{"id":8108,"date":"2026-10-21T10:16:43","date_gmt":"2026-10-21T10:16:43","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8108"},"modified":"2026-10-21T10:16:43","modified_gmt":"2026-10-21T10:16:43","slug":"partie-11-apres-la-fete-les-gestes-ordinaires-revelerent-les-premieres-difficultes-dune-vie-commune-que-personne-ne-pouvait-entierement-prevoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8108","title":{"rendered":"PARTIE 11 \u2013 Apr\u00e8s la f\u00eate, les gestes ordinaires r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent les premi\u00e8res difficult\u00e9s d\u2019une vie commune que personne ne pouvait enti\u00e8rement pr\u00e9voir"},"content":{"rendered":"<p>Le lundi suivant le mariage, Marianne se r\u00e9veilla dans la grande maison de Beno\u00eet avec la sensation \u00e9trange d\u2019avoir oubli\u00e9 quelque chose d\u2019essentiel. Pendant quelques secondes, elle ne reconnut pas la chambre spacieuse, les rideaux clairs ni le bruit lointain d\u2019un v\u00e9hicule agricole qui d\u00e9marrait dans la cour. Puis elle se souvint de la c\u00e9r\u00e9monie, des invit\u00e9s et du visage heureux d\u2019Oscar. Beno\u00eet dormait encore \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle. Marianne regarda l\u2019horloge et se redressa brusquement. Elle devait \u00eatre \u00e0 sa ferme pour la traite. Le mariage n\u2019avait pas modifi\u00e9 les besoins de ses animaux, et elle avait accept\u00e9 de passer la nuit chez Beno\u00eet uniquement parce qu\u2019une voisine avait assur\u00e9 les soins du soir.<\/p>\n<p>Elle s\u2019habilla sans faire de bruit, puis descendit dans la cuisine. La maison \u00e9tait silencieuse. Les tasses de la veille reposaient encore pr\u00e8s de l\u2019\u00e9vier. Marianne pr\u00e9para rapidement du caf\u00e9, v\u00e9rifia son sac et chercha les cl\u00e9s de son v\u00e9hicule. Elle les trouva finalement dans la poche de son manteau. Lorsqu\u2019elle se retourna, Beno\u00eet se tenait dans l\u2019encadrement de la porte, les cheveux \u00e9bouriff\u00e9s et l\u2019air encore endormi. \u00ab Tu pars d\u00e9j\u00e0 ? \u00bb demanda-t-il. Marianne lui rappela qu\u2019elle devait rejoindre ses vaches. Il regarda l\u2019heure, puis proposa de l\u2019accompagner. Elle refusa doucement. \u00ab Reste te reposer. Nous avons eu une journ\u00e9e suffisamment longue. \u00bb<\/p>\n<p>Beno\u00eet insista seulement pour qu\u2019elle boive son caf\u00e9 avant de partir. Ils s\u2019assirent quelques minutes \u00e0 la table. Marianne observait les grandes fen\u00eatres donnant sur le jardin. Elle aimait cette maison, mais son corps restait habitu\u00e9 aux bruits et aux horaires de sa propre ferme. Elle se demanda combien de temps il leur faudrait pour trouver une organisation naturelle. Beno\u00eet semblait partager cette r\u00e9flexion. \u00ab Nous pourrions \u00e9tablir un calendrier pour les premi\u00e8res semaines \u00bb, proposa-t-il. Marianne sourit. \u00ab Tu vois, nous voil\u00e0 mari\u00e9s depuis deux jours et nous parlons d\u00e9j\u00e0 comme deux responsables d\u2019exploitation. \u00bb Il rit. \u00ab Je crois que nous ne savons pas faire autrement. \u00bb<\/p>\n<p>Ils d\u00e9cid\u00e8rent de conserver une organisation souple. Marianne passerait les matin\u00e9es dans sa ferme, reviendrait chez Beno\u00eet certains soirs et resterait parfois dormir dans sa propre maison lorsque les t\u00e2ches agricoles l\u2019exigeraient. Oscar suivrait un rythme r\u00e9gulier afin de ne pas multiplier les d\u00e9placements inutiles. Beno\u00eet veillerait \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer davantage de responsabilit\u00e9s \u00e0 Ren\u00e9 pour lib\u00e9rer certaines soir\u00e9es. Cette solution paraissait raisonnable, mais sa mise en pratique demanda plus d\u2019efforts qu\u2019ils ne l\u2019avaient pr\u00e9vu. Les journ\u00e9es de travail ne se terminaient pas toujours \u00e0 l\u2019heure, les animaux pouvaient tomber malades et les commandes n\u00e9cessitaient parfois des ajustements impr\u00e9vus.