{"id":8103,"date":"2026-10-21T10:16:30","date_gmt":"2026-10-21T10:16:30","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8103"},"modified":"2026-10-21T10:16:30","modified_gmt":"2026-10-21T10:16:30","slug":"partie-6-une-promesse-nee-dans-la-cour-de-la-ferme-obligea-marianne-a-affronter-les-blessures-que-son-ancien-mariage-avait-laissees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8103","title":{"rendered":"PARTIE 6 \u2013 Une promesse n\u00e9e dans la cour de la ferme obligea Marianne \u00e0 affronter les blessures que son ancien mariage avait laiss\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p>La main de Beno\u00eet demeura quelques instants dans celle de Marianne, pos\u00e9e sur la table de la cuisine. Aucun d\u2019eux ne chercha \u00e0 transformer ce geste en d\u00e9claration spectaculaire. Pourtant, Marianne sentit qu\u2019une fronti\u00e8re venait d\u2019\u00eatre franchie. Depuis plusieurs mois, leur relation s\u2019\u00e9tait construite \u00e0 travers des rencontres ordinaires, des discussions sur le travail et des moments partag\u00e9s avec Oscar. Ils n\u2019\u00e9taient plus simplement deux personnes r\u00e9unies par un contrat commercial. En acceptant cette proximit\u00e9, elle reconnaissait qu\u2019un avenir diff\u00e9rent pouvait encore exister. Cette possibilit\u00e9 l\u2019attirait autant qu\u2019elle l\u2019effrayait.<\/p>\n<p>Beno\u00eet retira doucement sa main lorsqu\u2019Oscar entra, les joues rougies par l\u2019air frais. Le gar\u00e7on annon\u00e7a que Capucine avait r\u00e9ussi \u00e0 ouvrir une petite barri\u00e8re mal ferm\u00e9e et qu\u2019il avait d\u00fb la ramener vers l\u2019\u00e9table. Marianne se leva imm\u00e9diatement pour v\u00e9rifier la situation. Beno\u00eet l\u2019accompagna. Ils trouv\u00e8rent l\u2019animal paisiblement install\u00e9 pr\u00e8s de son abreuvoir. Le loquet avait simplement gliss\u00e9 de son emplacement. Beno\u00eet l\u2019examina et proposa de le remplacer par une pi\u00e8ce plus solide. Marianne accepta, en pr\u00e9cisant qu\u2019elle paierait le mat\u00e9riel. Il ne protesta pas. Ils avaient appris \u00e0 distinguer les services qu\u2019ils pouvaient s\u2019offrir librement des d\u00e9penses qui concernaient l\u2019exploitation.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, ils d\u00e9cid\u00e8rent de se retrouver pour une promenade dominicale. Oscar souhaitait leur montrer un sentier qui traversait les pr\u00e9s avant de rejoindre un petit bois. Marianne pr\u00e9para du pain, du fromage, des pommes et une bouteille d\u2019eau. Beno\u00eet arriva \u00e0 la fin de la matin\u00e9e, sans remorque ni caisse de livraison. Il portait un vieux sac contenant une couverture et quelques provisions suppl\u00e9mentaires. Oscar inspecta imm\u00e9diatement le contenu avec une curiosit\u00e9 enthousiaste. \u00ab Vous avez apport\u00e9 des biscuits ? \u00bb demanda-t-il. Beno\u00eet acquies\u00e7a. \u00ab J\u2019avais entendu dire qu\u2019un certain jeune homme consid\u00e9rait les promenades comme une activit\u00e9 qui donne tr\u00e8s faim. \u00bb<\/p>\n<p>Ils suivirent le sentier en longeant les haies. L\u2019automne commen\u00e7ait \u00e0 colorer les feuilles des arbres, et l\u2019herbe conservait encore l\u2019humidit\u00e9 de la nuit. Oscar marchait devant, s\u2019arr\u00eatant r\u00e9guli\u00e8rement pour d\u00e9signer des champignons, des empreintes ou des branches dont la forme l\u2019amusait. Marianne avan\u00e7ait pr\u00e8s de Beno\u00eet. Ils parlaient de la r\u00e9colte, de la m\u00e9t\u00e9o et des commandes \u00e0 