{"id":7668,"date":"2026-10-20T07:43:09","date_gmt":"2026-10-20T07:43:09","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=7668"},"modified":"2026-10-20T07:43:09","modified_gmt":"2026-10-20T07:43:09","slug":"partie-14-lorsque-les-dernieres-confirmations-sont-arrivees-la-maison-de-boston-a-cesse-detre-une-monnaie-dechange-et-retrouve-sa-place-dans-notre-histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=7668","title":{"rendered":"PARTIE 14 \u2013 Lorsque les derni\u00e8res confirmations sont arriv\u00e9es, la maison de Boston a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre une monnaie d\u2019\u00e9change et retrouv\u00e9 sa place dans notre histoire"},"content":{"rendered":"<p>La confirmation la plus attendue est arriv\u00e9e un mardi apr\u00e8s-midi. Daniel Whitmore m\u2019a transmis un message indiquant que les \u00e9tablissements financiers concern\u00e9s avaient pris acte de l\u2019absence de consentement de ma part et de l\u2019impossibilit\u00e9 de consid\u00e9rer les biens successoraux prot\u00e9g\u00e9s comme des garanties disponibles. Les communications ant\u00e9rieures avaient \u00e9t\u00e9 clarifi\u00e9es. Aucun transfert ni engagement opposable \u00e0 la maison de Boston n\u2019avait \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9. Apr\u00e8s des semaines d\u2019incertitude, cette nouvelle me permettait enfin de consid\u00e9rer la propri\u00e9t\u00e9 comme autre chose qu\u2019un actif menac\u00e9 par les difficult\u00e9s de Julian.<\/p>\n<p>Je me trouvais dans mon bureau lorsque le message est arriv\u00e9. Je l\u2019ai lu pendant ma pause, puis j\u2019ai rang\u00e9 mon t\u00e9l\u00e9phone. Une r\u00e9union professionnelle commen\u00e7ait quelques minutes plus tard. J\u2019y ai particip\u00e9 normalement, prenant des notes et r\u00e9pondant aux questions de mes coll\u00e8gues. Pourtant, une partie de mon esprit \u00e9tait rest\u00e9e pr\u00e8s de cette maison ancienne, avec ses marches us\u00e9es et ses fen\u00eatres qui laissaient passer les courants d\u2019air. Je pensais \u00e0 Eleanor, \u00e0 Arthur et aux g\u00e9n\u00e9rations qui avaient consacr\u00e9 du temps et de l\u2019argent \u00e0 conserver ce lieu.<\/p>\n<p>En rentrant chez moi, j\u2019ai appel\u00e9 Daniel pour conna\u00eetre les derni\u00e8res d\u00e9marches n\u00e9cessaires. Il m\u2019a expliqu\u00e9 que la protection juridique des biens et la clarification des communications financi\u00e8res ne signifiaient pas que toute l\u2019administration successorale \u00e9tait termin\u00e9e. Certaines formalit\u00e9s restaient \u00e0 accomplir, notamment les enregistrements, les obligations fiscales et la finalisation des transferts pr\u00e9vus. Mais les principaux risques identifi\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s. La maison de Boston ne figurait plus dans un projet de financement fond\u00e9 sur une renonciation que je n\u2019avais jamais accept\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab Votre p\u00e8re avait pr\u00e9par\u00e9 les choses avec soin \u00bb, a rappel\u00e9 Daniel. J\u2019ai ferm\u00e9 les yeux un instant. Il ne s\u2019agissait pas d\u2019un homme qui avait laiss\u00e9 sa famille se d\u00e9brouiller avec des instructions vagues. Arthur avait choisi ses b\u00e9n\u00e9ficiaires, conserv\u00e9 les documents utiles et pr\u00e9vu des m\u00e9canismes destin\u00e9s \u00e0 limiter les d\u00e9cisions pr\u00e9cipit\u00e9es. Malgr\u00e9 cela, les semaines suivant sa mort avaient \u00e9t\u00e9 difficiles. Je comprenais maintenant qu\u2019aucune pr\u00e9paration juridique ne pouvait emp\u00eacher totalement les \u00e9motions, les int\u00e9r\u00eats et les anciennes blessures de se m\u00ealer \u00e0 une succession.