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re difficult\u00e9 surgit au sujet d\u2019un d\u00eener. Marianne avait pr\u00e9vu de rentrer chez Beno\u00eet avant dix-neuf heures, mais une cliente passa tardivement \u00e0 la ferme pour r\u00e9cup\u00e9rer une commande oubli\u00e9e. Puis la seconde vache renversa un seau, obligeant Marianne \u00e0 nettoyer une partie de l\u2019\u00e9table. Lorsqu\u2019elle arriva enfin \u00e0 la grande maison, il \u00e9tait presque vingt heures. Beno\u00eet avait pr\u00e9par\u00e9 le repas et attendait depuis longtemps. Il ne lui reprocha pas son retard, mais Marianne remarqua qu\u2019il \u00e9tait contrari\u00e9. Elle s\u2019excusa et expliqua ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Il r\u00e9pondit qu\u2019il aurait simplement aim\u00e9 \u00eatre pr\u00e9venu.<\/p>\n<p>Marianne se raidit aussit\u00f4t. Pendant son premier mariage, ses retards avaient souvent donn\u00e9 lieu \u00e0 des reproches interminables. Elle sentit remonter une d\u00e9fense ancienne. \u00ab Je travaille, Beno\u00eet. Je ne peux pas abandonner une vache au milieu d\u2019un probl\u00e8me parce qu\u2019une horloge indique une certaine heure. \u00bb Il posa sa fourchette. \u00ab Je ne t\u2019ai pas demand\u00e9 cela. \u00bb Elle d\u00e9tourna les yeux. \u00ab C\u2019est pourtant ce que j\u2019ai entendu. \u00bb Un silence s\u2019installa entre eux. Oscar, qui mangeait \u00e0 l\u2019autre bout de la table, observa discr\u00e8tement leurs visages. Marianne regretta imm\u00e9diatement d\u2019avoir laiss\u00e9 sa col\u00e8re surgir devant lui.<\/p>\n<p>Beno\u00eet reprit la parole d\u2019une voix calme. \u00ab Je sais que ton travail est important. Je voulais seulement savoir si tout allait bien. Lorsque tu n\u2019es pas arriv\u00e9e, je me suis demand\u00e9 si tu avais eu un accident sur la route. \u00bb Marianne sentit sa col\u00e8re retomber. Elle avait interpr\u00e9t\u00e9 son inqui\u00e9tude comme une tentative de contr\u00f4le. Cette confusion lui sembla douloureusement r\u00e9v\u00e9latrice. Elle posa sa main sur la table. \u00ab Je suis d\u00e9sol\u00e9e. Je n\u2019ai pas compris ce que tu voulais dire. \u00bb Beno\u00eet acquies\u00e7a. \u00ab Et moi, j\u2019aurais d\u00fb commencer par te demander comment s\u2019\u00e9tait pass\u00e9e ta journ\u00e9e. \u00bb Oscar sembla se d\u00e9tendre. Il reprit son repas, visiblement rassur\u00e9 de voir la conversation retrouver un ton ordinaire.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00eener, ils parl\u00e8rent plus longuement de ce qui venait de se produire. Marianne expliqua que certaines remarques r\u00e9veillaient encore les souvenirs de son ancien mariage. Elle savait rationnellement que Beno\u00eet ne cherchait pas \u00e0 la contr\u00f4ler, mais son premier r\u00e9flexe demeurait parfois de se d\u00e9fendre. Beno\u00eet reconnut qu\u2019il avait lui aussi des habitudes difficiles \u00e0 modifier. Pendant des ann\u00e9es, il avait organis\u00e9 seul son emploi du temps et celui de ses employ\u00e9s. Il devait apprendre \u00e0 partager ses projets sans consid\u00e9rer que son organisation \u00e9tait n\u00e9cessairement la meilleure. Ils d\u00e9cid\u00e8rent qu\u2019un simple appel permettrait d\u00e9sormais de pr\u00e9venir les retards importants, sans que cela devienne une obligation pesante.