{"id":2911,"date":"2026-10-07T15:28:31","date_gmt":"2026-10-07T15:28:31","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=2911"},"modified":"2026-10-07T15:28:31","modified_gmt":"2026-10-07T15:28:31","slug":"partie-2-nous-voulions-le-proteger-de-la-fatigue-jusquau-soir-ou-il-nous-a-demande-pourquoi-nous-protegions-surtout-notre-propre-peur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=2911","title":{"rendered":"PARTIE 2 \u2013 Nous voulions le prot\u00e9ger de la fatigue, jusqu\u2019au soir o\u00f9 il nous a demand\u00e9 pourquoi nous prot\u00e9gions surtout notre propre peur"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 midi, l\u2019id\u00e9e de voyager semblait encore irr\u00e9aliste. \u00c0 dix-sept heures, elle avait d\u00e9j\u00e0 divis\u00e9 la famille. La s\u0153ur de mon mari arriva avec deux sacs de courses, une soupe qu\u2019elle avait pr\u00e9par\u00e9e le matin et la certitude qu\u2019il fallait \u00ab mettre de l\u2019ordre \u00bb avant toute autre chose. Elle embrassa son p\u00e8re longtemps, sans parler, puis inspecta le r\u00e9frig\u00e9rateur comme si la quantit\u00e9 de yaourts pouvait nous donner une mesure objective de la catastrophe. Lorsqu\u2019elle apprit notre conversation, elle posa une bo\u00eete de m\u00e9dicaments sur la table avec plus de force que n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>\u00ab Vous plaisantez. \u00bb<\/p>\n<p>Mon beau-p\u00e8re \u00e9tait assis dans son fauteuil pr\u00e8s de la fen\u00eatre. \u00ab Apparemment, je suis assez vivant pour \u00eatre grond\u00e9. C\u2019est rassurant. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Papa, tu peux \u00e0 peine traverser le parking de l\u2019h\u00f4pital sans \u00eatre \u00e9puis\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Hier. Aujourd\u2019hui, je suis all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la bo\u00eete aux lettres. Progr\u00e8s remarquable. \u00bb<\/p>\n<p>Elle se tourna vers nous. \u00ab Et vous l\u2019encouragez ? \u00bb<\/p>\n<p>Cette accusation me surprit, peut-\u00eatre parce que quelques heures plus t\u00f4t j\u2019aurais probablement formul\u00e9 la m\u00eame. Mon mari tenta d\u2019expliquer que personne n\u2019avait encore r\u00e9serv\u00e9 quoi que ce soit. Nous avions simplement parl\u00e9. Elle r\u00e9pondit que parler de voyage \u00e0 un homme dont l\u2019\u00e9tat pouvait se d\u00e9grader rapidement revenait \u00e0 lui donner un espoir irr\u00e9aliste. \u00ab Il faut penser \u00e0 ce qui est s\u00fbr. Aux m\u00e9decins. Aux soins. \u00c0 ce dont il aura besoin. \u00bb<\/p>\n<p>Son p\u00e8re l\u2019interrompit calmement. \u00ab Ce dont j\u2019ai besoin, c\u2019est que vous arr\u00eatiez de parler de moi comme si j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 absent. \u00bb<\/p>\n<p>Le silence tomba si vite qu\u2019on entendit le moteur du r\u00e9frig\u00e9rateur se mettre en marche. Sa fille se figea, la bouche entrouverte. Il ne semblait pas en col\u00e8re. C\u2019\u00e9tait pire. Il paraissait bless\u00e9. Il posa les mains sur ses genoux et les observa. \u00ab Depuis hier, tout le monde demande aux m\u00e9decins ce qu\u2019ils peuvent faire pour moi. Personne ne me demande ce que moi, je veux faire. \u00bb<\/p>\n<p>Sa fille s\u2019assit en face de lui. \u00ab Parce qu\u2019on a peur. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Moi aussi. \u00bb<\/p>\n<p>Ce fut la premi\u00e8re fois qu\u2019il le reconnut.<\/p>\n<p>Jusque-l\u00e0, sa peur \u00e9tait rest\u00e9e invisible derri\u00e8re les plaisanteries, les remarques pratiques et cette volont\u00e9 presque agressive de continuer normalement. Entendre ces trois mots changea la temp\u00e9rature de la pi\u00e8ce. Sa fille d\u00e9tourna le visage. Mon mari s\u2019assit sur l\u2019accoudoir du canap\u00e9. Personne n\u2019essaya de le rassurer. Peut-\u00eatre avions-nous enfin compris que lui dire de ne pas avoir peur aurait \u00e9t\u00e9 une mani\u00e8re de lui demander, encore une fois, de nous faciliter les choses.