{"id":6758,"date":"2026-10-18T03:42:24","date_gmt":"2026-10-18T03:42:24","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6758"},"modified":"2026-10-18T03:42:24","modified_gmt":"2026-10-18T03:42:24","slug":"partie-5-tandis-que-les-forces-de-sarah-declinent-bastien-decouvre-quune-presence-fidele-peut-compter-davantage-que-toutes-les-promesses-davenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6758","title":{"rendered":"PARTIE 5 \u2013 Tandis que les forces de Sarah d\u00e9clinent, Bastien d\u00e9couvre qu\u2019une pr\u00e9sence fid\u00e8le peut compter davantage que toutes les promesses d\u2019avenir"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque Bastien revint \u00e0 l&#39;h\u00f4pital le lendemain matin, il trouva Madeleine assise dans le couloir, pr\u00e8s d&#39;une fen\u00eatre couverte de bu\u00e9e. La b\u00e9n\u00e9vole tenait une tasse de th\u00e9 qu&#39;elle n&#39;avait manifestement pas touch\u00e9e. En apercevant Bastien, elle posa la tasse sur une petite table et se leva. Son expression lui apprit imm\u00e9diatement que la nuit avait \u00e9t\u00e9 difficile. \u00ab Sarah a eu plusieurs \u00e9pisodes de douleur \u00bb, expliqua-t-elle. \u00ab Les m\u00e9decins ont adapt\u00e9 son traitement. Elle se repose maintenant. \u00bb Bastien regarda la porte de la chambre. \u00ab Elle a pu dormir un peu ? \u00bb Madeleine acquies\u00e7a. \u00ab Oui, mais elle est tr\u00e8s affaiblie. \u00bb Elle h\u00e9sita avant d&#39;ajouter : \u00ab Ce qui l&#39;inqui\u00e8te le plus, ce n&#39;est pas la douleur. C&#39;est L\u00e9onie. \u00bb<\/p>\n<p>Bastien resta quelques instants sans r\u00e9pondre. Depuis leur derni\u00e8re conversation, les paroles de Sarah ne cessaient de lui revenir. Elle ne lui avait pas demand\u00e9 d&#39;accomplir un acte spectaculaire. Elle lui avait parl\u00e9 des journ\u00e9es ordinaires, de ces moments o\u00f9 l&#39;on doit \u00eatre pr\u00e9sent sans recevoir de reconnaissance particuli\u00e8re. Il avait r\u00e9fl\u00e9chi une grande partie de la nuit \u00e0 cette distinction. Il savait d\u00e9sormais qu&#39;une adoption \u00e9ventuelle ne pourrait pas na\u00eetre uniquement de son d\u00e9sir de prot\u00e9ger L\u00e9onie. Il faudrait qu&#39;elle corresponde \u00e0 l&#39;int\u00e9r\u00eat de l&#39;enfant, que sa situation juridique le permette et qu&#39;un v\u00e9ritable lien se construise dans le temps. Cette r\u00e9alit\u00e9 ne diminuait pas sa d\u00e9termination. Elle l&#39;obligeait simplement \u00e0 lui donner une forme plus responsable.<\/p>\n<p>Madeleine l&#39;invita \u00e0 entrer quelques minutes. La chambre \u00e9tait plong\u00e9e dans une lumi\u00e8re douce. Sarah dormait sur le c\u00f4t\u00e9, une main pos\u00e9e pr\u00e8s de son visage. Le petit bouquet de fleurs blanches apport\u00e9 par Bastien commen\u00e7ait \u00e0 perdre quelques p\u00e9tales. Sur le rebord de la fen\u00eatre se trouvaient toujours les dessins de L\u00e9onie. Celui du parapluie rouge avait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 bien en \u00e9vidence, comme si quelqu&#39;un avait voulu qu&#39;il soit la premi\u00e8re chose que Sarah voie \u00e0 son r\u00e9veil. Bastien s&#39;approcha de la table et remarqua que le demi-croque-monsieur avait disparu. Madeleine lui expliqua qu&#39;il avait finalement fallu le retirer, mais que Sarah avait demand\u00e9 qu&#39;on conserve la serviette qui l&#39;avait envelopp\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Elle voulait que L\u00e9onie sache qu&#39;elle avait essay\u00e9 de le manger \u00bb, murmura Madeleine. Cette pr\u00e9cision bouleversa Bastien. Il imagina Sarah, malgr\u00e9 sa faiblesse, tentant quelques bouch\u00e9es pour honorer l&#39;effort de sa fille. Il comprit que L\u00e9onie n&#39;\u00e9tait pas la seule \u00e0 vouloir prouver quelque chose par de petits gestes. Sa m\u00e8re aussi cherchait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 montrer qu&#39;elle pouvait encore recevoir, appr\u00e9cier et r\u00e9pondre \u00e0 l&#39;amour qu&#39;on lui portait. Leur relation semblait d\u00e9sormais compos\u00e9e de ces attentions modestes auxquelles la maladie donnait un poids d\u00e9mesur\u00e9. Bastien resta pr\u00e8s du lit sans r\u00e9veiller Sarah, puis ressortit pour laisser les soignants travailler.