<\/p>\n<p>Oscar, qui avait entendu une partie de leur conversation, demanda le lendemain pourquoi les adultes mari\u00e9s se disputaient parfois. Marianne s\u2019assit pr\u00e8s de lui. Elle lui expliqua que vivre ensemble ne signifiait pas \u00eatre toujours d\u2019accord. Les d\u00e9saccords faisaient partie de la vie, mais il importait de les exprimer sans blesser volontairement l\u2019autre. Le gar\u00e7on r\u00e9fl\u00e9chit. \u00ab Alors quand tu as parl\u00e9 fort hier, ce n\u2019\u00e9tait pas parce que tu n\u2019aimais plus Beno\u00eet ? \u00bb Marianne sentit une douleur discr\u00e8te lui traverser la poitrine. \u00ab Non, mon ch\u00e9ri. Nous \u00e9tions fatigu\u00e9s et nous avons mal compris certaines choses. Nous nous aimons toujours. \u00bb Oscar hocha la t\u00eate, rassur\u00e9.<\/p>\n<p>Cette conversation rappela \u00e0 Marianne que son fils observait leur relation avec une attention particuli\u00e8re. Il avait connu des disputes qui annon\u00e7aient parfois de longues p\u00e9riodes de silence. Elle voulait lui montrer qu\u2019un d\u00e9saccord pouvait se terminer autrement. Le soir, lorsque Beno\u00eet rentra, elle lui raconta les questions d\u2019Oscar. Il proposa qu\u2019ils prennent le temps de parler au gar\u00e7on lorsque des tensions surviendraient devant lui, afin qu\u2019il ne reste pas seul avec ses inqui\u00e9tudes. Marianne approuva. Ils ne pouvaient pas garantir une vie sans conflits, mais ils pouvaient lui offrir l\u2019exemple de deux adultes capables de reconna\u00eetre leurs erreurs et de chercher ensemble une solution.<\/p>\n<p>Les semaines suivantes furent consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019ajustement de leur quotidien. Beno\u00eet apprit \u00e0 ne plus consid\u00e9rer les horaires de Marianne comme enti\u00e8rement pr\u00e9visibles. Elle d\u00e9couvrit de son c\u00f4t\u00e9 qu\u2019il avait besoin de quelques moments de silence apr\u00e8s certaines journ\u00e9es difficiles. Ils r\u00e9partirent les t\u00e2ches domestiques selon leurs disponibilit\u00e9s plut\u00f4t que selon des habitudes impos\u00e9es. Marianne continuait \u00e0 pr\u00e9parer une grande partie des repas lorsqu\u2019elle en avait envie, mais Beno\u00eet prit l\u2019habitude de cuisiner certains soirs. Ses premi\u00e8res tentatives furent parfois maladroites. Ren\u00e9, inform\u00e9 de ses progr\u00e8s, d\u00e9clara qu\u2019il esp\u00e9rait ne jamais \u00eatre oblig\u00e9 de go\u00fbter les r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>La grande maison changea progressivement d\u2019atmosph\u00e8re. Les pi\u00e8ces autrefois ferm\u00e9es furent ouvertes, a\u00e9r\u00e9es et utilis\u00e9es plus r\u00e9guli\u00e8rement. Oscar installa ses livres dans sa chambre et choisit quelques dessins pour d\u00e9corer les murs. Marianne pla\u00e7a des fleurs sur une table pr\u00e8s de l\u2019entr\u00e9e, puis apporta plusieurs objets personnels qu\u2019elle souhaitait avoir aupr\u00e8s d\u2019elle. Elle ne d\u00e9pla\u00e7a pas l\u2019armoire de son p\u00e8re, mais choisit quelques photographies familiales qu\u2019elle disposa dans le salon. Beno\u00eet accueillit ces changements avec plaisir. Il d\u00e9couvrait que partager une maison signifiait aussi accepter qu\u2019elle cesse de ressembler exactement \u00e0 celle qu\u2019on avait habit\u00e9e seul.