{"id":3748,"date":"2026-10-09T04:01:59","date_gmt":"2026-10-09T04:01:59","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=3748"},"modified":"2026-10-09T04:01:59","modified_gmt":"2026-10-09T04:01:59","slug":"partie-2-derriere-le-muret-du-jardin-de-laura-jai-decouvert-un-cadeau-extravagant-et-une-habitude-secrete-qui-trahissait-bien-davantage-quune-visite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=3748","title":{"rendered":"PARTIE 2 \u2013 Derri\u00e8re le muret du jardin de Laura, j\u2019ai d\u00e9couvert un cadeau extravagant et une habitude secr\u00e8te qui trahissait bien davantage qu\u2019une visite"},"content":{"rendered":"<p>Laura a sorti le v\u00eatement du sac rose avec une pr\u00e9caution qui m&#39;a imm\u00e9diatement frapp\u00e9e. Elle l&#39;a soulev\u00e9 des deux mains, laissant se d\u00e9ployer un tissu bleu clair dont la couleur ressortait sous la lumi\u00e8re de la terrasse. C&#39;\u00e9tait un maillot de bain. Un mod\u00e8le \u00e9l\u00e9gant, avec des lignes travaill\u00e9es et une coupe que je savais ch\u00e8re sans encore conna\u00eetre son prix. L&#39;\u00e9tiquette pendait toujours \u00e0 l&#39;une des bretelles. Laura l&#39;a approch\u00e9 de son visage, puis elle a regard\u00e9 Ricardo. Elle souriait avec cette expression particuli\u00e8re que j&#39;avais vue chez elle lorsqu&#39;elle recevait quelque chose qu&#39;elle d\u00e9sirait profond\u00e9ment, mais n&#39;avait pas os\u00e9 r\u00e9clamer.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es compl\u00e8tement fou \u00bb, a-t-elle souffl\u00e9 en riant. Ricardo a r\u00e9pondu quelques mots que je n&#39;ai pas distingu\u00e9s. Il s&#39;est rapproch\u00e9 de la table, a effleur\u00e9 le bord du sac puis lui a fait signe de regarder le v\u00eatement plus attentivement. Aucun des deux ne se comportait comme s&#39;il s&#39;agissait d&#39;un cadeau embarrassant offert au mauvais moment. Il y avait entre eux une aisance paisible. Laura ne cherchait pas \u00e0 \u00e9loigner le pr\u00e9sent, et Ricardo ne paraissait pas craindre qu&#39;elle puisse mal interpr\u00e9ter son geste. Je me suis demand\u00e9 combien de conversations avaient \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour atteindre cette tranquillit\u00e9.<\/p>\n<p>J&#39;ai chang\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement de position afin de mieux voir. Le muret \u00e9tait rugueux sous ma paume. Une branche frottait contre mon \u00e9paule et je sentais la poussi\u00e8re du passage se d\u00e9poser sur mes chaussures. J&#39;aurais pu sortir de ma cachette \u00e0 cet instant. J&#39;aurais eu suffisamment de raisons pour demander des explications. Mais une partie de moi continuait d&#39;attendre le d\u00e9tail qui ferait dispara\u00eetre ce que je regardais. Peut-\u00eatre Laura pr\u00e9parait-elle des vacances. Peut-\u00eatre Ricardo avait-il achet\u00e9 le cadeau pour le compte d&#39;un groupe d&#39;amis. Une justification maladroite, m\u00eame improbable, aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable au silence.<\/p>\n<p>Laura a retourn\u00e9 le maillot de bain et observ\u00e9 l&#39;\u00e9tiquette. Elle a \u00e9carquill\u00e9 les yeux. \u00ab Ricardo, tu n&#39;avais vraiment pas besoin de d\u00e9penser autant. \u00bb Il a hauss\u00e9 les \u00e9paules, presque avec d\u00e9sinvolture. \u00ab Tu as travers\u00e9 une p\u00e9riode difficile. Tu m\u00e9rites de te sentir belle \u00e0 nouveau. \u00bb Les mots \u00e9taient simples. Leur effet sur moi ne l&#39;\u00e9tait pas. Depuis des semaines, je cherchais \u00e0 comprendre comment rejoindre mon mari dans les pr\u00e9occupations qui semblaient l&#39;absorber. L\u00e0, je l&#39;entendais s&#39;inqui\u00e9ter de la confiance d&#39;une autre femme, choisir des paroles capables de la toucher et les prononcer sans aucune h\u00e9sitation.