{"id":6672,"date":"2026-10-18T02:22:45","date_gmt":"2026-10-18T02:22:45","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6672"},"modified":"2026-10-18T02:22:45","modified_gmt":"2026-10-18T02:22:45","slug":"partie-10-quand-ses-parents-tentent-une-derniere-fois-dimposer-leurs-conditions-camille-choisit-de-proteger-la-vie-quelle-a-construite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6672","title":{"rendered":"PARTIE 10 \u2013 Quand ses parents tentent une derni\u00e8re fois d&#8217;imposer leurs conditions, Camille choisit de prot\u00e9ger la vie qu&#8217;elle a construite"},"content":{"rendered":"<p>Trois semaines apr\u00e8s la visite de Sophie \u00e0 Rennes, Camille re\u00e7ut un appel du secr\u00e9tariat de son service hospitalier. Une femme venait de t\u00e9l\u00e9phoner en se pr\u00e9sentant comme sa m\u00e8re et avait demand\u00e9 \u00e0 conna\u00eetre ses prochains horaires de pr\u00e9sence. Elle expliquait souhaiter lui remettre personnellement un document important. La secr\u00e9taire, qui ignorait les d\u00e9tails de l&#39;histoire familiale de Camille, avait refus\u00e9 de communiquer son planning et propos\u00e9 de transmettre un message. La femme avait insist\u00e9, puis laiss\u00e9 un num\u00e9ro. Camille reconnut imm\u00e9diatement celui de sa m\u00e8re biologique.<\/p>\n<p>Elle remercia sa coll\u00e8gue d&#39;avoir respect\u00e9 la confidentialit\u00e9 de ses informations professionnelles. Puis elle s&#39;assit quelques minutes dans une petite salle de travail pour r\u00e9fl\u00e9chir. Les Besson avaient re\u00e7u sa lettre. Ils connaissaient sa demande de ne pas organiser de rencontre improvis\u00e9e. Pourtant, sa m\u00e8re cherchait maintenant \u00e0 obtenir des renseignements sur son lieu de travail. Camille sentit la col\u00e8re monter, mais elle savait qu&#39;une r\u00e9action pr\u00e9cipit\u00e9e ne servirait pas ses int\u00e9r\u00eats. Elle avait besoin de r\u00e9affirmer clairement une limite, sans laisser la situation perturber son activit\u00e9 aupr\u00e8s des patients.<\/p>\n<p>Elle \u00e9crivit un message bref \u00e0 sa m\u00e8re biologique. Elle rappelait qu&#39;elle ne souhaitait pas de visite \u00e0 l&#39;h\u00f4pital ni de tentative de contact par l&#39;interm\u00e9diaire de ses coll\u00e8gues. Si un document devait lui \u00eatre transmis, il pouvait \u00eatre envoy\u00e9 par courrier \u00e0 l&#39;adresse qu&#39;elle avait d\u00e9j\u00e0 communiqu\u00e9e pour les \u00e9changes familiaux. Elle ajoutait qu&#39;une nouvelle tentative d&#39;obtenir son planning professionnel serait consid\u00e9r\u00e9e comme un refus de respecter ses limites. Avant d&#39;envoyer le message, elle le relut pour v\u00e9rifier qu&#39;il ne contenait aucune accusation inutile.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse arriva rapidement. Sa m\u00e8re expliquait qu&#39;elle avait voulu lui remettre quelques photographies anciennes et lui parler d&#39;une question familiale devenue urgente. Elle semblait bless\u00e9e par le ton de Camille et affirmait qu&#39;une m\u00e8re ne devrait pas \u00eatre oblig\u00e9e de demander l&#39;autorisation de voir sa fille. Camille resta longtemps devant cette phrase. Elle aurait voulu pouvoir r\u00e9pondre que la maternit\u00e9 ne se r\u00e9sumait pas au droit d&#39;entrer dans la vie d&#39;un enfant lorsque cela convenait \u00e0 l&#39;adulte. Mais elle savait que cette discussion avait d\u00e9j\u00e0 eu lieu sous diff\u00e9rentes formes, sans produire le changement attendu.