venir. Peu \u00e0 peu, la conversation glissa vers des sujets plus personnels. Beno\u00eet lui demanda si elle avait toujours souhait\u00e9 vivre dans cette r\u00e9gion. Elle r\u00e9pondit qu\u2019elle avait autrefois r\u00eav\u00e9 de voyager, mais qu\u2019elle n\u2019avait jamais s\u00e9rieusement envisag\u00e9 d\u2019abandonner la ferme de son p\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Vous pourriez voyager sans renoncer \u00e0 votre travail \u00bb, observa Beno\u00eet. Marianne eut un sourire m\u00e9lancolique. \u00ab Peut-\u00eatre. Mais pendant longtemps, chaque franc avait une destination avant m\u00eame d\u2019entrer dans la maison. \u00bb Il acquies\u00e7a. Il connaissait les difficult\u00e9s financi\u00e8res, m\u00eame si son exploitation prosp\u00e8re pouvait d\u00e9sormais donner une autre impression. Il raconta les premi\u00e8res ann\u00e9es, lorsqu\u2019une mauvaise r\u00e9colte l\u2019avait oblig\u00e9 \u00e0 travailler plusieurs mois sans v\u00e9ritable repos. Marianne l\u2019\u00e9couta avec attention. Elle d\u00e9couvrait un homme qui n\u2019avait pas simplement h\u00e9rit\u00e9 de sa situation. Il avait connu l\u2019incertitude, les dettes et la peur de ne pas r\u00e9ussir. Cette exp\u00e9rience expliquait peut-\u00eatre la prudence qu\u2019il manifestait dans ses affaires.<\/p>\n<p>Ils s\u2019arr\u00eat\u00e8rent pr\u00e8s d\u2019une clairi\u00e8re. Oscar d\u00e9plia la couverture avec Beno\u00eet pendant que Marianne sortait les provisions. Le gar\u00e7on insista pour r\u00e9partir \u00e9quitablement les biscuits, puis changea plusieurs fois d\u2019avis sur la taille des portions. Beno\u00eet accepta ses calculs avec un s\u00e9rieux imperturbable. Marianne les regardait avec amusement. Elle avait oubli\u00e9 le plaisir simple de manger dehors sans surveiller constamment l\u2019heure. Pendant quelques instants, la ferme, les comptes et les obligations sembl\u00e8rent suffisamment \u00e9loign\u00e9s pour qu\u2019elle puisse respirer autrement. Elle posa sa t\u00eate contre le tronc d\u2019un arbre et ferma bri\u00e8vement les yeux.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le repas, Oscar s\u2019\u00e9loigna de quelques m\u00e8tres pour construire un barrage miniature dans un ruisselet. Il restait parfaitement visible depuis la couverture. Beno\u00eet se tourna vers Marianne. \u00ab Je voulais vous remercier pour ce d\u00e9jeuner \u00bb, dit-il. Elle sourit. \u00ab Vous avez apport\u00e9 la moiti\u00e9 des provisions. \u00bb Il secoua la t\u00eate. \u00ab Ce n\u2019est pas de cela que je parle. \u00bb Elle attendit. Beno\u00eet regarda les feuilles tomb\u00e9es sur l\u2019herbe. \u00ab Il y a longtemps que je n\u2019avais pas pass\u00e9 une journ\u00e9e sans penser \u00e0 ce qu\u2019il faudrait faire le lendemain. \u00bb Marianne sentit une \u00e9motion discr\u00e8te lui serrer la poitrine. Elle connaissait trop bien ce sentiment pour le prendre \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>Elle lui demanda alors ce qu\u2019il attendait r\u00e9ellement de leur relation. La question \u00e9tait plus directe qu\u2019elle ne l\u2019avait pr\u00e9vu, mais elle ne chercha pas \u00e0 la retirer. Beno\u00eet prit le temps de r\u00e9fl\u00e9chir. \u00ab Je voudrais continuer \u00e0 vous conna\u00eetre. Pas seulement lorsque les choses vont bien. Je voudrais partager des journ\u00e9es ordinaires avec vous, et voir ce que nous pouvons construire sans nous pr\u00e9cipiter. \u00bb Marianne baissa les yeux. Elle aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 une r\u00e9ponse claire, presque administrative, comme les conditions d\u2019un contrat. Pourtant, la sinc\u00e9rit\u00e9 de ces mots lui semblait plus pr\u00e9cieuse qu\u2019une promesse absolue. Elle r\u00e9pondit qu\u2019elle souhaitait la m\u00eame chose, \u00e0 condition qu\u2019ils restent attentifs \u00e0 Oscar.