{"id":6669,"date":"2026-10-18T02:22:37","date_gmt":"2026-10-18T02:22:37","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6669"},"modified":"2026-10-18T02:22:37","modified_gmt":"2026-10-18T02:22:37","slug":"partie-7-dans-les-archives-de-son-enfance-camille-decouvre-que-le-silence-de-ses-parents-avait-survecu-bien-apres-sa-guerison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6669","title":{"rendered":"PARTIE 7 \u2013 Dans les archives de son enfance, Camille d\u00e9couvre que le silence de ses parents avait surv\u00e9cu bien apr\u00e8s sa gu\u00e9rison"},"content":{"rendered":"<p>Le lendemain de la c\u00e9r\u00e9monie, Camille se r\u00e9veilla avant six heures dans son appartement parisien. Elle avait dormi par fragments, travers\u00e9e de souvenirs qu&#39;elle croyait rang\u00e9s depuis longtemps. Les applaudissements de l&#39;amphith\u00e9\u00e2tre se m\u00ealaient aux voix de ses parents biologiques, aux paroles de Sophie et aux images de sa chambre d&#39;h\u00f4pital. Elle resta un moment assise au bord du lit, les pieds sur le parquet froid. Sur la chaise pr\u00e8s de la fen\u00eatre reposait sa tenue de c\u00e9r\u00e9monie, soigneusement pli\u00e9e la veille. Son dipl\u00f4me \u00e9tait pos\u00e9 contre une pile de livres m\u00e9dicaux. Elle aurait d\u00fb ressentir une joie simple. \u00c0 la place, elle \u00e9prouvait une fatigue profonde et la n\u00e9cessit\u00e9 de comprendre ce qui avait encore \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9.<\/p>\n<p>Claire dormait dans la chambre d&#39;amis improvis\u00e9e pour son s\u00e9jour. Sophie avait trouv\u00e9 une petite chambre d&#39;h\u00f4tel \u00e0 quelques rues de l\u00e0. Elles devaient se retrouver en fin de matin\u00e9e pour examiner les documents anciens. Camille h\u00e9sita \u00e0 consulter son t\u00e9l\u00e9phone. Plusieurs messages de f\u00e9licitations \u00e9taient arriv\u00e9s pendant la nuit, accompagn\u00e9s de photographies prises apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie. Elle r\u00e9pondit \u00e0 quelques camarades, puis remarqua un courriel provenant de son p\u00e8re biologique. L&#39;objet annon\u00e7ait une discussion n\u00e9cessaire. Elle le laissa ferm\u00e9. La d\u00e9cision prise la veille devait avoir un sens. Elle n&#39;\u00e9tait pas oblig\u00e9e de r\u00e9pondre \u00e0 chaque tentative de reprendre imm\u00e9diatement le contr\u00f4le de la conversation.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, Claire lui proposa de sortir marcher avant l&#39;arriv\u00e9e de Sophie. Elles travers\u00e8rent quelques rues encore calmes. Les commerces ouvraient progressivement, et l&#39;odeur du pain chaud s&#39;\u00e9chappait d&#39;une boulangerie. Camille parlait peu. Claire ne cherchait pas \u00e0 remplir le silence. Elle savait que sa fille avait tendance \u00e0 transformer les \u00e9motions difficiles en probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre, avec des documents, des dates et des conclusions provisoires. Cette m\u00e9thode lui avait souvent permis d&#39;avancer. Mais certaines blessures ne devenaient pas moins douloureuses simplement parce qu&#39;on en comprenait mieux les circonstances.<\/p>\n<p>\u00ab Tu n&#39;as pas \u00e0 produire un verdict aujourd&#39;hui \u00bb, lui rappela Claire lorsqu&#39;elles s&#39;arr\u00eat\u00e8rent pr\u00e8s d&#39;un petit square. Camille regarda les feuilles humides accumul\u00e9es sous un banc. \u00ab Je sais. Mais j&#39;ai l&#39;impression que chaque document change quelque chose que je croyais d\u00e9finitif. \u00bb Claire acquies\u00e7a. Elle lui expliqua qu&#39;une histoire personnelle pouvait continuer \u00e0 se transformer lorsque de nouvelles informations apparaissaient, sans que cela annule les ann\u00e9es v\u00e9cues entre-temps. \u00ab Tu n&#39;as pas cess\u00e9 d&#39;\u00eatre ma fille hier parce que Sophie a retrouv\u00e9 des papiers \u00bb, ajouta-t-elle. Camille lui prit bri\u00e8vement le bras.