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9cida de ne pas poursuivre l&#39;\u00e9change ce jour-l\u00e0. Son service \u00e9tait charg\u00e9, et plusieurs patients attendaient une prise en charge. Elle rangea le t\u00e9l\u00e9phone dans son casier et retourna travailler. Pourtant, l&#39;appel ne la quittait pas compl\u00e8tement. Chaque fois qu&#39;une personne inconnue traversait le couloir, elle se demandait un instant si ses parents allaient appara\u00eetre. Cette vigilance lui rappela la p\u00e9riode o\u00f9, adolescente, elle surveillait les portes de l&#39;h\u00f4pital en esp\u00e9rant leur retour. La diff\u00e9rence \u00e9tait douloureuse : autrefois, elle avait peur qu&#39;ils ne viennent pas. Aujourd&#39;hui, elle craignait qu&#39;ils viennent sans respecter sa volont\u00e9.<\/p>\n<p>Le soir, elle parla \u00e0 Claire. Sa m\u00e8re adoptive lui conseilla de conserver les messages et de pr\u00e9venir les responsables du service que des proches \u00e9loign\u00e9s pourraient tenter d&#39;obtenir des renseignements personnels. Camille suivit cette recommandation le lendemain. Elle ne souhaitait pas provoquer un conflit officiel, mais elle devait prot\u00e9ger la confidentialit\u00e9 de son emploi du temps et pr\u00e9server les patients de toute intrusion. Son sup\u00e9rieur comprit imm\u00e9diatement la situation. Il lui rappela que personne ne devait communiquer les horaires personnels des membres du personnel sans autorisation.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, Sophie lui annon\u00e7a que leur p\u00e8re avait \u00e9galement tent\u00e9 de la convaincre d&#39;organiser une rencontre familiale. Il lui avait expliqu\u00e9 que la situation devenait embarrassante aupr\u00e8s de certains proches, notamment apr\u00e8s la diffusion de photographies de la c\u00e9r\u00e9monie universitaire. Plusieurs personnes avaient pos\u00e9 des questions sur le discours de Camille et sur l&#39;identit\u00e9 de Claire. Les Besson avaient r\u00e9pondu de mani\u00e8re \u00e9vasive. Leur p\u00e8re estimait d\u00e9sormais qu&#39;une photographie des deux s\u0153urs avec leurs parents permettrait de montrer que les difficult\u00e9s anciennes \u00e9taient d\u00e9pass\u00e9es.<\/p>\n<p>Sophie avait refus\u00e9. Elle avait rappel\u00e9 qu&#39;aucune r\u00e9conciliation n&#39;avait eu lieu et qu&#39;une image destin\u00e9e \u00e0 rassurer l&#39;entourage ne pouvait remplacer une conversation honn\u00eate. Leur p\u00e8re s&#39;\u00e9tait emport\u00e9, l&#39;accusant d&#39;avoir choisi le camp de Camille. Sophie lui avait r\u00e9pondu qu&#39;il ne s&#39;agissait pas de choisir un camp, mais de reconna\u00eetre les faits. Elle raconta cet \u00e9change \u00e0 sa s\u0153ur avec une fatigue visible dans la voix. Camille lui proposa de ne plus servir d&#39;interm\u00e9diaire. Sophie accepta. Elle comprenait maintenant combien leur p\u00e8re utilisait les relations entre les membres de la famille pour exercer une pression indirecte.<\/p>\n<p>Le m\u00eame soir, Camille re\u00e7ut une enveloppe contenant plusieurs photographies anciennes. Sa m\u00e8re biologique avait joint un mot manuscrit. Elle expliquait avoir retrouv\u00e9 des images de Clara enfant et souhaitait les lui rendre. Certaines photographies montraient des anniversaires, des vacances et des moments ordinaires dans la maison de Nantes. Camille les parcourut avec une \u00e9motion inattendue. Elle avait conserv\u00e9 si peu de souvenirs mat\u00e9riels de cette p\u00e9riode qu&#39;elle ne pouvait pas rester indiff\u00e9rente \u00e0 ces images. Elle reconnut un jouet, une robe et le chien d&#39;un voisin avec lequel elle aimait jouer.<\/p>\n<p>Parmi les photographies figurait un clich\u00e9 pris quelques semaines avant les premiers sympt\u00f4mes de sa maladie. Clara souriait devant un g\u00e2teau d&#39;anniversaire, Sophie se tenait derri\u00e8re elle et leurs parents apparaissaient de chaque c\u00f4t\u00e9. Camille observa longtemps leurs visages. Elle chercha vainement dans cette image un signe annon\u00e7ant ce qui allait suivre. Rien ne semblait inhabituel. Son p\u00e8re posait une main sur son \u00e9paule, sa m\u00e8re souriait et Sophie regardait l&#39;objectif. La photographie t\u00e9moignait d&#39;un moment r\u00e9el. Elle ne disait rien de la fa\u00e7on dont cette famille r\u00e9agirait lorsque la maladie entrerait dans leur vie.