<\/p>\n<p>Beno\u00eet acquies\u00e7a imm\u00e9diatement. \u00ab Je sais qu\u2019il s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 moi. Je ne prends pas cela \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. \u00bb Marianne observa son visage. Elle cherchait involontairement les signes d\u2019une impatience ou d\u2019une assurance excessive. Elle n\u2019en trouva aucun. Beno\u00eet ne pr\u00e9tendait pas devenir le p\u00e8re du gar\u00e7on. Il ne cherchait pas \u00e0 remplacer quelqu\u2019un par une simple d\u00e9cision. Il parlait plut\u00f4t de pr\u00e9sence, de r\u00e9gularit\u00e9 et de respect. Cette mani\u00e8re d\u2019envisager les choses rassura Marianne. Elle avait toujours craint qu\u2019un nouvel homme dans sa vie ne consid\u00e8re Oscar comme un \u00e9l\u00e9ment secondaire de leur relation. Beno\u00eet semblait comprendre que l\u2019enfant en constituait une part essentielle.<\/p>\n<p>Le retour se d\u00e9roula dans une atmosph\u00e8re paisible. Oscar racontait son barrage, qui avait r\u00e9sist\u00e9 plusieurs minutes avant de c\u00e9der sous la pression de l\u2019eau. Beno\u00eet lui expliqua pourquoi certains ouvrages devaient comporter une ouverture permettant au courant de circuler. Le gar\u00e7on posa aussit\u00f4t de nouvelles questions. Marianne les \u00e9coutait en marchant l\u00e9g\u00e8rement derri\u00e8re eux. Elle remarqua que Beno\u00eet ne cherchait jamais \u00e0 impressionner Oscar par son exp\u00e9rience. Il lui expliquait les choses simplement, puis l\u2019encourageait \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir par lui-m\u00eame. Cette patience semblait naturelle chez lui. Elle se demanda combien d\u2019enfants auraient aim\u00e9 grandir aupr\u00e8s d\u2019un homme capable de leur consacrer une telle attention.<\/p>\n<p>Au cours des semaines suivantes, leur proximit\u00e9 devint plus visible au village. Beno\u00eet accompagnait parfois Marianne au march\u00e9. Il portait les caisses lorsqu\u2019elle le lui demandait, mais lui laissait discuter seule avec ses clients et fixer ses prix. Certains habitants commen\u00e7aient \u00e0 les observer avec curiosit\u00e9. Les plus indiscrets posaient des questions auxquelles Marianne r\u00e9pondait avec un sourire prudent. Elle n\u2019\u00e9prouvait aucune honte \u00e0 fr\u00e9quenter Beno\u00eet, mais elle refusait que les rumeurs d\u00e9cident \u00e0 sa place de la nature de leur relation. Elle savait que les petites communaut\u00e9s avaient parfois tendance \u00e0 transformer quelques observations en certitudes.<\/p>\n<p>Un matin, une cliente \u00e2g\u00e9e lui demanda si elle comptait bient\u00f4t s\u2019installer dans la grande maison de monsieur Chassagne. Marianne posa soigneusement un fromage dans son emballage avant de r\u00e9pondre. \u00ab Je compte surtout terminer ma matin\u00e9e de march\u00e9 et rentrer m\u2019occuper de mes vaches. \u00bb La femme rit, sans para\u00eetre offens\u00e9e. Marianne lui rendit sa monnaie et poursuivit son travail. Pourtant, cette remarque resta dans son esprit. Elle n\u2019avait jamais envisag\u00e9 s\u00e9rieusement de quitter la ferme. Son p\u00e8re l\u2019avait construite et entretenue pendant toute sa vie. Oscar y poss\u00e9dait ses habitudes, ses souvenirs et ses rep\u00e8res. L\u2019id\u00e9e de recommencer ailleurs lui semblait presque inconcevable.