{"id":8107,"date":"2026-10-21T10:16:41","date_gmt":"2026-10-21T10:16:41","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8107"},"modified":"2026-10-21T10:16:41","modified_gmt":"2026-10-21T10:16:41","slug":"partie-10-le-jour-de-leur-mariage-une-absence-ancienne-refit-surface-tandis-quoscar-donnait-a-la-ceremonie-une-signification-inattendue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8107","title":{"rendered":"PARTIE 10 \u2013 Le jour de leur mariage, une absence ancienne refit surface tandis qu\u2019Oscar donnait \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie une signification inattendue"},"content":{"rendered":"<p>Le matin du mariage, Marianne fut r\u00e9veill\u00e9e avant l\u2019aube par le bruit d\u2019une pluie l\u00e9g\u00e8re contre les volets. Elle resta quelques instants immobile, les yeux ouverts dans l\u2019obscurit\u00e9, \u00e0 \u00e9couter l\u2019eau descendre le long de la goutti\u00e8re. La veille, le ciel \u00e9tait rest\u00e9 parfaitement clair. Elle avait esp\u00e9r\u00e9 que la c\u00e9r\u00e9monie pourrait se d\u00e9rouler sous un soleil de printemps. Pourtant, cette pluie ne lui inspira aucune v\u00e9ritable inqui\u00e9tude. Apr\u00e8s toutes les difficult\u00e9s travers\u00e9es, elle savait qu\u2019un changement de m\u00e9t\u00e9o ne pouvait pas modifier l\u2019essentiel. Elle se leva silencieusement, enfila ses v\u00eatements de travail et descendit vers l\u2019\u00e9table pour accomplir une derni\u00e8re fois sa routine matinale avant de devenir l\u2019\u00e9pouse de Beno\u00eet.<\/p>\n<p>Capucine l\u2019accueillit avec son calme habituel. Marianne lui apporta du fourrage, v\u00e9rifia l\u2019abreuvoir et inspecta rapidement les installations. La seconde vache mangeait d\u00e9j\u00e0. Dans la p\u00e9nombre du b\u00e2timent, l\u2019odeur de paille humide et le bruit r\u00e9gulier de la respiration des animaux lui procur\u00e8rent une sensation famili\u00e8re. Elle avait r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ces gestes des milliers de fois, parfois heureuse, souvent fatigu\u00e9e, et quelquefois terrifi\u00e9e par l\u2019avenir. Ce matin-l\u00e0, elle les accomplissait avec une tranquillit\u00e9 nouvelle. Son mariage ne mettrait pas fin \u00e0 cette partie de sa vie. Elle continuerait \u00e0 travailler, \u00e0 prendre soin de ses animaux et \u00e0 construire l\u2019entreprise qu\u2019elle avait sauv\u00e9e.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019elle rentra, Oscar \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 debout. Il portait son pantalon de c\u00e9r\u00e9monie et une chemise qu\u2019il avait soigneusement choisie plusieurs semaines auparavant. Ses cheveux \u00e9taient encore \u00e9bouriff\u00e9s, et il tenait la petite bo\u00eete destin\u00e9e aux alliances. \u00ab Tu es r\u00e9veill\u00e9 depuis longtemps ? \u00bb demanda Marianne. Le gar\u00e7on haussa les \u00e9paules. \u00ab Je voulais v\u00e9rifier que les bagues \u00e9taient toujours l\u00e0. \u00bb Elle sourit. \u00ab Elles ne se sont pas \u00e9chapp\u00e9es pendant la nuit ? \u00bb Oscar secoua la t\u00eate avec gravit\u00e9. \u00ab Non. Mais je pr\u00e9f\u00e8re faire attention. \u00bb Il ouvrit la bo\u00eete pour lui montrer les alliances, puis la referma imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>Une voisine arriva peu apr\u00e8s pour aider Marianne \u00e0 se pr\u00e9parer. Elle apportait des \u00e9pingles, quelques fleurs fra\u00eeches et un enthousiasme communicatif. Dans la cuisine, elle installa les objets n\u00e9cessaires \u00e0 la coiffure tandis que Marianne terminait de pr\u00e9parer le petit d\u00e9jeuner d\u2019Oscar. Le gar\u00e7on mangea rapidement, impatient de rejoindre Beno\u00eet pour v\u00e9rifier les derniers d\u00e9tails. Marianne lui rappela qu\u2019il devait surtout veiller \u00e0 ne pas perdre les alliances. Oscar leva les yeux au ciel. \u00ab Maman, tu me l\u2019as d\u00e9j\u00e0 dit trois fois. \u00bb La voisine \u00e9clata de rire. Marianne reconnut qu\u2019il avait raison et lui embrassa le front.