<\/p>\n<p>Dans le couloir, il demanda \u00e0 Madeleine si L\u00e9onie avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venue de l&#39;aggravation. \u00ab H\u00e9l\u00e8ne lui a parl\u00e9 hier soir \u00bb, r\u00e9pondit-elle. \u00ab La psychologue l&#39;aide \u00e0 comprendre ce qui se passe. Elle sait que sa maman est tr\u00e8s malade et qu&#39;elle risque de mourir. Mais elle continue \u00e0 esp\u00e9rer qu&#39;elle pourra rentrer pour No\u00ebl. \u00bb Bastien baissa les yeux. No\u00ebl approchait. Dans les rues de Besan\u00e7on, les vitrines se remplissaient de d\u00e9corations, les passants transportaient des paquets et les march\u00e9s installaient leurs premi\u00e8res guirlandes. Cette effervescence lui paraissait soudain cruelle. Il se demanda comment L\u00e9onie pourrait regarder les illuminations sans penser \u00e0 la chambre o\u00f9 sa m\u00e8re passait ses journ\u00e9es.<\/p>\n<p>En quittant l&#39;h\u00f4pital, Bastien t\u00e9l\u00e9phona \u00e0 Ma\u00eetre Delcourt. Il ne lui demanda pas d&#39;acc\u00e9l\u00e9rer une proc\u00e9dure ni d&#39;intervenir directement aupr\u00e8s des services. Il voulait comprendre les d\u00e9marches concr\u00e8tes qu&#39;il pouvait entreprendre pour pr\u00e9parer un \u00e9ventuel projet d&#39;accueil ou d&#39;adoption. L&#39;avocate lui rappela les conditions, les \u00e9valuations n\u00e9cessaires et les incertitudes li\u00e9es \u00e0 la situation particuli\u00e8re de L\u00e9onie. Elle insista de nouveau sur un point essentiel : la maladie de Sarah ne faisait pas automatiquement de sa fille une enfant adoptable. Des d\u00e9cisions juridiques sp\u00e9cifiques seraient n\u00e9cessaires, et aucune ne pourrait \u00eatre anticip\u00e9e simplement parce qu&#39;un adulte souhaitait l&#39;accueillir.<\/p>\n<p>Bastien l&#39;\u00e9couta jusqu&#39;au bout. \u00ab Je comprends \u00bb, r\u00e9pondit-il. \u00ab Mais je veux commencer \u00e0 me pr\u00e9parer s\u00e9rieusement. M\u00eame si cela ne conduit pas \u00e0 ce que j&#39;imagine aujourd&#39;hui. \u00bb Ma\u00eetre Delcourt lui proposa de rassembler les renseignements officiels concernant l&#39;agr\u00e9ment, les conditions d&#39;accueil et les possibilit\u00e9s de soutien aux enfants ayant v\u00e9cu des s\u00e9parations difficiles. Elle lui conseilla \u00e9galement de rencontrer des professionnels capables de l&#39;aider \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la parentalit\u00e9 au-del\u00e0 de l&#39;urgence pr\u00e9sente. Bastien accepta. Il avait longtemps consid\u00e9r\u00e9 la pr\u00e9paration comme une mani\u00e8re de ma\u00eetriser l&#39;avenir. Cette fois, elle devait lui apprendre \u00e0 respecter ce qu&#39;il ne pourrait pas ma\u00eetriser.<\/p>\n<p>Au bureau, sa nouvelle organisation commen\u00e7ait \u00e0 prendre forme. Son directeur administratif, Antoine Mercier, avait repris plusieurs dossiers op\u00e9rationnels. Antoine travaillait aupr\u00e8s de Bastien depuis huit ans et connaissait ses habitudes jusque dans leurs d\u00e9tails les plus contraignants. Il savait que son patron d\u00e9testait d\u00e9l\u00e9guer une d\u00e9cision importante sans avoir \u00e9tudi\u00e9 personnellement les chiffres. Pourtant, lorsqu&#39;il pr\u00e9senta le bilan hebdomadaire, Bastien se contenta de poser quelques questions avant de lui laisser choisir entre deux propositions commerciales. Antoine leva les sourcils. \u00ab Vous \u00eates certain de ne pas vouloir relire tout le dossier ? \u00bb Bastien sourit. \u00ab Je t&#39;ai confi\u00e9 cette responsabilit\u00e9 parce que tu sais la g\u00e9rer. \u00bb<\/p>\n<p>Antoine referma lentement sa