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne veux pas mourir \u00bb, poursuivit-il. \u00ab \u00c9videmment que je ne veux pas. J\u2019aimerais \u00eatre l\u00e0 dans dix ans pour vous \u00e9nerver encore. J\u2019aimerais me r\u00e9veiller demain et d\u00e9couvrir que le m\u00e9decin s\u2019est tromp\u00e9 de dossier. Mais si \u00e7a n\u2019arrive pas, je ne veux pas offrir tous les jours qui me restent \u00e0 la maladie avant qu\u2019elle me les prenne r\u00e9ellement. \u00bb<\/p>\n<p>Sa fille essuya ses joues avec le dos de la main. \u00ab Et si tu tombes malade loin d\u2019ici ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Alors je serai malade loin d\u2019ici. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ce n\u2019est pas dr\u00f4le. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je ne plaisante pas. \u00bb<\/p>\n<p>La question pratique demeurait pourtant enti\u00e8re. Voyager avec une personne atteinte d\u2019un cancer avanc\u00e9 n\u2019avait rien d\u2019un geste spontan\u00e9. Il fallait consid\u00e9rer les douleurs, la fatigue, les m\u00e9dicaments, les urgences possibles, les rendez-vous d\u00e9j\u00e0 programm\u00e9s. Le lendemain, avec son accord, nous appel\u00e2mes l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale. Je m\u2019attendais presque \u00e0 ce qu\u2019elle mette fin au projet d\u2019une phrase. Au contraire, l\u2019infirmi\u00e8re coordinatrice nous demanda d\u2019abord ce qu\u2019il souhaitait exactement.<\/p>\n<p>\u00ab Partir quelques jours \u00bb, r\u00e9pondit mon mari. \u00ab Pas loin au d\u00e9but. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019infirmi\u00e8re posa une s\u00e9rie de questions concr\u00e8tes. Pouvait-il monter quelques marches ? Combien de temps supportait-il de rester assis ? Avait-il eu des naus\u00e9es r\u00e9cemment ? Sa douleur \u00e9tait-elle contr\u00f4l\u00e9e ? Elle nous expliqua quels sympt\u00f4mes imposeraient une consultation imm\u00e9diate et quelles pr\u00e9cautions prendre. Puis elle dit une chose que je n\u2019oubliai jamais : \u00ab Le but des soins maintenant n\u2019est pas de l\u2019emp\u00eacher de vivre. C\u2019est de l\u2019aider \u00e0 vivre aussi bien que possible avec ce qui se passe. \u00bb<\/p>\n<p>Mon mari resta silencieux apr\u00e8s l\u2019appel. Il se tenait pr\u00e8s de l\u2019\u00e9vier, le t\u00e9l\u00e9phone toujours \u00e0 la main. \u00ab J\u2019esp\u00e9rais presque qu\u2019elle nous dirait non \u00bb, avoua-t-il. Je compris imm\u00e9diatement. Un refus m\u00e9dical nous aurait lib\u00e9r\u00e9s de la responsabilit\u00e9 de choisir. Nous aurions pu expliquer \u00e0 son p\u00e8re que nous avions essay\u00e9 et que ce n\u2019\u00e9tait pas possible. Maintenant, la d\u00e9cision nous appartenait r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>Nous commen\u00e7\u00e2mes modestement. Pas d\u2019avion. Pas de longues distances. Pas de programme rempli du matin au soir. Nous cherch\u00e2mes un endroit accessible en quelques heures, avec un h\u00f4pital \u00e0 proximit\u00e9, un h\u00e9bergement o\u00f9 il n\u2019aurait pas besoin de monter d\u2019escalier et la possibilit\u00e9 d\u2019annuler jusqu\u2019au dernier moment. Mon beau-p\u00e8re observait nos recherches avec une impatience croissante. \u00ab Si vous continuez comme \u00e7a, nous partirons apr\u00e8s ma mort. \u00bb Mon mari lui lan\u00e7a un regard noir. \u00ab On essaie de faire \u00e7a correctement. \u00bb Son p\u00e8re r\u00e9pondit : \u00ab Correctement est parfois un autre mot pour jamais. \u00bb<\/p>\n<p>Je d\u00e9couvris alors une diff\u00e9rence que nous n\u2019avions jamais remarqu\u00e9e entre eux. Mon mari affrontait l\u2019incertitude en construisant des plans. Son p\u00e8re l\u2019affrontait en avan\u00e7ant avant d\u2019avoir fini de r\u00e9fl\u00e9chir. Pendant des ann\u00e9es, ces deux temp\u00e9raments s\u2019\u00e9taient \u00e9quilibr\u00e9s sans grand conflit. Maintenant, chaque choix semblait charg\u00e9 d\u2019une urgence nouvelle. R\u00e9server une chambre n\u2019\u00e9tait plus seulement r\u00e9server une chambre. C\u2019\u00e9tait d\u00e9cider quelle quantit\u00e9 de risque nous \u00e9tions pr\u00eats \u00e0 accepter pour quelques jours de libert\u00e9.