<\/p>\n<p>Je me suis accroch\u00e9e au prix comme on s&#39;accroche \u00e0 un chiffre dans une situation dont tout le reste \u00e9chappe au contr\u00f4le. Laura a \u00e9voqu\u00e9 une somme proche de huit mille pesos. J&#39;ai regard\u00e9 le petit morceau de carton attach\u00e9 au maillot, trop loin pour en lire chaque caract\u00e8re, mais j&#39;avais entendu assez clairement pour comprendre qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;un article de luxe. Nous n&#39;\u00e9tions pas un couple priv\u00e9 de moyens, Ricardo et moi. Pourtant, nous avions pris l&#39;habitude de discuter des achats importants, surtout depuis que certaines d\u00e9penses de son entreprise exigeaient davantage de prudence. Huit mille pesos n&#39;\u00e9taient pas une somme qu&#39;on abandonnait distraitement \u00e0 un caprice.<\/p>\n<p>Je me suis demand\u00e9 ce qu&#39;il aurait pens\u00e9 si j&#39;avais offert un pr\u00e9sent \u00e9quivalent \u00e0 l&#39;un de ses amis, en secret, le soir de notre anniversaire de mariage. La r\u00e9ponse m&#39;a presque fait sourire malgr\u00e9 moi. Ricardo aurait exig\u00e9 des explications. Il aurait voulu savoir depuis quand cette amiti\u00e9 justifiait une telle d\u00e9pense. Il aurait peut-\u00eatre parl\u00e9 de respect, de limites et de ce qui se partage entre \u00e9poux. J&#39;entendais d\u00e9j\u00e0 le ton qu&#39;il adoptait lorsqu&#39;il estimait que quelqu&#39;un lui devait une justification. Ce m\u00eame homme se trouvait maintenant devant Laura, satisfait d&#39;avoir choisi un objet destin\u00e9 \u00e0 \u00e9pouser son corps.<\/p>\n<p>Le souvenir d&#39;une conversation r\u00e9cente m&#39;est revenu. Laura m&#39;avait parl\u00e9 de la difficult\u00e9 de recommencer \u00e0 vivre apr\u00e8s son divorce. Elle disait ne plus savoir comment se regarder dans un miroir sans retrouver les critiques de son ancien mari. Je l&#39;avais encourag\u00e9e \u00e0 reprendre ses habitudes, \u00e0 sortir, \u00e0 ne pas croire que l&#39;\u00e9chec de son mariage d\u00e9finissait sa valeur. Je lui avais r\u00e9p\u00e9t\u00e9 qu&#39;elle n&#39;avait pas \u00e0 se sentir coupable de vouloir \u00eatre heureuse. Aujourd&#39;hui, mes propres paroles semblaient avoir ouvert un espace dans lequel Ricardo s&#39;\u00e9tait install\u00e9 \u00e0 mon insu.<\/p>\n<p>Il n&#39;y avait pourtant rien de r\u00e9pr\u00e9hensible \u00e0 offrir du r\u00e9confort \u00e0 une personne divorc\u00e9e. Je le savais, et cette \u00e9vidence m&#39;emp\u00eachait de c\u00e9der trop vite \u00e0 ma col\u00e8re. Ce qui me troublait, c&#39;\u00e9tait l&#39;ensemble. Le lieu, l&#39;heure, le prix du cadeau, les regards \u00e9chang\u00e9s. Et surtout cette sensation que les deux personnes devant moi partageaient une conversation commenc\u00e9e depuis longtemps. Ricardo ne cherchait pas \u00e0 expliquer pourquoi il avait choisi ce mod\u00e8le. Laura ne lui demandait pas comment il savait qu&#39;il lui plairait. Le pr\u00e9sent semblait correspondre \u00e0 une pr\u00e9f\u00e9rence d\u00e9j\u00e0 connue.