chemise. \u00ab Je peux vous demander ce qui vous arrive ? \u00bb La question n&#39;\u00e9tait pas indiscr\u00e8te. Elle exprimait une inqui\u00e9tude r\u00e9elle devant un changement aussi soudain. Bastien r\u00e9fl\u00e9chit avant de r\u00e9pondre. \u00ab J&#39;ai rencontr\u00e9 une petite fille. Sa m\u00e8re est gravement malade. Je ne sais pas encore quelle place je pourrai avoir dans leur vie, mais cette rencontre m&#39;oblige \u00e0 regarder diff\u00e9remment la mienne. \u00bb Antoine resta silencieux un moment. Puis il demanda simplement : \u00ab Vous avez besoin que je prenne davantage de choses en charge ? \u00bb Bastien acquies\u00e7a. \u00ab Oui. Et j&#39;ai besoin que tu me dises franchement si je te confie trop de travail. \u00bb<\/p>\n<p>Cette conversation marqua un tournant discret. Pour la premi\u00e8re fois depuis des ann\u00e9es, Bastien ne chercha pas \u00e0 justifier chaque absence par une obligation professionnelle plus importante. Il apprit \u00e0 dire qu&#39;il n&#39;\u00e9tait pas disponible, sans inventer de pr\u00e9texte. Il limita les d\u00e9placements qui pouvaient \u00eatre remplac\u00e9s par des r\u00e9unions \u00e0 distance et renon\u00e7a \u00e0 deux r\u00e9ceptions o\u00f9 sa pr\u00e9sence n&#39;\u00e9tait pas indispensable. Ces d\u00e9cisions ne chang\u00e8rent pas imm\u00e9diatement sa vie, mais elles lui montr\u00e8rent qu&#39;une partie de ses contraintes provenait de ses propres habitudes. Il avait b\u00e2ti une entreprise assez solide pour fonctionner sans lui pendant quelques heures. Il lui restait \u00e0 accepter cette v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Le samedi suivant, L\u00e9onie arriva dans la salle de rencontre avec un cahier de dessin serr\u00e9 contre elle. H\u00e9l\u00e8ne l&#39;accompagnait, mais la petite semblait plus silencieuse que d&#39;habitude. Elle salua Bastien d&#39;un mouvement de t\u00eate, posa son cahier sur la table et s&#39;assit sans regarder les jeux pr\u00e9par\u00e9s. Bastien remarqua imm\u00e9diatement ses yeux gonfl\u00e9s. Il ne lui demanda pas si elle avait pleur\u00e9. Il prit simplement place en face d&#39;elle et attendit. Apr\u00e8s plusieurs minutes, L\u00e9onie ouvrit son cahier \u00e0 une page repr\u00e9sentant une maison jaune, un jardin et trois personnages dessin\u00e9s au crayon.<\/p>\n<p>\u00ab C&#39;est la maison o\u00f9 on habitait avant \u00bb, expliqua-t-elle. Bastien se pencha l\u00e9g\u00e8rement pour mieux voir. \u00ab Elle avait l&#39;air agr\u00e9able. \u00bb L\u00e9onie d\u00e9signa le personnage le plus grand. \u00ab L\u00e0, c&#39;est maman. Et l\u00e0, c&#39;est moi. \u00bb Le troisi\u00e8me personnage, beaucoup plus petit, \u00e9tait un chien brun. \u00ab Lui, c&#39;est un chien qu&#39;on voulait avoir. On avait d\u00e9cid\u00e9 de l&#39;appeler Biscotte. Mais on ne l&#39;a jamais achet\u00e9. \u00bb Elle observa longuement son dessin. \u00ab Je ne sais pas si quelqu&#39;un habite maintenant dans notre maison. \u00bb H\u00e9l\u00e8ne intervint doucement pour lui rappeler qu&#39;elle pourrait poser cette question aux adultes qui s&#39;occupaient de ses affaires.<\/p>\n<p>L\u00e9onie tourna une page. Elle avait dessin\u00e9 un lit d&#39;h\u00f4pital entour\u00e9 de fleurs. \u00ab Maman dort presque tout le temps \u00bb, dit-elle. \u00ab Avant, elle me racontait des histoires. Maintenant, c&#39;est moi qui lui en raconte. \u00bb Bastien regarda le dessin sans chercher \u00e0 lui donner une signification suppl\u00e9mentaire. \u00ab Tu dois conna\u00eetre beaucoup d&#39;histoires \u00bb, r\u00e9pondit-il. La petite acquies\u00e7a. \u00ab Mais parfois, je ne sais plus quoi dire. Alors je lui raconte les m\u00eames choses. \u00bb Elle releva les yeux. \u00ab Vous croyez que \u00e7a l&#39;ennuie ? \u00bb Bastien secoua doucement la t\u00eate. \u00ab Je ne peux pas savoir exactement ce qu&#39;elle entend, mais je sais qu&#39;elle aime ta voix. Elle me l&#39;a