<\/p>\n<p>Le soir, nous \u00e9tabl\u00eemes une liste. M\u00e9dicaments. Ordonnances. Num\u00e9ro de l\u2019oncologue. Coordonn\u00e9es de l\u2019h\u00f4pital le plus proche. Coussin pour la voiture. V\u00eatements chauds. Une petite couverture. De l\u2019eau. Des aliments qu\u2019il supportait encore. Mon beau-p\u00e8re ajouta un jeu de cartes et un tire-bouchon. Sa fille raya imm\u00e9diatement le tire-bouchon. Il le r\u00e9\u00e9crivit sous la liste. Elle le raya une deuxi\u00e8me fois. Il finit par sourire. \u00ab Je voulais seulement v\u00e9rifier si tu suivais. \u00bb<\/p>\n<p>Il y avait longtemps que je ne les avais pas entendus rire tous les deux.<\/p>\n<p>La destination fut choisie presque par accident. Une petite ville au bord de la mer, suffisamment proche pour rentrer en urgence mais assez loin pour que le trajet ressemble \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9part. Lorsque je montrai quelques photographies, mon beau-p\u00e8re s\u2019arr\u00eata sur celle d\u2019une promenade battue par les vagues. Le ciel \u00e9tait gris, les terrasses presque vides, les arbres courb\u00e9s par le vent. \u00ab \u00c7a \u00bb, dit-il. \u00ab C\u2019est exactement ce que je voulais. \u00bb<\/p>\n<p>Nous r\u00e9serv\u00e2mes trois nuits.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de ce moment, quelque chose changea dans la maison. La maladie ne disparut pas. Les comprim\u00e9s restaient align\u00e9s sur le comptoir. Il dormait encore plusieurs heures l\u2019apr\u00e8s-midi. Il devait parfois s\u2019asseoir au milieu d\u2019une conversation parce que ses jambes se mettaient \u00e0 trembler. Mais il avait d\u00e9sormais une date qui n\u2019\u00e9tait ni un examen, ni une prise de sang, ni une consultation. Sur le calendrier de la cuisine, trois jours \u00e9taient entour\u00e9s au stylo bleu. Il les regardait chaque matin.<\/p>\n<p>Deux jours avant le d\u00e9part, il eut une mauvaise nuit. Une douleur plus forte le r\u00e9veilla vers quatre heures. Le m\u00e9dicament de secours mit du temps \u00e0 agir et, au matin, son visage \u00e9tait gris de fatigue. La panique revint imm\u00e9diatement. Sa fille d\u00e9clara que c\u2019\u00e9tait un signe \u00e9vident qu\u2019il fallait annuler. Mon mari ne la contredit pas. J\u2019\u00e9tais moi-m\u00eame convaincue que nous avions voulu trop vite transformer une id\u00e9e courageuse en r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Mon beau-p\u00e8re dormit presque toute la journ\u00e9e. Lorsqu\u2019il se r\u00e9veilla, il nous trouva tous les trois dans la cuisine, parlant \u00e0 voix basse comme des conspirateurs maladroits. \u00ab Vous annulez ? \u00bb demanda-t-il.<\/p>\n<p>Mon mari s\u2019approcha. \u00ab On pense juste que ce serait peut-\u00eatre plus prudent. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Parce que j\u2019ai eu mal cette nuit ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Parce que tu as un cancer avanc\u00e9, papa. \u00bb<\/p>\n<p>Le mot cancer resta entre eux comme quelque chose de mat\u00e9riel. Son p\u00e8re tira une chaise mais ne s\u2019assit pas imm\u00e9diatement. \u00ab Je sais ce que j\u2019ai. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Alors comprends qu\u2019on ne peut pas faire comme si ton corps allait suivre toutes tes envies. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Et toi, comprends qu\u2019il ne suivra bient\u00f4t plus aucune de mes envies. \u00bb<\/p>\n<p>Mon mari baissa les yeux.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re s\u2019assit enfin. Il semblait \u00e9puis\u00e9. Sa col\u00e8re n\u2019avait rien de spectaculaire ; elle rendait simplement sa voix plus basse. \u00ab Si je suis trop malade le matin du d\u00e9part, on n\u2019ira pas. Si le m\u00e9decin dit non, on n\u2019ira pas. Si quelque chose change, on rentrera. Mais je refuse qu\u2019une mauvaise nuit d\u00e9cide \u00e0 ma place de toutes celles qui viennent apr\u00e8s. \u00bb<\/p>\n<p>Sa fille voulut r\u00e9pondre. Il leva la main. \u00ab Vous dites que vous voulez me prot\u00e9ger. Je le sais. Mais de quoi exactement ? De la fatigue ? De la douleur ? Ou de la possibilit\u00e9 de me voir essayer quelque chose et \u00e9chouer ? Parce que si c\u2019est la derni\u00e8re, vous prot\u00e9gez surtout votre propre peur. \u00bb<\/p>\n<p>Personne ne trouva de r\u00e9ponse convenable.