<\/p>\n<p>Sophie arriva un peu apr\u00e8s onze heures. Elle portait le m\u00eame sac en cuir que la veille, d\u00e9sormais rempli de chemises cartonn\u00e9es et de copies. Elle avait les yeux fatigu\u00e9s. Camille la fit entrer, lui proposa du caf\u00e9 et remarqua qu&#39;elle regardait discr\u00e8tement les photographies accroch\u00e9es aux murs. On y voyait Camille adolescente devant son lyc\u00e9e, Claire et elle sur une plage bretonne, puis quelques images prises pendant les \u00e9tudes de m\u00e9decine. Sophie s&#39;arr\u00eata devant une photographie o\u00f9 Camille, \u00e2g\u00e9e d&#39;environ vingt ans, riait \u00e0 une table entour\u00e9e de camarades. Elle murmura qu&#39;elle avait du mal \u00e0 imaginer toutes ces ann\u00e9es auxquelles elle n&#39;avait pas particip\u00e9.<\/p>\n<p>Camille lui r\u00e9pondit qu&#39;elles ne pourraient pas les r\u00e9cup\u00e9rer. Les mots furent prononc\u00e9s sans duret\u00e9. Elle ne cherchait pas \u00e0 d\u00e9courager sa s\u0153ur, mais elle voulait \u00e9viter que leurs retrouvailles reposent sur l&#39;illusion d&#39;un retour \u00e0 l&#39;enfance. Sophie approuva. Elle expliqua qu&#39;elle souhaitait apprendre \u00e0 conna\u00eetre la femme que Clara \u00e9tait devenue, sans pr\u00e9tendre retrouver imm\u00e9diatement la petite s\u0153ur qu&#39;elle avait perdue. Cette reconnaissance du temps \u00e9coul\u00e9 permit \u00e0 Camille de se d\u00e9tendre l\u00e9g\u00e8rement. Elles s&#39;assirent autour de la table, o\u00f9 Claire avait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9 de l&#39;eau et suffisamment d&#39;espace pour \u00e9taler les documents.<\/p>\n<p>Sophie commen\u00e7a par expliquer comment elle avait d\u00e9couvert les dossiers. Apr\u00e8s avoir vu l&#39;article universitaire, elle avait interrog\u00e9 leurs parents sur certaines incoh\u00e9rences. Leur p\u00e8re avait affirm\u00e9 qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;une autre personne. Leur m\u00e8re avait reconnu une ressemblance, puis avait tent\u00e9 de changer de sujet. Sophie avait alors demand\u00e9 \u00e0 revoir les papiers conserv\u00e9s \u00e0 l&#39;\u00e9poque de la maladie. Elle savait qu&#39;une armoire du bureau familial contenait les documents anciens. Lors d&#39;une visite chez ses parents, elle avait obtenu l&#39;autorisation d&#39;y chercher des photographies, puis avait d\u00e9couvert une chemise portant l&#39;ancien pr\u00e9nom de Camille.<\/p>\n<p>La chemise contenait des comptes rendus m\u00e9dicaux partiels, des \u00e9changes administratifs et plusieurs courriers conserv\u00e9s sans ordre apparent. Sophie avait photographi\u00e9 les pages, puis commenc\u00e9 \u00e0 les classer. Elle n&#39;avait pas compris imm\u00e9diatement leur port\u00e9e. Certains documents utilisaient des formulations prudentes et renvoyaient \u00e0 des d\u00e9cisions prises par plusieurs organismes. Elle avait contact\u00e9 une professionnelle du droit pour savoir comment demander officiellement l&#39;acc\u00e8s aux informations la concernant et comment pr\u00e9server les pi\u00e8ces trouv\u00e9es. Cette d\u00e9marche lui avait permis de distinguer les documents authentifiables des notes personnelles r\u00e9dig\u00e9es par leurs parents.