{"id":5317,"date":"2026-10-12T09:19:52","date_gmt":"2026-10-12T09:19:52","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=5317"},"modified":"2026-10-12T09:19:52","modified_gmt":"2026-10-12T09:19:52","slug":"partie-22-la-maison-au-bord-du-lac-portait-les-traces-invisibles-de-garrett-mais-son-plus-beau-cadeau-me-demandait-daccepter-son-absence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=5317","title":{"rendered":"PARTIE 22 \u2013 La maison au bord du lac portait les traces invisibles de Garrett, mais son plus beau cadeau me demandait d\u2019accepter son absence"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque Marlene gara sa voiture devant la maison, je ne reconnus pas imm\u00e9diatement l&#39;endroit de la photographie. Les arbres avaient davantage de feuilles, et le soleil du matin donnait \u00e0 la fa\u00e7ade claire une teinte presque dor\u00e9e. Le b\u00e2timent \u00e9tait plus petit que la grande demeure de Garrett, mais ses proportions me plurent aussit\u00f4t. Une all\u00e9e courte menait \u00e0 un perron couvert. Des fleurs poussaient pr\u00e8s des marches, et au-del\u00e0 du jardin, j&#39;apercevais une bande d&#39;eau brillante entre les branches. Je restai assise quelques secondes, les mains serr\u00e9es autour de mon sac.<\/p>\n<p>\u00ab Nous pouvons repartir si tu pr\u00e9f\u00e8res \u00bb, dit Marlene. Je secouai la t\u00eate. J&#39;avais attendu cette visite avec autant d&#39;appr\u00e9hension que d&#39;espoir, et je ne voulais pas renoncer avant m\u00eame d&#39;avoir franchi la porte. Monsieur Whitfield nous attendait pr\u00e8s du perron. Il portait un costume plus simple que lors de sa visite \u00e0 la caravane et tenait un dossier mince sous le bras. Lorsqu&#39;il nous aper\u00e7ut, il descendit quelques marches pour nous accueillir. Il me demanda comment j&#39;allais. Je lui r\u00e9pondis que j&#39;\u00e9tais nerveuse, mais heureuse d&#39;\u00eatre venue. Il sembla appr\u00e9cier cette franchise.<\/p>\n<p>Avant d&#39;entrer, il nous proposa de faire le tour de la propri\u00e9t\u00e9. Je pr\u00e9f\u00e9rai commencer par le jardin. Le terrain descendait doucement vers le lac, sans pente trop raide. Quelques massifs de fleurs avaient \u00e9t\u00e9 entretenus, mais une partie de la terre restait libre pour de nouvelles plantations. Je reconnus le genre d&#39;espace dont j&#39;avais parl\u00e9 \u00e0 Garrett : suffisamment grand pour accueillir des roses et quelques herbes aromatiques, mais pas au point de n\u00e9cessiter un jardinier plusieurs fois par semaine. Cette pr\u00e9cision me serra la gorge. Je me souvenais de notre conversation pr\u00e8s de la terrasse, lorsque mon mari avait demand\u00e9 si j&#39;aimerais conserver un petit jardin.<\/p>\n<p>Nous march\u00e2mes lentement jusqu&#39;au ponton. Les planches \u00e9taient solides, l\u00e9g\u00e8rement blanchies par le soleil. Une petite embarcation appartenant \u00e0 un voisin passait au loin, laissant derri\u00e8re elle des rides qui atteignirent doucement la rive. Des oiseaux se d\u00e9pla\u00e7aient entre les roseaux. L&#39;air sentait l&#39;eau fra\u00eeche, le bois humide et les premi\u00e8res fleurs du printemps. Je m&#39;arr\u00eatai au bout du ponton, les mains pos\u00e9es sur la rambarde. Garrett aurait aim\u00e9 cet endroit. Je l&#39;imaginais d\u00e9j\u00e0 racontant qu&#39;il avait aper\u00e7u un poisson d&#39;une taille extraordinaire, puis refusant de fournir la moindre preuve.<\/p>\n<p>Monsieur Whitfield resta quelques pas en arri\u00e8re. Marlene se pla\u00e7a pr\u00e8s de moi sans parler. Je sortis la photographie de Garrett de mon sac et la regardai \u00e0 la lumi\u00e8re du soleil. Sur l&#39;image, il souriait devant une autre \u00e9tendue d&#39;eau. La ressemblance des paysages me troubla. Je compris pourquoi il avait voulu me laisser un endroit semblable. Il ne s&#39;agissait pas seulement de ce que j&#39;aimais. C&#39;\u00e9tait aussi une mani\u00e8re de r\u00e9unir nos go\u00fbts, les promenades que nous avions imagin\u00e9es et les journ\u00e9es paisibles dont nous avions parl\u00e9 pendant notre mariage.