dit. \u00bb<\/p>\n<p>L\u00e9onie baissa les yeux vers son cahier. \u00ab Elle vous a parl\u00e9 de moi ? \u00bb demanda-t-elle. \u00ab Oui. Beaucoup. \u00bb La petite sembla h\u00e9siter entre la curiosit\u00e9 et la crainte. \u00ab Elle a dit que j&#39;\u00e9tais sage ? \u00bb Bastien prit le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa r\u00e9ponse. \u00ab Elle m&#39;a dit que tu aimais dessiner, que tu \u00e9tais attentive aux animaux et que tu savais choisir tes v\u00eatements toute seule. Elle m&#39;a aussi parl\u00e9 de ton arri\u00e8re-grand-p\u00e8re et de sa brosse. \u00bb L\u00e9onie sourit l\u00e9g\u00e8rement. \u00ab Elle n&#39;a pas dit que j&#39;\u00e9tais sage ? \u00bb Il r\u00e9pondit : \u00ab Elle m&#39;a surtout dit qu&#39;elle t&#39;aimait \u00e9norm\u00e9ment. \u00bb<\/p>\n<p>La fillette resta silencieuse. Ses doigts gliss\u00e8rent lentement sur le bord du cahier. \u00ab M\u00eame quand je fais des b\u00eatises ? \u00bb demanda-t-elle enfin. Bastien sentit la question le traverser. Il comprit que derri\u00e8re ces mots se cachait une peur que Sarah avait pressentie. \u00ab Oui, L\u00e9onie. Ta maman t&#39;aime m\u00eame quand tu fais des erreurs. \u00bb Il marqua une pause. \u00ab Et H\u00e9l\u00e8ne et Paul ne t&#39;accueillent pas seulement parce que tu es sage. Les adultes peuvent \u00eatre f\u00e2ch\u00e9s contre ce que fait un enfant sans cesser de tenir \u00e0 lui. \u00bb La petite regarda H\u00e9l\u00e8ne, qui confirma doucement : \u00ab C&#39;est vrai, ma ch\u00e9rie. \u00bb<\/p>\n<p>L\u00e9onie sembla r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 cette r\u00e9ponse avec une gravit\u00e9 disproportionn\u00e9e \u00e0 son \u00e2ge. Puis elle demanda : \u00ab Alors pourquoi maman ne peut pas rentrer ? \u00bb Bastien sentit imm\u00e9diatement les limites de ce qu&#39;il pouvait dire. Il regarda H\u00e9l\u00e8ne, qui s&#39;approcha de la table. Elle expliqua avec des mots simples que la maladie de Sarah \u00e9tait tr\u00e8s grave, que les m\u00e9decins faisaient tout leur possible pour soulager sa douleur, mais qu&#39;ils ne pouvaient pas la gu\u00e9rir. L\u00e9onie connaissait d\u00e9j\u00e0 ces informations. Pourtant, elle les \u00e9couta de nouveau, comme si leur r\u00e9p\u00e9tition pouvait finir par en changer le sens.<\/p>\n<p>\u00ab Mais si je suis tr\u00e8s sage jusqu&#39;\u00e0 No\u00ebl ? \u00bb murmura-t-elle. H\u00e9l\u00e8ne prit sa main. \u00ab Ce n&#39;est pas parce que tu fais quelque chose de bien ou de mal que ta maman est malade. Tu n&#39;as pas le pouvoir de la gu\u00e9rir en \u00e9tant sage. \u00bb L\u00e9onie d\u00e9tourna le visage. Bastien sentit une immense envie de lui promettre une journ\u00e9e heureuse, un No\u00ebl diff\u00e9rent, une surprise capable de compenser sa peine. Il se souvint alors des paroles de Sarah et se retint. Il comprenait d\u00e9sormais combien il \u00e9tait facile de vouloir effacer la tristesse d&#39;un enfant pour ne pas avoir \u00e0 la supporter soi-m\u00eame.<\/p>\n<p>La rencontre se poursuivit dans un calme fragile. L\u00e9onie demanda finalement \u00e0 faire un dessin avec Bastien. Elle choisit une feuille blanche et dessina un arbre immense, dont les branches occupaient presque toute la page. Elle lui confia la t\u00e2che de repr\u00e9senter les feuilles. Il les fit trop grandes. Elle lui expliqua patiemment qu&#39;il devait recommencer. Cette fois, il suivit ses indications. Lorsqu&#39;ils eurent termin\u00e9, L\u00e9onie contempla le r\u00e9sultat. \u00ab Celui-l\u00e0, on pourrait le donner \u00e0 maman \u00bb, proposa-t-elle. Bastien acquies\u00e7a. \u00ab Je crois qu&#39;elle serait heureuse de le voir. \u00bb<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, le dessin fut install\u00e9 pr\u00e8s du lit de Sarah. La jeune femme \u00e9tait consciente lorsque H\u00e9l\u00e8ne le lui apporta. Elle examina longuement les branches maladroites et les feuilles soigneusement color\u00e9es. \u00ab