<\/p>\n<p>Daniel m\u2019a propos\u00e9 de visiter la propri\u00e9t\u00e9 lorsque les d\u00e9marches le permettraient, afin d\u2019\u00e9valuer les travaux prioritaires et de pr\u00e9parer son entretien. J\u2019ai accept\u00e9. J\u2019avais envie de retourner \u00e0 Boston depuis longtemps, mais les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents avaient rendu cette visite charg\u00e9e d\u2019une signification nouvelle. Je ne voulais pas y aller comme une propri\u00e9taire venue v\u00e9rifier la valeur de son bien. Je souhaitais retrouver un endroit o\u00f9 mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 heureux et comprendre ce que je pourrais en faire sans trahir son histoire.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, Julian m\u2019a annonc\u00e9 une \u00e9tape importante dans la restructuration de ses entreprises. Il avait sign\u00e9, avec les conseils appropri\u00e9s, un accord permettant la cession d\u2019un de ses \u00e9tablissements. Les n\u00e9gociations relatives \u00e0 l\u2019autre fermeture progressaient. Certains cr\u00e9anciers avaient accept\u00e9 de revoir les \u00e9ch\u00e9ances, tandis que d\u2019autres exigeaient encore des garanties sur les actifs appartenant r\u00e9ellement \u00e0 ses soci\u00e9t\u00e9s. La situation restait d\u00e9licate, mais elle ne d\u00e9pendait plus d\u2019une hypoth\u00e9tique vente de Boston.<\/p>\n<p>Je lui ai demand\u00e9 comment il vivait ces changements. Il a r\u00e9pondu qu\u2019il oscillait entre le soulagement et l\u2019impression d\u2019avoir \u00e9chou\u00e9. \u00ab Je passe devant les anciens locaux et je vois tout ce que j\u2019avais imagin\u00e9 \u00bb, m\u2019a-t-il confi\u00e9. \u00ab Les tables pleines, les employ\u00e9s qui courent, les clients satisfaits. Puis je pense aux factures que je ne pouvais plus payer. \u00bb Je l\u2019ai laiss\u00e9 parler. Il n\u2019avait pas besoin que je transforme ses pertes en le\u00e7on morale. Il devait simplement pouvoir reconna\u00eetre ce qui avait disparu.<\/p>\n<p>Nous avons convenu de nous retrouver pour d\u00eener dans son premier restaurant, celui qu\u2019il esp\u00e9rait conserver. Lorsque je suis arriv\u00e9e, il \u00e9tait derri\u00e8re le comptoir, en train de discuter avec son chef. La salle \u00e9tait anim\u00e9e. Plusieurs clients semblaient \u00eatre des habitu\u00e9s, saluant les serveurs par leur pr\u00e9nom. Julian m\u2019a conduite \u00e0 une petite table et s\u2019est assis en face de moi. Il avait l\u2019air fatigu\u00e9, mais moins agit\u00e9 qu\u2019auparavant. Ses gestes \u00e9taient plus pos\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab Je crois que j\u2019ai pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 courir apr\u00e8s une image \u00bb, a-t-il dit apr\u00e8s avoir command\u00e9. Je lui ai demand\u00e9 ce qu\u2019il voulait dire. Il a regard\u00e9 autour de lui. \u00ab Je voulais \u00eatre celui qui poss\u00e9dait plusieurs restaurants, celui dont on parlait dans les magazines, celui qui prouvait que papa avait eu tort de douter. Et pendant ce temps, j\u2019ai presque perdu le seul \u00e9tablissement que je savais r\u00e9ellement faire fonctionner. \u00bb Il a laiss\u00e9 passer un silence. \u00ab Je ne veux plus vivre comme \u00e7a. \u00bb<\/p>\n<p>Je lui ai r\u00e9pondu que ses ambitions n\u2019\u00e9taient pas n\u00e9cessairement mauvaises, mais qu\u2019elles devaient \u00eatre compatibles avec les moyens dont il disposait. Julian a souri. \u00ab Tu ressembles de plus en plus \u00e0 papa. \u00bb J\u2019ai ri doucement. Cette comparaison ne me blessait plus, m\u00eame lorsqu\u2019elle me rappelait combien son absence restait pr\u00e9sente. Nous avons parl\u00e9 de la cuisine, des employ\u00e9s et des changements qu\u2019il envisageait. Pour une fois, la conversation ne tournait pas autour des sommes qu\u2019il esp\u00e9rait obtenir.