<\/p>\n<p>\u00ab Il ne viendra jamais ici avec moi \u00bb, murmurai-je. Marlene posa doucement une main sur mon \u00e9paule. Je sentis les larmes monter, mais je ne cherchai pas \u00e0 les retenir. Pendant plusieurs semaines, j&#39;avais \u00e9t\u00e9 tellement occup\u00e9e \u00e0 survivre \u00e0 la perte de Garrett et au comportement de ses enfants que je n&#39;avais pas encore pleinement mesur\u00e9 tous les projets qui resteraient inachev\u00e9s. Devant ce lac, ils revenaient ensemble : les petits d\u00e9jeuners sur une terrasse, les promenades au bord de l&#39;eau, les fleurs \u00e0 planter et les soir\u00e9es o\u00f9 nous aurions pu regarder le soleil dispara\u00eetre derri\u00e8re les arbres.<\/p>\n<p>Nous retourn\u00e2mes vers la maison. Monsieur Whitfield ouvrit la porte et me laissa entrer la premi\u00e8re. Je d\u00e9couvris un petit hall lumineux, avec un placard \u00e0 manteaux et un sol de bois clair. Rien n&#39;\u00e9tait particuli\u00e8rement luxueux. Les meubles \u00e9taient sobres, les murs peints dans des couleurs douces et les fen\u00eatres suffisamment grandes pour laisser entrer la lumi\u00e8re sans donner l&#39;impression d&#39;\u00eatre expos\u00e9 aux regards. Je ressentis imm\u00e9diatement une diff\u00e9rence avec la demeure o\u00f9 j&#39;avais v\u00e9cu avec Garrett. Ici, aucune pi\u00e8ce ne me rappelait que quelqu&#39;un d&#39;autre avait organis\u00e9 sa vie bien avant mon arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>La cuisine donnait sur le jardin. Une table ronde pouvait accueillir quatre personnes pr\u00e8s de la fen\u00eatre. Les placards \u00e9taient simples, faciles d&#39;acc\u00e8s, et le plan de travail laissait suffisamment de place pour pr\u00e9parer des repas sans traverser une pi\u00e8ce immense. Je passai lentement la main sur le bord de la table. Je pensais aux petits d\u00e9jeuners avec Garrett et \u00e0 nos disputes amus\u00e9es sur la quantit\u00e9 de sucre \u00e0 ajouter dans les desserts. Marlene ouvrit un placard, puis le referma aussit\u00f4t en s&#39;excusant. Je lui souris. \u00ab Cette fois, personne ne te reprochera de regarder o\u00f9 se trouvent les assiettes. \u00bb<\/p>\n<p>Elle me regarda avec une tendresse triste. Nous avions toutes deux pens\u00e9 \u00e0 Margaret. Pendant mon mariage, j&#39;avais pris l&#39;habitude de demander si je pouvais d\u00e9placer un objet ou utiliser une nappe. M\u00eame lorsque Garrett m&#39;affirmait que la maison \u00e9tait aussi la mienne, je craignais les r\u00e9actions de sa fille. Ici, je pouvais imaginer ranger mes tasses sans que quelqu&#39;un me parle imm\u00e9diatement des habitudes de Patricia. Cette libert\u00e9 me procura un soulagement inattendu, aussit\u00f4t suivi d&#39;une culpabilit\u00e9 que je ne savais pas expliquer. Je n&#39;avais jamais voulu me sentir d\u00e9livr\u00e9e d&#39;une famille \u00e0 laquelle mon mari tenait tant.<\/p>\n<p>Nous visit\u00e2mes ensuite le salon. Deux grandes fen\u00eatres donnaient sur le lac. Une chemin\u00e9e occupait le mur oppos\u00e9, et une biblioth\u00e8que basse avait \u00e9t\u00e9 install\u00e9e pr\u00e8s d&#39;un fauteuil. Je m&#39;approchai des \u00e9tag\u00e8res, encore presque vides. J&#39;imaginai les livres que j&#39;avais conserv\u00e9s de ma vie avec Howard, les albums photographiques de Ruth et quelques romans que Garrett m&#39;avait offerts. Pour la premi\u00e8re fois, je compris qu&#39;une maison pouvait accueillir toutes les \u00e9poques de ma vie sans que l&#39;une soit oblig\u00e9e de dispara\u00eetre pour laisser de la place aux autres.