<\/p>\n<p>Camille appr\u00e9cia cette prudence. Elle connaissait les risques des conclusions tir\u00e9es trop vite d&#39;un dossier incomplet. Elle demanda \u00e0 Sophie de lui montrer d&#39;abord les correspondances post\u00e9rieures \u00e0 son d\u00e9part de l&#39;h\u00f4pital. Sa s\u0153ur sortit trois pages. La premi\u00e8re mentionnait une demande d&#39;information adress\u00e9e aux parents biologiques au cours d&#39;une proc\u00e9dure administrative. La deuxi\u00e8me confirmait la r\u00e9ception d&#39;une communication relative \u00e0 la situation de leur fille. La troisi\u00e8me comportait une note manuscrite de leur p\u00e8re, dans laquelle il faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la stabilisation m\u00e9dicale de Clara et \u00e0 la possibilit\u00e9 qu&#39;elle poursuive sa scolarit\u00e9.<\/p>\n<p>Camille examina longuement cette derni\u00e8re page. L&#39;\u00e9criture lui \u00e9tait famili\u00e8re. Son p\u00e8re avait toujours trac\u00e9 les lettres avec une r\u00e9gularit\u00e9 presque m\u00e9canique. Il soulignait les \u00e9l\u00e9ments qu&#39;il jugeait importants, puis ajoutait des observations dans la marge. La note ne pr\u00e9cisait pas tout ce qu&#39;il savait. Elle montrait n\u00e9anmoins qu&#39;il avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 d&#39;une am\u00e9lioration de son \u00e9tat de sant\u00e9. Camille relut plusieurs fois la date. Elle avait alors quinze ans. Elle vivait depuis quelque temps aupr\u00e8s de Claire et commen\u00e7ait \u00e0 retrouver une vie scolaire plus r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00c0 quinze ans, elle avait attendu une lettre de ses parents biologiques pour son anniversaire. Elle n&#39;en avait re\u00e7u aucune. Claire lui avait pr\u00e9par\u00e9 un repas avec deux camarades et lui avait offert un petit appareil photo d&#39;occasion. Camille se souvenait avoir souri pendant la soir\u00e9e, puis pleur\u00e9 seule dans sa chambre en se demandant si ses parents savaient seulement qu&#39;elle avait grandi d&#39;une ann\u00e9e suppl\u00e9mentaire. Aujourd&#39;hui, elle regardait une page laissant entendre qu&#39;ils disposaient d&#39;informations sur sa survie. Le souvenir de cet anniversaire prit soudain une couleur diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Sophie posa devant elle un autre document. Il s&#39;agissait d&#39;une note concernant la possibilit\u00e9 de faire parvenir un message dans le cadre du suivi de la situation familiale. Camille ne pouvait pas d\u00e9duire de cette seule page qu&#39;un contact direct aurait n\u00e9cessairement \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 ou facile. Les proc\u00e9dures de protection imposaient parfois des pr\u00e9cautions importantes. Mais elle voyait que la question d&#39;une communication avait \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e. Une annotation manuscrite indiquait que les Besson ne souhaitaient pas poursuivre cette d\u00e9marche \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n<p>Claire examina la page sans chercher \u00e0 l&#39;interpr\u00e9ter au-del\u00e0 de ce qu&#39;elle contenait. Elle expliqua qu&#39;\u00e0 l&#39;\u00e9poque, plusieurs professionnels avaient travaill\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger Camille et \u00e0 stabiliser son quotidien. Elle-m\u00eame n&#39;avait pas \u00e9t\u00e9 destinataire de toutes les correspondances adress\u00e9es aux parents biologiques. Elle avait surtout veill\u00e9 \u00e0 ce que l&#39;adolescente puisse poursuivre ses soins et retrouver des rep\u00e8res. Camille lui demanda si elle avait un jour re\u00e7u un message des Besson. Claire r\u00e9pondit que non. Aucune lettre personnelle destin\u00e9e \u00e0 Camille ne lui avait \u00e9t\u00e9 remise par leur interm\u00e9diaire.