{"id":5303,"date":"2026-10-12T09:19:15","date_gmt":"2026-10-12T09:19:15","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=5303"},"modified":"2026-10-12T09:19:15","modified_gmt":"2026-10-12T09:19:15","slug":"partie-8-les-appels-secrets-de-garrett-a-son-avocat-eveillerent-mes-inquietudes-tandis-quun-nom-inscrit-sur-ses-dossiers-annoncait-des-decisions-irreversibles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=5303","title":{"rendered":"PARTIE 8 \u2013 Les appels secrets de Garrett \u00e0 son avocat \u00e9veill\u00e8rent mes inqui\u00e9tudes, tandis qu\u2019un nom inscrit sur ses dossiers annon\u00e7ait des d\u00e9cisions irr\u00e9versibles"},"content":{"rendered":"<p>Le lundi suivant, Garrett re\u00e7ut un appel alors que nous terminions notre petit d\u00e9jeuner. Je le vis consulter l&#39;\u00e9cran de son t\u00e9l\u00e9phone, puis se lever avec une expression s\u00e9rieuse. Il me demanda de l&#39;excuser quelques minutes et se dirigea vers son bureau. Je n&#39;y pr\u00eatai pas imm\u00e9diatement attention. Mon mari avait conserv\u00e9 plusieurs relations professionnelles et recevait r\u00e9guli\u00e8rement des appels concernant ses anciennes affaires. Pourtant, lorsqu&#39;il revint pr\u00e8s d&#39;une demi-heure plus tard, je remarquai qu&#39;il semblait absorb\u00e9 par ses pens\u00e9es. Il posa le t\u00e9l\u00e9phone sur la table, prit une gorg\u00e9e de caf\u00e9 devenu froid et me demanda si nous avions pr\u00e9vu quelque chose pour l&#39;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>Je lui rappelai que nous devions passer \u00e0 la pharmacie, puis rendre visite \u00e0 une amie de la paroisse. Il acquies\u00e7a et nota les horaires dans son petit carnet. Garrett avait toujours aim\u00e9 \u00e9crire ses rendez-vous \u00e0 la main. Il pr\u00e9tendait que les agendas \u00e9lectroniques faisaient davantage de bruit qu&#39;ils n&#39;apportaient de services. Cette habitude me faisait sourire. Je le regardai v\u00e9rifier deux fois l&#39;heure de notre d\u00e9part, puis ranger soigneusement son stylo. Rien, dans ses gestes, ne laissait penser qu&#39;il \u00e9tait pr\u00e9occup\u00e9 au point de perdre le sens de ses responsabilit\u00e9s. Pourtant, quelque chose semblait d\u00e9sormais occuper une partie importante de son esprit.<\/p>\n<p>Je lui demandai si son appel concernait les discussions avec ses enfants. Il h\u00e9sita bri\u00e8vement avant de r\u00e9pondre. \u00ab En partie \u00bb, dit-il. Il m&#39;expliqua qu&#39;il avait commenc\u00e9 \u00e0 revoir certains documents anciens et qu&#39;il souhaitait v\u00e9rifier plusieurs d\u00e9tails. Je lui proposai de l&#39;aider \u00e0 classer les papiers si cela pouvait lui \u00eatre utile. Il me remercia avec tendresse, mais r\u00e9pondit qu&#39;il pr\u00e9f\u00e9rait s&#39;en occuper lui-m\u00eame. \u00ab Ce sont surtout des questions techniques \u00bb, ajouta-t-il. \u00ab Je ne veux pas t&#39;ennuyer avec tout cela. \u00bb Je lui fis remarquer qu&#39;apr\u00e8s avoir partag\u00e9 un mariage avec Howard, je savais parfaitement qu&#39;aucun document administratif n&#39;\u00e9tait passionnant.<\/p>\n<p>Il rit, puis me prit la main. \u00ab Ce n&#39;est pas une question de confiance, Eleanor. Je veux simplement que les choses soient claires. \u00bb J&#39;acceptai cette explication. Depuis notre mariage, Garrett n&#39;avait jamais cherch\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler mes d\u00e9penses ni \u00e0 me rendre d\u00e9pendante de lui. Nous avions discut\u00e9 des frais du quotidien, organis\u00e9 nos habitudes et conserv\u00e9 chacun une certaine ind\u00e9pendance. Je n&#39;avais aucune envie d&#39;examiner sa fortune. Je savais seulement que ses enfants s&#39;int\u00e9ressaient beaucoup aux dispositions prises par leur p\u00e8re, et je commen\u00e7ais \u00e0 comprendre combien ces discussions pouvaient \u00eatre complexes.