{"id":8104,"date":"2026-10-21T10:16:33","date_gmt":"2026-10-21T10:16:33","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8104"},"modified":"2026-10-21T10:16:33","modified_gmt":"2026-10-21T10:16:33","slug":"partie-7-lorsque-lavenir-commenca-enfin-a-prendre-forme-une-question-doscar-obligea-benoit-a-mesurer-la-profondeur-de-leur-attachement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8104","title":{"rendered":"PARTIE 7 \u2013 Lorsque l\u2019avenir commen\u00e7a enfin \u00e0 prendre forme, une question d\u2019Oscar obligea Beno\u00eet \u00e0 mesurer la profondeur de leur attachement"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019hiver arriva progressivement sur les hauteurs du Cantal. Les premi\u00e8res gel\u00e9es blanchirent les prairies, puis la neige recouvrit les chemins pendant plusieurs journ\u00e9es. Marianne avait pr\u00e9par\u00e9 ses b\u00e2timents avec soin, v\u00e9rifi\u00e9 les r\u00e9serves de fourrage et prot\u00e9g\u00e9 les installations les plus expos\u00e9es au froid. Ses deux vaches \u00e9taient en bonne sant\u00e9, et la production de fromage se poursuivait \u00e0 un rythme adapt\u00e9 \u00e0 la saison. Les commandes restaient r\u00e9guli\u00e8res malgr\u00e9 les difficult\u00e9s de circulation. Beno\u00eet organisait souvent les transports avec ses employ\u00e9s, ce qui permettait \u00e0 Marianne de consacrer davantage de temps \u00e0 la fabrication et aux soins des animaux.<\/p>\n<p>Leur relation avait chang\u00e9 depuis le soir de leur premier baiser, mais elle conservait la simplicit\u00e9 qui les avait rapproch\u00e9s. Beno\u00eet venait d\u00eener plus souvent. Marianne passait parfois le dimanche dans sa grande maison avec Oscar. Ils ne cherchaient pas \u00e0 dissimuler leur affection, sans pour autant transformer chaque rencontre en \u00e9v\u00e9nement. Au village, les commentaires s\u2019\u00e9taient peu \u00e0 peu calm\u00e9s. Ceux qui les connaissaient voyaient surtout deux personnes occup\u00e9es \u00e0 travailler, \u00e0 \u00e9lever un enfant et \u00e0 trouver du bonheur dans des habitudes ordinaires. Marianne appr\u00e9ciait cette tranquillit\u00e9. Apr\u00e8s les ann\u00e9es de tension qui avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 son divorce, elle ne souhaitait plus vivre sous le regard constant des autres.<\/p>\n<p>Oscar, lui, consid\u00e9rait d\u00e9sormais Beno\u00eet comme une pr\u00e9sence importante dans sa vie. Il lui racontait ses r\u00e9ussites \u00e0 l\u2019\u00e9cole, ses disputes avec certains camarades et les d\u00e9couvertes qu\u2019il faisait dans les livres emprunt\u00e9s \u00e0 la biblioth\u00e8que. Beno\u00eet l\u2019\u00e9coutait toujours avec attention. Lorsqu\u2019il ne comprenait pas une question, il le reconnaissait volontiers. Cette honn\u00eatet\u00e9 plaisait au gar\u00e7on, qui semblait appr\u00e9cier qu\u2019un adulte puisse dire simplement qu\u2019il ne savait pas tout. Marianne remarquait parfois qu\u2019Oscar recherchait son approbation avant m\u00eame de se tourner vers elle. Elle n\u2019en \u00e9prouvait aucune jalousie. Elle \u00e9tait surtout heureuse de voir son fils retrouver une confiance qu\u2019elle avait longtemps crue fragilis\u00e9e.