurent proposait une date, elle v\u00e9rifiait les modalit\u00e9s et s&#39;assurait qu&#39;il pourrait r\u00e9ellement respecter son engagement. Elle n&#39;intervenait pas dans toutes leurs conversations. Elle avait appris que prot\u00e9ger son fils ne signifiait pas contr\u00f4ler chacun de ses sentiments. Pourtant, elle continuait de mesurer l&#39;effet de ces rencontres sur son sommeil, son comportement \u00e0 l&#39;\u00e9cole et sa capacit\u00e9 \u00e0 parler librement de ce qu&#39;il ressentait.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, la boutique connaissait une croissance r\u00e9guli\u00e8re. Les produits de Marianne \u00e9taient d\u00e9sormais recherch\u00e9s par des clients qui habitaient plusieurs villages voisins. Le miel et les confitures des autres producteurs se vendaient \u00e9galement bien. Claire avait pris de l&#39;assurance et g\u00e9rait certaines journ\u00e9es presque seule. Marianne \u00e9tait fi\u00e8re de cette \u00e9volution. Elle avait commenc\u00e9 par vouloir conserver sa derni\u00e8re vache, puis avait r\u00e9ussi \u00e0 b\u00e2tir une activit\u00e9 qui donnait du travail \u00e0 une autre femme et offrait un d\u00e9bouch\u00e9 suppl\u00e9mentaire \u00e0 plusieurs exploitants. Mais cette r\u00e9ussite apportait aussi des contraintes nouvelles. Les stocks devaient \u00eatre suivis avec pr\u00e9cision, les factures r\u00e9gl\u00e9es \u00e0 temps et les \u00e9quipements entretenus.<\/p>\n<p>Un matin, Claire lui signala que l&#39;ancienne armoire r\u00e9frig\u00e9r\u00e9e du commerce ne maintenait plus une temp\u00e9rature suffisamment r\u00e9guli\u00e8re. Marianne v\u00e9rifia imm\u00e9diatement les relev\u00e9s. Elle d\u00e9cida de retirer les produits concern\u00e9s jusqu&#39;\u00e0 ce que l&#39;appareil soit examin\u00e9. Un technicien vint dans l&#39;apr\u00e8s-midi et confirma que plusieurs composants \u00e9taient us\u00e9s. La r\u00e9paration serait co\u00fbteuse, sans garantir une longue dur\u00e9e de fonctionnement. Il recommanda un remplacement. Marianne demanda un devis d\u00e9taill\u00e9, puis calcula l&#39;effet de cet investissement sur sa tr\u00e9sorerie. Le montant d\u00e9passait ce qu&#39;elle avait pr\u00e9vu pour les d\u00e9penses impr\u00e9vues du trimestre.<\/p>\n<p>Cette difficult\u00e9 survenait au mauvais moment. Marianne continuait de rembourser les mensualit\u00e9s volontairement accept\u00e9es aupr\u00e8s de Maurice B\u00e9raud. Elle avait \u00e9galement plusieurs commandes importantes \u00e0 pr\u00e9parer et ne pouvait pas r\u00e9duire durablement les capacit\u00e9s de conservation de la boutique. En examinant les chiffres, elle comprit qu&#39;un nouvel \u00e9quipement \u00e9tait n\u00e9cessaire pour poursuivre l&#39;activit\u00e9 dans de bonnes conditions. Pourtant, elle refusait de financer cet achat par une d\u00e9cision pr\u00e9cipit\u00e9e. Elle se souvenait trop bien des engagements mal \u00e9valu\u00e9s qui avaient contribu\u00e9 aux difficult\u00e9s de son premier mariage. Elle passa une soir\u00e9e enti\u00e8re \u00e0 comparer les possibilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Beno\u00eet la trouva \u00e0 la table de la cuisine, entour\u00e9e de factures et de catalogues. Il posa une tasse de tisane pr\u00e8s de son registre. \u00ab Un probl\u00e8me avec les commandes ? \u00bb demanda-t-il. Marianne lui expliqua la situation. Il parcourut le devis et proposa imm\u00e9diatement de payer l&#39;\u00e9quipement. Elle releva la t\u00eate. \u00ab Beno\u00eet, nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de cela. \u00bb Il sembla surpris par son ton. \u00ab Je ne veux pas prendre le contr\u00f4le de ton commerce. Je veux simplement t&#39;\u00e9viter une difficult\u00e9. \u00bb Marianne referma le catalogue. \u00ab Je sais. Mais la