<\/p>\n<p>Pendant plusieurs jours, Garrett passa davantage de temps dans son bureau. Je l&#39;entendais parfois parler au t\u00e9l\u00e9phone d&#39;une voix pos\u00e9e, puis d\u00e9placer des dossiers dans les tiroirs. Un apr\u00e8s-midi, alors que je lui apportais du th\u00e9, je remarquai sur son bureau une chemise en cuir brun fonc\u00e9. Plusieurs feuilles d\u00e9passaient l\u00e9g\u00e8rement de son bord. Garrett \u00e9tait en train d&#39;examiner un document, ses lunettes pos\u00e9es assez bas sur son nez. Il leva les yeux en me voyant et referma doucement la chemise. Le geste fut rapide, presque instinctif. Je ne savais pas s&#39;il cherchait \u00e0 pr\u00e9server la confidentialit\u00e9 de ses affaires ou simplement \u00e0 \u00e9viter de m\u00e9langer ses papiers.<\/p>\n<p>\u00ab Tu travailles beaucoup ces derniers temps \u00bb, remarquai-je. Il soupira en retirant ses lunettes. \u00ab Je croyais avoir termin\u00e9 tout cela il y a des ann\u00e9es. Mais certaines situations obligent \u00e0 v\u00e9rifier ce qu&#39;on pensait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gl\u00e9. \u00bb Je lui demandai s&#39;il rencontrait une difficult\u00e9 particuli\u00e8re. Il r\u00e9pondit que non, qu&#39;il voulait seulement s&#39;assurer que ses d\u00e9cisions seraient respect\u00e9es. Puis il changea de sujet en me demandant comment s&#39;\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e ma derni\u00e8re journ\u00e9e \u00e0 la banque alimentaire. Je compris qu&#39;il ne souhaitait pas approfondir la conversation. Je lui parlai donc des b\u00e9n\u00e9voles, des nouvelles livraisons et des familles que nous avions aid\u00e9es.<\/p>\n<p>Je descendis ensuite \u00e0 la cuisine avec la sensation d&#39;avoir entrevu une partie de sa vie que je connaissais mal. Garrett avait dirig\u00e9 ses affaires pendant de longues ann\u00e9es avant de r\u00e9duire progressivement ses activit\u00e9s. Il poss\u00e9dait une grande maison et des investissements dont je ne savais presque rien. Cette diff\u00e9rence entre nous ne m&#39;avait jamais d\u00e9rang\u00e9e. Mais les remarques de Margaret m&#39;avaient rendue consciente d&#39;un monde de documents, de signatures et d&#39;engagements familiaux auquel je n&#39;appartenais pas. Je me demandais parfois si mon ignorance me prot\u00e9geait des conflits ou si elle risquait, au contraire, de me placer un jour dans une situation difficile.<\/p>\n<p>Le soir, nous nous install\u00e2mes dans le salon avec nos livres. Garrett lisait un ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 l&#39;histoire de la r\u00e9gion. Je tenais un roman ouvert sur mes genoux, mais je ne parvenais pas \u00e0 me concentrer. Je regardais de temps \u00e0 autre les photographies de Patricia et celles de notre mariage. Les deux \u00e9poques coexistaient d\u00e9sormais sur les m\u00eames \u00e9tag\u00e8res. Je trouvais cela naturel. Pourtant, les enfants de Garrett semblaient consid\u00e9rer ces images comme les traces de deux histoires incompatibles. Je me demandais combien de temps il leur faudrait pour comprendre que l&#39;amour de leur p\u00e8re n&#39;avait jamais \u00e9t\u00e9 une quantit\u00e9 limit\u00e9e \u00e0 partager entre nous.