<\/p>\n<p>Un soir, Marianne trouva Beno\u00eet devant une vieille photographie de son p\u00e8re. L\u2019image montrait un homme aux \u00e9paules larges, debout devant l\u2019\u00e9table familiale. \u00ab Il avait l\u2019air fier de sa ferme \u00bb, observa Beno\u00eet. Marianne s\u2019approcha. \u00ab Il l\u2019\u00e9tait. Mais il \u00e9tait surtout fier lorsqu\u2019il r\u00e9ussissait \u00e0 r\u00e9parer quelque chose que tout le monde croyait perdu. \u00bb Elle lui raconta une anecdote sur une machine agricole que son p\u00e8re avait remise en \u00e9tat avec des pi\u00e8ces r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es. Beno\u00eet l\u2019\u00e9couta attentivement. Marianne comprit que ses souvenirs trouvaient d\u00e9sormais une place dans la grande maison sans effacer ceux de son mari. Le pass\u00e9 de chacun pouvait enrichir leur vie commune plut\u00f4t que la diviser.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, le projet de boutique de produits locaux avan\u00e7ait. Le propri\u00e9taire du local vacant avait accept\u00e9 un loyer raisonnable, et plusieurs producteurs du village se montraient int\u00e9ress\u00e9s. Marianne avait pr\u00e9par\u00e9 des pr\u00e9visions financi\u00e8res d\u00e9taill\u00e9es, en tenant compte des charges, des p\u00e9riodes de faible activit\u00e9 et des investissements n\u00e9cessaires. Beno\u00eet participait aux discussions, mais il lui laissait la direction du projet. Elle souhaitait cr\u00e9er une petite structure o\u00f9 les producteurs conserveraient la propri\u00e9t\u00e9 de leurs marchandises jusqu\u2019\u00e0 leur vente, selon des conditions clairement \u00e9tablies. Cette organisation demanderait du travail, mais elle permettrait de limiter les risques.<\/p>\n<p>Un samedi matin, elle r\u00e9unit quelques producteurs dans l\u2019ancien commerce. Ren\u00e9 avait accept\u00e9 de venir aider \u00e0 d\u00e9placer des meubles, tandis que Beno\u00eet s\u2019occupait des mesures n\u00e9cessaires pour installer les \u00e9tag\u00e8res. Oscar parcourait la pi\u00e8ce avec son carnet de dessins, imaginant l\u2019emplacement de chaque produit. Marianne expliqua son projet aux participants. Elle pr\u00e9senta les co\u00fbts, les possibilit\u00e9s de vente et les r\u00e8gles qu\u2019elle souhaitait \u00e9tablir. Certains pos\u00e8rent des questions difficiles. Elle y r\u00e9pondit avec pr\u00e9cision, reconnaissant les points qui restaient \u00e0 clarifier. \u00c0 la fin de la r\u00e9union, plusieurs producteurs confirm\u00e8rent leur int\u00e9r\u00eat. Marianne ressentit une fiert\u00e9 tranquille. Elle n\u2019\u00e9tait plus seulement en train de pr\u00e9server son exploitation. Elle contribuait \u00e0 cr\u00e9er une possibilit\u00e9 nouvelle pour d\u2019autres.<\/p>\n<p>La pr\u00e9paration du commerce exigea cependant davantage de temps que pr\u00e9vu. Marianne se retrouva bient\u00f4t partag\u00e9e entre la ferme, les commandes habituelles et les travaux du local. Beno\u00eet remarqua qu\u2019elle dormait moins et sautait parfois des repas. Un soir, il lui demanda si elle n\u2019en faisait pas trop. Marianne r\u00e9pondit imm\u00e9diatement qu\u2019elle avait tout sous contr\u00f4le. Il ne protesta pas, mais lui proposa d\u2019examiner ensemble son emploi du temps. Elle accepta avec r\u00e9ticence. En parcourant les heures consacr\u00e9es \u00e0 chaque activit\u00e9, elle dut reconna\u00eetre qu\u2019elle avait pr\u00e9vu davantage de travail qu\u2019une seule personne ne pouvait raisonnablement accomplir.