boutique doit pouvoir fonctionner avec ses propres moyens. Si chaque d\u00e9pense impr\u00e9vue est r\u00e9gl\u00e9e par ton argent, je ne saurai jamais si mon activit\u00e9 est r\u00e9ellement viable. \u00bb<\/p>\n<p>Beno\u00eet resta silencieux quelques instants. Depuis leur mariage, il avait appris \u00e0 reconna\u00eetre ces moments o\u00f9 Marianne avait besoin d&#39;\u00eatre entendue avant toute proposition de solution. Il reprit le devis et demanda si elle avait envisag\u00e9 une location professionnelle ou un financement directement li\u00e9 aux recettes du commerce. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle comparait justement plusieurs offres. Ils pass\u00e8rent alors une partie de la soir\u00e9e \u00e0 examiner les co\u00fbts, les dur\u00e9es et les garanties. Beno\u00eet ne proposa plus de payer \u00e0 sa place. Il l&#39;aida seulement \u00e0 poser les questions qui permettraient de choisir raisonnablement. Cette diff\u00e9rence transforma imm\u00e9diatement l&#39;atmosph\u00e8re de leur discussion.<\/p>\n<p>Le lendemain, Marianne consulta un autre fournisseur. Celui-ci proposait un \u00e9quipement adapt\u00e9 \u00e0 la taille de la boutique, avec un contrat d&#39;entretien et un paiement \u00e9chelonn\u00e9. Elle compara les conditions avec celles du premier devis, v\u00e9rifia les frais suppl\u00e9mentaires et demanda des r\u00e9f\u00e9rences. Claire participa \u00e0 la r\u00e9flexion en d\u00e9crivant les besoins r\u00e9els du commerce. Ensemble, elles choisirent une solution plus modeste que l&#39;appareil initialement envisag\u00e9, mais suffisante pour les quantit\u00e9s vendues. Marianne signa seulement apr\u00e8s avoir obtenu une confirmation \u00e9crite des conditions. Elle \u00e9prouva une satisfaction particuli\u00e8re en constatant que cette d\u00e9pense importante pouvait \u00eatre absorb\u00e9e sans compromettre les autres obligations.<\/p>\n<p>L&#39;installation eut lieu une semaine plus tard. Ren\u00e9 vint pr\u00eater main-forte pour d\u00e9placer l&#39;ancien appareil, tandis qu&#39;un technicien s&#39;occupait des raccordements et des v\u00e9rifications. Oscar assista \u00e0 une partie de l&#39;op\u00e9ration, fascin\u00e9 par les outils utilis\u00e9s. Marianne lui expliqua pourquoi la temp\u00e9rature de conservation devait \u00eatre surveill\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement. Le gar\u00e7on prit aussit\u00f4t son carnet et dessina un thermom\u00e8tre. Beno\u00eet observa la sc\u00e8ne avec amusement. Il remarqua que Marianne transmettait \u00e0 son fils la m\u00eame attention aux d\u00e9tails qu&#39;elle appliquait \u00e0 ses propres d\u00e9cisions. Cette exigence n&#39;\u00e9tait pas seulement une mani\u00e8re de se prot\u00e9ger. Elle constituait d\u00e9sormais une part de son enseignement.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de la journ\u00e9e, Marianne rangea les derniers documents et calcula le co\u00fbt d\u00e9finitif de l&#39;installation. La boutique pouvait reprendre son fonctionnement normal. Claire avait pr\u00e9par\u00e9 les commandes du lendemain, et aucun produit impropre \u00e0 la vente n&#39;avait \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9. Marianne se sentit soulag\u00e9e. Elle savait que d&#39;autres impr\u00e9vus surviendraient. Mais elle venait de franchir une difficult\u00e9 sans renoncer \u00e0 l&#39;autonomie qu&#39;elle avait mis tant d&#39;efforts \u00e0 reconstruire. Le soir, elle raconta \u00e0 Beno\u00eet que le nouvel appareil fonctionnait parfaitement. Il lui r\u00e9pondit qu&#39;il \u00e9tait fier de la mani\u00e8re dont elle avait g\u00e9r\u00e9 la situation. Cette fois, elle accepta le compliment sans chercher \u00e0 le minimiser.