<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9cision comptait. Camille ne voulait pas croire qu&#39;un courrier avait pu \u00eatre perdu ou retenu sans preuve. Elle connaissait trop bien la douleur provoqu\u00e9e par les suppositions. Les documents indiquaient que ses parents avaient re\u00e7u certaines informations et n&#39;avaient pas donn\u00e9 suite \u00e0 une possibilit\u00e9 de communication. Ils ne permettaient pas de reconstituer chaque conversation ni chaque intention. Camille se for\u00e7a \u00e0 respecter cette limite. Elle ne souhaitait pas r\u00e9pondre \u00e0 quinze ann\u00e9es de r\u00e9cit d\u00e9form\u00e9 en inventant elle-m\u00eame les \u00e9l\u00e9ments qui manquaient.<\/p>\n<p>Sophie lui montra ensuite une s\u00e9rie de documents financiers. Les d\u00e9penses li\u00e9es au s\u00e9jour \u00e0 Boston apparaissaient clairement, ainsi que plusieurs paiements effectu\u00e9s pendant la p\u00e9riode o\u00f9 Clara \u00e9tait hospitalis\u00e9e. Leur p\u00e8re avait maintenu certains projets familiaux co\u00fbteux tout en expliquant aux professionnels que le foyer \u00e9tait soumis \u00e0 de fortes contraintes. Camille savait que l&#39;existence de d\u00e9penses ne d\u00e9montrait pas \u00e0 elle seule une absence totale de difficult\u00e9s. Elle n&#39;ignorait pas non plus que les traitements m\u00e9dicaux pouvaient bouleverser profond\u00e9ment une famille. Mais elle voyait d\u00e9sormais un ensemble de d\u00e9cisions qui contredisait l&#39;id\u00e9e d&#39;une impossibilit\u00e9 absolue.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne savais rien de tout cela \u00bb, dit Sophie. Elle avait pos\u00e9 ses mains autour de sa tasse sans boire. \u00ab \u00c0 quinze ans, je pensais que papa avait tout organis\u00e9 pour que la famille continue de fonctionner. Je croyais qu&#39;il avait pris les d\u00e9cisions n\u00e9cessaires. \u00bb Camille la regarda. \u00ab C&#39;est ce qu&#39;il voulait que tu croies. \u00bb Sophie acquies\u00e7a lentement. Elle expliqua qu&#39;elle avait longtemps pr\u00e9sent\u00e9 ses parents comme des personnes capables de surmonter une trag\u00e9die. Lorsqu&#39;elle racontait son adolescence, elle \u00e9voquait une s\u0153ur perdue et une famille qui avait tent\u00e9 de rester unie. Cette histoire avait influenc\u00e9 sa mani\u00e8re de comprendre leur p\u00e8re et leur m\u00e8re.<\/p>\n<p>Camille lui demanda ce qu&#39;elle avait fait de sa vie. La question surprit Sophie. Elles passaient depuis deux jours presque tout leur temps \u00e0 parler du pass\u00e9. Pour la premi\u00e8re fois, Camille voulait conna\u00eetre le pr\u00e9sent de sa s\u0153ur. Sophie expliqua qu&#39;elle travaillait dans le domaine de la communication, qu&#39;elle avait quitt\u00e9 Nantes plusieurs ann\u00e9es auparavant et qu&#39;elle vivait maintenant \u00e0 Bordeaux. Elle n&#39;\u00e9tait pas mari\u00e9e et n&#39;avait pas d&#39;enfants. Elle parla de ses amis, de son appartement, de son travail et de certaines d\u00e9cisions qu&#39;elle regrettait. Camille l&#39;\u00e9couta avec une curiosit\u00e9 prudente.<\/p>\n<p>Elles d\u00e9couvrirent quelques ressemblances inattendues. Toutes deux avaient conserv\u00e9 l&#39;habitude de faire des listes lorsqu&#39;elles \u00e9taient inqui\u00e8tes. Sophie aimait encore les vieux films fran\u00e7ais que leur m\u00e8re regardait le dimanche. Camille se souvenait de plusieurs sc\u00e8nes sans pouvoir en retrouver les titres. Elles rirent en \u00e9voquant une recette de g\u00e2teau que leur p\u00e8re exigeait chaque ann\u00e9e pour son anniversaire, mais que personne ne r\u00e9ussissait jamais exactement comme il le souhaitait. Ce rire ne dura que quelques secondes. Il leur permit pourtant de sentir qu&#39;une relation pouvait peut-\u00eatre exister au-del\u00e0 des dossiers et des reproches.