<\/p>\n<p>Dans la chambre principale, une fen\u00eatre s&#39;ouvrait sur un groupe d&#39;arbres. Le lit \u00e9tait simple, accompagn\u00e9 de deux petites tables de chevet. Je m&#39;arr\u00eatai \u00e0 l&#39;entr\u00e9e. Pendant quelques secondes, je revis notre chambre dans la grande demeure, les lunettes de Garrett pos\u00e9es pr\u00e8s de l&#39;oreiller et la chemise qu&#39;il avait laiss\u00e9e derri\u00e8re la porte. Je dus m&#39;appuyer contre le chambranle. Marlene me demanda si je voulais sortir. Je r\u00e9pondis que non. J&#39;avais besoin d&#39;affronter cette pi\u00e8ce pour comprendre ce que signifiait r\u00e9ellement accepter la maison.<\/p>\n<p>Je m&#39;approchai de la fen\u00eatre et regardai les branches remuer doucement. Rien, dans cet endroit, ne portait encore mes souvenirs. Cette absence me fit peur. \u00c0 la caravane, je retrouvais Ruth dans les torchons et les objets qu&#39;elle avait laiss\u00e9s. Dans la grande demeure, je reconnaissais Garrett \u00e0 chaque pas. Ici, il n&#39;y avait ni odeur famili\u00e8re ni marque laiss\u00e9e par une main aim\u00e9e. Pourtant, je compris que cela pouvait aussi devenir une possibilit\u00e9. Je pourrais y apporter les traces des personnes perdues et construire de nouveaux souvenirs, sans demander \u00e0 quiconque de m&#39;en accorder le droit.<\/p>\n<p>Monsieur Whitfield nous montra les autres pi\u00e8ces, dont une petite chambre pouvant accueillir un visiteur. Marlene d\u00e9clara imm\u00e9diatement qu&#39;elle y apporterait volontiers son sac pour quelques jours si j&#39;avais besoin de compagnie. Je lui r\u00e9pondis qu&#39;elle risquait de se voir confier la pr\u00e9paration de tous les repas. Elle leva les yeux au ciel. Notre plaisanterie d\u00e9tendit l&#39;atmosph\u00e8re. Nous examin\u00e2mes ensuite la salle de bains, les espaces de rangement et les acc\u00e8s ext\u00e9rieurs. La maison semblait avoir \u00e9t\u00e9 choisie avec une attention particuli\u00e8re aux besoins de personnes \u00e2g\u00e9es, sans toutefois donner l&#39;impression d&#39;un lieu con\u00e7u autour de la fragilit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le salon, monsieur Whitfield nous expliqua plusieurs questions pratiques. La propri\u00e9t\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 inspect\u00e9e, les \u00e9quipements principaux v\u00e9rifi\u00e9s et les documents d&#39;entretien rassembl\u00e9s. Il existait naturellement des d\u00e9penses r\u00e9guli\u00e8res et des responsabilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la maison. Garrett avait pr\u00e9vu que je dispose de ressources pour les assumer, mais l&#39;avocat souhaitait que je connaisse les d\u00e9tails avant de d\u00e9cider d&#39;y vivre. Je lui demandai si certains travaux urgents \u00e9taient n\u00e9cessaires. Il r\u00e9pondit que rien d&#39;important n&#39;avait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9, tout en me recommandant de faire examiner les points qui pourraient m&#39;inqui\u00e9ter.<\/p>\n<p>J&#39;appr\u00e9ciai cette mani\u00e8re de me pr\u00e9senter les choses. Personne ne pr\u00e9tendait que la maison \u00e9tait parfaite ni qu&#39;un toit agr\u00e9able ferait dispara\u00eetre toutes les difficult\u00e9s de l&#39;existence. Je posai plusieurs questions sur le chauffage, l&#39;acc\u00e8s au lac, l&#39;entretien du ponton et la distance jusqu&#39;aux commerces. Monsieur Whitfield r\u00e9pondit lorsqu&#39;il connaissait les informations et nota celles qu&#39;il devait v\u00e9rifier. Marlene ajouta quelques questions auxquelles je n&#39;avais pas pens\u00e9, notamment sur les services m\u00e9dicaux \u00e0 proximit\u00e9 et l&#39;aide disponible en cas de probl\u00e8me technique. Je fus reconnaissante de son attention.