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, une lettre de Maurice B\u00e9raud arriva \u00e0 la ferme. Marianne l&#39;ouvrit avec une prudence qu&#39;elle ne parvenait pas compl\u00e8tement \u00e0 effacer. Le courrier confirmait la r\u00e9ception r\u00e9guli\u00e8re des mensualit\u00e9s et indiquait le montant restant d\u00fb. Aucune nouvelle demande ne figurait dans le document. Elle le compara \u00e0 son registre, v\u00e9rifia les chiffres et rangea la lettre dans le dossier pr\u00e9vu \u00e0 cet effet. Le remboursement progressait exactement comme convenu. Il lui restait encore plusieurs \u00e9ch\u00e9ances, mais leur montant ne mena\u00e7ait plus l&#39;\u00e9quilibre de la ferme. Elle avait transform\u00e9 une affaire autrefois confuse en obligation pr\u00e9cise, limit\u00e9e et ma\u00eetris\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9gularit\u00e9 attira l&#39;attention de Beno\u00eet lorsqu&#39;ils firent ensemble le point sur les d\u00e9penses du mois. Il lui demanda si elle regrettait parfois sa d\u00e9cision de rembourser les neuf mille francs. Marianne r\u00e9fl\u00e9chit. \u00ab Il m&#39;arrive de me dire que cet argent aurait \u00e9t\u00e9 utile ailleurs \u00bb, reconnut-elle. \u00ab Mais je ne regrette pas d&#39;avoir clarifi\u00e9 cette affaire. \u00bb Elle ajouta qu&#39;elle avait surtout appris \u00e0 ne plus confondre le sentiment de justice avec l&#39;obligation de se sacrifier. Elle avait propos\u00e9 un montant correspondant \u00e0 des d\u00e9penses identifi\u00e9es, apr\u00e8s avoir prot\u00e9g\u00e9 juridiquement sa propri\u00e9t\u00e9. Elle n&#39;avait pas accept\u00e9 la dette enti\u00e8re de Laurent, ni renonc\u00e9 aux moyens n\u00e9cessaires pour vivre de son travail.<\/p>\n<p>Beno\u00eet lui r\u00e9pondit qu&#39;il comprenait d\u00e9sormais mieux ce qui l&#39;avait pouss\u00e9e \u00e0 agir. Il avait d&#39;abord consid\u00e9r\u00e9 cette d\u00e9cision comme un risque inutile. Avec le temps, il avait compris qu&#39;elle cherchait \u00e0 retrouver une relation saine avec son propre pass\u00e9. Marianne sourit. \u00ab Et moi, j&#39;ai compris qu&#39;\u00eatre ind\u00e9pendante ne signifie pas refuser chaque aide. \u00bb Ils \u00e9chang\u00e8rent un regard amus\u00e9. Leur mariage leur avait appris \u00e0 revenir sur certaines convictions sans avoir l&#39;impression de perdre une bataille. Marianne trouvait cette souplesse pr\u00e9cieuse. Elle ne souhaitait plus vivre dans un monde o\u00f9 reconna\u00eetre une erreur revenait \u00e0 donner du pouvoir \u00e0 quelqu&#39;un d&#39;autre.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#39;approche de l&#39;automne, la ferme connut une p\u00e9riode de travail intense. Les p\u00e2turages changeaient de couleur et les journ\u00e9es raccourcissaient. Marianne devait pr\u00e9parer les r\u00e9serves, organiser la production et anticiper les commandes des f\u00eates de fin d&#39;ann\u00e9e. Claire l&#39;aidait efficacement, mais certaines t\u00e2ches demandaient toujours sa pr\u00e9sence. Beno\u00eet, de son c\u00f4t\u00e9, supervisait plusieurs r\u00e9coltes tardives. Ils se voyaient parfois moins pendant la journ\u00e9e, mais s&#39;effor\u00e7aient de pr\u00e9server les repas du soir lorsque cela \u00e9tait possible. Oscar appr\u00e9ciait ces moments o\u00f9 chacun racontait une partie de sa journ\u00e9e. Il intervenait souvent avec des questions qui transformaient une conversation sur les comptes en discussion sur les animaux ou les machines.