<\/p>\n<p>Cette phrase me suivit jusque chez nous. Mon mari conduisait en silence, les phares d\u00e9coupant la route mouill\u00e9e. Au bout de plusieurs kilom\u00e8tres, il dit : \u00ab Je ne sais pas comment faire \u00e7a. \u00bb Je lui demandai ce qu\u2019il voulait dire. \u00ab \u00catre son fils maintenant. Chaque d\u00e9cision semble pouvoir devenir une d\u00e9cision que je regretterai. Si je le pousse \u00e0 rester chez lui et qu\u2019il meurt dans six mois, je vais penser que je lui ai vol\u00e9 du temps. Si je le laisse partir et qu\u2019il lui arrive quelque chose\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Je posai une main sur sa cuisse. \u00ab Tu ne peux pas fabriquer une option sans risque. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je sais. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Alors peut-\u00eatre qu\u2019il faut arr\u00eater de choisir \u00e0 sa place. \u00bb<\/p>\n<p>Il ne r\u00e9pondit pas tout de suite. Puis il hocha la t\u00eate.<\/p>\n<p>Le lendemain, son p\u00e8re allait mieux. Pas bien au sens o\u00f9 nous utilisions ce mot avant la maladie, mais suffisamment pour d\u00e9jeuner \u00e0 table, marcher quelques minutes dans le jardin et plaisanter sur la quantit\u00e9 de bagages que nous pr\u00e9parions pour trois nuits. L\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale confirma qu\u2019aucun sympt\u00f4me nouveau ne rendait le voyage imprudent. Nous gard\u00e2mes donc la r\u00e9servation.<\/p>\n<p>La veille du d\u00e9part, je trouvai mon beau-p\u00e8re dans sa chambre avec une petite valise ouverte sur le lit. Il avait pos\u00e9 trois chemises dessus, puis semblait avoir oubli\u00e9 ce qu\u2019il voulait faire ensuite. Je l\u2019aidai sans commentaire. Il me tendit finalement le vieux cardigan gris. \u00ab Celui-l\u00e0 aussi. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Celui que tu portes tout le temps ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Justement. Si je dois mourir au bord de la mer, autant avoir l\u2019air reconnaissable. \u00bb<\/p>\n<p>Je le regardai s\u00e9v\u00e8rement.<\/p>\n<p>Il sourit. \u00ab Trop t\u00f4t ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Beaucoup trop t\u00f4t. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab D\u2019accord. Je travaillerai mon sens du timing. \u00bb<\/p>\n<p>Avant de refermer la valise, il ajouta la photographie du lac que je l\u2019avais vu regarder la nuit du diagnostic. Je ne lui demandai pas pourquoi. Lui non plus ne l\u2019expliqua pas.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, une temp\u00eate \u00e9tait annonc\u00e9e sur la c\u00f4te. Le vent devait d\u00e9passer quatre-vingts kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure et la m\u00e9t\u00e9o conseillait d\u2019\u00e9viter certaines routes proches du rivage. Mon mari proposa de repousser le d\u00e9part de vingt-quatre heures. Son p\u00e8re consulta les pr\u00e9visions, puis leva les yeux vers nous.<\/p>\n<p>\u00ab Vous vous souvenez de ce que j\u2019ai demand\u00e9 ? La mer en hiver, avec du vent et personne autour. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Oui. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Alors elle a l\u2019air de tenir sa part du march\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 cet instant, je compris que nous partirions r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>Et pour la premi\u00e8re fois depuis l\u2019annonce du m\u00e9decin, ce qui nous attendait le lendemain n\u2019\u00e9tait pas uniquement quelque chose que nous redoutions.<\/p>\n<hr>\n<h2><strong><a href=\"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=2912\">Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 3 : Le premier d\u00e9part semblait d\u00e9raisonnable, puis un d\u00e9tail sur la route nous a montr\u00e9 ce que la maladie lui avait d\u00e9j\u00e0 pris<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 midi, l\u2019id\u00e9e de voyager semblait encore irr\u00e9aliste. \u00c0 dix-sept heures, elle avait d\u00e9j\u00e0 divis\u00e9 la famille. 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