<\/p>\n<p>Beno\u00eet remarqua son silence pendant le trajet du retour. Lorsqu\u2019elle lui raconta l\u2019\u00e9change avec la cliente, il se montra d\u2019abord amus\u00e9, puis comprit que la question la pr\u00e9occupait r\u00e9ellement. \u00ab Personne ne vous demande de quitter votre maison \u00bb, r\u00e9pondit-il. Marianne regarda les pr\u00e9s derri\u00e8re la vitre. \u00ab Je sais. Mais les gens semblent penser qu\u2019une femme doit forc\u00e9ment abandonner sa vie lorsqu\u2019elle rencontre quelqu\u2019un. \u00bb Beno\u00eet resta un moment silencieux. \u00ab Ce serait une \u00e9trange fa\u00e7on de vous aimer que de vous demander de renoncer \u00e0 ce que vous avez mis tant d\u2019efforts \u00e0 pr\u00e9server. \u00bb Marianne tourna la t\u00eate vers lui. Il avait prononc\u00e9 le mot aimer sans para\u00eetre s\u2019en rendre compte.<\/p>\n<p>Elle ne releva pas imm\u00e9diatement cette expression. Elle la garda pour elle pendant plusieurs jours, comme un objet fragile qu\u2019on n\u2019ose pas encore sortir de sa bo\u00eete. Beno\u00eet, de son c\u00f4t\u00e9, ne chercha pas \u00e0 revenir sur la conversation. Ils continu\u00e8rent leurs habitudes, leurs visites et leurs promenades. Cependant, Marianne remarqua que certains gestes avaient chang\u00e9. Il posait parfois une main l\u00e9g\u00e8re sur son \u00e9paule lorsqu\u2019il lui parlait. Elle lui pr\u00e9parait du caf\u00e9 sans attendre qu\u2019il le demande. Leur proximit\u00e9 devenait une \u00e9vidence tranquille, construite moins par des d\u00e9clarations que par la r\u00e9p\u00e9tition de petites attentions.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin d\u2019octobre, Oscar tomba malade. Une forte fi\u00e8vre l\u2019obligea \u00e0 rester au lit, et Marianne passa deux nuits presque sans dormir. Le m\u00e9decin diagnostiqua une infection saisonni\u00e8re et prescrivit du repos, en pr\u00e9cisant les signes qui n\u00e9cessiteraient une nouvelle consultation. Marianne suivit soigneusement ses recommandations. Elle pr\u00e9parait des boissons ti\u00e8des, v\u00e9rifiait r\u00e9guli\u00e8rement la temp\u00e9rature de son fils et tentait de maintenir son travail agricole malgr\u00e9 la fatigue. Le troisi\u00e8me jour, Beno\u00eet arriva pour r\u00e9cup\u00e9rer une commande et comprit imm\u00e9diatement que quelque chose n\u2019allait pas. Marianne avait les traits tir\u00e9s et semblait incapable de se souvenir de l\u2019endroit o\u00f9 elle avait rang\u00e9 une caisse.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019elle lui expliqua la situation, Beno\u00eet proposa de faire appel \u00e0 Ren\u00e9 pour assurer les livraisons n\u00e9cessaires. Il demanda \u00e9galement s\u2019il pouvait pr\u00e9parer le d\u00e9jeuner pendant qu\u2019elle restait aupr\u00e8s d\u2019Oscar. Marianne h\u00e9sita. Elle n\u2019aimait pas que quelqu\u2019un d\u00e9couvre sa maison d\u00e9sordonn\u00e9e et ses propres limites. Mais la fatigue rendait ses gestes maladroits, et elle savait qu\u2019elle avait besoin de dormir un peu. Elle accepta finalement, en pr\u00e9cisant o\u00f9 se trouvaient les provisions. Beno\u00eet pr\u00e9para une soupe simple, nettoya la cuisine et apporta un plateau \u00e0 Marianne. Il ne fit aucun commentaire sur le linge \u00e0 plier ou les ustensiles abandonn\u00e9s pr\u00e8s de l\u2019\u00e9vier.