<\/p>\n<p>Un soir, Oscar annon\u00e7a qu&#39;il souhaitait inviter Laurent \u00e0 assister \u00e0 une petite pr\u00e9sentation organis\u00e9e par son \u00e9cole. Les \u00e9l\u00e8ves devaient exposer des travaux consacr\u00e9s \u00e0 la nature et aux m\u00e9tiers de la r\u00e9gion. Le gar\u00e7on avait pr\u00e9par\u00e9 un dossier sur les vaches laiti\u00e8res, avec plusieurs dessins de Capucine. Marianne \u00e9couta sa demande avec attention. \u00ab Tu voudrais qu&#39;il vienne \u00e0 l&#39;\u00e9cole ? \u00bb Oscar acquies\u00e7a. \u00ab Oui. Mais je voudrais aussi que Beno\u00eet soit l\u00e0. \u00bb Elle r\u00e9pondit qu&#39;ils pouvaient en discuter. Cette fois, la situation \u00e9tait diff\u00e9rente des rencontres pr\u00e9c\u00e9dentes. Laurent serait pr\u00e9sent dans un lieu public, aux c\u00f4t\u00e9s d&#39;autres familles, et Oscar risquait d&#39;\u00eatre d\u00e9\u00e7u s&#39;il ne venait pas.<\/p>\n<p>Marianne contacta Laurent pour lui expliquer l&#39;\u00e9v\u00e9nement. Elle lui pr\u00e9cisa la date, l&#39;heure et l&#39;importance que cette pr\u00e9sence avait pour leur fils. Laurent r\u00e9pondit qu&#39;il souhaitait venir. Elle lui demanda de v\u00e9rifier ses obligations professionnelles avant de confirmer. Il le fit, puis envoya une r\u00e9ponse \u00e9crite. Marianne transmit l&#39;information \u00e0 Oscar sans lui pr\u00e9senter cette confirmation comme une garantie absolue. Le gar\u00e7on sembla n\u00e9anmoins heureux. Il passa plusieurs soir\u00e9es \u00e0 perfectionner son dossier, demandant \u00e0 Beno\u00eet des renseignements sur les diff\u00e9rentes races bovines et \u00e0 sa m\u00e8re des explications sur la fabrication du fromage.<\/p>\n<p>Le jour de la pr\u00e9sentation, la salle de classe avait \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en petite exposition. Les tables portaient des dessins, des maquettes et des cahiers soigneusement illustr\u00e9s. Oscar installa ses documents pr\u00e8s d&#39;une fen\u00eatre. Marianne remarqua qu&#39;il avait ajout\u00e9 une photographie de Capucine, prise devant la cl\u00f4ture. Beno\u00eet arriva avec elle, puis ils salu\u00e8rent l&#39;institutrice. Le gar\u00e7on regardait r\u00e9guli\u00e8rement vers la porte. Marianne sentit revenir une inqui\u00e9tude famili\u00e8re, mais elle s&#39;effor\u00e7a de ne pas la lui transmettre. \u00c0 l&#39;heure pr\u00e9vue, Laurent apparut dans le couloir. Il entra discr\u00e8tement, s&#39;arr\u00eata pour rep\u00e9rer son fils, puis lui adressa un sourire.<\/p>\n<p>Oscar courut vers lui avec un enthousiasme qu&#39;il n&#39;avait encore jamais manifest\u00e9 lors de leurs rencontres. Laurent s&#39;accroupit pour l&#39;accueillir, et le gar\u00e7on lui montra imm\u00e9diatement son dossier. Marianne observa la sc\u00e8ne \u00e0 quelques pas. Elle ressentit un pincement au c\u0153ur, mais aussi un soulagement r\u00e9el. Laurent avait tenu un engagement important. Il avait compris que la pr\u00e9sence \u00e0 une activit\u00e9 scolaire pouvait compter davantage qu&#39;un cadeau co\u00fbteux ou une longue lettre. Beno\u00eet resta pr\u00e8s de Marianne, sans chercher \u00e0 interrompre leurs retrouvailles. Lorsqu&#39;Oscar revint vers eux, il demanda aux deux hommes de regarder ensemble sa pr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>Pendant plusieurs minutes, Oscar expliqua avec s\u00e9rieux les besoins d&#39;une vache laiti\u00e8re, la mani\u00e8re dont on pr\u00e9parait le fromage et les soins n\u00e9cessaires \u00e0 l&#39;entretien d&#39;une \u00e9table. Il montra les dessins r\u00e9alis\u00e9s avec l&#39;aide de sa m\u00e8re, puis r\u00e9pondit \u00e0 quelques questions de ses camarades. Laurent l&#39;\u00e9coutait avec une attention visible. Beno\u00eet ajouta seulement une pr\u00e9cision lorsque l&#39;institutrice l&#39;interrogea sur les machines agricoles. Marianne regardait son fils avec fiert\u00e9. Elle se souvenait de l&#39;enfant silencieux qui avait serr\u00e9 Capucine contre lui pour emp\u00eacher son d\u00e9part. Aujourd&#39;hui, il parlait devant toute sa classe, entour\u00e9 d&#39;adultes capables de reconna\u00eetre son travail.