<\/p>\n<p>Le mot de sa m\u00e8re se terminait par une demande de rencontre. Elle expliquait que les photographies ne pouvaient pas remplacer les souvenirs qu&#39;elles auraient pu partager et qu&#39;elle souhaitait parler \u00e0 Camille avant qu&#39;il ne soit trop tard. Cette derni\u00e8re expression troubla la jeune m\u00e9decin. Elle savait que le temps passait pour tout le monde, mais elle refusait que l&#39;\u00e2ge ou l&#39;inqui\u00e9tude de ses parents devienne un argument destin\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer son pardon. Elle avait consacr\u00e9 une grande partie de son enfance \u00e0 s&#39;adapter aux d\u00e9cisions des adultes. Elle ne voulait plus r\u00e9p\u00e9ter ce mouvement.<\/p>\n<p>Pourtant, elle ne rejeta pas les photographies. Elle les rangea soigneusement dans une bo\u00eete et \u00e9crivit \u00e0 sa m\u00e8re pour la remercier de les avoir envoy\u00e9es. Elle pr\u00e9cisa qu&#39;elle \u00e9tait touch\u00e9e de retrouver ces souvenirs, mais que leur transmission ne modifiait pas les limites d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9es. Elle proposa une possibilit\u00e9 concr\u00e8te : si ses parents souhaitaient r\u00e9ellement reprendre le dialogue, ils pouvaient participer \u00e0 une rencontre encadr\u00e9e par un professionnel de la m\u00e9diation familiale, \u00e0 condition d&#39;accepter au pr\u00e9alable que Camille serait libre d&#39;y mettre fin si ses questions \u00e9taient \u00e9vit\u00e9es ou si sa parole n&#39;\u00e9tait pas respect\u00e9e.<\/p>\n<p>La proposition lui demanda davantage de courage qu&#39;elle ne l&#39;avait imagin\u00e9. Elle ne souhaitait pas renouer \u00e0 n&#39;importe quel prix, mais elle ne voulait pas non plus fermer une porte uniquement pour se prot\u00e9ger de la d\u00e9ception. Elle connaissait l&#39;importance de distinguer une d\u00e9cision r\u00e9fl\u00e9chie d&#39;une r\u00e9action prise sous le coup de la peur. En proposant un cadre pr\u00e9cis, elle esp\u00e9rait v\u00e9rifier si ses parents \u00e9taient capables d&#39;accepter une relation dans laquelle ils ne disposeraient plus de toute l&#39;autorit\u00e9.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re r\u00e9pondit deux jours plus tard. Il jugeait l&#39;id\u00e9e d&#39;une m\u00e9diation excessive et affirmait que les familles devaient pouvoir r\u00e9soudre leurs difficult\u00e9s sans intervention ext\u00e9rieure. Il estimait \u00e9galement que Camille exag\u00e9rait la gravit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements anciens. Selon lui, les d\u00e9cisions prises \u00e0 l&#39;\u00e9poque avaient \u00e9t\u00e9 douloureuses pour tout le monde, et le temps avait montr\u00e9 qu&#39;elle avait finalement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#39;un environnement favorable. Camille relut cette derni\u00e8re phrase plusieurs fois. Son p\u00e8re pr\u00e9sentait d\u00e9sormais la stabilit\u00e9 trouv\u00e9e aupr\u00e8s de Claire comme une preuve que l&#39;abandon n&#39;avait pas eu de cons\u00e9quences aussi graves qu&#39;elle le disait.<\/p>\n<p>Elle sentit une col\u00e8re sourde lui traverser la poitrine. Claire avait travaill\u00e9 pendant des ann\u00e9es pour lui offrir une vie stable. Les professionnels hospitaliers avaient assur\u00e9 ses soins. Camille elle-m\u00eame avait consacr\u00e9 une \u00e9nergie consid\u00e9rable \u00e0 reconstruire sa confiance. Rien de cela ne transformait la d\u00e9cision des Besson en acte b\u00e9n\u00e9fique. Elle avait r\u00e9ussi malgr\u00e9 leur d\u00e9part, non gr\u00e2ce \u00e0 lui. Cette distinction lui semblait \u00e9vidente. Son p\u00e8re paraissait incapable de la reconna\u00eetre sans y voir une accusation insupportable.