<\/p>\n<p>Un samedi de d\u00e9cembre, Beno\u00eet arriva avec une caisse contenant plusieurs pi\u00e8ces de bois soigneusement d\u00e9coup\u00e9es. Il expliqua qu\u2019il avait enfin termin\u00e9 la balan\u00e7oire promise pour le tilleul de sa maison. Oscar voulut imm\u00e9diatement aller l\u2019essayer, malgr\u00e9 le froid. Marianne lui rappela qu\u2019il devait d\u2019abord terminer ses devoirs. Le gar\u00e7on protesta bri\u00e8vement, puis s\u2019installa \u00e0 la table avec un enthousiasme limit\u00e9. Beno\u00eet prit une chaise pr\u00e8s de lui et proposa de l\u2019aider \u00e0 v\u00e9rifier ses calculs. Marianne observa la sc\u00e8ne depuis la cuisine. Oscar tentait de n\u00e9gocier une pause apr\u00e8s chaque exercice, tandis que Beno\u00eet lui rappelait patiemment qu\u2019une promesse devait \u00eatre tenue, m\u00eame lorsqu\u2019une balan\u00e7oire attendait dehors.<\/p>\n<p>Ils se rendirent chez Beno\u00eet apr\u00e8s le d\u00e9jeuner. Le jardin \u00e9tait presque enti\u00e8rement d\u00e9pouill\u00e9 de ses feuilles, mais le vieux tilleul conservait une pr\u00e9sence imposante au milieu de la pelouse. La balan\u00e7oire \u00e9tait solidement fix\u00e9e \u00e0 une branche choisie avec soin. Le si\u00e8ge avait \u00e9t\u00e9 ponc\u00e9 et ses bords arrondis pour \u00e9viter les \u00e9chardes. Oscar posa ses mains sur les cordes, v\u00e9rifia leur r\u00e9sistance avec un s\u00e9rieux comique, puis s\u2019assit. Beno\u00eet lui donna une l\u00e9g\u00e8re impulsion. Le gar\u00e7on poussa un cri de joie lorsque ses pieds quitt\u00e8rent le sol. Marianne resta pr\u00e8s de l\u2019arbre, envelopp\u00e9e dans son manteau, regardant son fils se balancer sous le ciel gris.<\/p>\n<p>Beno\u00eet ne cherchait pas \u00e0 pousser trop haut. Il attendait les demandes d\u2019Oscar et ralentissait lorsqu\u2019il le sentait h\u00e9siter. Le gar\u00e7on riait, les cheveux soulev\u00e9s par le mouvement. Marianne se surprit \u00e0 penser que cette balan\u00e7oire \u00e9tait devenue un symbole inattendu de leur relation. Beno\u00eet l\u2019avait construite parce qu\u2019un enfant avait remarqu\u00e9 qu\u2019un jardin immense manquait de quelque chose. En acceptant cette remarque, il avait commenc\u00e9 \u00e0 habiter sa propre maison autrement. Les pi\u00e8ces ferm\u00e9es s\u2019ouvraient d\u00e9sormais plus souvent. Des livres d\u2019enfants reposaient sur la table du salon. Une couverture avait \u00e9t\u00e9 install\u00e9e pr\u00e8s de la chemin\u00e9e pour les longues soir\u00e9es o\u00f9 Oscar souhaitait lire.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s plusieurs minutes, le gar\u00e7on demanda \u00e0 descendre. Il courut vers Marianne et lui proposa d\u2019essayer \u00e0 son tour. Elle refusa d\u2019abord, amus\u00e9e. Oscar insista, affirmant que la balan\u00e7oire \u00e9tait suffisamment solide pour un adulte. Beno\u00eet confirma qu\u2019il l\u2019avait construite avec cette possibilit\u00e9 en t\u00eate. Marianne finit par s\u2019asseoir, l\u00e9g\u00e8rement embarrass\u00e9e. Oscar se pla\u00e7a derri\u00e8re elle et tenta de la pousser. Beno\u00eet vint l\u2019aider. Pendant quelques instants, Marianne retrouva une sensation d\u2019enfance presque oubli\u00e9e. Le jardin, la maison et les difficult\u00e9s des derniers mois semblaient s\u2019\u00e9loigner \u00e0 chaque mouvement. Elle riait sans se soucier de ce qu\u2019on pouvait penser d\u2019elle.<\/p>\n<p>En fin d\u2019apr\u00e8s-midi, ils rentr\u00e8rent dans la maison pour se r\u00e9chauffer. Beno\u00eet alluma le feu tandis qu\u2019Oscar choisissait un livre. Marianne pr\u00e9para du th\u00e9 dans la cuisine. Elle connaissait d\u00e9sormais l\u2019emplacement des tasses, du sucre et des petites cuill\u00e8res. Cette familiarit\u00e9 lui procura une satisfaction \u00e9trange. Elle n\u2019avait jamais d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019installer dans cette maison, mais certains gestes s\u2019y accomplissaient naturellement. Lorsqu\u2019elle revint au salon, Oscar \u00e9tait assis pr\u00e8s de Beno\u00eet, le livre ouvert sur ses genoux. Le feu \u00e9clairait leurs visages. Marianne posa les tasses sur la table et s\u2019assit dans un fauteuil, heureuse de pouvoir simplement les regarder.