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du repas, Julian m\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 son chef, une femme \u00e9nergique qui travaillait avec lui depuis les d\u00e9buts. Elle m\u2019a parl\u00e9 de la nouvelle carte et de la volont\u00e9 de r\u00e9duire le gaspillage sans sacrifier la qualit\u00e9. J\u2019ai compris que mon fr\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas seul \u00e0 chercher un nouveau d\u00e9part. Ses employ\u00e9s avaient eux aussi int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que l\u2019entreprise retrouve une taille et un fonctionnement viables. Cette r\u00e9alit\u00e9 rendait sa responsabilit\u00e9 plus concr\u00e8te que les grandes d\u00e9clarations sur l\u2019expansion qui avaient domin\u00e9 les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p>Le week-end suivant, je me suis rendue \u00e0 Boston. Daniel avait organis\u00e9 les acc\u00e8s n\u00e9cessaires et confirm\u00e9 que la visite pouvait se d\u00e9rouler sans difficult\u00e9. Je suis partie t\u00f4t, avant que la circulation ne devienne trop dense. Sur la route, je me suis rappel\u00e9 les voyages effectu\u00e9s avec Arthur lorsque j\u2019\u00e9tais enfant. Il conduisait d\u2019une main sur le volant, l\u2019autre pos\u00e9e pr\u00e8s du levier de vitesse, et nous racontait des histoires sur les lieux que nous traversions. Il n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 un grand bavard, mais il savait rendre un trajet ordinaire int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>Lorsque je suis arriv\u00e9e devant la maison, une lumi\u00e8re p\u00e2le \u00e9clairait la fa\u00e7ade. Les briques avaient l\u00e9g\u00e8rement fonc\u00e9 avec les ann\u00e9es, et la peinture des encadrements de fen\u00eatres m\u00e9ritait d\u2019\u00eatre reprise. Le jardin \u00e9tait envahi par quelques mauvaises herbes. Rien n\u2019avait de caract\u00e8re spectaculaire. Pourtant, en descendant de voiture, j\u2019ai senti une \u00e9motion si vive que j\u2019ai d\u00fb m\u2019arr\u00eater quelques instants. J\u2019avais pass\u00e9 une partie de mon enfance \u00e0 franchir cette porte. Aujourd\u2019hui, j\u2019y revenais comme la personne \u00e0 qui Arthur avait choisi de confier sa conservation.<\/p>\n<p>J\u2019ai ouvert avec les cl\u00e9s remises selon les proc\u00e9dures convenues. La serrure a r\u00e9sist\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement, comme autrefois. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019air sentait le bois ancien et la poussi\u00e8re. J\u2019ai ouvert les rideaux du salon, laissant entrer la lumi\u00e8re. Les meubles principaux \u00e9taient toujours en place, recouverts de housses. Sur une \u00e9tag\u00e8re, plusieurs livres d\u2019Eleanor attendaient encore leurs lecteurs. J\u2019ai retir\u00e9 une housse du fauteuil pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de mon p\u00e8re et pass\u00e9 la main sur l\u2019accoudoir us\u00e9.