<\/p>\n<p>Beno\u00eet, de son c\u00f4t\u00e9, avait commenc\u00e9 la journ\u00e9e dans une agitation inhabituelle. Ren\u00e9 le trouva devant la grande maison, occup\u00e9 \u00e0 v\u00e9rifier pour la quatri\u00e8me fois que les v\u00e9hicules destin\u00e9s \u00e0 transporter les invit\u00e9s \u00e9taient disponibles. \u00ab Patron, si vous continuez, nous allons finir par arriver \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie avec une semaine d\u2019avance \u00bb, plaisanta-t-il. Beno\u00eet lui lan\u00e7a un regard s\u00e9v\u00e8re qui ne trompa personne. Ren\u00e9 connaissait son employeur depuis assez longtemps pour reconna\u00eetre les signes de nervosit\u00e9. Il lui conseilla d\u2019aller se changer et promit de s\u2019occuper des derniers d\u00e9tails. Beno\u00eet finit par accepter, mais il revint quelques minutes plus tard pour demander si quelqu\u2019un avait v\u00e9rifi\u00e9 l\u2019\u00e9tat du chemin apr\u00e8s la pluie.<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie devait se tenir dans la petite mairie du village, suivie d\u2019une b\u00e9n\u00e9diction religieuse souhait\u00e9e par les familles, puis d\u2019un repas dans la salle communale. Marianne et Beno\u00eet avaient choisi cette organisation simple, adapt\u00e9e \u00e0 leurs convictions et \u00e0 leurs moyens. Les invit\u00e9s commenc\u00e8rent \u00e0 arriver en fin de matin\u00e9e. Certains avaient apport\u00e9 des fleurs, d\u2019autres des plats pr\u00e9par\u00e9s pour la r\u00e9ception. Les employ\u00e9s de Beno\u00eet participaient \u00e0 l\u2019installation des tables avec une efficacit\u00e9 remarquable, sous la direction de Ren\u00e9. Celui-ci avait finalement accept\u00e9 de r\u00e9duire les quantit\u00e9s de nourriture, mais il continuait \u00e0 affirmer que les invit\u00e9s risquaient de repartir affam\u00e9s.<\/p>\n<p>Marianne enfila sa robe dans la petite chambre o\u00f9 elle dormait depuis son enfance. Le tissu clair tombait simplement le long de sa silhouette, sans ornements excessifs. Elle fixa dans ses cheveux le ruban bleu provenant de la premi\u00e8re robe qu\u2019elle avait confectionn\u00e9e pour sortir avec Beno\u00eet. En se regardant dans le miroir, elle \u00e9prouva une \u00e9motion inattendue. Elle revit la jeune femme qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 lors de son premier mariage, pleine de certitudes qu\u2019elle n\u2019avait pas encore appris \u00e0 questionner. Cette fois, elle ne croyait pas entrer dans une vie sans difficult\u00e9s. Elle savait seulement qu\u2019elle avait choisi un homme dont les actes avaient donn\u00e9 du poids \u00e0 ses paroles.<\/p>\n<p>La voisine ajusta une derni\u00e8re \u00e9pingle, puis recula pour admirer son travail. \u00ab Tu es tr\u00e8s belle, Marianne. \u00bb Celle-ci sourit, l\u00e9g\u00e8rement embarrass\u00e9e. \u00ab J\u2019esp\u00e8re surtout que je pourrai marcher sans marcher sur ma robe. \u00bb La femme rit et lui tendit un petit bouquet de fleurs blanches. Oscar entra au m\u00eame moment. Il s\u2019arr\u00eata sur le seuil et contempla sa m\u00e8re avec un s\u00e9rieux qui la bouleversa. \u00ab Tu ressembles encore \u00e0 l\u2019oiseau bleu \u00bb, d\u00e9clara-t-il. Marianne sentit ses yeux s\u2019humidifier. \u00ab M\u00eame avec cette robe claire ? \u00bb Le gar\u00e7on r\u00e9fl\u00e9chit. \u00ab Oui. Parce que tu as gard\u00e9 le ruban. \u00bb<\/p>\n<p>Ils quitt\u00e8rent la ferme peu avant midi. La pluie avait cess\u00e9, laissant sur les feuilles des gouttes qui brillaient sous une lumi\u00e8re timide. Oscar monta dans la voiture avec la bo\u00eete des alliances serr\u00e9e contre lui. Marianne regarda une derni\u00e8re fois la maison, la cour et l\u2019\u00e9table. Elle ne ressentit aucune impression d\u2019adieu. Elle reviendrait le soir ou le lendemain, continuerait \u00e0 travailler et \u00e0 vivre une partie de son quotidien dans ces lieux. Pourtant, ce d\u00e9part poss\u00e9dait une signification particuli\u00e8re. Elle se rendait \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie o\u00f9 elle promettrait de partager son avenir avec quelqu\u2019un, sans renoncer \u00e0 l\u2019histoire qui l\u2019avait conduite jusque-l\u00e0.<\/p>\n<p>Devant la mairie, Beno\u00eet attendait avec Ren\u00e9 et plusieurs proches. Lorsqu\u2019il aper\u00e7ut Marianne, son expression changea imm\u00e9diatement. Il fit quelques pas vers elle, puis s\u2019arr\u00eata comme s\u2019il cherchait \u00e0 retenir son \u00e9motion. Marianne remarqua qu\u2019il avait soigneusement nou\u00e9 sa cravate, mais que ses mains trahissaient une l\u00e9g\u00e8re nervosit\u00e9. \u00ab Tu es magnifique \u00bb, murmura-t-il. Elle sourit. \u00ab Et tu as l\u2019air de craindre que je change d\u2019avis. \u00bb Beno\u00eet eut un rire discret. \u00ab Je crois surtout que j\u2019ai du mal \u00e0 comprendre comment j\u2019ai eu autant de chance. \u00bb Marianne serra doucement sa main. \u00ab Nous avons travaill\u00e9 pour en arriver l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>Les invit\u00e9s entr\u00e8rent progressivement dans la salle de mariage. Oscar se pla\u00e7a pr\u00e8s de sa m\u00e8re, puis v\u00e9rifia encore une fois la pr\u00e9sence des alliances. Le maire accueillit les futurs \u00e9poux avec chaleur. Il les connaissait tous deux et avait suivi de loin les difficult\u00e9s travers\u00e9es par Marianne. Son discours resta simple, \u00e9voquant l\u2019importance du respect, de la confiance et de la volont\u00e9 de construire une vie commune. Marianne \u00e9coutait attentivement. Elle pensait aux discussions difficiles qu\u2019elle avait eues avec Beno\u00eet, aux contrats soigneusement r\u00e9dig\u00e9s et aux d\u00e9cisions prises ensemble. Ces d\u00e9tails n\u2019avaient rien de romantique en apparence, mais ils donnaient aujourd\u2019hui une solidit\u00e9 particuli\u00e8re \u00e0 leur engagement.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 le maire \u00e9voqua les responsabilit\u00e9s du mariage, Marianne aper\u00e7ut une silhouette pr\u00e8s de la porte. Son c\u0153ur se serra bri\u00e8vement. Pendant une seconde, elle crut reconna\u00eetre son ancien mari. L\u2019homme se retourna, r\u00e9v\u00e9lant un visage diff\u00e9rent. Marianne sentit un m\u00e9lange de soulagement et de tristesse. Elle n\u2019avait pas souhait\u00e9 sa pr\u00e9sence, mais elle mesurait encore la trace laiss\u00e9e par son absence dans la vie d\u2019Oscar. Elle reporta son attention sur Beno\u00eet, qui lui adressa un sourire discret. Elle comprit alors que cette journ\u00e9e n\u2019avait pas \u00e0 \u00eatre d\u00e9finie par ceux qui n\u2019\u00e9taient pas venus.