<\/p>\n<p>Nous nous ass\u00eemes ensuite \u00e0 la table de la cuisine pour examiner les \u00e9tapes administratives. Monsieur Whitfield confirma que les dispositions \u00e9tablies par Garrett permettaient de mettre cette propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 ma disposition selon les conditions pr\u00e9vues par la fiducie. Il m&#39;expliqua les documents que je devrais recevoir et ceux qu&#39;il faudrait encore v\u00e9rifier avec ma conseill\u00e8re ind\u00e9pendante. Je ne signai rien ce jour-l\u00e0. L&#39;avocat avait apport\u00e9 plusieurs copies destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre \u00e9tudi\u00e9es calmement. Cette absence de pr\u00e9cipitation contrastait si fortement avec la sc\u00e8ne de mon expulsion que je ressentis presque le besoin de le remercier de me laisser r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n<p>Je lui demandai si Garrett avait lui-m\u00eame visit\u00e9 cette maison. Il r\u00e9pondit que mon mari avait examin\u00e9 les lieux et s&#39;\u00e9tait montr\u00e9 particuli\u00e8rement attentif \u00e0 la lumi\u00e8re, \u00e0 la taille du jardin et \u00e0 la vue sur le lac. Il avait demand\u00e9 plusieurs renseignements pratiques avant de poursuivre ses d\u00e9marches. Je regardai autour de moi avec une \u00e9motion nouvelle. Garrett avait donc travers\u00e9 ces pi\u00e8ces, observ\u00e9 ces fen\u00eatres et imagin\u00e9 ce que je pourrais y faire. Il avait peut-\u00eatre pos\u00e9 sa main sur cette m\u00eame table, en pensant aux caf\u00e9s que nous aimions partager.<\/p>\n<p>\u00ab Il aurait voulu me montrer tout cela lui-m\u00eame \u00bb, murmurai-je. Monsieur Whitfield acquies\u00e7a. Il me rappela que son client avait envisag\u00e9 plusieurs possibilit\u00e9s pour notre avenir commun, sans pouvoir pr\u00e9voir les circonstances de sa disparition. Je savais qu&#39;il avait raison. Pourtant, je ressentais une douleur aigu\u00eb \u00e0 l&#39;id\u00e9e que Garrett ait consacr\u00e9 tant d&#39;attention \u00e0 une maison o\u00f9 nous ne vivrions jamais ensemble. Je pensai aux ann\u00e9es de s\u00e9paration qui avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 nos retrouvailles. Nous avions d\u00e9j\u00e0 perdu tant de temps. M\u00eame ses derniers projets semblaient d\u00e9sormais marqu\u00e9s par des occasions manqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Marlene me proposa de faire une pause. Nous sort\u00eemes seules sur la terrasse pendant que monsieur Whitfield passait un appel professionnel. Le soleil avait mont\u00e9 dans le ciel, et de petites vagues brillaient sur l&#39;eau. Mon amie s&#39;appuya contre la rambarde. \u00ab Qu&#39;est-ce que tu ressens ? \u00bb demanda-t-elle. Je cherchai longtemps mes mots. J&#39;\u00e9tais heureuse que Garrett ait pens\u00e9 \u00e0 moi, mais triste de d\u00e9couvrir cet endroit sans lui. J&#39;aimais la maison, mais je craignais d&#39;y \u00eatre seule. Je me sentais reconnaissante et presque coupable de pouvoir envisager un avenir confortable apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de notre foyer.<\/p>\n<p>Marlene ne chercha pas \u00e0 choisir l&#39;une de ces \u00e9motions \u00e0 ma place. Elle me dit simplement qu&#39;elles pouvaient exister ensemble. \u00ab Tu n&#39;as pas besoin de transformer son cadeau en obligation d&#39;\u00eatre heureuse imm\u00e9diatement \u00bb, ajouta-t-elle. Je regardai le lac. Ses paroles me soulag\u00e8rent. Depuis la visite de l&#39;avocat, je m&#39;\u00e9tais demand\u00e9 si je devais me r\u00e9jouir davantage, remercier plus chaleureusement ou consid\u00e9rer cette nouvelle s\u00e9curit\u00e9 comme la fin de mes difficult\u00e9s. Mais Garrett \u00e9tait