<\/p>\n<p>Je finis par refermer mon livre. Garrett releva imm\u00e9diatement la t\u00eate. \u00ab Quelque chose te pr\u00e9occupe ? \u00bb demanda-t-il. Je lui r\u00e9pondis que je pensais \u00e0 Margaret et Daniel. Il posa son ouvrage sur la table. Je lui expliquai que je craignais que leurs d\u00e9saccords financiers finissent par devenir plus importants que les liens familiaux. Il acquies\u00e7a lentement. \u00ab C&#39;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que je veux \u00e9viter \u00bb, dit-il. Sa r\u00e9ponse me surprit. Je lui demandai ce qu&#39;il comptait faire. Il r\u00e9pondit qu&#39;il avait d\u00e9j\u00e0 pris certaines d\u00e9cisions depuis longtemps et qu&#39;il souhaitait simplement v\u00e9rifier qu&#39;elles correspondaient toujours \u00e0 ses intentions.<\/p>\n<p>Je le regardai attentivement. \u00ab Est-ce que tu es certain de ne pas prendre ces d\u00e9cisions \u00e0 cause de moi ? \u00bb demandai-je. Il sembla presque offens\u00e9. \u00ab Eleanor, tu n&#39;as jamais exig\u00e9 quoi que ce soit. \u00bb Je lui expliquai que je ne voulais pas que son amour pour moi le pousse \u00e0 agir contre ses propres convictions. Garrett prit mes mains entre les siennes. \u00ab Tu me connais assez pour savoir que je ne prends pas mes responsabilit\u00e9s \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. \u00bb Il marqua une pause. \u00ab Mes enfants auront leur place. Je n&#39;ai jamais envisag\u00e9 de leur retirer ce qui leur revient. Mais je dois aussi penser \u00e0 ma femme. \u00bb<\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re phrase me toucha profond\u00e9ment. Je lui r\u00e9pondis que je ne souhaitais pas devenir une obligation suppl\u00e9mentaire. Il secoua la t\u00eate avec impatience. \u00ab Tu n&#39;es pas une obligation, Eleanor. Tu es la personne avec laquelle j&#39;ai choisi de partager ma vie. \u00bb Je baissai les yeux. Il ajouta qu&#39;il connaissait les habitudes de ses enfants et qu&#39;il pr\u00e9f\u00e9rait \u00e9viter les malentendus plut\u00f4t que devoir les r\u00e9parer plus tard. Je lui demandai s&#39;il pensait que Margaret pourrait un jour accepter pleinement notre mariage. Il soupira. \u00ab Je l&#39;esp\u00e8re. Mais je ne peux pas organiser notre avenir en fonction de cet espoir. \u00bb<\/p>\n<p>Le lendemain, je re\u00e7us dans le courrier une facture qui me rappela une partie de ma vie ant\u00e9rieure. Elle concernait le loyer d&#39;un petit emplacement situ\u00e9 pr\u00e8s d&#39;une route de campagne. Ma s\u0153ur Ruth y avait install\u00e9 sa caravane plusieurs ann\u00e9es auparavant. Apr\u00e8s sa mort, quatre ans plus t\u00f4t, je n&#39;avais jamais trouv\u00e9 le courage de vider enti\u00e8rement ce petit logement. J&#39;avais continu\u00e9 de payer l&#39;emplacement, presque par habitude. Garrett remarqua la lettre lorsque je la posai sur la table. Il me demanda de quoi il s&#39;agissait, et je lui expliquai cette situation avec un l\u00e9ger embarras.<\/p>\n<p>\u00ab Tu paies encore pour un endroit o\u00f9 personne ne vit ? \u00bb demanda-t-il, surpris. Je reconnus que cela semblait peu raisonnable. Je lui parlai de Ruth, de son go\u00fbt pour les petits objets et de la mani\u00e8re dont elle avait organis\u00e9 sa caravane pour en faire un lieu accueillant malgr\u00e9 sa taille. Apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, j&#39;avais essay\u00e9 plusieurs fois de trier ses affaires, mais je m&#39;\u00e9tais toujours arr\u00eat\u00e9e devant une photographie, un torchon ou un carnet de recettes. Garrett m&#39;\u00e9couta avec attention. Il ne se moqua pas de cette d\u00e9pense. Il comprit que je conservais cet endroit pour des raisons qui n&#39;avaient rien de financier.