<\/p>\n<p>Camille r\u00e9pondit qu&#39;elle ne participerait pas \u00e0 une rencontre non encadr\u00e9e dans ces conditions. Elle expliqua que la m\u00e9diation n&#39;\u00e9tait pas une sanction, mais un moyen de permettre \u00e0 chacun de parler sans imposer sa version. Elle ne voulait plus r\u00e9p\u00e9ter des conversations o\u00f9 ses questions restaient sans r\u00e9ponse. Elle ajouta qu&#39;elle respectait leur droit de refuser cette proposition. En retour, elle attendait qu&#39;ils respectent sa d\u00e9cision de maintenir la distance.<\/p>\n<p>Lorsque la r\u00e9ponse fut envoy\u00e9e, elle ressentit un m\u00e9lange de tristesse et de soulagement. Elle avait esp\u00e9r\u00e9 que les Besson accepteraient au moins d&#39;examiner une solution permettant une discussion plus honn\u00eate. Leur refus ne fermait pas n\u00e9cessairement toute possibilit\u00e9 future, mais il montrait que les conditions d&#39;une rencontre apais\u00e9e n&#39;\u00e9taient pas r\u00e9unies. Camille d\u00e9cida de ne pas revenir imm\u00e9diatement sur le sujet. Elle avait formul\u00e9 ce qu&#39;elle pouvait proposer sans sacrifier son \u00e9quilibre.<\/p>\n<p>Dans les semaines suivantes, elle se concentra sur son travail. Elle rejoignit une \u00e9quipe o\u00f9 elle devait approfondir sa formation en p\u00e9diatrie et participer \u00e0 la prise en charge d&#39;enfants atteints de maladies graves. Les premi\u00e8res journ\u00e9es furent exigeantes. Elle devait apprendre \u00e0 conna\u00eetre les habitudes du service, les protocoles et les coll\u00e8gues. Elle d\u00e9couvrit rapidement qu&#39;\u00eatre major de promotion ne dispensait pas de poser des questions ni de demander conseil. Elle appr\u00e9cia cette humilit\u00e9 impos\u00e9e par la pratique. Elle lui rappelait que la m\u00e9decine \u00e9tait un travail collectif, fond\u00e9 sur des connaissances toujours \u00e0 approfondir.<\/p>\n<p>Un soir, elle resta aupr\u00e8s d&#39;une petite patiente qui redoutait une intervention pr\u00e9vue le lendemain. L&#39;enfant lui demanda si les m\u00e9decins avaient parfois peur. Camille r\u00e9pondit que oui, qu&#39;ils pouvaient \u00eatre inquiets lorsqu&#39;une situation \u00e9tait difficile, mais qu&#39;ils travaillaient ensemble pour prendre les meilleures d\u00e9cisions possibles. Elle lui expliqua ensuite les \u00e9tapes de l&#39;intervention avec des mots adapt\u00e9s \u00e0 son \u00e2ge. La fillette posa plusieurs questions, puis demanda si sa m\u00e8re pourrait rester pr\u00e8s d&#39;elle jusqu&#39;au moment pr\u00e9vu. Camille v\u00e9rifia les possibilit\u00e9s d&#39;accompagnement et lui r\u00e9pondit pr\u00e9cis\u00e9ment.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette conversation, elle pensa \u00e0 Claire. Elle se souvenait des soir\u00e9es o\u00f9 l&#39;infirmi\u00e8re s&#39;asseyait pr\u00e8s de son lit pour lui expliquer un traitement. Elle avait maintenant la possibilit\u00e9 de reproduire une partie de cette attention, sans pr\u00e9tendre conna\u00eetre exactement ce que ressentait chaque enfant. Cette continuit\u00e9 lui apportait une satisfaction profonde. Elle comprenait que sa vocation ne consistait pas \u00e0 r\u00e9parer symboliquement sa propre enfance, mais \u00e0 offrir aux patients les informations et le respect qu&#39;ils \u00e9taient en droit d&#39;attendre.