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la pr\u00e9sentation, Laurent demanda \u00e0 Marianne s&#39;il pouvait lui parler quelques minutes. Ils s&#39;\u00e9loign\u00e8rent l\u00e9g\u00e8rement du groupe, tout en restant dans la cour de l&#39;\u00e9cole. Il semblait \u00e9mu. \u00ab Je ne savais pas qu&#39;Oscar \u00e9tait devenu aussi passionn\u00e9 par tout cela \u00bb, dit-il. Marianne le regarda. \u00ab Il a grandi. \u00bb Laurent acquies\u00e7a. \u00ab Je commence seulement \u00e0 comprendre tout ce que j&#39;ai manqu\u00e9. \u00bb Elle ne chercha pas \u00e0 le consoler. Cette prise de conscience lui appartenait. Il ajouta qu&#39;il souhaitait poursuivre les visites et respecter les arrangements \u00e9tablis. Marianne r\u00e9pondit qu&#39;elle y \u00e9tait favorable tant que les besoins d&#39;Oscar resteraient au centre de leurs d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>Laurent h\u00e9sita avant de poursuivre. \u00ab Je voulais aussi te dire que je ne chercherai pas \u00e0 compliquer ta vie avec Beno\u00eet. \u00bb Marianne sentit sa vigilance se r\u00e9veiller, mais elle l&#39;\u00e9couta. \u00ab Je sais que j&#39;ai perdu le droit de d\u00e9cider de beaucoup de choses dans votre quotidien. Je veux simplement essayer d&#39;\u00eatre un p\u00e8re plus pr\u00e9sent. \u00bb Elle r\u00e9pondit que ce n&#39;\u00e9tait pas une question de permission personnelle. Les responsabilit\u00e9s parentales devaient \u00eatre exerc\u00e9es dans un cadre clair, et les engagements pris envers Oscar devraient \u00eatre respect\u00e9s. Laurent acquies\u00e7a. Pour la premi\u00e8re fois, leur conversation ne se transforma pas en \u00e9change de reproches ou de justifications.<\/p>\n<p>Le soir, Oscar raconta la journ\u00e9e avec une animation qui dura jusqu&#39;au dessert. Il expliqua que son p\u00e8re avait pos\u00e9 plusieurs questions sur les fromages et que Beno\u00eet avait impressionn\u00e9 ses camarades en parlant des tracteurs. Marianne l&#39;\u00e9coutait en souriant. Le gar\u00e7on semblait heureux d&#39;avoir pu r\u00e9unir, pendant quelques heures, deux parties importantes de sa vie sans qu&#39;elles entrent en conflit. Apr\u00e8s le repas, il demanda s&#39;il pourrait conserver la photographie prise devant son dossier. On y voyait Marianne, Beno\u00eet, Laurent et lui, r\u00e9unis autour de la table de l&#39;exposition. Les adultes n&#39;avaient pas tous le m\u00eame sourire, mais ils regardaient dans la m\u00eame direction.<\/p>\n<p>Plus tard, Marianne observa cette photographie pos\u00e9e sur le buffet. Elle savait qu&#39;elle ne repr\u00e9sentait pas une famille traditionnelle, ni une r\u00e9conciliation compl\u00e8te avec le pass\u00e9. Pourtant, elle y voyait une possibilit\u00e9 nouvelle : celle de permettre \u00e0 Oscar de grandir sans devoir choisir entre les personnes qui comptaient pour lui. Beno\u00eet s&#39;approcha et passa un bras autour de ses \u00e9paules. \u00ab Tu sembles soulag\u00e9e \u00bb, murmura-t-il. Marianne acquies\u00e7a. \u00ab Je crois que nous venons de franchir une \u00e9tape importante. \u00bb Il regarda la photographie. \u00ab Oui. Mais il faudra continuer \u00e0 \u00eatre patients. \u00bb Elle sourit. C&#39;\u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&#39;elle pensait.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8112\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 15 : \u00c0 l\u2019approche d\u2019un nouvel hiver, un r\u00e8glement longtemps attendu permit \u00e0 Marianne de mesurer tout ce que sa famille avait reconstruit<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le lundi qui suivit la visite de Laurent, Marianne trouva Oscar assis devant son cahier de dessin. 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