<\/p>\n<p>\u00ab Nous pourrions y aller ensemble un de ces jours \u00bb, proposa-t-il. Je lui r\u00e9pondis que ce serait peut-\u00eatre une bonne id\u00e9e. J&#39;avais repouss\u00e9 cette visite pendant trop longtemps. Il me demanda si la caravane \u00e9tait encore en \u00e9tat. Je lui expliquai qu&#39;elle avait besoin de quelques r\u00e9parations, mais que j&#39;avais veill\u00e9 \u00e0 r\u00e9gler les frais n\u00e9cessaires pour conserver l&#39;emplacement. Il sourit doucement. \u00ab Tu vois, nous avons tous les deux des choses auxquelles nous tenons sans toujours savoir comment les expliquer. \u00bb Je pensai \u00e0 ses photographies, \u00e0 la maison et aux souvenirs de Patricia. Je compris ce qu&#39;il voulait dire.<\/p>\n<p>Cette conversation me rappela combien nos deuils nous avaient appris \u00e0 conserver des objets qui semblaient insignifiants aux autres. J&#39;avais gard\u00e9 un vieux gilet de Howard longtemps apr\u00e8s qu&#39;il eut cess\u00e9 d&#39;\u00eatre agr\u00e9able \u00e0 porter. Garrett avait conserv\u00e9 les livres de Patricia et plusieurs objets qu&#39;elle aimait. La caravane de Ruth appartenait \u00e0 cette m\u00eame cat\u00e9gorie de lieux o\u00f9 les souvenirs paraissent prendre une forme mat\u00e9rielle. Je d\u00e9cidai de r\u00e9gler la facture, comme les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Garrett ne chercha pas \u00e0 m&#39;en dissuader. Il me proposa simplement de v\u00e9rifier un jour l&#39;\u00e9tat du toit et du chauffage, afin que l&#39;endroit ne se d\u00e9grade pas davantage.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, Margaret t\u00e9l\u00e9phona de nouveau. Je me trouvais dans la cuisine lorsque Garrett r\u00e9pondit. Il monta dans son bureau pour poursuivre la conversation. Je ne cherchai pas \u00e0 \u00e9couter, mais je remarquai qu&#39;il resta longtemps \u00e0 l&#39;\u00e9tage. Lorsqu&#39;il redescendit, son visage \u00e9tait ferm\u00e9. Je lui demandai si tout allait bien. Il r\u00e9pondit que Margaret souhaitait reparler de certains documents familiaux. Je ne posai pas davantage de questions. Je savais d\u00e9sormais que ces sujets provoquaient souvent des d\u00e9saccords. Pourtant, je sentis une inqui\u00e9tude revenir lorsque Garrett ajouta qu&#39;il faudrait probablement qu&#39;il rencontre sa fille pour clarifier la situation.<\/p>\n<p>Ils se retrouv\u00e8rent quelques jours plus tard, dans la grande maison. Daniel les rejoignit pour une partie de la conversation. Je pr\u00e9f\u00e9rai sortir afin qu&#39;ils puissent parler librement. J&#39;avais pr\u00e9vu de passer \u00e0 l&#39;\u00e9glise pour aider Marlene \u00e0 pr\u00e9parer une activit\u00e9 de la paroisse. Avant de partir, Garrett m&#39;accompagna jusqu&#39;\u00e0 la voiture. Il me demanda de ne pas me pr\u00e9occuper de la discussion. Je lui r\u00e9pondis que j&#39;esp\u00e9rais simplement qu&#39;elle se d\u00e9roulerait calmement. Il sourit, mais je remarquai une certaine tension dans ses traits. \u00ab Je vais leur expliquer les choses aussi clairement que possible \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#39;\u00e9glise, Marlene me trouva particuli\u00e8rement distraite. Je laissai tomber une pile de serviettes que je venais de compter et dus recommencer mon travail. Elle me regarda avec indulgence, puis me demanda si les difficult\u00e9s avec les enfants de Garrett continuaient. Je lui expliquai qu&#39;ils discutaient encore de questions familiales et financi\u00e8res. Elle me conseilla de ne pas me rendre responsable de probl\u00e8mes qui existaient peut-\u00eatre bien avant notre mariage. J&#39;acquies\u00e7ai. Je savais qu&#39;elle avait raison. Mais je ne pouvais m&#39;emp\u00eacher de penser \u00e0 Garrett, seul face \u00e0 ses enfants, oblig\u00e9 de d\u00e9fendre des d\u00e9cisions qu&#39;il croyait d\u00e9j\u00e0 prises.