<\/p>\n<p>La cuisine \u00e9tait exactement comme dans mes souvenirs, avec ses placards trop hauts et sa petite fen\u00eatre donnant sur le jardin. J\u2019ai retrouv\u00e9 une vieille bo\u00eete en m\u00e9tal o\u00f9 Eleanor conservait autrefois des biscuits. Elle \u00e9tait vide, mais son couvercle portait encore une l\u00e9g\u00e8re bosse sur le c\u00f4t\u00e9. J\u2019ai souri. Un \u00e9t\u00e9, Arthur avait essay\u00e9 de la r\u00e9parer avec un marteau, sans grand succ\u00e8s. Eleanor s\u2019\u00e9tait moqu\u00e9e de lui pendant des semaines. Ces souvenirs revenaient avec une pr\u00e9cision qui me surprenait.<\/p>\n<p>J\u2019ai parcouru les pi\u00e8ces lentement, sans chercher imm\u00e9diatement les travaux \u00e0 pr\u00e9voir. Dans l\u2019escalier, certaines marches craquaient toujours aux m\u00eames endroits. \u00c0 l\u2019\u00e9tage, la chambre o\u00f9 je dormais enfant donnait sur les arbres du jardin voisin. J\u2019ai ouvert la fen\u00eatre. L\u2019air frais a soulev\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement les rideaux. Je me suis souvenu des nuits o\u00f9 j\u2019\u00e9coutais la pluie frapper le toit, persuad\u00e9e que la maison poss\u00e9dait une voix particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans le petit bureau d\u2019Eleanor, j\u2019ai retrouv\u00e9 une \u00e9tag\u00e8re contenant des photographies et quelques dossiers anciens. Je n\u2019ai rien d\u00e9plac\u00e9. Je souhaitais organiser leur conservation avec soin, sans reproduire le d\u00e9sordre que j\u2019avais tant redout\u00e9 apr\u00e8s la mort d\u2019Arthur. J\u2019ai simplement pris des notes sur l\u2019\u00e9tat des pi\u00e8ces et les r\u00e9parations n\u00e9cessaires. Le toit devrait \u00eatre inspect\u00e9, certaines installations v\u00e9rifi\u00e9es et les fen\u00eatres entretenues. Rien ne semblait exiger une d\u00e9cision pr\u00e9cipit\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 midi, je me suis assise sur les marches du perron avec un sandwich achet\u00e9 en chemin. Le jardin \u00e9tait silencieux. Une voisine \u00e2g\u00e9e est pass\u00e9e devant la grille et m\u2019a reconnue apr\u00e8s quelques secondes. Elle m\u2019a demand\u00e9 des nouvelles d\u2019Arthur. Lorsque je lui ai annonc\u00e9 sa mort, son visage s\u2019est assombri. Elle m\u2019a racont\u00e9 qu\u2019il venait parfois v\u00e9rifier la maison et qu\u2019il prenait toujours le temps de lui demander comment elle allait. Nous avons parl\u00e9 quelques minutes. Elle m\u2019a dit qu\u2019elle esp\u00e9rait voir la propri\u00e9t\u00e9 rester habit\u00e9e et entretenue.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son d\u00e9part, je suis rest\u00e9e longtemps \u00e0 regarder la rue. La maison n\u2019\u00e9tait pas seulement un symbole familial. Elle appartenait aussi \u00e0 un quartier, \u00e0 des habitudes et \u00e0 des relations qui avaient surv\u00e9cu aux ann\u00e9es. Je comprenais mieux pourquoi Arthur ne voulait pas la voir vendue dans l\u2019urgence d\u2019un financement commercial. Une transaction aurait pu \u00eatre l\u00e9galement possible dans d\u2019autres circonstances, mais elle aurait effac\u00e9 une continuit\u00e9 \u00e0 laquelle il tenait profond\u00e9ment.<\/p>\n<p>J\u2019ai sorti le carnet d\u2019Eleanor de mon sac. Je l\u2019avais apport\u00e9 pour relire quelques pages dans le lieu o\u00f9 elles avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9crites. Assise sur le perron, j\u2019ai retrouv\u00e9 le passage o\u00f9 elle racontait les premi\u00e8res r\u00e9parations de la maison. Elle y d\u00e9crivait la fatigue de son mari, les \u00e9conomies n\u00e9cessaires et la joie simple de voir leur famille s\u2019installer enfin. Je me suis demand\u00e9 ce qu\u2019elle penserait des disputes r\u00e9centes. Elle aurait probablement \u00e9t\u00e9 pein\u00e9e de voir ses descendants traiter la propri\u00e9t\u00e9 comme une solution financi\u00e8re improvis\u00e9e.