C&#39;est vous qui avez fait cette partie ? \u00bb demanda-t-elle \u00e0 Bastien, qui se trouvait pr\u00e8s de la fen\u00eatre. Il sourit. \u00ab L\u00e9onie m&#39;a beaucoup corrig\u00e9. \u00bb Sarah effleura le papier du bout des doigts. \u00ab Elle a toujours aim\u00e9 les arbres. Mon grand-p\u00e8re disait qu&#39;un arbre avait besoin de temps pour devenir solide. \u00bb Elle regarda Bastien. \u00ab Il disait aussi qu&#39;il fallait faire attention \u00e0 ce qui se passait sous la terre. Les racines travaillent m\u00eame quand personne ne les voit. \u00bb<\/p>\n<p>Cette phrase resta longtemps dans l&#39;esprit de Bastien. Il pensait aux rencontres r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, aux biscuits choisis sans crainte, aux puzzles termin\u00e9s ensemble. Rien de spectaculaire ne s&#39;\u00e9tait produit. Pourtant, il avait vu L\u00e9onie commencer \u00e0 se d\u00e9tendre en sa pr\u00e9sence. Elle osait d\u00e9sormais lui dire qu&#39;il dessinait mal, qu&#39;il confondait les couleurs ou qu&#39;il devait recommencer une pi\u00e8ce. Ces petites libert\u00e9s lui semblaient plus importantes que la reconnaissance qu&#39;elle lui avait t\u00e9moign\u00e9e au caf\u00e9. Elles signifiaient qu&#39;elle n&#39;avait plus besoin de surveiller constamment ses r\u00e9actions.<\/p>\n<p>Un soir, Bastien re\u00e7ut un appel d&#39;H\u00e9l\u00e8ne. La petite venait de faire un cauchemar. Elle s&#39;\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e en pleurant, persuad\u00e9e que sa m\u00e8re avait quitt\u00e9 l&#39;h\u00f4pital pendant son sommeil et qu&#39;elle ne la retrouverait plus. H\u00e9l\u00e8ne l&#39;avait rassur\u00e9e, mais L\u00e9onie avait demand\u00e9 si le monsieur du caf\u00e9 pouvait lui confirmer qu&#39;il avait vu Sarah r\u00e9cemment. Bastien resta un instant silencieux. Il ne voulait pas devenir une source d&#39;informations que l&#39;enfant ne pourrait pas v\u00e9rifier ni contourner les adultes responsables. Il proposa donc de parler avec H\u00e9l\u00e8ne pr\u00e9sente, si elle jugeait cela utile.<\/p>\n<p>Lorsque L\u00e9onie prit le t\u00e9l\u00e9phone, sa voix \u00e9tait petite et tendue. \u00ab Vous avez vu maman hier ? \u00bb demanda-t-elle. \u00ab Oui \u00bb, r\u00e9pondit Bastien. \u00ab Je l&#39;ai vue \u00e0 l&#39;h\u00f4pital. \u00bb Elle inspira bruyamment. \u00ab Elle \u00e9tait encore l\u00e0 ? \u00bb Il comprit l&#39;importance de la question. \u00ab Oui. Elle \u00e9tait dans sa chambre, avec les dessins que tu lui as donn\u00e9s. \u00bb L\u00e9onie resta silencieuse quelques secondes. Puis elle demanda : \u00ab Est-ce qu&#39;elle a aim\u00e9 notre arbre ? \u00bb Bastien regarda le chiffon pos\u00e9 sur son bureau. \u00ab Elle l&#39;a regard\u00e9 longtemps. Elle m&#39;a m\u00eame racont\u00e9 quelque chose que disait ton arri\u00e8re-grand-p\u00e8re \u00e0 propos des arbres. \u00bb<\/p>\n<p>Il r\u00e9p\u00e9ta la phrase sur les racines, en la simplifiant l\u00e9g\u00e8rement. L\u00e9onie l&#39;\u00e9couta avec attention. \u00ab Alors les racines, c&#39;est comme quand on aime quelqu&#39;un m\u00eame si on ne le voit pas ? \u00bb demanda-t-elle. Bastien sentit l&#39;\u00e9motion monter dans sa gorge. \u00ab On peut voir les choses comme \u00e7a \u00bb, r\u00e9pondit-il. H\u00e9l\u00e8ne reprit ensuite le t\u00e9l\u00e9phone et le remercia. Elle expliqua que L\u00e9onie semblait apais\u00e9e et qu&#39;elle allait essayer de se rendormir. Bastien resta longtemps assis dans son bureau apr\u00e8s avoir raccroch\u00e9. Il comprenait d\u00e9sormais que les paroles prononc\u00e9es devant un enfant pouvaient devenir des rep\u00e8res auxquels celui-ci s&#39;accrochait dans les moments de peur.