<\/p>\n<p>Lorsque le moment des alliances arriva, Oscar s\u2019avan\u00e7a avec une concentration impressionnante. Il tenait sa petite bo\u00eete de bois \u00e0 deux mains et marchait lentement pour ne pas tr\u00e9bucher. Plusieurs invit\u00e9s sourirent en le voyant. Il s\u2019arr\u00eata devant Beno\u00eet, ouvrit le couvercle et pr\u00e9senta les bagues avec la gravit\u00e9 d\u2019un homme charg\u00e9 d\u2019une mission officielle. Beno\u00eet le remercia doucement. Marianne aper\u00e7ut la fiert\u00e9 dans les yeux de son fils. Elle sentit une \u00e9motion monter en elle, plus forte encore que lorsqu\u2019elle avait enfil\u00e9 sa robe. Oscar ne se contentait pas d\u2019assister au mariage. Il y prenait une place qu\u2019ils avaient choisie ensemble.<\/p>\n<p>Beno\u00eet passa l\u2019alliance au doigt de Marianne. Sa main tremblait l\u00e9g\u00e8rement. Lorsqu\u2019elle fit de m\u00eame, elle remarqua une petite cicatrice sur son doigt, souvenir d\u2019un travail agricole dont il lui avait racont\u00e9 l\u2019histoire quelques mois auparavant. Ce d\u00e9tail la ramena imm\u00e9diatement \u00e0 leur quotidien. L\u2019homme devant elle n\u2019\u00e9tait pas une figure id\u00e9ale sortie d\u2019un r\u00eave. Il connaissait la fatigue, les erreurs, les difficult\u00e9s et les responsabilit\u00e9s. Elle l\u2019aimait pr\u00e9cis\u00e9ment avec cette r\u00e9alit\u00e9. Le maire pronon\u00e7a les derni\u00e8res paroles officielles, et les invit\u00e9s applaudirent. Marianne se tourna vers Beno\u00eet, qui l\u2019embrassa avec une tendresse discr\u00e8te.<\/p>\n<p>Oscar applaudit plus fort que tout le monde. Puis, lorsque le bruit diminua, il leva la main comme \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Le maire, amus\u00e9, lui demanda s\u2019il souhaitait dire quelque chose. Marianne sentit une l\u00e9g\u00e8re inqui\u00e9tude. Elle connaissait l\u2019habitude de son fils de poser les questions les plus inattendues aux moments les moins pr\u00e9visibles. Oscar regarda Beno\u00eet, puis sa m\u00e8re. \u00ab Est-ce que maintenant nous sommes une famille tous les trois ? \u00bb Un silence doux traversa la salle. Beno\u00eet s\u2019accroupit devant lui. \u00ab Nous l\u2019\u00e9tions d\u00e9j\u00e0 un peu \u00bb, r\u00e9pondit-il. \u00ab Mais aujourd\u2019hui, ta maman et moi avons promis de prendre soin de cette famille ensemble. \u00bb<\/p>\n<p>Le gar\u00e7on r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 cette r\u00e9ponse, puis entoura les \u00e9paules de Beno\u00eet de ses bras. Marianne se pencha pour les rejoindre. Pendant quelques secondes, ils rest\u00e8rent serr\u00e9s les uns contre les autres, au milieu de la salle. Plusieurs invit\u00e9s essuy\u00e8rent discr\u00e8tement leurs yeux. Ren\u00e9 d\u00e9tourna la t\u00eate en pr\u00e9tendant v\u00e9rifier quelque chose pr\u00e8s de la porte. Marianne sentit la chaleur du petit corps d\u2019Oscar contre elle et la main de Beno\u00eet pos\u00e9e sur son dos. Elle comprit que le moment le plus important de la c\u00e9r\u00e9monie venait peut-\u00eatre de se produire sans avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu dans aucun programme.<\/p>\n<p>La b\u00e9n\u00e9diction religieuse se d\u00e9roula ensuite dans la petite \u00e9glise du village. Marianne avait souhait\u00e9 ce moment en souvenir de son p\u00e8re, qui y avait assist\u00e9 \u00e0 tant de c\u00e9r\u00e9monies familiales. La lumi\u00e8re traversait les vitraux et dessinait des taches color\u00e9es sur les bancs de bois. Oscar resta pr\u00e8s d\u2019eux, plus calme qu\u2019\u00e0 son habitude. Marianne pensa \u00e0 sa m\u00e8re disparue, \u00e0 son p\u00e8re et \u00e0 tous ceux qui auraient aim\u00e9 partager cette journ\u00e9e. Elle ressentit leur absence sans amertume. Le bonheur n\u2019effa\u00e7ait pas le manque, mais il lui donnait une place moins douloureuse.