<\/p>\n<p>En d\u00e9but d&#39;apr\u00e8s-midi, Camille ouvrit enfin le courriel de son p\u00e8re. Il affirmait regretter le d\u00e9roulement de la c\u00e9r\u00e9monie et proposait un d\u00e9jeuner pour r\u00e9tablir une communication familiale. Il insistait sur le fait que les difficult\u00e9s anciennes avaient \u00e9t\u00e9 mal comprises. Il ajoutait qu&#39;il serait pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas poursuivre les \u00e9changes avec Sophie avant que chacun ait entendu sa version. Camille remarqua cette derni\u00e8re demande. Son p\u00e8re ne proposait pas seulement de parler. Il cherchait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 contr\u00f4ler les sources d&#39;information auxquelles elle pourrait avoir acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Elle montra le message \u00e0 Claire et Sophie. Sa s\u0153ur baissa les yeux, visiblement bless\u00e9e. Elle expliqua que leur p\u00e8re lui avait adress\u00e9 un texte similaire, lui reprochant d&#39;avoir divulgu\u00e9 des documents sans son autorisation. Camille r\u00e9fl\u00e9chit quelques minutes, puis r\u00e9digea une r\u00e9ponse tr\u00e8s courte. Elle acceptait de recevoir un r\u00e9cit \u00e9crit et pr\u00e9cis des \u00e9v\u00e9nements, accompagn\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments permettant de le v\u00e9rifier. Elle refusait, pour le moment, toute rencontre improvis\u00e9e. Elle demandait \u00e9galement que ses parents cessent de contacter l&#39;universit\u00e9 ou ses coll\u00e8gues en son nom. Elle relut le message avant de l&#39;envoyer.<\/p>\n<p>L&#39;apr\u00e8s-midi se poursuivit dans une atmosph\u00e8re plus calme. Sophie proposa de faire r\u00e9aliser des copies de s\u00e9curit\u00e9 des documents et de demander les informations compl\u00e9mentaires par les voies appropri\u00e9es. Camille accepta, tout en pr\u00e9cisant qu&#39;elle ne voulait pas consacrer toutes ses journ\u00e9es \u00e0 cette recherche. Elle devait commencer une nouvelle \u00e9tape professionnelle dans quelques semaines. Son dipl\u00f4me repr\u00e9sentait une responsabilit\u00e9 r\u00e9elle, pas seulement une distinction destin\u00e9e \u00e0 impressionner les autres. Elle souhaitait pr\u00e9server son travail, sa sant\u00e9 et sa relation avec Claire.<\/p>\n<p>Le soir, les trois femmes d\u00een\u00e8rent dans un petit restaurant situ\u00e9 pr\u00e8s de l&#39;appartement. Camille choisit un plat simple, Claire demanda une soupe et Sophie passa plusieurs minutes \u00e0 h\u00e9siter devant la carte. Elles parl\u00e8rent de m\u00e9decine, de voyages et de la vie quotidienne. Sophie posa quelques questions sur le m\u00e9tier de sa s\u0153ur, mais \u00e9vita de la pr\u00e9senter comme une h\u00e9ro\u00efne. Camille lui expliqua qu&#39;elle avait encore \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 apprendre et que les patients exigeaient davantage que de bons r\u00e9sultats universitaires. Claire sourit en l&#39;entendant employer presque les m\u00eames mots qu&#39;elle utilisait autrefois pour d\u00e9crire son travail d&#39;infirmi\u00e8re.<\/p>\n<p>Au moment du dessert, Sophie sortit une petite enveloppe de son sac. Elle expliqua avoir retrouv\u00e9 une photographie prise quelques mois avant la maladie de Clara. On y voyait les deux s\u0153urs assises dans le jardin de Nantes. Sophie tenait un livre ouvert, tandis que Clara regardait l&#39;objectif avec une expression s\u00e9rieuse. Camille reconnut imm\u00e9diatement son ancien pull rouge et la table sur laquelle elles faisaient parfois leurs devoirs. Elle prit la photographie sans parler. Pendant quinze ans, elle avait conserv\u00e9 tr\u00e8s peu d&#39;images de cette p\u00e9riode. Celle-ci lui rendait un fragment d&#39;enfance qui ne contenait pas encore l&#39;h\u00f4pital.