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de d\u00e9cembre, une nouvelle r\u00e9union fut organis\u00e9e pour examiner la situation de L\u00e9onie. Bastien n&#39;y participa pas directement, mais il fut inform\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments qui le concernaient. Les services maintenaient l&#39;accueil temporaire chez H\u00e9l\u00e8ne et Paul pendant l&#39;\u00e9valuation des solutions possibles. Sarah avait r\u00e9affirm\u00e9 son souhait que sa fille conserve des liens stables avec les personnes qui comptaient d\u00e9j\u00e0 pour elle. Les professionnels consid\u00e9raient d\u00e9sormais la relation naissante avec Bastien comme un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 observer, sans en tirer de conclusion pr\u00e9matur\u00e9e. Il accepta cette prudence, m\u00eame si l&#39;incertitude lui pesait.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Delcourt lui rappela que les d\u00e9marches concernant un \u00e9ventuel agr\u00e9ment ne garantissaient rien quant \u00e0 L\u00e9onie. \u00ab Tu dois \u00eatre pr\u00eat \u00e0 entendre une r\u00e9ponse qui ne correspondra peut-\u00eatre pas \u00e0 ce que tu esp\u00e8res \u00bb, lui dit-elle. Bastien acquies\u00e7a. \u00ab Je sais. \u00bb Elle poursuivit : \u00ab Et si tu t&#39;engages aupr\u00e8s d&#39;elle, il faudra aussi accepter qu&#39;elle puisse aimer H\u00e9l\u00e8ne, Paul et sa m\u00e8re sans que cela diminue le lien qu&#39;elle pourrait avoir avec toi. \u00bb Il r\u00e9pondit sans h\u00e9sitation : \u00ab Je ne voudrais jamais lui demander de choisir entre les personnes qu&#39;elle aime. \u00bb<\/p>\n<p>Cette r\u00e9ponse n&#39;\u00e9tait pas seulement une formule. Bastien avait commenc\u00e9 \u00e0 comprendre que l&#39;attachement de L\u00e9onie \u00e0 sa m\u00e8re ne dispara\u00eetrait pas avec la maladie, pas plus que sa reconnaissance envers H\u00e9l\u00e8ne et Paul. Si un jour il occupait une place durable dans sa vie, il devrait respecter cette histoire d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9e avant lui. Il ne pourrait pas devenir un p\u00e8re en effa\u00e7ant les personnes qui avaient pris soin d&#39;elle. Cette id\u00e9e, d&#39;abord intimidante, lui semblait d\u00e9sormais naturelle. L\u00e9onie n&#39;\u00e9tait pas une page blanche sur laquelle il pourrait \u00e9crire sa propre histoire.<\/p>\n<p>Le vendredi suivant, l&#39;h\u00f4pital appela H\u00e9l\u00e8ne pour lui signaler que Sarah souhaitait voir L\u00e9onie d\u00e8s que possible. Son \u00e9tat s&#39;\u00e9tait encore affaibli. Les m\u00e9decins ne pouvaient pas annoncer pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui allait se passer, mais ils estimaient important de permettre une visite dans de bonnes conditions. H\u00e9l\u00e8ne pr\u00e9vint Madame Fournier et organisa le d\u00e9placement avec le soutien des soignants. Bastien, qui devait rencontrer Sarah ce jour-l\u00e0, fut inform\u00e9 qu&#39;il pourrait venir plus tard si elle en avait encore la force. Il annula aussit\u00f4t son rendez-vous professionnel, sans chercher \u00e0 discuter avec Antoine des cons\u00e9quences pratiques.<\/p>\n<p>Lorsque L\u00e9onie arriva dans la chambre, Sarah \u00e9tait \u00e9veill\u00e9e. Elle semblait extr\u00eamement fatigu\u00e9e, mais son regard s&#39;\u00e9claira en apercevant sa fille. H\u00e9l\u00e8ne s&#39;approcha du lit et aida la petite \u00e0 s&#39;installer sur une chaise. L\u00e9onie tenait un dessin roul\u00e9 dans ses mains. Cette fois, elle avait repr\u00e9sent\u00e9 un sapin de No\u00ebl, une maison et plusieurs personnages r\u00e9unis autour d&#39;une table. \u00ab Je l&#39;ai fait pour toi \u00bb, annon\u00e7a-t-elle. Sarah regarda le dessin avec attention. \u00ab Il est magnifique, mon c\u0153ur. \u00bb Sa voix \u00e9tait si faible que L\u00e9onie dut se pencher pour l&#39;entendre.