<\/p>\n<p>Ils cherch\u00e8rent alors une solution. Marianne envisagea de recruter une aide \u00e0 temps partiel pour certaines t\u00e2ches de fabrication et de nettoyage. Elle h\u00e9sitait \u00e0 cause du co\u00fbt, mais les calculs montr\u00e8rent qu\u2019elle pouvait financer cette d\u00e9pense si les commandes se maintenaient. Une jeune femme du village, Claire, cherchait justement un emploi compatible avec ses responsabilit\u00e9s familiales. Marianne la connaissait de vue et savait qu\u2019elle avait d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 dans une petite exploitation. Elles se rencontr\u00e8rent, discut\u00e8rent des conditions et convinrent d\u2019une p\u00e9riode d\u2019essai r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e. Marianne prit soin de formaliser leur accord. Elle avait appris \u00e0 quel point la clart\u00e9 des engagements pouvait \u00e9viter des difficult\u00e9s futures.<\/p>\n<p>Claire se r\u00e9v\u00e9la rapidement consciencieuse. Elle apprit les m\u00e9thodes de Marianne avec attention, posait des questions lorsqu\u2019elle h\u00e9sitait et respectait les r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne de l\u2019atelier. Sa pr\u00e9sence permit \u00e0 Marianne de retrouver un rythme plus \u00e9quilibr\u00e9. Elle pouvait consacrer certaines matin\u00e9es au projet de boutique sans craindre de laisser les commandes habituelles prendre du retard. Beno\u00eet remarqua qu\u2019elle rentrait moins \u00e9puis\u00e9e. Oscar, de son c\u00f4t\u00e9, appr\u00e9ciait Claire parce qu\u2019elle acceptait parfois d\u2019\u00e9couter ses explications sur les animaux pendant les pauses. Marianne se f\u00e9licita d\u2019avoir accept\u00e9 de d\u00e9l\u00e9guer une partie du travail sans consid\u00e9rer cela comme une faiblesse.<\/p>\n<p>La boutique ouvrit finalement au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9. Les \u00e9tag\u00e8res accueillaient les fromages et le beurre de Marianne, mais aussi du miel, des confitures, des l\u00e9gumes de saison et plusieurs produits fabriqu\u00e9s par d\u2019autres exploitants. Une petite enseigne avait \u00e9t\u00e9 install\u00e9e au-dessus de la vitrine. Marianne avait choisi un nom simple qui \u00e9voquait les fermes des environs. Le jour de l\u2019ouverture, elle arriva avant tout le monde pour v\u00e9rifier les derniers d\u00e9tails. Claire l\u2019aida \u00e0 disposer les produits. Beno\u00eet apporta des caisses, tandis qu\u2019Oscar installait pr\u00e8s de la porte une affiche qu\u2019il avait dessin\u00e9e lui-m\u00eame. Marianne regarda la pi\u00e8ce achev\u00e9e avec une \u00e9motion profonde.<\/p>\n<p>Les premiers clients entr\u00e8rent peu apr\u00e8s l\u2019ouverture. Certains \u00e9taient des habitu\u00e9s du march\u00e9, d\u2019autres des habitants curieux de d\u00e9couvrir ce nouveau commerce. Marianne expliquait l\u2019origine des produits, pr\u00e9sentait les producteurs et r\u00e9pondait aux questions. Elle remarqua avec satisfaction que les clients s\u2019int\u00e9ressaient autant aux personnes qu\u2019aux marchandises. Les \u00e9changes donnaient au lieu une atmosph\u00e8re chaleureuse. Ren\u00e9 arriva en fin de matin\u00e9e avec plusieurs employ\u00e9s de l\u2019exploitation de Beno\u00eet. Il d\u00e9clara qu\u2019il venait v\u00e9rifier la qualit\u00e9 des produits, mais repartit avec suffisamment de fromage pour nourrir toute son \u00e9quipe. Marianne lui fit remarquer qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u2019un de ses meilleurs clients.