<\/p>\n<p>La r\u00e9ception commen\u00e7a dans une atmosph\u00e8re chaleureuse. Les tables \u00e9taient couvertes de nappes claires et d\u00e9cor\u00e9es de fleurs cueillies dans les jardins voisins. Ren\u00e9 avait organis\u00e9 le service avec plusieurs coll\u00e8gues. Les invit\u00e9s mang\u00e8rent, discut\u00e8rent et racont\u00e8rent des souvenirs. Marianne fut particuli\u00e8rement touch\u00e9e par les paroles de certaines clientes du march\u00e9, qui lui rappel\u00e8rent combien elles avaient appr\u00e9ci\u00e9 ses produits pendant les ann\u00e9es difficiles. Elle se rendit compte que son travail avait cr\u00e9\u00e9 des liens bien au-del\u00e0 des ventes quotidiennes. Ces personnes n\u2019\u00e9taient pas simplement venues assister \u00e0 un mariage. Elles \u00e9taient heureuses de voir une femme courageuse retrouver une vie plus sereine.<\/p>\n<p>Beno\u00eet fut entra\u00een\u00e9 dans plusieurs conversations avec ses employ\u00e9s. Ren\u00e9 pronon\u00e7a un petit discours qui commen\u00e7a par une s\u00e9rie de plaisanteries sur l\u2019incapacit\u00e9 de son patron \u00e0 se reposer. Puis son ton devint plus s\u00e9rieux. Il expliqua que Beno\u00eet avait toujours \u00e9t\u00e9 un homme fiable, mais qu\u2019il semblait avoir d\u00e9couvert depuis quelques mois une raison suppl\u00e9mentaire de sourire. \u00ab Nous savions tous qu\u2019il avait une grande maison \u00bb, conclut-il. \u00ab Il lui manquait seulement quelqu\u2019un pour lui rappeler qu\u2019elle \u00e9tait faite pour \u00eatre habit\u00e9e. \u00bb Les invit\u00e9s applaudirent. Beno\u00eet secoua la t\u00eate en souriant, tandis que Marianne lui prenait la main sous la table.<\/p>\n<p>Oscar passa une grande partie de l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 jouer avec les enfants pr\u00e9sents. Il montra sa bo\u00eete \u00e0 alliances \u00e0 ceux qui n\u2019avaient pas assist\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie et expliqua avec fiert\u00e9 qu\u2019il l\u2019avait fabriqu\u00e9e lui-m\u00eame. \u00c0 plusieurs reprises, il revint pr\u00e8s de Marianne pour v\u00e9rifier qu\u2019elle allait bien. Elle l\u2019embrassait sur le front avant de le renvoyer jouer. Le gar\u00e7on semblait heureux, mais Marianne remarqua qu\u2019il cherchait parfois du regard la porte de la salle. Elle comprit qu\u2019une petite part de lui avait peut-\u00eatre esp\u00e9r\u00e9 voir appara\u00eetre son p\u00e8re malgr\u00e9 ce qu\u2019il avait dit. Cette pens\u00e9e lui serra le c\u0153ur.<\/p>\n<p>En fin d\u2019apr\u00e8s-midi, elle trouva Oscar assis sur un banc \u00e0 l\u2019\u00e9cart du bruit. Il tenait une part de g\u00e2teau presque intacte. Marianne s\u2019assit pr\u00e8s de lui. \u00ab Tu es fatigu\u00e9 ? \u00bb demanda-t-elle. Le gar\u00e7on haussa les \u00e9paules. Apr\u00e8s quelques secondes, il murmura : \u00ab Papa n\u2019est pas venu. \u00bb Marianne posa doucement une main sur son dos. \u00ab Non. \u00bb Oscar regarda ses chaussures. \u00ab Je savais qu\u2019il ne viendrait probablement pas. Mais je pensais qu\u2019il aurait peut-\u00eatre envie de voir. \u00bb Elle resta silencieuse un instant, puis r\u00e9pondit qu\u2019il avait le droit d\u2019\u00eatre triste, m\u00eame pendant une journ\u00e9e heureuse. Le gar\u00e7on se rapprocha d\u2019elle et posa sa t\u00eate contre son \u00e9paule.