<\/p>\n<p>Elle a tenu le maillot contre elle, face \u00e0 la baie vitr\u00e9e. Le reflet de son corps se m\u00ealait \u00e0 celui de Ricardo. Pendant une seconde, j&#39;ai eu la vision absurde d&#39;une photographie de vacances qu&#39;ils auraient pu prendre ensemble. J&#39;ai aussit\u00f4t rejet\u00e9 cette id\u00e9e. Je n&#39;avais aucune preuve qu&#39;ils \u00e9taient partis quelque part tous les deux. Je ne voulais pas transformer chaque image en r\u00e9cit. Pourtant, l&#39;histoire du pr\u00e9tendu s\u00e9minaire de Monterrey revenait obstin\u00e9ment. Laura avait voyag\u00e9 \u00e0 San Miguel de Allende \u00e0 une p\u00e9riode voisine. Les destinations diff\u00e9rentes ne prouvaient rien. Leur co\u00efncidence ne me laissait plus tranquille.<\/p>\n<p>Ricardo a prononc\u00e9 quelque chose qui a fait baisser les yeux \u00e0 Laura. Elle a souri avant de replier soigneusement le maillot, puis elle l&#39;a d\u00e9pli\u00e9 une nouvelle fois. J&#39;ai observ\u00e9 ce petit geste avec une intensit\u00e9 douloureuse. Elle semblait savourer le cadeau, retarder le moment de le ranger. J&#39;avais connu cette forme de plaisir au d\u00e9but de mon mariage. Ricardo \u00e9tait alors attentif aux choses les plus modestes. Il rapportait parfois une p\u00e2tisserie qu&#39;il savait me plaire, notait les livres dont je parlais, remarquait lorsque j&#39;avais eu une journ\u00e9e difficile. Depuis quelque temps, ses attentions avaient pris un caract\u00e8re plus fonctionnel, comme des obligations inscrites dans son agenda.<\/p>\n<p>J&#39;ai pens\u00e9 au d\u00eener r\u00e9serv\u00e9 pour notre anniversaire. Peut-\u00eatre avait-il r\u00e9ellement envie de le partager avec moi. Rien ne m&#39;obligeait \u00e0 supposer qu&#39;il avait cess\u00e9 de m&#39;aimer. Les sentiments ne disparaissent pas toujours proprement, et les \u00eatres humains sont capables de contradictions. Cette pens\u00e9e m&#39;a presque soulag\u00e9e avant de me blesser \u00e0 nouveau. Si Ricardo \u00e9prouvait encore quelque chose pour moi, comment avait-il pu choisir cette soir\u00e9e pour venir offrir un maillot de bain co\u00fbteux \u00e0 Laura ? Comment avait-il pu se montrer si d\u00e9tendu en sachant que je l&#39;attendais ailleurs ?<\/p>\n<p>Un bruit d&#39;eau m&#39;a tir\u00e9e de mes r\u00e9flexions. Il venait d&#39;une propri\u00e9t\u00e9 voisine. \u00c0 travers une ouverture entre les feuilles, j&#39;ai aper\u00e7u le mouvement d&#39;un tuyau d&#39;arrosage. Une voix de femme s&#39;est \u00e9lev\u00e9e de l&#39;autre c\u00f4t\u00e9 de la cl\u00f4ture, indistincte. Laura a brusquement regard\u00e9 dans cette direction. Son sourire s&#39;est resserr\u00e9. Elle a dit quelque chose \u00e0 Ricardo, qui a tourn\u00e9 la t\u00eate \u00e0 son tour. Je me suis accroupie davantage, craignant d&#39;\u00eatre visible depuis le jardin voisin. Pendant quelques secondes, seuls les bruits de l&#39;eau et les froissements des plantes ont occup\u00e9 l&#39;espace.<\/p>\n<p>Puis Laura a parl\u00e9 assez distinctement pour que chaque mot me parvienne. \u00ab Fais attention \u00e0 madame Marisol. Elle arrose presque toujours ses plantes \u00e0 cette heure-ci. Elle remarque tout ce qui se passe. \u00bb Ricardo n&#39;a pas manifest\u00e9 la surprise de quelqu&#39;un qui d\u00e9couvre l&#39;existence d&#39;une voisine indiscr\u00e8te. Il a simplement jet\u00e9 un regard rapide vers la cl\u00f4ture avant de revenir \u00e0 Laura. Ce mouvement \u00e9tait minuscule. Il a pourtant modifi\u00e9 enti\u00e8rement ce que je pensais de leur rencontre. Ils n&#39;\u00e9taient pas pr\u00e9occup\u00e9s par les r\u00e9actions que pourrait susciter un cadeau. Ils se pr\u00e9occupaient d&#39;\u00eatre vus ensemble.