<\/p>\n<p>Lorsque la journ\u00e9e s\u2019acheva, Marianne ferma la caisse et v\u00e9rifia les recettes. Elles d\u00e9passaient l\u00e9g\u00e8rement ses pr\u00e9visions prudentes. Elle savait qu\u2019une bonne premi\u00e8re journ\u00e9e ne garantissait pas le succ\u00e8s \u00e0 long terme. Pourtant, elle avait suffisamment d\u2019exp\u00e9rience pour reconna\u00eetre un d\u00e9but encourageant. Beno\u00eet la rejoignit derri\u00e8re le comptoir. \u00ab Tu es heureuse ? \u00bb demanda-t-il. Marianne regarda les \u00e9tag\u00e8res, les \u00e9tiquettes soigneusement \u00e9crites et la petite affiche d\u2019Oscar. \u00ab Oui \u00bb, r\u00e9pondit-elle. \u00ab Mais je suis surtout fi\u00e8re que cet endroit existe r\u00e9ellement. \u00bb Beno\u00eet lui prit la main. \u00ab Tu l\u2019as construit. \u00bb Elle sourit. \u00ab Avec beaucoup d\u2019aide. \u00bb<\/p>\n<p>Le soir, ils rentr\u00e8rent ensemble dans la grande maison. Oscar s\u2019endormit presque imm\u00e9diatement apr\u00e8s le d\u00eener, \u00e9puis\u00e9 par l\u2019animation de la journ\u00e9e. Marianne et Beno\u00eet s\u2019install\u00e8rent pr\u00e8s de la chemin\u00e9e, malgr\u00e9 la douceur de la saison. Elle posa sa t\u00eate contre son \u00e9paule. \u00ab Tu sais ce qui me surprend le plus ? \u00bb demanda-t-elle. \u00ab J\u2019ai toujours cru que r\u00e9ussir signifiait ne plus avoir besoin de personne. Maintenant, je comprends que cela peut aussi vouloir dire savoir avec qui travailler. \u00bb Beno\u00eet embrassa doucement ses cheveux. Ils rest\u00e8rent silencieux un moment, heureux de cette tranquillit\u00e9 gagn\u00e9e apr\u00e8s tant d\u2019efforts.<\/p>\n<p>Mais au cours de la semaine suivante, Marianne re\u00e7ut une nouvelle qui la ramena brusquement vers son pass\u00e9. Son avocat l\u2019appela pour lui annoncer que son ancien mari avait repris contact avec son cabinet. Il souhaitait discuter de certaines questions concernant Oscar et demandait \u00e0 rencontrer Marianne. L\u2019avocat pr\u00e9cisa qu\u2019aucune d\u00e9marche ne devait \u00eatre accept\u00e9e pr\u00e9cipitamment. Marianne remercia, puis raccrocha lentement. Elle resta debout derri\u00e8re le comptoir de la boutique, le t\u00e9l\u00e9phone encore dans la main. Pendant des ann\u00e9es, le p\u00e8re d\u2019Oscar avait r\u00e9pondu par le silence. \u00c0 pr\u00e9sent que leur vie semblait enfin stable, il r\u00e9apparaissait avec des demandes dont elle ignorait encore la port\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8109\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 12 : Le retour du p\u00e8re d\u2019Oscar r\u00e9veilla une peur ancienne, mais Marianne refusa de laisser le pass\u00e9 d\u00e9cider de leur avenir<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le lundi suivant le mariage, Marianne se r\u00e9veilla dans la grande maison de Beno\u00eet avec la sensation \u00e9trange d\u2019avoir oubli\u00e9 quelque chose d\u2019essentiel. Pendant quelques secondes, elle ne reconnut pas &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8097,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8108","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8108"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8108\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8124,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8108\/revisions\/8124"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8097"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}