<\/p>\n<p>En fin d\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019ai appel\u00e9 Victoria. Elle m\u2019a demand\u00e9 imm\u00e9diatement o\u00f9 je me trouvais. Lorsque je lui ai r\u00e9pondu que j\u2019\u00e9tais \u00e0 Boston, elle est rest\u00e9e silencieuse. Puis elle a voulu savoir dans quel \u00e9tat \u00e9tait la maison. Je lui ai d\u00e9crit les travaux n\u00e9cessaires et les pi\u00e8ces encore bien conserv\u00e9es. Elle a soupir\u00e9. \u00ab Arthur aurait \u00e9t\u00e9 heureux que tu y retournes. \u00bb J\u2019ai regard\u00e9 la fa\u00e7ade. \u00ab Je crois aussi. \u00bb<\/p>\n<p>Victoria m\u2019a demand\u00e9 si je comptais y habiter. Je lui ai r\u00e9pondu que je n\u2019avais pas encore d\u00e9cid\u00e9. Mon travail me retenait \u00e0 Washington, et je devais r\u00e9fl\u00e9chir aux possibilit\u00e9s d\u2019entretien et d\u2019utilisation du bien. Je savais seulement que je ne le vendrais pas pour r\u00e9soudre les dettes de Julian. Elle a accept\u00e9 cette r\u00e9ponse sans protester. Cette absence de conflit m\u2019a paru presque \u00e9trange apr\u00e8s les semaines pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p>Nous avons parl\u00e9 de quelques souvenirs. Victoria se rappelait les \u00e9t\u00e9s o\u00f9 elle trouvait la maison trop chaude, les fen\u00eatres difficiles \u00e0 ouvrir et les escaliers fatigants. Puis elle a reconnu qu\u2019Arthur y devenait toujours plus d\u00e9tendu. Il passait des heures \u00e0 r\u00e9parer de petits objets et semblait retrouver une partie de son enfance. \u00ab Je crois que je n\u2019ai jamais vraiment compris ce que cet endroit repr\u00e9sentait pour lui \u00bb, a-t-elle dit. Sa voix contenait un regret tranquille. Je ne lui ai pas r\u00e9pondu par un reproche.<\/p>\n<p>Avant de raccrocher, elle m\u2019a propos\u00e9 de venir un jour avec moi. J\u2019ai h\u00e9sit\u00e9, puis accept\u00e9 en principe. Une visite pourrait lui permettre de regarder la maison autrement, sans la pression d\u2019un projet de vente. Elle m\u2019a remerci\u00e9e. Lorsque la communication s\u2019est termin\u00e9e, j\u2019ai eu l\u2019impression qu\u2019un autre morceau de notre relation retrouvait une forme possible.<\/p>\n<p>Je suis repartie avant la tomb\u00e9e de la nuit. Sur le si\u00e8ge passager, mon carnet de notes contenait une liste de travaux et quelques id\u00e9es pour l\u2019avenir. Je ne souhaitais pas transformer Boston en mus\u00e9e consacr\u00e9 \u00e0 Arthur. La maison devait rester vivante, accueillante et utile. Peut-\u00eatre pourrais-je y passer certains week-ends, inviter Julian et sa famille, ou permettre \u00e0 Victoria d\u2019y retrouver les souvenirs qu\u2019elle avait longtemps n\u00e9glig\u00e9s. Je n\u2019avais pas besoin de d\u00e9cider imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, Daniel m\u2019a confirm\u00e9 que les derni\u00e8res formalit\u00e9s relatives aux biens prot\u00e9g\u00e9s avan\u00e7aient normalement. Les repr\u00e9sentants de Richard avaient adress\u00e9 les pr\u00e9cisions attendues aux \u00e9tablissements financiers. Les droits de chacun \u00e9taient d\u00e9sormais mieux \u00e9tablis, et les projets de financement fond\u00e9s sur ma renonciation avaient \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s. Il restait des obligations administratives, mais le principal conflit concernant l\u2019utilisation de mon h\u00e9ritage \u00e9tait pratiquement r\u00e9solu.