<\/p>\n<p>\u00ab Tu crois que tu pourras venir \u00e0 No\u00ebl ? \u00bb demanda la fillette. Sarah ferma les yeux un instant. Elle connaissait la r\u00e9ponse probable, mais elle ne voulait pas mentir. \u00ab Je ne crois pas que je pourrai sortir d&#39;ici \u00bb, murmura-t-elle. L\u00e9onie serra les l\u00e8vres. \u00ab M\u00eame si Paul vient te chercher en voiture ? \u00bb Sarah secoua doucement la t\u00eate. \u00ab M\u00eame avec une voiture. Mon corps est trop fatigu\u00e9. \u00bb La petite regarda les couvertures, les appareils et le visage de sa m\u00e8re. Elle semblait chercher un d\u00e9tail qui lui permettrait de contester cette r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Alors je peux venir ici avec mon dessin \u00bb, proposa-t-elle. Sarah sourit. \u00ab Oui, si les adultes peuvent organiser \u00e7a et si je suis encore capable de te recevoir. \u00bb Elle prit une inspiration difficile. \u00ab Mais je voudrais surtout que tu passes No\u00ebl entour\u00e9e de personnes qui prennent soin de toi. Tu as le droit de rire, de jouer et de manger des g\u00e2teaux, m\u00eame si je ne peux pas \u00eatre avec toi. \u00bb L\u00e9onie secoua la t\u00eate. \u00ab Je ne veux pas \u00eatre contente si tu es triste. \u00bb Sarah leva p\u00e9niblement la main vers son visage. \u00ab Mon amour, ton bonheur ne me rendra jamais triste. \u00bb<\/p>\n<p>Bastien entra un peu plus tard, lorsque la visite de L\u00e9onie fut termin\u00e9e. Il croisa H\u00e9l\u00e8ne dans le couloir. Elle tenait la petite par la main. L\u00e9onie semblait \u00e9puis\u00e9e, mais elle lui adressa un signe de t\u00eate. \u00ab Maman a vu mon sapin \u00bb, lui dit-elle. \u00ab Elle l&#39;a trouv\u00e9 beau. \u00bb Bastien r\u00e9pondit qu&#39;il en \u00e9tait heureux. Il aurait voulu lui demander comment elle se sentait, mais H\u00e9l\u00e8ne lui indiqua discr\u00e8tement qu&#39;elles devaient rentrer. La fillette avait besoin de repos. Il les regarda s&#39;\u00e9loigner, puis entra dans la chambre de Sarah.<\/p>\n<p>La jeune femme avait les yeux ferm\u00e9s. Le dessin du sapin reposait pr\u00e8s de son oreiller. Lorsqu&#39;elle entendit Bastien s&#39;approcher, elle tourna l\u00e9g\u00e8rement la t\u00eate. \u00ab Elle m&#39;a demand\u00e9 si elle avait \u00e9t\u00e9 assez sage pour que je gu\u00e9risse \u00bb, murmura-t-elle. Bastien sentit son c\u0153ur se serrer. \u00ab H\u00e9l\u00e8ne m&#39;avait dit qu&#39;elle se posait cette question. \u00bb Sarah hocha faiblement la t\u00eate. \u00ab Je lui ai expliqu\u00e9 que ce n&#39;\u00e9tait pas sa faute. Mais je voudrais tellement qu&#39;elle le comprenne vraiment. \u00bb Elle prit une longue inspiration. \u00ab Vous savez, on peut r\u00e9p\u00e9ter cent fois une v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 un enfant. Il faut parfois des ann\u00e9es pour qu&#39;elle trouve sa place. \u00bb<\/p>\n<p>Bastien s&#39;assit pr\u00e8s d&#39;elle. Il ne chercha pas \u00e0 la rassurer avec des certitudes impossibles. \u00ab Nous continuerons \u00e0 le lui dire \u00bb, r\u00e9pondit-il. \u00ab H\u00e9l\u00e8ne, Paul, les personnes qui l&#39;accompagnent\u2026 et moi, si je peux encore faire partie de sa vie. \u00bb Sarah le regarda longuement. \u00ab C&#39;est ce que j&#39;esp\u00e8re. \u00bb Elle ferma les yeux un instant, puis reprit : \u00ab Madeleine a termin\u00e9 la lettre. Elle sait \u00e0 quel moment je voudrais qu&#39;on la lui donne. \u00bb Bastien acquies\u00e7a sans demander \u00e0 en conna\u00eetre le contenu.<\/p>\n<p>Sarah sembla h\u00e9siter avant de poursuivre. \u00ab Il y a une chose que je voudrais encore vous demander. \u00bb Bastien se pencha l\u00e9g\u00e8rement. \u00ab Je vous \u00e9coute. \u00bb Elle regarda le dessin du sapin. \u00ab Si L\u00e9onie vous parle de moi plus tard, ne changez pas de sujet parce que cela vous rend triste. Laissez-la raconter les souvenirs, m\u00eame s&#39;ils sont douloureux. \u00bb Sa voix trembla. \u00ab Je ne veux pas devenir un silence dans sa vie. \u00bb Bastien prit doucement sa main. \u00ab Je vous le promets. Si elle veut parler de vous, je l&#39;\u00e9couterai. \u00bb<\/p>\n<p>Cette promesse lui sembla diff\u00e9rente de celles qu&#39;il avait refus\u00e9 de faire jusqu&#39;alors. Il ne garantissait ni une adoption, ni un avenir pr\u00e9cis, ni la disparition du chagrin. Il s&#39;engageait seulement \u00e0 ne pas fermer la porte aux souvenirs de Sarah. C&#39;\u00e9tait une responsabilit\u00e9 modeste en apparence, mais il savait qu&#39;elle pourrait lui demander du courage pendant longtemps. La jeune femme serra faiblement ses doigts avant de les rel\u00e2cher. Ses paupi\u00e8res se ferm\u00e8rent, et sa respiration reprit un rythme lent.