<\/p>\n<p>Sophie vint la voir un dimanche. Elles d\u00e9jeun\u00e8rent dans un petit restaurant parisien et parl\u00e8rent de leurs projets pour les mois suivants. Sophie envisageait de r\u00e9duire les contacts avec leurs parents pendant quelque temps. Elle ne souhaitait pas rompre d\u00e9finitivement, mais elle avait besoin de prendre du recul. Leur p\u00e8re continuait \u00e0 lui reprocher son r\u00f4le dans la d\u00e9couverte des documents, et leur m\u00e8re lui demandait r\u00e9guli\u00e8rement d&#39;intervenir aupr\u00e8s de Camille. Sophie avait d\u00e9cid\u00e9 de ne plus r\u00e9pondre \u00e0 ces sollicitations. Camille l&#39;\u00e9couta sans lui conseiller une conduite particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Je crois que j&#39;ai longtemps confondu l&#39;ob\u00e9issance avec l&#39;affection \u00bb, dit Sophie. Camille acquies\u00e7a. Cette phrase lui semblait d\u00e9crire une partie de leur enfance commune. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle avait elle-m\u00eame d\u00fb apprendre \u00e0 ne pas accepter n&#39;importe quelle demande par peur de perdre les personnes auxquelles elle tenait. Claire lui avait montr\u00e9 qu&#39;un d\u00e9saccord ne signifiait pas n\u00e9cessairement une rupture. Sophie lui demanda si elle pensait que leurs parents pourraient un jour comprendre cela. Camille r\u00e9pondit qu&#39;elle l&#39;ignorait. Elle ne voulait plus organiser sa vie autour de cette attente.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, leur m\u00e8re biologique envoya un nouveau message. Cette fois, elle ne demandait pas de photographie ni de rencontre imm\u00e9diate. Elle \u00e9crivait qu&#39;elle avait relu la lettre de Camille et commen\u00e7ait \u00e0 comprendre que certaines de ses paroles avaient pu lui faire du mal. Elle reconnaissait avoir eu peur pendant la maladie et avoir fui une situation qu&#39;elle ne savait pas affronter. Elle ajoutait qu&#39;elle regrettait son absence pendant les traitements. Camille lut le message plusieurs fois. Il ne constituait pas encore une reconnaissance compl\u00e8te, mais son ton diff\u00e9rait des textes pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Camille r\u00e9pondit bri\u00e8vement qu&#39;elle avait re\u00e7u ses paroles et qu&#39;elle avait besoin de temps pour les consid\u00e9rer. Elle ne souhaitait pas transformer cette premi\u00e8re reconnaissance en promesse de r\u00e9conciliation. Elle savait que les changements durables se manifestaient par des actes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, pas seulement par un message plus sensible que les autres. Pourtant, elle se permit de ressentir un peu de soulagement. Sa m\u00e8re avait enfin employ\u00e9 un mot qui lui semblait essentiel : absence. Elle ne parlait plus uniquement des difficult\u00e9s familiales ou des sacrifices, mais de ce qu&#39;elle n&#39;avait pas fait.<\/p>\n<p>La r\u00e9action de son p\u00e8re fut diff\u00e9rente. Lorsqu&#39;il apprit que sa femme avait \u00e9crit \u00e0 Camille, il lui reprocha d&#39;avoir reconnu des responsabilit\u00e9s sans avoir discut\u00e9 avec lui. Sophie transmit cette information \u00e0 sa s\u0153ur apr\u00e8s l&#39;avoir entendue au cours d&#39;un appel. Camille ne fut pas surprise, mais elle \u00e9prouva de la tristesse pour sa m\u00e8re. Elle comprenait d\u00e9sormais que les Besson ne formaient pas un ensemble parfaitement uni. Chacun portait sa part de responsabilit\u00e9, ses peurs et sa mani\u00e8re de se prot\u00e9ger. Cela ne changeait pas les cons\u00e9quences de leurs d\u00e9cisions, mais pouvait expliquer pourquoi une prise de conscience commune restait difficile.