<\/p>\n<p>Le gar\u00e7on leva soudain les yeux de son livre. \u00ab Beno\u00eet, est-ce que vous auriez aim\u00e9 avoir des enfants ? \u00bb La question tomba dans le silence avec une franchise d\u00e9sarmante. Marianne sentit son visage se r\u00e9chauffer. Elle s\u2019appr\u00eatait \u00e0 rappeler \u00e0 Oscar qu\u2019il ne fallait pas poser des questions trop personnelles, mais Beno\u00eet r\u00e9pondit avant elle. \u00ab Oui, je crois que j\u2019aurais aim\u00e9. \u00bb Le gar\u00e7on r\u00e9fl\u00e9chit. \u00ab Alors pourquoi vous n\u2019en avez pas ? \u00bb Beno\u00eet regarda un instant les flammes. \u00ab Parce que les choses ne se sont pas pass\u00e9es ainsi. J\u2019ai beaucoup travaill\u00e9, et je n\u2019ai jamais rencontr\u00e9 la bonne personne au bon moment. \u00bb<\/p>\n<p>Oscar sembla accepter cette explication, puis posa une nouvelle question. \u00ab Est-ce que vous aimez les enfants m\u00eame quand ils font des b\u00eatises ? \u00bb Beno\u00eet sourit. \u00ab Cela d\u00e9pend de la b\u00eatise. Mais je pense qu\u2019aimer quelqu\u2019un ne signifie pas \u00eatre toujours d\u2019accord avec lui. \u00bb Oscar hocha la t\u00eate avec gravit\u00e9. \u00ab Maman dit presque la m\u00eame chose. \u00bb Marianne sentit un sourire lui venir malgr\u00e9 elle. Le gar\u00e7on regarda tour \u00e0 tour les deux adultes. \u00ab Alors, si vous aimez maman et que vous aimez bien passer du temps avec moi, pourquoi est-ce que vous n\u2019habitez pas ensemble ? \u00bb<\/p>\n<p>Beno\u00eet demeura silencieux. Marianne posa sa tasse sur la soucoupe. Elle savait qu\u2019Oscar finirait par poser cette question, mais elle ne s\u2019attendait pas \u00e0 l\u2019entendre ce soir-l\u00e0, devant le feu. Le gar\u00e7on ne cherchait pas \u00e0 provoquer une conversation embarrassante. Il formulait simplement ce qui lui semblait logique. Beno\u00eet se tourna vers Marianne, lui laissant la possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre. Elle choisit ses mots avec pr\u00e9caution. \u00ab Parce qu\u2019habiter ensemble est une d\u00e9cision importante. Il faut que les adultes soient certains de ce qu\u2019ils souhaitent et qu\u2019ils prennent le temps d\u2019en parler. \u00bb<\/p>\n<p>Oscar fron\u00e7a l\u00e9g\u00e8rement les sourcils. \u00ab Mais vous vous aimez, non ? \u00bb Marianne sentit son c\u0153ur acc\u00e9l\u00e9rer. Elle regarda Beno\u00eet, puis son fils. \u00ab Oui, je crois que nous nous aimons. \u00bb C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019elle exprimait cette v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 voix haute devant eux. Beno\u00eet prit doucement sa main. \u00ab Oui \u00bb, confirma-t-il. Oscar sembla satisfait, comme si une pi\u00e8ce manquante venait enfin de trouver sa place. Il retourna \u00e0 son livre sans mesurer pleinement la port\u00e9e de ce qui venait d\u2019\u00eatre dit. Marianne, elle, resta immobile plusieurs secondes. Le mot qu\u2019elle avait si longtemps retenu venait d\u2019entrer dans la pi\u00e8ce avec une simplicit\u00e9 qui le rendait plus important encore.