<\/p>\n<p>Lorsque je rentrai, les voitures de Margaret et Daniel \u00e9taient encore dans l&#39;all\u00e9e. Je me garai pr\u00e8s du garage et entrai par la porte de la cuisine. La maison semblait calme. J&#39;entendis cependant des voix provenant du couloir qui menait au bureau. Margaret parlait d&#39;une voix tendue. Je distinguai le pr\u00e9nom de Patricia, puis une phrase concernant des documents que Garrett aurait promis de signer. Je m&#39;arr\u00eatai involontairement. \u00ab Papa, tu avais dit que tu t&#39;en occuperais \u00bb, insistait-elle. Garrett r\u00e9pondit quelque chose d&#39;une voix basse, mais ferme. Je ne distinguai pas les mots. Daniel intervint ensuite, sans que je puisse comprendre sa r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Je reculai aussit\u00f4t. J&#39;avais d\u00e9j\u00e0 entendu une conversation priv\u00e9e lors de notre d\u00eener de fian\u00e7ailles, et je ne voulais pas renouveler cette exp\u00e9rience. Je posai mon sac sur le comptoir, puis montai \u00e0 l&#39;\u00e9tage en faisant suffisamment de bruit pour signaler mon arriv\u00e9e. Dans notre chambre, je m&#39;assis au bord du lit. Je me demandais ce que Margaret cherchait \u00e0 obtenir. Des signatures ? Une confirmation \u00e9crite ? Une modification d&#39;arrangements existants ? Je n&#39;en savais rien. Et je ne voulais pas inventer une explication simplement parce que ses paroles m&#39;avaient inqui\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n<p>Lorsque je redescendis, Daniel \u00e9tait parti. Margaret se tenait pr\u00e8s de la porte, son manteau sur le bras. Elle me salua bri\u00e8vement. Je lui demandai si elle souhaitait une tasse de caf\u00e9 avant de repartir. Elle r\u00e9pondit qu&#39;elle devait rentrer. Son regard glissa vers le bureau de Garrett. \u00ab J&#39;esp\u00e8re que papa prendra le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce que nous avons dit \u00bb, d\u00e9clara-t-elle. Je lui r\u00e9pondis que Garrett avait toujours \u00e9t\u00e9 un homme r\u00e9fl\u00e9chi. Elle me fixa quelques secondes. \u00ab Bien s\u00fbr \u00bb, dit-elle. Puis elle ajouta qu&#39;il \u00e9tait parfois difficile de prendre du recul lorsque les sentiments occupaient trop de place.<\/p>\n<p>Je sentis le reproche, mais refusai d&#39;y r\u00e9pondre. Je lui souhaitai une bonne fin de journ\u00e9e. Elle partit sans ajouter un mot. Garrett apparut quelques minutes plus tard. Il semblait fatigu\u00e9, mais moins en col\u00e8re que lors de notre d\u00eener pr\u00e9c\u00e9dent. Je lui demandai si la discussion avait \u00e9t\u00e9 utile. Il r\u00e9pondit qu&#39;il avait expliqu\u00e9 sa position et qu&#39;il esp\u00e9rait que ses enfants comprendraient enfin certaines choses. Je ne lui demandai pas lesquelles. Il me regarda avec attention, comme s&#39;il cherchait \u00e0 savoir si j&#39;avais entendu quelque chose. Je lui souris doucement et proposai de pr\u00e9parer le d\u00eener.<\/p>\n<p>Les semaines suivantes, une nouvelle habitude s&#39;installa. Garrett recevait r\u00e9guli\u00e8rement des appels d&#39;un homme qu&#39;il appelait monsieur Whitfield. Je remarquai ce nom parce qu&#39;il revenait souvent dans ses conversations. Parfois, Garrett parlait depuis son bureau. D&#39;autres fois, il r\u00e9pondait dans le salon, puis demandait \u00e0 son interlocuteur de patienter quelques instants avant de rejoindre une pi\u00e8ce plus calme. Il ne semblait pas inquiet, mais particuli\u00e8rement concentr\u00e9. Je compris que cet homme \u00e9tait probablement un professionnel charg\u00e9 de l&#39;aider dans ses affaires. Je ne cherchai pas \u00e0 en savoir davantage.