<\/p>\n<p>Camille d\u00e9cida de maintenir sa proposition de m\u00e9diation. Elle informa sa m\u00e8re qu&#39;elle accepterait d&#39;examiner une rencontre encadr\u00e9e si les deux parents souhaitaient r\u00e9ellement discuter des faits et de leurs cons\u00e9quences. Elle pr\u00e9cisa qu&#39;aucune participation n&#39;\u00e9tait obligatoire. Sa m\u00e8re r\u00e9pondit qu&#39;elle y r\u00e9fl\u00e9chirait. Son p\u00e8re ne donna pas de r\u00e9ponse. Camille choisit de ne pas relancer. Elle avait fait une proposition claire. Il leur appartenait d\u00e9sormais de d\u00e9cider s&#39;ils \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 l&#39;accepter.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du mois, Claire vint passer un week-end \u00e0 Paris. Elles visit\u00e8rent une librairie, pr\u00e9par\u00e8rent un repas et regard\u00e8rent un vieux film que Camille connaissait presque par c\u0153ur. Le dimanche matin, Claire lui demanda si elle regrettait d&#39;avoir ouvert cette partie de son histoire. Camille r\u00e9fl\u00e9chit longtemps. Elle avait souffert en d\u00e9couvrant les documents et en affrontant les justifications de ses parents. Pourtant, elle ne regrettait pas de conna\u00eetre davantage la v\u00e9rit\u00e9. Elle avait retrouv\u00e9 Sophie, compris certaines d\u00e9cisions anciennes et appris \u00e0 formuler des limites qu&#39;elle n&#39;aurait pas os\u00e9 poser quelques ann\u00e9es auparavant.<\/p>\n<p>Claire lui r\u00e9pondit qu&#39;elle \u00e9tait heureuse de la voir avancer sans chercher \u00e0 effacer sa peine. Puis elle lui demanda si elle souhaitait venir \u00e0 Rennes pour No\u00ebl. Camille sourit. Elle avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 organiser son planning pour obtenir quelques jours de repos. Sophie pourrait peut-\u00eatre les rejoindre. Elles n&#39;avaient pas encore fix\u00e9 les d\u00e9tails. L&#39;id\u00e9e d&#39;un repas partag\u00e9, sans photographies destin\u00e9es \u00e0 impressionner l&#39;entourage ni conversations impos\u00e9es, lui parut suffisamment pr\u00e9cieuse pour m\u00e9riter qu&#39;elle s&#39;y pr\u00e9pare.<\/p>\n<p>Lorsque Claire repartit, Camille resta quelques minutes sur le quai de la gare. Elle observa les voyageurs se presser vers les trains, les familles s&#39;embrasser et les enfants tirer sur les manches de leurs parents. Elle pensa \u00e0 la jeune fille de treize ans qui avait autrefois attendu une visite dans une chambre d&#39;h\u00f4pital. Cette enfant n&#39;avait pas eu le pouvoir de choisir qui resterait aupr\u00e8s d&#39;elle. L&#39;adulte qu&#39;elle \u00e9tait devenue pouvait d\u00e9sormais d\u00e9cider des relations qu&#39;elle souhaitait construire, pr\u00e9server ou tenir \u00e0 distance. Ce pouvoir ne r\u00e9parait pas tout. Il lui donnait pourtant la possibilit\u00e9 de ne plus vivre enti\u00e8rement selon les d\u00e9cisions des autres.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6673\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 11 : La m\u00e9diation r\u00e9v\u00e8le enfin ce que les Besson refusent encore de nommer, tandis que Camille apprend \u00e0 renoncer aux r\u00e9ponses impossibles<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trois semaines apr\u00e8s la visite de Sophie \u00e0 Rennes, Camille re\u00e7ut un appel du secr\u00e9tariat de son service hospitalier. Une femme venait de t\u00e9l\u00e9phoner en se pr\u00e9sentant comme sa m\u00e8re &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":6662,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6672","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6672"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6672\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6684,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6672\/revisions\/6684"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6662"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6672"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}