<\/p>\n<p>Laura a ajout\u00e9, d&#39;un ton plus bas, quelques paroles que je n&#39;ai pas pu comprendre. Ricardo lui a r\u00e9pondu sans changer de position. Il paraissait moins inquiet qu&#39;elle. Peut-\u00eatre consid\u00e9rait-il la situation comme parfaitement ma\u00eetris\u00e9e. Peut-\u00eatre pensait-il que personne ne ferait le lien entre cette maison et la vie qu&#39;il menait avec moi. Je me suis souvenue des nombreuses fois o\u00f9 il avait affirm\u00e9 qu&#39;une personne innocente n&#39;avait aucune raison de surveiller ses gestes. Cette phrase m&#39;avait paru raisonnable lorsqu&#39;il l&#39;avait prononc\u00e9e. Maintenant, je me demandais combien de ses convictions n&#39;\u00e9taient que des arguments adapt\u00e9s \u00e0 ses besoins.<\/p>\n<p>Madame Marisol. Je connaissais son nom. Laura l&#39;avait d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e au cours de nos conversations, parfois pour se moquer gentiment de sa curiosit\u00e9. Je savais qu&#39;elle aimait son jardin et qu&#39;elle observait attentivement ce qui se passait autour de chez elle. Mais je ne connaissais pas l&#39;heure de son arrosage. Jamais je n&#39;avais eu besoin de me renseigner sur ses habitudes. Ricardo, lui, venait d&#39;\u00eatre averti comme on rappelle \u00e0 quelqu&#39;un une pr\u00e9caution d\u00e9j\u00e0 famili\u00e8re. Il ne s&#39;\u00e9tait pas demand\u00e9 pourquoi cette information serait importante. Ce silence pesait plus lourd qu&#39;une explication maladroite.<\/p>\n<p>J&#39;ai ferm\u00e9 les yeux un instant. Le parfum sur ses chemises m&#39;est revenu avec une pr\u00e9cision inattendue. Je revoyais Ricardo rentrer tard, poser son t\u00e9l\u00e9phone face contre la table, r\u00e9pondre trop vite lorsqu&#39;on lui demandait comment s&#39;\u00e9tait pass\u00e9e sa journ\u00e9e. Je revoyais \u00e9galement mes propres gestes : ranger les chemises, d\u00e9tourner le regard de l&#39;\u00e9cran, lui demander s&#39;il avait mang\u00e9. Nous avions construit notre vie autour de petites habitudes. Je d\u00e9couvrais que certaines avaient peut-\u00eatre servi \u00e0 dissimuler une autre r\u00e9alit\u00e9. Il m&#39;\u00e9tait devenu impossible de consid\u00e9rer chacune d&#39;elles s\u00e9par\u00e9ment.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 n&#39;\u00e9tait pas seulement de reconna\u00eetre une possible liaison. Je devais admettre que j&#39;avais particip\u00e9, sans le vouloir, \u00e0 l&#39;entretien du silence. Chaque fois qu&#39;une explication m&#39;avait sembl\u00e9 insuffisante, j&#39;avais choisi de la compl\u00e9ter moi-m\u00eame. Un d\u00e9placement professionnel pouvait \u00eatre compliqu\u00e9. Un entra\u00eenement sportif pouvait durer plus longtemps que pr\u00e9vu. Une odeur \u00e9trang\u00e8re n&#39;\u00e9tait pas n\u00e9cessairement une preuve. J&#39;avais raison sur chacun de ces points pris isol\u00e9ment. Mais je n&#39;avais jamais cherch\u00e9 \u00e0 comprendre pourquoi tant d&#39;incertitudes se concentraient autour de la m\u00eame personne, aux m\u00eames heures, avec une r\u00e9gularit\u00e9 croissante.