<\/p>\n<p>Plus tard, pendant qu\u2019Oscar aidait \u00e0 d\u00e9barrasser la table, Beno\u00eet proposa \u00e0 Marianne de marcher quelques minutes dans le jardin. La neige avait commenc\u00e9 \u00e0 tomber en flocons l\u00e9gers, couvrant les branches d\u2019une fine poussi\u00e8re blanche. Ils avanc\u00e8rent jusqu\u2019au tilleul. La balan\u00e7oire oscillait doucement sous l\u2019effet du vent. Beno\u00eet prit la main de Marianne. \u00ab Je ne voulais pas vous mettre dans une situation difficile devant Oscar \u00bb, dit-il. Elle secoua la t\u00eate. \u00ab Ce n\u2019est pas vous. Il a simplement pos\u00e9 la question que nous \u00e9vitions depuis longtemps. \u00bb Beno\u00eet regarda la maison \u00e9clair\u00e9e. \u00ab Peut-\u00eatre parce que nous savions qu\u2019elle nous obligerait \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir s\u00e9rieusement. \u00bb<\/p>\n<p>Marianne s\u2019appuya contre le tronc de l\u2019arbre. Elle expliqua qu\u2019elle avait peur de bouleverser les rep\u00e8res de son fils. La ferme repr\u00e9sentait leur histoire, leur s\u00e9curit\u00e9 et le souvenir de son p\u00e8re. Elle ne voulait pas que le bonheur naissant de sa relation avec Beno\u00eet lui fasse oublier cette responsabilit\u00e9. Beno\u00eet l\u2019\u00e9couta sans l\u2019interrompre. \u00ab Je ne vous demanderai jamais de vendre votre ferme ou d\u2019abandonner votre travail \u00bb, r\u00e9pondit-il. Marianne baissa les yeux. \u00ab Je le sais. Mais nous ne pouvons pas vivre \u00e9ternellement entre deux maisons sans nous demander ce que nous voulons construire. \u00bb Il acquies\u00e7a lentement. \u00ab Alors parlons-en. Pas n\u00e9cessairement ce soir, mais bient\u00f4t. \u00bb<\/p>\n<p>Cette conversation marqua le d\u00e9but de plusieurs discussions plus s\u00e9rieuses. Ils \u00e9voqu\u00e8rent leurs habitudes, leurs responsabilit\u00e9s et les difficult\u00e9s pratiques d\u2019une vie commune. Beno\u00eet poss\u00e9dait une grande exploitation qui exigeait sa pr\u00e9sence quotidienne. Marianne avait ses vaches, ses clients et son atelier. Aucun des deux ne souhaitait abandonner son activit\u00e9. Ils examin\u00e8rent plusieurs possibilit\u00e9s sans prendre imm\u00e9diatement de d\u00e9cision. Marianne pourrait continuer \u00e0 travailler dans sa ferme tout en passant davantage de temps chez Beno\u00eet. Ils pourraient aussi conserver deux maisons pendant une p\u00e9riode de transition. Chaque option comportait des avantages et des complications. Ils apprirent \u00e0 les consid\u00e9rer sans chercher \u00e0 imposer une solution rapide.<\/p>\n<p>Oscar remarqua que les adultes parlaient plus souvent \u00e0 voix basse lorsqu\u2019il montait se coucher. Il tenta parfois de deviner leurs conversations, mais Marianne lui expliqua qu\u2019il existait des d\u00e9cisions que les parents devaient pr\u00e9parer avant de les pr\u00e9senter aux enfants. Le gar\u00e7on accepta cette explication avec une patience relative. Il demanda n\u00e9anmoins si la balan\u00e7oire pourrait rester \u00e0 sa disposition m\u00eame s\u2019ils ne d\u00e9m\u00e9nageaient jamais. Beno\u00eet lui promit qu\u2019elle \u00e9tait faite pour \u00eatre utilis\u00e9e, pas seulement admir\u00e9e depuis une fen\u00eatre. Oscar sembla rassur\u00e9. Il reprit ses habitudes, tout en observant leurs \u00e9changes avec une curiosit\u00e9 qu\u2019il ne cherchait plus \u00e0 dissimuler.