<\/p>\n<p>\u00ab Tu peux la garder \u00bb, dit Sophie. Camille secoua doucement la t\u00eate. Elle demanda si sa s\u0153ur poss\u00e9dait une copie. Sophie r\u00e9pondit qu&#39;elle pourrait en faire une. Camille conserva alors l&#39;original pour la soir\u00e9e, avec l&#39;id\u00e9e de le num\u00e9riser avant de le rendre. Ce petit arrangement leur sembla plus juste qu&#39;un geste d\u00e9finitif. Elles apprenaient \u00e0 partager de nouveau quelque chose sans que l&#39;une ait \u00e0 renoncer \u00e0 sa place.<\/p>\n<p>De retour chez elle, Camille pla\u00e7a la photographie pr\u00e8s de son dipl\u00f4me. Elle observa les deux objets pendant plusieurs minutes. L&#39;un t\u00e9moignait d&#39;un pass\u00e9 qu&#39;elle croyait presque perdu. L&#39;autre repr\u00e9sentait les ann\u00e9es construites apr\u00e8s la rupture. Aucun ne pouvait annuler l&#39;autre. Elle comprit qu&#39;elle n&#39;avait pas besoin de choisir entre Clara et Camille, entre ses souvenirs d&#39;enfant et la vie qu&#39;elle avait b\u00e2tie aupr\u00e8s de Claire. Elle pouvait reconna\u00eetre les deux sans offrir aux Besson le droit de d\u00e9finir ce qu&#39;elles signifiaient.<\/p>\n<p>Avant de se coucher, elle re\u00e7ut un nouveau message de Sophie. Sa s\u0153ur avait retrouv\u00e9, parmi les documents photographi\u00e9s, une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un \u00e9change plus r\u00e9cent concernant le parcours de Camille. Elle n&#39;en connaissait pas encore le contenu exact. La date \u00e9tait post\u00e9rieure \u00e0 la publication de certaines informations universitaires, mais ant\u00e9rieure \u00e0 la demande de places pour la c\u00e9r\u00e9monie. Sophie proposait de v\u00e9rifier cette pi\u00e8ce avant d&#39;en parler davantage. Camille sentit imm\u00e9diatement que cette d\u00e9couverte pouvait \u00e9clairer les intentions de leurs parents biologiques.<\/p>\n<p>Elle posa le t\u00e9l\u00e9phone et regarda Claire, qui rangeait quelques tasses dans la cuisine. Elle ne voulait pas c\u00e9der \u00e0 une nouvelle nuit d&#39;inqui\u00e9tude. Pourtant, une question insistante venait de prendre forme. Ses parents avaient su qu&#39;elle \u00e9tait vivante bien avant son dipl\u00f4me. Ils avaient choisi de rester silencieux pendant des ann\u00e9es. Pourquoi leur int\u00e9r\u00eat \u00e9tait-il devenu si pressant lorsque son nom avait commenc\u00e9 \u00e0 circuler dans le monde universitaire ? Camille d\u00e9cida qu&#39;elle examinerait cette derni\u00e8re correspondance avant d&#39;accepter la moindre rencontre suppl\u00e9mentaire. Cette fois, elle ne laisserait pas l&#39;empressement des Besson d\u00e9terminer le rythme de ses d\u00e9cisions.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=6670\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 8 : Une lettre retrouv\u00e9e \u00e9claire les intentions des Besson, et Camille doit choisir la place qu&#8217;elle leur laissera d\u00e9sormais<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le lendemain de la c\u00e9r\u00e9monie, Camille se r\u00e9veilla avant six heures dans son appartement parisien. Elle avait dormi par fragments, travers\u00e9e de souvenirs qu&#39;elle croyait rang\u00e9s depuis longtemps. Les applaudissements &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":6662,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6669","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6669","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6669"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6669\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6681,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6669\/revisions\/6681"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6662"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6669"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6669"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6669"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}