<\/p>\n<p>Laura a de nouveau lev\u00e9 le maillot de bain. \u00ab Tu es s\u00fbr que \u00e7a ne pose pas de probl\u00e8me ? \u00bb a-t-elle demand\u00e9. Je ne savais pas si elle parlait du prix, de la voisine ou de moi. Ricardo a r\u00e9pondu assez doucement pour que je ne saisisse pas les mots. Laura a acquiesc\u00e9. Leur conversation a repris un rythme tranquille, comme si cette question avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e depuis longtemps. J&#39;ai senti une col\u00e8re plus nette traverser mon inqui\u00e9tude. Ils se comportaient comme si les cons\u00e9quences de leurs choix pouvaient \u00eatre limit\u00e9es par une conversation tenue \u00e0 voix basse, dans un jardin ferm\u00e9.<\/p>\n<p>Je me suis redress\u00e9e avec prudence. Mes jambes commen\u00e7aient \u00e0 me faire mal. La position inconfortable dans laquelle j&#39;\u00e9tais rest\u00e9e aurait pu para\u00eetre grotesque \u00e0 quelqu&#39;un qui m&#39;aurait observ\u00e9e depuis la rue. Je n&#39;avais pas l&#39;habitude de me cacher. Dans mon travail, lorsqu&#39;un document pr\u00e9sentait une anomalie, j&#39;examinais les faits et je demandais les pi\u00e8ces n\u00e9cessaires. Je ne passais pas mon temps \u00e0 imaginer les intentions de ceux qui l&#39;avaient \u00e9tabli. Devant la maison de Laura, je me trouvais pourtant r\u00e9duite \u00e0 \u00e9couter des fragments de phrases derri\u00e8re un muret, incapable de demander directement ce qui me concernait.<\/p>\n<p>Je me suis rappel\u00e9 le message de Daniela : elle se serait d\u00e9test\u00e9e si elle n&#39;avait rien dit. Ma s\u0153ur avait fait un choix simple, difficile mais honn\u00eate. Elle m&#39;avait envoy\u00e9 la photographie sans chercher \u00e0 me convaincre de son interpr\u00e9tation. Elle avait accept\u00e9 le risque de me blesser pour que je puisse d\u00e9cider moi-m\u00eame. J&#39;ai pens\u00e9 \u00e0 ce contraste en regardant Laura. Ma meilleure amie connaissait ma vie conjugale, mes inqui\u00e9tudes, mes espoirs pour cet anniversaire. Si la relation que je soup\u00e7onnais existait r\u00e9ellement, elle avait dispos\u00e9 de nombreuses occasions pour m&#39;avertir, ou simplement pour mettre fin \u00e0 ce qui se passait.<\/p>\n<p>Une question s&#39;est impos\u00e9e : pourquoi aujourd&#39;hui ? Ricardo pouvait acheter un cadeau n&#39;importe quel autre jour. Laura pouvait le recevoir \u00e0 une autre heure. Il avait pourtant choisi l&#39;apr\u00e8s-midi de notre anniversaire de mariage, juste avant un d\u00eener auquel il m&#39;avait invit\u00e9e. Cette proximit\u00e9 entre les deux \u00e9v\u00e9nements me paraissait presque calcul\u00e9e. Puis j&#39;ai compris que ce qui comptait n&#39;\u00e9tait peut-\u00eatre pas la date elle-m\u00eame. Il avait l&#39;assurance de conna\u00eetre mon programme. J&#39;\u00e9tais cens\u00e9e travailler, puis me pr\u00e9parer et rejoindre le restaurant. Son emploi du temps semblait organis\u00e9 en fonction du mien.<\/p>\n<p>L&#39;id\u00e9e m&#39;a fait plus mal que le prix du maillot. J&#39;avais longtemps cru que nos difficult\u00e9s provenaient d&#39;un manque de temps, de fatigue et de responsabilit\u00e9s professionnelles. Nous rentrions tard. Ricardo avait des obligations aupr\u00e8s de son entreprise familiale, Desarrollos Altavista. De mon c\u00f4t\u00e9, mes journ\u00e9es \u00e0 la banque exigeaient une concentration constante. Il nous arrivait de d\u00eener en parlant presque exclusivement de dossiers, de rendez-vous ou de t\u00e2ches \u00e0 accomplir. Je pensais que nous \u00e9tions deux adultes d\u00e9bord\u00e9s qui perdaient peu \u00e0 peu le r\u00e9flexe de se retrouver. Derri\u00e8re ce muret, je d\u00e9couvrais qu&#39;il trouvait du temps lorsqu&#39;il le souhaitait.