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de janvier, Marianne re\u00e7ut une lettre de son avocat confirmant que l\u2019accord conclu avec Maurice B\u00e9raud avait \u00e9t\u00e9 correctement enregistr\u00e9 et que les premi\u00e8res mensualit\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues sans difficult\u00e9. Elle rangea le courrier dans son dossier, puis v\u00e9rifia une nouvelle fois son budget. Ses recettes demeuraient suffisantes, malgr\u00e9 les d\u00e9penses hivernales. Elle avait m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 conserver une petite r\u00e9serve destin\u00e9e aux impr\u00e9vus. Cette stabilit\u00e9 lui procura une satisfaction profonde. Elle ne devait plus son \u00e9quilibre \u00e0 une chance inattendue, mais \u00e0 un travail r\u00e9gulier, \u00e0 des d\u00e9cisions prudentes et \u00e0 des engagements qu\u2019elle pouvait r\u00e9ellement tenir.<\/p>\n<p>Beno\u00eet lui proposa un soir de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un projet commun pour l\u2019avenir de leurs activit\u00e9s. Il souhaitait d\u00e9velopper la vente directe de certains produits agricoles et pensait que l\u2019exp\u00e9rience de Marianne pourrait \u00eatre pr\u00e9cieuse. Elle l\u2019\u00e9couta avec int\u00e9r\u00eat, puis lui demanda de pr\u00e9ciser les conditions envisag\u00e9es. Il sourit. \u00ab Je savais que vous voudriez commencer par les chiffres. \u00bb Marianne r\u00e9pondit qu\u2019elle avait appris \u00e0 ne jamais confondre une bonne id\u00e9e avec une entreprise rentable. Ils pass\u00e8rent plusieurs soir\u00e9es \u00e0 \u00e9tudier les possibilit\u00e9s, sans engagement imm\u00e9diat. Marianne appr\u00e9ciait que Beno\u00eet lui demande son avis comme \u00e0 une professionnelle, et non comme \u00e0 une personne qu\u2019il souhaitait simplement aider.<\/p>\n<p>Un dimanche, ils visit\u00e8rent ensemble un petit local vacant pr\u00e8s de la place du village. L\u2019ancien commerce poss\u00e9dait une grande vitrine, une pi\u00e8ce principale et une r\u00e9serve assez fra\u00eeche pour conserver certains produits. Marianne imagina des \u00e9tag\u00e8res remplies de fromages, de beurre et de produits provenant d\u2019autres fermes. Oscar, qui les accompagnait, demanda imm\u00e9diatement o\u00f9 serait install\u00e9e la caisse. Beno\u00eet observa l\u2019espace avec attention. Le projet n\u2019\u00e9tait encore qu\u2019une possibilit\u00e9, mais il r\u00e9veillait chez Marianne un r\u00eave ancien. Elle n\u2019avait jamais cess\u00e9 de vouloir offrir aux habitants du village un endroit o\u00f9 acheter directement des produits fabriqu\u00e9s localement.<\/p>\n<p>Ils d\u00e9cid\u00e8rent de ne pas se pr\u00e9cipiter. Marianne demanda des renseignements sur le loyer, les charges et les obligations n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019ouverture d\u2019un commerce. Beno\u00eet proposa de contacter certains producteurs susceptibles d\u2019\u00eatre int\u00e9ress\u00e9s. Ils \u00e9tablirent une liste de questions \u00e0 r\u00e9soudre avant toute d\u00e9cision. Marianne se sentait \u00e0 la fois enthousiaste et prudente. Elle avait appris que les projets les plus s\u00e9duisants pouvaient devenir dangereux lorsqu\u2019ils reposaient sur des d\u00e9penses mal \u00e9valu\u00e9es. Pourtant, cette fois, elle n\u2019\u00e9tait pas seule \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Elle disposait de son exp\u00e9rience, de ses \u00e9conomies et de la possibilit\u00e9 de discuter avec quelqu\u2019un qui respectait son jugement.