<\/p>\n<p>Je lui ai demand\u00e9 s\u2019il pensait que nous pourrions bient\u00f4t clore les discussions avec les conseils de Victoria. Il a r\u00e9pondu que cela d\u00e9pendrait des derni\u00e8res confirmations et de la volont\u00e9 des parties de ne pas rouvrir des questions d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gl\u00e9es. Je lui ai dit que je souhaitais parvenir \u00e0 une conclusion stable, sans renoncer aux protections n\u00e9cessaires. Daniel a approuv\u00e9. \u00ab Votre p\u00e8re voulait que ses d\u00e9cisions soient respect\u00e9es, pas qu\u2019elles deviennent le point de d\u00e9part d\u2019une guerre familiale interminable. \u00bb<\/p>\n<p>Cette phrase m\u2019a accompagn\u00e9e toute la soir\u00e9e. Arthur avait organis\u00e9 sa succession avec rigueur, mais il avait \u00e9galement aim\u00e9 les personnes qui se disputaient d\u00e9sormais ses biens. Respecter sa volont\u00e9 signifiait prot\u00e9ger ce qu\u2019il avait attribu\u00e9, sans transformer chaque d\u00e9saccord en rupture d\u00e9finitive. Je comprenais mieux pourquoi il avait refus\u00e9 certains financements sans cesser d\u2019offrir \u00e0 Julian des possibilit\u00e9s d\u2019aide raisonnable. Il avait cherch\u00e9 \u00e0 pr\u00e9server \u00e0 la fois les ressources et les relations, m\u00eame si les secondes avaient fini par souffrir.<\/p>\n<p>J\u2019ai rang\u00e9 le carnet d\u2019Eleanor dans une bo\u00eete destin\u00e9e \u00e0 Boston. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, j\u2019ai plac\u00e9 quelques photographies d\u2019Arthur, des cartes postales retrouv\u00e9es par Victoria et une copie de son dernier message vocal que je conservais s\u00e9par\u00e9ment. Je voulais r\u00e9unir ces souvenirs dans la maison o\u00f9 une partie de notre histoire avait commenc\u00e9. Ce projet n\u2019avait rien d\u2019urgent. Il me donnait simplement une mani\u00e8re concr\u00e8te de transformer l\u2019h\u00e9ritage en continuit\u00e9 plut\u00f4t qu\u2019en conflit.<\/p>\n<p>Lorsque j\u2019ai \u00e9teint la lumi\u00e8re, j\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9union de Greenwich. Victoria voulait une signature imm\u00e9diate, Julian cherchait un financement et Richard d\u00e9fendait un projet dont il avait surestim\u00e9 les chances. Quelques semaines plus tard, aucun de ces objectifs n\u2019avait disparu sans laisser de cons\u00e9quences. Mais chacun avait commenc\u00e9 \u00e0 accepter que les biens d\u2019Arthur ne pouvaient \u00eatre utilis\u00e9s pour \u00e9viter ind\u00e9finiment des d\u00e9cisions difficiles.<\/p>\n<p>La maison de Boston resterait debout. Julian poursuivrait sa restructuration. Richard devrait assumer les risques de ses investissements. Victoria apprendrait peut-\u00eatre \u00e0 faire confiance sans chercher \u00e0 contr\u00f4ler. Quant \u00e0 moi, je devais encore d\u00e9cider comment porter cet h\u00e9ritage sans laisser les semaines de conflit d\u00e9finir toutes les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=7669\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 15 : \u00c0 mesure que les derni\u00e8res signatures approchaient, Julian a fait un choix que notre m\u00e8re n\u2019aurait jamais cru possible quelques semaines auparavant<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La confirmation la plus attendue est arriv\u00e9e un mardi apr\u00e8s-midi. 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