<\/p>\n<p>La petite porte lat\u00e9rale se trouvait quelques m\u00e8tres plus loin. Je l&#39;avais vue en arrivant, mais je ne l&#39;avais pas regard\u00e9e depuis. \u00c0 pr\u00e9sent, son encadrement m\u00e9tallique semblait tracer une limite parfaitement concr\u00e8te entre l&#39;incertitude et la confrontation. Si je l&#39;ouvrais, je ne pourrais plus pr\u00e9tendre ne rien savoir. Ricardo comprendrait que je les avais observ\u00e9s. Laura devrait me regarder en face. Et moi, je serais oblig\u00e9e d&#39;entendre leurs r\u00e9ponses, m\u00eame si elles rendaient notre situation irr\u00e9parable. J&#39;ai pos\u00e9 une main sur le haut du muret, puis je l&#39;ai retir\u00e9e.<\/p>\n<p>J&#39;ai song\u00e9 \u00e0 appeler Ricardo imm\u00e9diatement. Il aurait d\u00e9croch\u00e9, peut-\u00eatre. Il m&#39;aurait annonc\u00e9 qu&#39;il terminait une affaire urgente ou qu&#39;il allait bient\u00f4t me rejoindre. Je serais rest\u00e9e avec une voix enregistr\u00e9e dans ma m\u00e9moire et des paroles impossibles \u00e0 v\u00e9rifier. Je pouvais aussi retourner \u00e0 ma voiture, me rendre au restaurant et attendre qu&#39;il apparaisse, \u00e9l\u00e9gant, souriant, peut-\u00eatre porteur de fleurs. Il suffirait alors d&#39;une question au mauvais moment pour que notre anniversaire se transforme en dispute publique. Ni l&#39;une ni l&#39;autre de ces possibilit\u00e9s ne me permettait de comprendre ce qu&#39;ils avaient r\u00e9ellement \u00e0 me dire.<\/p>\n<p>J&#39;ai regard\u00e9 une derni\u00e8re fois \u00e0 travers les feuilles. Laura repliait le maillot avec soin. Ricardo observait son visage avec une attention que j&#39;avais esp\u00e9r\u00e9 retrouver pendant notre d\u00eener. Je ne distinguais aucun remords dans son expression. Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce injuste de chercher un remords avant qu&#39;il sache que j&#39;\u00e9tais l\u00e0. Mais quelque chose en moi avait cess\u00e9 de r\u00e9clamer une explication consolante. Je ne voulais plus arranger les faits pour qu&#39;ils correspondent \u00e0 la version de notre mariage que je pr\u00e9f\u00e9rais. Je voulais leur donner la possibilit\u00e9 de parler, cette fois, en sachant que je connaissais d\u00e9j\u00e0 une partie de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>J&#39;ai quitt\u00e9 le muret et me suis dirig\u00e9e vers la porte lat\u00e9rale. Mes pas \u00e9taient plus assur\u00e9s que je ne l&#39;aurais cru. Le m\u00e9tal de la poign\u00e9e \u00e9tait ti\u00e8de sous mes doigts. De l&#39;autre c\u00f4t\u00e9, Laura riait encore de quelque chose que Ricardo venait de dire. J&#39;ai attendu que ce rire cesse. Une derni\u00e8re image m&#39;a travers\u00e9 l&#39;esprit : notre table r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 Providencia, la robe verte soigneusement choisie, les trois ann\u00e9es que nous devions c\u00e9l\u00e9brer. Puis j&#39;ai pouss\u00e9 la porte. La charni\u00e8re a produit un long grincement que personne, sur la terrasse, ne pouvait ignorer.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=3749\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 3 : Lorsque je suis apparue sur la terrasse, la r\u00e9action de mon mari m\u2019a appris que la v\u00e9rit\u00e9 serait plus difficile \u00e0 obtenir que des aveux<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Laura a sorti le v\u00eatement du sac rose avec une pr\u00e9caution qui m&#39;a imm\u00e9diatement frapp\u00e9e. 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