toujours mort. Aucun document, aussi g\u00e9n\u00e9reux soit-il, ne pouvait changer cette r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Je lui parlai ensuite de la caravane. Je voulais conserver l&#39;emplacement de Ruth au moins quelque temps, peut-\u00eatre pour rendre visite \u00e0 Joyce ou continuer d&#39;entretenir les quelques objets de ma s\u0153ur. Marlene approuva. Elle me fit remarquer que je n&#39;\u00e9tais pas oblig\u00e9e de consid\u00e9rer les deux endroits comme des choix incompatibles. Je pouvais accepter la maison au bord du lac tout en pr\u00e9servant une partie de ma vie sur le terrain. Cette possibilit\u00e9 me parut soudain \u00e9vidente. Pendant des semaines, j&#39;avais v\u00e9cu dans un monde o\u00f9 l&#39;on me demandait de partir, de renoncer ou de c\u00e9der. Je commen\u00e7ais seulement \u00e0 retrouver le droit de choisir.<\/p>\n<p>Lorsque monsieur Whitfield nous rejoignit, je lui demandai si nous pouvions marcher une derni\u00e8re fois pr\u00e8s du lac avant de partir. Il accepta. Nous descend\u00eemes lentement vers le ponton. Cette fois, je pris le temps d&#39;observer les petites plantes qui poussaient pr\u00e8s de l&#39;eau, les ombres des branches et la fa\u00e7on dont la lumi\u00e8re changeait sur la surface. Je pensais aux promenades que Garrett avait imagin\u00e9es. J&#39;aurais voulu conna\u00eetre ses pens\u00e9es lorsqu&#39;il avait d\u00e9couvert cet endroit. Peut-\u00eatre avait-il souri en apercevant le ponton, d\u00e9j\u00e0 pr\u00eat \u00e0 me raconter une nouvelle histoire de p\u00eache.<\/p>\n<p>Au bout du ponton, je sortis de nouveau sa photographie. Je la tins devant le paysage. Les deux images semblaient appartenir \u00e0 la m\u00eame conversation, commenc\u00e9e bien avant que je sache que cette maison existait. Je murmurai que je regrettais son absence. Puis je lui promis, sans savoir s&#39;il pouvait m&#39;entendre, que je ne laisserais pas son dernier cadeau devenir une nouvelle cause de souffrance. Je n&#39;\u00e9tais pas pr\u00eate \u00e0 vivre ici d\u00e8s le lendemain. Mais je commen\u00e7ais \u00e0 vouloir d\u00e9couvrir ce que cet endroit pourrait m&#39;apporter au fil des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le chemin du retour, Marlene conduisit sans chercher \u00e0 remplir tous les silences. Je regardais les routes d\u00e9filer et pensais aux pi\u00e8ces que nous venions de visiter. La cuisine lumineuse revenait souvent dans mon esprit. J&#39;imaginais Joyce assise pr\u00e8s de la fen\u00eatre, Marlene pr\u00e9parant du th\u00e9 et quelques amies de la chorale r\u00e9unies autour d&#39;un dessert. Ces images \u00e9taient encore incertaines. Pourtant, elles n&#39;\u00e9taient plus enti\u00e8rement douloureuses. Je compris que je pouvais souhaiter accueillir de nouvelles personnes sans trahir Garrett. Il avait justement voulu me laisser assez de s\u00e9curit\u00e9 pour continuer \u00e0 vivre.<\/p>\n<p>Lorsque nous arriv\u00e2mes au terrain, Joyce arrosait ses fleurs. Elle s&#39;approcha pour demander comment s&#39;\u00e9tait pass\u00e9e notre visite. Je lui racontai la vue sur le lac, la taille du jardin et la cuisine qui donnait sur les arbres. Elle m&#39;\u00e9couta avec un sourire. \u00ab Cela ressemble \u00e0 un endroit o\u00f9 Ruth aurait aim\u00e9 venir passer l&#39;apr\u00e8s-midi \u00bb, remarqua-t-elle. Je ris. Ma s\u0153ur aurait probablement commenc\u00e9 par examiner les placards avant de d\u00e9cider quelles fleurs planter pr\u00e8s de la terrasse. Je promis \u00e0 Joyce de lui montrer les photographies lorsque j&#39;aurais fini de ranger les documents.