{"id":13064,"date":"2026-11-03T05:19:16","date_gmt":"2026-11-03T05:19:16","guid":{"rendered":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=13064"},"modified":"2026-11-03T05:19:16","modified_gmt":"2026-11-03T05:19:16","slug":"il-a-trouve-sa-mere-pieds-nus-en-train-de-mendier-a-un-feu-rouge-et-il-a-decouvert-que-son-frere-avait-parie-jusquau-dernier-kilo-de-sa-personne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lastestdrama.com\/?p=13064","title":{"rendered":"IL A TROUV\u00c9 SA M\u00c8RE PIEDS NUS EN TRAIN DE MENDIER \u00c0 UN FEU ROUGE\u2026 ET IL A D\u00c9COUVERT QUE SON FR\u00c8RE AVAIT PARI\u00c9 JUSQU\u2019AU DERNIER KILO DE SA PERSONNE"},"content":{"rendered":"<p class=\"module-article-header__title\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-13065\" src=\"https:\/\/lastestdrama.com\/wp-content\/uploads\/2026\/11\/Dusk-Encounter-Beneath-City-Lights-300x169.png\" alt=\"\" width=\"967\" height=\"545\" srcset=\"https:\/\/lastestdrama.com\/wp-content\/uploads\/2026\/11\/Dusk-Encounter-Beneath-City-Lights-300x169.png 300w, https:\/\/lastestdrama.com\/wp-content\/uploads\/2026\/11\/Dusk-Encounter-Beneath-City-Lights-1024x576.png 1024w, https:\/\/lastestdrama.com\/wp-content\/uploads\/2026\/11\/Dusk-Encounter-Beneath-City-Lights-768x432.png 768w, https:\/\/lastestdrama.com\/wp-content\/uploads\/2026\/11\/Dusk-Encounter-Beneath-City-Lights-1536x864.png 1536w, https:\/\/lastestdrama.com\/wp-content\/uploads\/2026\/11\/Dusk-Encounter-Beneath-City-Lights.png 1672w\" sizes=\"auto, (max-width: 967px) 100vw, 967px\" \/><\/p>\n<p class=\"module-article-header__title\">Partie 1 Le feu passa au vert, mais Roberto Torres n\u2019avan\u00e7a pas. Les klaxons commenc\u00e8rent \u00e0 retentir derri\u00e8re sa berline noire, se m\u00ealant au bruit des vendeurs ambulants, des camions et des gens qui traversaient pr\u00e9cipitamment l\u2019Avenida Insurgentes. Il restait cinq jours avant No\u00ebl et Mexico \u00e9tait couverte de lumi\u00e8res, d\u2019enseignes brillantes et d\u2019une odeur de ponche \u00e0 la cannelle.<\/p>\n<p>IL A RETROUV\u00c9 SA M\u00c8RE PIEDS NUS QUI DEMANDAIT L\u2019AUM\u00d4NE \u00c0 UN FEU ROUGE\u2026 ET A D\u00c9COUVERT QUE SON FR\u00c8RE AVAIT PARI\u00c9 JUSQU\u2019AU DERNIER PESO DE CELLE-CI<\/p>\n<p>Le feu devint vert, mais Roberto Torres n\u2019avan\u00e7a pas.<\/p>\n<p>Les klaxons commenc\u00e8rent \u00e0 retentir derri\u00e8re sa berline noire, se m\u00ealant au bruit des vendeurs ambulants, des camions et des gens qui traversaient pr\u00e9cipitamment l\u2019Avenida Insurgentes. Il restait cinq jours avant No\u00ebl et Mexico \u00e9tait couverte de lumi\u00e8res, d\u2019enseignes brillantes et d\u2019une odeur de ponche \u00e0 la cannelle.<\/p>\n<p>Roberto ne voyait rien de tout cela.<\/p>\n<p>Il ne voyait que la vieille femme pieds nus qui marchait entre les voitures, la main tendue.<\/p>\n<p>La femme portait une jupe sale, un chemisier trop grand et un sac en plastique attach\u00e9 au poignet. Ses pieds gonfl\u00e9s foulaient l\u2019asphalte avec prudence. Quand un conducteur remonta sa vitre devant elle, elle baissa la t\u00eate et continua de marcher.<\/p>\n<p>Puis elle leva les yeux.