<\/p>\n<p>Beno\u00eet les rejoignit quelques minutes plus tard. Il comprit imm\u00e9diatement que quelque chose pr\u00e9occupait Oscar. Marianne lui adressa un regard discret. Beno\u00eet s\u2019assit de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du gar\u00e7on, sans poser de question. Ils rest\u00e8rent ensemble pendant un moment, \u00e9coutant la musique et les conversations qui arrivaient de la salle. Puis Oscar leva les yeux. \u00ab Est-ce qu\u2019on peut \u00eatre heureux et triste en m\u00eame temps ? \u00bb demanda-t-il. Beno\u00eet r\u00e9fl\u00e9chit. \u00ab Oui. Je crois m\u00eame que cela arrive souvent lorsqu\u2019une journ\u00e9e compte beaucoup pour nous. \u00bb Marianne serra la main de son fils. Cette r\u00e9ponse lui sembla juste.<\/p>\n<p>Le gar\u00e7on finit par retourner jouer. Marianne resta quelques instants sur le banc avec Beno\u00eet. \u00ab Je ne veux pas qu\u2019il ait honte de penser encore \u00e0 son p\u00e8re \u00bb, murmura-t-elle. Beno\u00eet secoua la t\u00eate. \u00ab Il n\u2019a aucune raison d\u2019en avoir honte. \u00bb Elle le regarda avec reconnaissance. Il n\u2019avait pas cherch\u00e9 \u00e0 transformer l\u2019absence de son pr\u00e9d\u00e9cesseur en victoire personnelle. Il comprenait que l\u2019amour d\u2019un enfant ne se partageait pas selon une logique de comp\u00e9tition. Marianne sentit son affection pour lui s\u2019approfondir encore. Leur mariage ne supprimerait pas toutes les blessures d\u2019Oscar, mais il pouvait lui offrir un cadre suffisamment s\u00fbr pour les exprimer.<\/p>\n<p>Lorsque la soir\u00e9e s\u2019acheva, les invit\u00e9s les entour\u00e8rent pour les f\u00e9liciter une derni\u00e8re fois. Ren\u00e9 insista pour s\u2019occuper du rangement et refusa que Marianne touche aux tables. Elle protesta bri\u00e8vement, puis accepta en riant. Beno\u00eet prit sa main et ils sortirent ensemble sous un ciel d\u00e9sormais d\u00e9gag\u00e9. Les premi\u00e8res \u00e9toiles apparaissaient au-dessus des toits du village. Oscar marchait entre eux, tenant chacun de leurs bras. Il \u00e9tait \u00e9puis\u00e9, mais refusait encore d\u2019admettre qu\u2019il avait sommeil. Marianne regarda son mari, puis son fils. Elle savait que cette journ\u00e9e resterait dans leur m\u00e9moire, non parce qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 parfaite, mais parce qu\u2019elle avait donn\u00e9 une forme visible \u00e0 la famille qu\u2019ils construisaient depuis des mois.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8108\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 11 : Apr\u00e8s la f\u00eate, les gestes ordinaires r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent les premi\u00e8res difficult\u00e9s d\u2019une vie commune que personne ne pouvait enti\u00e8rement pr\u00e9voir<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le matin du mariage, Marianne fut r\u00e9veill\u00e9e avant l\u2019aube par le bruit d\u2019une pluie l\u00e9g\u00e8re contre les volets. Elle resta quelques instants immobile, les yeux ouverts dans l\u2019obscurit\u00e9, \u00e0 \u00e9couter &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8097,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8107","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8107","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8107"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8107\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8123,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8107\/revisions\/8123"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8097"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8107"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8107"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8107"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}