<\/p>\n<p>Un apr\u00e8s-midi, Garrett laissa son carnet ouvert sur la table de la cuisine pendant qu&#39;il allait chercher un document. Je n&#39;avais aucune intention de lire ses notes, mais le nom de Whitfield apparaissait clairement sur la page, accompagn\u00e9 d&#39;un horaire de rendez-vous. Je d\u00e9tournai les yeux presque aussit\u00f4t. Je me sentis ridicule de traiter un simple carnet comme un objet confidentiel. Pourtant, les tensions r\u00e9centes m&#39;avaient rendue particuli\u00e8rement prudente. Je ne voulais pas qu&#39;un jour Margaret puisse affirmer que j&#39;avais essay\u00e9 de consulter les papiers de son p\u00e8re pour d\u00e9couvrir des informations sur sa fortune.<\/p>\n<p>Lorsque Garrett revint, je lui demandai simplement si monsieur Whitfield \u00e9tait l&#39;un de ses anciens collaborateurs. Il r\u00e9pondit que c&#39;\u00e9tait son avocat et qu&#39;ils travaillaient ensemble depuis de nombreuses ann\u00e9es. \u00ab Il conna\u00eet tr\u00e8s bien ma situation \u00bb, ajouta-t-il. Je lui demandai si leurs rendez-vous concernaient les documents familiaux. Il acquies\u00e7a. Puis il expliqua qu&#39;il pr\u00e9f\u00e9rait confier certaines questions \u00e0 quelqu&#39;un de comp\u00e9tent plut\u00f4t que risquer de laisser des ambigu\u00eft\u00e9s. Je trouvai cette d\u00e9cision raisonnable. Garrett avait toujours \u00e9t\u00e9 m\u00e9thodique. Je ne voyais aucune raison de lui demander les d\u00e9tails d&#39;une conversation professionnelle.<\/p>\n<p>L&#39;hiver approchait, et notre vie quotidienne conservait une douceur \u00e0 laquelle je m&#39;accrochais. Garrett aimait pr\u00e9parer le caf\u00e9 du matin. Je choisissais les repas du soir en consultant ses envies, m\u00eame lorsqu&#39;il r\u00e9pondait qu&#39;il mangerait volontiers n&#39;importe quoi. Nous continuions de nous rendre parfois dans notre petit restaurant du mardi, simplement pour retrouver l&#39;endroit o\u00f9 notre histoire avait recommenc\u00e9. Il me faisait rire avec ses remarques sur les clients press\u00e9s ou les serveurs qui changeaient trop souvent les places des tables. Ces moments me rappelaient pourquoi nous avions choisi de nous marier.<\/p>\n<p>Un dimanche, apr\u00e8s l&#39;office, nous rest\u00e2mes quelques minutes dans la voiture pour regarder la pluie tomber sur le pare-brise. Garrett semblait particuli\u00e8rement heureux. Il me raconta qu&#39;il avait longtemps cru ne plus jamais \u00e9prouver ce sentiment de partager naturellement son existence avec quelqu&#39;un. Je lui r\u00e9pondis que j&#39;avais ressenti la m\u00eame chose apr\u00e8s la mort de Howard. Nous rest\u00e2mes silencieux un moment. Puis il prit ma main et me demanda si je me sentais r\u00e9ellement chez moi d\u00e9sormais. Je r\u00e9fl\u00e9chis avant de r\u00e9pondre. Malgr\u00e9 les tensions avec ses enfants, j&#39;avais commenc\u00e9 \u00e0 aimer cette maison et les habitudes que nous y construisions ensemble.<\/p>\n<p>\u00ab Oui \u00bb, dis-je. \u00ab Lorsque nous sommes tous les deux, je m&#39;y sens chez moi. \u00bb Garrett me regarda attentivement. \u00ab Et lorsque je ne suis pas l\u00e0 ? \u00bb La question me surprit. Je lui r\u00e9pondis que je n&#39;avais jamais r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 cette diff\u00e9rence. Il acquies\u00e7a lentement. \u00ab Tu devrais pouvoir t&#39;y sentir chez toi tout le temps \u00bb, murmura-t-il. Je ne compris pas imm\u00e9diatement pourquoi il semblait si s\u00e9rieux. Je pensai qu&#39;il faisait simplement r\u00e9f\u00e9rence aux remarques de Margaret. Je lui assurai que je m&#39;effor\u00e7ais de ne plus me laisser troubler par ses critiques.