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, Beno\u00eet l\u2019invita \u00e0 d\u00eener chez lui sans Oscar, confi\u00e9 pour la soir\u00e9e \u00e0 une voisine qu\u2019il connaissait bien. Marianne accepta apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 que son fils \u00e9tait heureux de cette organisation. Elle arriva au coucher du soleil. La maison \u00e9tait \u00e9clair\u00e9e, et une agr\u00e9able odeur de soupe venait de la cuisine. Beno\u00eet avait pr\u00e9par\u00e9 un repas simple, mais soigneusement pr\u00e9sent\u00e9. Marianne remarqua qu\u2019il avait dispos\u00e9 quelques fleurs s\u00e9ch\u00e9es dans un vase sur la table. Elle se moqua gentiment de son sens nouveau de la d\u00e9coration. Il r\u00e9pondit qu\u2019il recevait d\u00e9sormais une personne capable de remarquer les d\u00e9tails, ce qui l\u2019obligeait \u00e0 faire des efforts.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00eener, ils s\u2019install\u00e8rent pr\u00e8s du feu. Beno\u00eet semblait l\u00e9g\u00e8rement nerveux. Il parlait moins que d\u2019habitude et regardait parfois une petite bo\u00eete pos\u00e9e sur une \u00e9tag\u00e8re. Marianne finit par remarquer son agitation. \u00ab Vous avez quelque chose \u00e0 me dire ? \u00bb demanda-t-elle doucement. Beno\u00eet sourit, mais son expression demeura s\u00e9rieuse. Il se leva, prit la bo\u00eete et revint s\u2019asseoir pr\u00e8s d\u2019elle. \u00ab Oui. Et je voudrais trouver les mots justes. \u00bb Marianne sentit son c\u0153ur battre plus vite. Elle ne bougea pas. Beno\u00eet ouvrit la bo\u00eete, r\u00e9v\u00e9lant une bague simple, sans ornement excessif.<\/p>\n<p>\u00ab Marianne, je ne veux pas seulement partager quelques soir\u00e9es avec vous \u00bb, commen\u00e7a-t-il. \u00ab Je voudrais construire une vie \u00e0 vos c\u00f4t\u00e9s, avec Oscar, dans le respect de ce que vous \u00eates et de ce que vous avez cr\u00e9\u00e9. \u00bb Il prit une inspiration. \u00ab Je sais que vous avez des raisons d\u2019\u00eatre prudente. Je ne vous demande pas d\u2019oublier votre pass\u00e9. Je vous demande simplement si vous accepteriez de devenir ma femme. \u00bb Marianne regarda la bague, puis le visage de Beno\u00eet. Elle avait imagin\u00e9 plusieurs fois cette possibilit\u00e9, mais l\u2019entendre formul\u00e9e \u00e0 voix haute la bouleversa. Elle ne r\u00e9pondit pas imm\u00e9diatement. Elle devait choisir entre la peur de revivre une d\u00e9ception et la confiance qu\u2019elle avait patiemment reconstruite.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8105\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 8 : Devant une bague offerte sans condition, Marianne dut choisir entre la s\u00e9curit\u00e9 de ses habitudes et une famille encore possible<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019hiver arriva progressivement sur les hauteurs du Cantal. Les premi\u00e8res gel\u00e9es blanchirent les prairies, puis la neige recouvrit les chemins pendant plusieurs journ\u00e9es. Marianne avait pr\u00e9par\u00e9 ses b\u00e2timents avec soin, &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8097,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8104","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8104","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8104"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8104\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8120,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8104\/revisions\/8120"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8097"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8104"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8104"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8104"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}