<\/p>\n<p>Oscar, encore fi\u00e9vreux, reconnut sa voix depuis la chambre. \u00ab Beno\u00eet ? \u00bb L\u2019homme monta l\u2019escalier et s\u2019arr\u00eata sur le seuil. \u00ab Comment va notre grand sp\u00e9cialiste des barrages ? \u00bb Le gar\u00e7on sourit faiblement. \u00ab Pas tr\u00e8s bien. \u00bb Beno\u00eet s\u2019assit sur la chaise pr\u00e8s du lit, apr\u00e8s avoir demand\u00e9 l\u2019autorisation \u00e0 Marianne. Il lui parla des travaux \u00e0 la ferme et des nouvelles plaisanteries de Ren\u00e9. Oscar l\u2019\u00e9couta avec les yeux \u00e0 moiti\u00e9 ferm\u00e9s. \u00c0 un moment, il tendit la main. Beno\u00eet la prit doucement. Marianne d\u00e9tourna le regard vers la fen\u00eatre, boulevers\u00e9e par la simplicit\u00e9 de ce geste.<\/p>\n<p>Lorsque la fi\u00e8vre commen\u00e7a \u00e0 baisser, Marianne put enfin se reposer quelques heures. Beno\u00eet resta dans la maison jusqu\u2019au retour du m\u00e9decin, qui confirma l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019enfant. Il repartit seulement apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 que la cuisine contenait suffisamment de provisions pour le lendemain. Marianne l\u2019accompagna jusqu\u2019\u00e0 la porte. \u00ab Vous n\u2019\u00e9tiez pas oblig\u00e9 de faire tout cela \u00bb, murmura-t-elle. Beno\u00eet secoua la t\u00eate. \u00ab Je le sais. \u00bb Elle attendit une explication. Il ajouta simplement : \u00ab J\u2019avais envie d\u2019\u00eatre ici. \u00bb Marianne posa une main sur son bras. Pour la premi\u00e8re fois, elle ne ressentit aucune g\u00eane \u00e0 recevoir une aide qui ne figurait dans aucun contrat.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, Oscar retrouva assez d\u2019\u00e9nergie pour se lever. Il demanda imm\u00e9diatement si Beno\u00eet reviendrait. Marianne r\u00e9pondit qu\u2019il devait passer le dimanche suivant. Le gar\u00e7on resta pensif. \u00ab Quand j\u2019\u00e9tais malade, il est rest\u00e9 longtemps \u00bb, observa-t-il. Elle acquies\u00e7a. \u00ab Oui. \u00bb Oscar joua un moment avec la couverture. \u00ab Papa disait toujours qu\u2019il avait beaucoup de travail. Beno\u00eet aussi travaille beaucoup, mais il trouve quand m\u00eame du temps. \u00bb Marianne sentit sa gorge se serrer. Elle chercha une r\u00e9ponse qui ne d\u00e9nigrerait pas son ancien mari tout en reconnaissant la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par son fils. \u00ab Les gens choisissent parfois diff\u00e9remment la mani\u00e8re d\u2019utiliser leur temps \u00bb, r\u00e9pondit-elle doucement.<\/p>\n<p>Le dimanche, Beno\u00eet arriva avec un petit livre consacr\u00e9 aux animaux des montagnes. Oscar l\u2019accueillit comme s\u2019il n\u2019avait pas vu son visiteur depuis plusieurs mois. Ils pass\u00e8rent l\u2019apr\u00e8s-midi pr\u00e8s de la chemin\u00e9e. Le gar\u00e7on lisait \u00e0 voix haute certains passages, interrompant r\u00e9guli\u00e8rement sa lecture pour poser des questions. Marianne pr\u00e9parait du pain dans la cuisine voisine. Elle pouvait entendre leurs voix, le craquement du feu et le bruit des pages tourn\u00e9es. Cette sc\u00e8ne lui procura une sensation de paix qu\u2019elle n\u2019avait pas connue depuis longtemps. Elle comprit alors que son inqui\u00e9tude principale ne concernait plus seulement la possibilit\u00e9 de souffrir \u00e0 nouveau. Elle craignait aussi de laisser passer une chance r\u00e9elle par peur de l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, apr\u00e8s qu\u2019Oscar fut mont\u00e9 se coucher, Marianne demanda \u00e0 Beno\u00eet de rester quelques minutes. Ils s\u2019assirent pr\u00e8s de la fen\u00eatre. La