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, je montai au bureau de Garrett pour lui apporter une tasse de th\u00e9. Il parlait au t\u00e9l\u00e9phone. En me voyant, il sourit et fit signe qu&#39;il terminerait rapidement. \u00ab Oui, monsieur Whitfield \u00bb, disait-il. \u00ab C&#39;est bien ce que nous avions convenu. Je veux simplement que tout soit parfaitement clair. \u00bb Il \u00e9couta quelques instants, puis ajouta qu&#39;il souhaitait recevoir une confirmation \u00e9crite. Je d\u00e9posai la tasse sur un petit meuble, suffisamment loin des documents pour ne pas risquer de les mouiller. Garrett me remercia d&#39;un signe de t\u00eate.<\/p>\n<p>Lorsque l&#39;appel se termina, je remarquai de nouveau la chemise en cuir pos\u00e9e sur son bureau. Elle semblait d\u00e9sormais contenir davantage de papiers. Garrett la referma soigneusement et la pla\u00e7a dans un tiroir. Je lui demandai, avec un sourire, s&#39;il comptait transformer son bureau en cabinet d&#39;archives. Il rit et r\u00e9pondit qu&#39;il essayait justement de r\u00e9duire le nombre de dossiers qu&#39;il devrait conserver. Je lui fis remarquer qu&#39;il avait beaucoup travaill\u00e9 ces derni\u00e8res semaines. Il reconnut que certaines v\u00e9rifications prenaient plus de temps que pr\u00e9vu. Puis il m&#39;invita \u00e0 m&#39;asseoir pr\u00e8s de lui.<\/p>\n<p>\u00ab Eleanor, je voudrais que tu comprennes quelque chose \u00bb, commen\u00e7a-t-il. Je sentis imm\u00e9diatement qu&#39;il s&#39;appr\u00eatait \u00e0 parler d&#39;un sujet important. Il me rappela que plusieurs dispositions avaient \u00e9t\u00e9 prises bien avant nos retrouvailles. Certaines concernaient des engagements familiaux auxquels il tenait profond\u00e9ment. Je lui dis que je n&#39;avais jamais souhait\u00e9 remettre ces d\u00e9cisions en question. Il acquies\u00e7a. \u00ab Je le sais. C&#39;est justement pour cela que je veux \u00eatre certain que personne ne pourra un jour pr\u00e9tendre le contraire. \u00bb Je le regardai sans comprendre enti\u00e8rement ce qu&#39;il voulait dire.<\/p>\n<p>Il poursuivit en expliquant qu&#39;il avait toujours voulu agir \u00e9quitablement envers ses enfants. La maison, les souvenirs de Patricia et les affaires construites pendant son premier mariage repr\u00e9sentaient une partie essentielle de leur histoire familiale. Il n&#39;avait aucune intention d&#39;ignorer cela. Mais notre mariage constituait d\u00e9sormais une autre responsabilit\u00e9 qu&#39;il prenait tr\u00e8s au s\u00e9rieux. \u00ab Je ne veux pas que tu sois oblig\u00e9e de d\u00e9pendre de la bonne volont\u00e9 de qui que ce soit \u00bb, d\u00e9clara-t-il. Cette phrase me troubla. Je lui demandai s&#39;il craignait r\u00e9ellement que ses enfants me traitent mal s&#39;il lui arrivait quelque chose.<\/p>\n<p>Garrett resta silencieux quelques instants. Puis il r\u00e9pondit qu&#39;il esp\u00e9rait sinc\u00e8rement que nos relations s&#39;am\u00e9lioreraient, mais qu&#39;il avait appris au cours de sa vie \u00e0 ne pas confondre l&#39;espoir avec la prudence. Je lui demandai s&#39;il pensait que Margaret pourrait un jour me consid\u00e9rer comme une v\u00e9ritable membre de la famille. Il sourit tristement. \u00ab Je voudrais le croire. Mais certaines choses ne doivent pas d\u00e9pendre de ce qu&#39;elle d\u00e9cidera de ressentir. \u00bb Je ne savais pas comment r\u00e9agir. J&#39;avais voulu \u00e9viter de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la possibilit\u00e9 de perdre Garrett, et il me parlait soudain de pr\u00e9cautions destin\u00e9es \u00e0 un avenir incertain.