<\/p>\n<p>Marlene repartit apr\u00e8s avoir pris un caf\u00e9 avec nous. Je restai seule dans la caravane, entour\u00e9e des objets familiers de Ruth. Je regardai la petite table, les rideaux anciens et la marche que j&#39;avais r\u00e9par\u00e9e avec Joyce. Pour la premi\u00e8re fois, je ne ressentis pas le besoin de comparer ce refuge avec la maison au bord du lac. Chacun appartenait \u00e0 une partie diff\u00e9rente de mon histoire. La caravane m&#39;avait accueillie lorsque j&#39;avais tout perdu. La maison de Garrett pourrait peut-\u00eatre m&#39;offrir un avenir moins pr\u00e9caire. Je n&#39;avais pas besoin de renier l&#39;un pour accepter l&#39;autre.<\/p>\n<p>Le soir, je relus les notes prises pendant la visite. Les formalit\u00e9s restaient \u00e0 v\u00e9rifier, et ma conseill\u00e8re ind\u00e9pendante devait encore examiner plusieurs documents compl\u00e9mentaires. Mais les questions pratiques ne me semblaient plus insurmontables. Je savais maintenant \u00e0 quoi ressemblait la propri\u00e9t\u00e9. Je connaissais son environnement et pouvais imaginer les responsabilit\u00e9s qu&#39;elle repr\u00e9senterait. Je pris mon t\u00e9l\u00e9phone et laissai un message \u00e0 monsieur Whitfield pour lui dire que je souhaitais poursuivre les d\u00e9marches n\u00e9cessaires \u00e0 mon installation, apr\u00e8s les v\u00e9rifications convenues.<\/p>\n<p>Puis j&#39;appelai Marlene. Je lui annon\u00e7ai que j&#39;avais pris ma d\u00e9cision. \u00ab Je crois que je vais accepter cette maison \u00bb, dis-je. Mon amie resta silencieuse quelques secondes, puis me demanda si j&#39;\u00e9tais certaine de le faire pour moi et non parce que je pensais devoir r\u00e9pondre aux attentes de Garrett. Je regardai la bague \u00e0 mon doigt. \u00ab Oui \u00bb, r\u00e9pondis-je. \u00ab Il voulait que j&#39;aie un endroit o\u00f9 je puisse vivre librement. Je crois qu&#39;il serait dommage de passer le reste de ma vie \u00e0 avoir peur d&#39;y entrer. \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir raccroch\u00e9, je pla\u00e7ai la photographie de la maison pr\u00e8s de celle de Garrett. Je n&#39;avais sign\u00e9 aucun document d\u00e9finitif et plusieurs \u00e9tapes m&#39;attendaient encore. Pourtant, quelque chose venait de changer. Je n&#39;attendais plus simplement que les d\u00e9cisions des autres d\u00e9terminent o\u00f9 je pourrais vivre. J&#39;avais choisi une direction. Ce n&#39;\u00e9tait pas un retour \u00e0 la vie que j&#39;avais partag\u00e9e avec Garrett, et cela ne le serait jamais. C&#39;\u00e9tait une mani\u00e8re d&#39;accepter qu&#39;il avait voulu me donner autre chose que des souvenirs : la possibilit\u00e9 de continuer, m\u00eame sans lui.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=5318\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 23 : Lorsque Margaret apprit que j\u2019acceptais le dernier cadeau de son p\u00e8re, ses accusations me forc\u00e8rent \u00e0 d\u00e9fendre enfin notre histoire<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque Marlene gara sa voiture devant la maison, je ne reconnus pas imm\u00e9diatement l&#39;endroit de la photographie. Les arbres avaient davantage de feuilles, et le soleil du matin donnait \u00e0 &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5295,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5317","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5317","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5317"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5317\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5347,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5317\/revisions\/5347"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5295"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5317"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5317"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5317"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}