cour \u00e9tait plong\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9, et une lumi\u00e8re faible \u00e9clairait encore l\u2019\u00e9table. Marianne prit le temps de trouver ses mots. \u00ab J\u2019ai pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 croire que je devais tout porter seule pour ne plus d\u00e9pendre de personne. \u00bb Beno\u00eet l\u2019\u00e9coutait attentivement. \u00ab Je commence \u00e0 comprendre que partager une vie ne signifie pas n\u00e9cessairement abandonner sa libert\u00e9. \u00bb Elle marqua une pause. \u00ab Mais je ne sais pas encore comment faire. \u00bb Il prit doucement sa main. \u00ab Nous pouvons apprendre ensemble. \u00bb<\/p>\n<p>Marianne le regarda longtemps. Elle voulait lui dire combien sa pr\u00e9sence avait chang\u00e9 leur quotidien, combien Oscar se sentait heureux lorsqu\u2019il venait et combien elle attendait d\u00e9sormais ses visites. Pourtant, les mots semblaient trop nombreux pour exprimer exactement ce qu\u2019elle ressentait. Elle se rapprocha l\u00e9g\u00e8rement et posa sa t\u00eate contre son \u00e9paule. Beno\u00eet resta immobile quelques secondes, puis passa doucement un bras autour d\u2019elle. Aucun des deux ne chercha \u00e0 prolonger ce moment par une promesse. Ils demeur\u00e8rent simplement assis, tandis que la maison retrouvait son calme. Marianne sentit que quelque chose en elle cessait enfin de r\u00e9sister.<\/p>\n<p>Lorsque Beno\u00eet se leva pour partir, elle l\u2019accompagna jusqu\u2019\u00e0 la porte. Le froid de novembre commen\u00e7ait \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans la cour, et elle resserra son ch\u00e2le autour de ses \u00e9paules. Beno\u00eet h\u00e9sita, puis se pencha vers elle. Marianne ne recula pas. Leur premier baiser fut bref, presque timide, mais il contenait toute la prudence et toute la tendresse accumul\u00e9es au fil des mois. Lorsqu\u2019ils se s\u00e9par\u00e8rent, Beno\u00eet souriait avec une expression qu\u2019elle ne lui connaissait pas. \u00ab Bonne nuit, Marianne. \u00bb Elle r\u00e9pondit doucement : \u00ab Bonne nuit, Beno\u00eet. \u00bb Apr\u00e8s son d\u00e9part, elle resta quelques instants devant la porte, consciente qu\u2019elle venait d\u2019accepter une possibilit\u00e9 qu\u2019elle croyait d\u00e9finitivement perdue.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=8104\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 7 : Lorsque l\u2019avenir commen\u00e7a enfin \u00e0 prendre forme, une question d\u2019Oscar obligea Beno\u00eet \u00e0 mesurer la profondeur de leur attachement<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La main de Beno\u00eet demeura quelques instants dans celle de Marianne, pos\u00e9e sur la table de la cuisine. Aucun d\u2019eux ne chercha \u00e0 transformer ce geste en d\u00e9claration spectaculaire. Pourtant, &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8097,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8103","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8103","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8103"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8103\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8119,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8103\/revisions\/8119"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8097"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8103"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8103"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8103"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}