<\/p>\n<p>Je lui demandai de ne pas consacrer tout notre temps \u00e0 ces inqui\u00e9tudes. Nous avions d\u00e9j\u00e0 perdu tant d&#39;ann\u00e9es avant de nous retrouver. Je voulais profiter de notre mariage, de nos conversations et des matins o\u00f9 il m&#39;apportait du caf\u00e9 avec son sourire l\u00e9g\u00e8rement de travers. Garrett prit mes mains et les porta \u00e0 ses l\u00e8vres. \u00ab C&#39;est exactement ce que je veux aussi \u00bb, r\u00e9pondit-il. \u00ab Mais je serai plus tranquille lorsque je saurai que certaines choses sont r\u00e9gl\u00e9es. \u00bb Je compris alors que son travail avec monsieur Whitfield n&#39;\u00e9tait pas seulement une r\u00e9action aux disputes. Il s&#39;agissait pour lui d&#39;une responsabilit\u00e9 qu&#39;il refusait de laisser inachev\u00e9e.<\/p>\n<p>Je lui demandai s&#39;il souhaitait que j&#39;assiste \u00e0 l&#39;un de ses rendez-vous avec son avocat. Garrett r\u00e9fl\u00e9chit, puis r\u00e9pondit que ce n&#39;\u00e9tait pas n\u00e9cessaire pour l&#39;instant. \u00ab Si j&#39;ai besoin que tu signes quoi que ce soit ou que tu prennes une d\u00e9cision, je te le dirai \u00bb, promit-il. Je lui fis confiance. Je n&#39;avais jamais eu de raison s\u00e9rieuse de douter de sa parole. Pourtant, une partie de moi aurait voulu conna\u00eetre davantage de d\u00e9tails. Je repoussai ce d\u00e9sir, craignant qu&#39;une curiosit\u00e9 trop insistante ne ressemble \u00e0 celle dont Margaret m&#39;accusait depuis des mois.<\/p>\n<p>Garrett me rapprocha doucement de lui et m&#39;entoura de ses bras. \u00ab Eleanor, j&#39;ai pris certaines dispositions il y a longtemps \u00bb, dit-il. \u00ab Je v\u00e9rifie seulement qu&#39;elles correspondent toujours \u00e0 ce que je souhaite. \u00bb Je lui demandai s&#39;il \u00e9tait inquiet pour notre avenir. Il secoua la t\u00eate. \u00ab Non. Je veux justement que tu n&#39;aies pas \u00e0 l&#39;\u00eatre. \u00bb Il m&#39;embrassa sur le front, puis ajouta avec une gravit\u00e9 que je n&#39;oublierais jamais : \u00ab Quoi que mes enfants puissent penser ou d\u00e9cider un jour, je veillerai \u00e0 ce que tu sois prot\u00e9g\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>Je restai longtemps contre lui, \u00e9mue par sa tendresse. Je ne lui demandai pas ce que contenait la chemise en cuir, ni pourquoi il t\u00e9l\u00e9phonait si souvent \u00e0 monsieur Whitfield. Je ne lui demandai pas non plus quelles dispositions il avait prises ou ce qu&#39;il entendait exactement par le mot \u00ab prot\u00e9g\u00e9e \u00bb. Je voulais croire qu&#39;il suffirait de nous aimer et de nous respecter pour traverser les difficult\u00e9s qui se pr\u00e9sentaient. Ce soir-l\u00e0, je choisis de lui faire confiance sans exiger davantage d&#39;explications. Je ne pouvais pas savoir que cette d\u00e9cision me reviendrait un jour en m\u00e9moire avec une pr\u00e9cision douloureuse, ni que les documents rang\u00e9s dans ce bureau auraient des cons\u00e9quences bien plus importantes que je ne l&#39;imaginais.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=5304\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 9 : Une visite dans la caravane de Ruth r\u00e9veilla mes anciens deuils, tandis que Garrett pr\u00e9parait en secret notre avenir commun<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le lundi suivant, Garrett re\u00e7ut un appel alors que nous terminions notre petit d\u00e9jeuner. Je le vis consulter l&#39;\u00e9cran de son t\u00e9l\u00e9phone, puis se lever avec une expression s\u00e9rieuse. 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