<\/p>\n<p>En sortant de la chambre, Bastien trouva Madeleine pr\u00e8s du poste des infirmi\u00e8res. Elle lui expliqua que Sarah avait demand\u00e9 \u00e0 revoir sa lettre une derni\u00e8re fois. \u00ab Elle veut \u00eatre certaine de ne pas laisser \u00e0 L\u00e9onie des mots qui lui feraient croire qu&#39;elle doit accomplir quelque chose pour m\u00e9riter son amour \u00bb, pr\u00e9cisa-t-elle. Bastien regarda la porte derri\u00e8re lui. Cette pr\u00e9occupation, m\u00eame au seuil de la mort, lui parut profond\u00e9ment fid\u00e8le \u00e0 la femme qu&#39;il avait appris \u00e0 conna\u00eetre. Sarah ne cherchait plus \u00e0 transmettre des r\u00e8gles de conduite. Elle voulait lib\u00e9rer sa fille d&#39;une obligation qu&#39;elle lui avait donn\u00e9e sans en mesurer les cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>Le soir, dans son appartement, Bastien ouvrit la fen\u00eatre malgr\u00e9 le froid. Les lumi\u00e8res de Besan\u00e7on scintillaient au loin. Il entendait les voitures passer sur l&#39;avenue et, plus pr\u00e8s, le bruit d&#39;une porte qui se refermait dans l&#39;immeuble. Il pensa \u00e0 Sarah, \u00e0 L\u00e9onie et \u00e0 toutes les conversations qui restaient inachev\u00e9es entre elles. Il comprit que sa pr\u00e9sence ne pourrait pas emp\u00eacher la perte qui approchait. Elle pourrait seulement contribuer \u00e0 ce que L\u00e9onie ne la traverse pas sans soutien. Cette id\u00e9e lui apporta une forme de lucidit\u00e9 douloureuse.<\/p>\n<p>Avant de se coucher, il prit le chiffon de L\u00e9onie dans ses mains. Il se souvint de ses gestes appliqu\u00e9s, de sa fiert\u00e9 et de son obstination \u00e0 ne pas recevoir sans donner. Puis il le d\u00e9posa pr\u00e8s de la photographie de sa m\u00e8re, qu&#39;il avait sortie d&#39;un tiroir quelques jours auparavant. Les deux objets n&#39;avaient aucun lien apparent. Pourtant, ils repr\u00e9sentaient d\u00e9sormais pour lui la m\u00eame question : que reste-t-il de l&#39;amour lorsque les personnes qui l&#39;ont donn\u00e9 ne peuvent plus \u00eatre pr\u00e9sentes ? Bastien n&#39;avait pas encore de r\u00e9ponse compl\u00e8te. Il savait seulement qu&#39;il ne voulait plus passer sa vie \u00e0 la chercher en restant immobile.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6759\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 6 : \u00c0 l\u2019approche de No\u00ebl, la disparition de Sarah oblige L\u00e9onie et Bastien \u00e0 affronter une peine qu\u2019aucune richesse ne peut effacer<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque Bastien revint \u00e0 l&#39;h\u00f4pital le lendemain matin, il trouva Madeleine assise dans le couloir, pr\u00e8s d&#39;une fen\u00eatre couverte de bu\u00e9e. La b\u00e9n\u00e9vole tenait une tasse de th\u00e9 qu&#39;elle n&#39;avait &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":6753,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6758","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6758","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6758"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6758\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6770,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6758\/revisions\/6770"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6753"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6758"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6758"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6758"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}