<\/p>\n<p>Roberto reconnut ce regard brun. Il reconnut la petite tache pr\u00e8s du cou et sa fa\u00e7on de serrer les l\u00e8vres pour ne pas pleurer.<\/p>\n<p>\u2014 \u00c7a ne peut pas \u00eatre\u2026<\/p>\n<p>Il ouvrit la porti\u00e8re et descendit sans couper le moteur.<\/p>\n<p>\u2014 Maman !<\/p>\n<p>La femme s\u2019arr\u00eata.<\/p>\n<p>Do\u00f1a Juana le regarda comme si un fant\u00f4me venait d\u2019appara\u00eetre. Sur son visage, il n\u2019y avait pas de joie, mais de la peur. Elle tenta de cacher les pi\u00e8ces dans son sac.<\/p>\n<p>\u2014 Roberto\u2026 tu ne devais pas me voir comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Il la saisit doucement par les \u00e9paules.<\/p>\n<p>\u2014 Qu\u2019est-ce que tu fais ici ? O\u00f9 est Marcos ?<\/p>\n<p>Un agent de la circulation lui cria de d\u00e9placer la voiture. Roberto conduisit sa m\u00e8re sur le trottoir, se gara comme il put et revint en courant.<\/p>\n<p>Do\u00f1a Juana tremblait, appuy\u00e9e contre un poteau. Roberto retira sa veste et la lui posa sur les \u00e9paules.<\/p>\n<p>\u2014 Je t\u2019envoie de l\u2019argent chaque mois. Marcos me dit que tu vis avec lui, que tu vas bien.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9tourna le regard.<\/p>\n<p>\u2014 Ton fr\u00e8re a beaucoup de d\u00e9penses.<\/p>\n<p>\u2014 O\u00f9 dors-tu ?<\/p>\n<p>\u2014 Parfois dans un refuge. Parfois, des connaissances me laissent rester chez elles.<\/p>\n<p>Roberto sentit l\u2019air se d\u00e9rober.<\/p>\n<p>La femme qui avait nettoy\u00e9 des maisons \u00e0 l\u2019aube pour payer ses \u00e9tudes secondaires, celle qui avait vendu son alliance quand il avait eu besoin d\u2019un ordinateur, dormait depuis des mois l\u00e0 o\u00f9 elle trouvait de la place.<\/p>\n<p>Et lui ne le savait pas.<\/p>\n<p>\u2014 Pourquoi ne m\u2019as-tu pas appel\u00e9 ?<\/p>\n<p>\u2014 Marcos disait que tu \u00e9tais tr\u00e8s occup\u00e9. Je ne voulais pas devenir une pr\u00e9occupation de plus.<\/p>\n<p>Roberto serra dans ses bras ce corps fragile et d\u00e9couvrit que sa m\u00e8re ne pesait presque rien.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n\u2019es pas une pr\u00e9occupation. Tu es ma m\u00e8re.<\/p>\n<p>Il la conduisit dans son appartement \u00e0 Polanco. Pendant le trajet, Juana resta coll\u00e9e \u00e0 la porti\u00e8re, tenant son vieux sac serr\u00e9 contre sa poitrine. En entrant dans l\u2019immeuble, le concierge la regarda avec m\u00e9fiance.<\/p>\n<p>Roberto lui lan\u00e7a un regard si dur que l\u2019homme baissa la t\u00eate.<\/p>\n<p>Norma, la femme qui travaillait chez lui, avait pr\u00e9par\u00e9 la chambre d\u2019amis, des v\u00eatements propres et de la nourriture chaude.<\/p>\n<p>Juana prit un bain tr\u00e8s long.<\/p>\n<p>Quand elle sortit, elle portait un pantalon confortable et un chemisier de Norma. M\u00eame propre et coiff\u00e9e, elle semblait perdue, comme si elle craignait de toucher les meubles ou de salir le sol.<\/p>\n<p>Roberto r\u00e9chauffa du poulet \u00e0 la mole et du riz.<\/p>\n<p>\u2014 Mange, maman.<\/p>\n<p>Elle prit la fourchette avec timidit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Je ne veux pas abuser.<\/p>\n<p>\u2014 Cette nourriture est \u00e0 toi aussi.<\/p>\n<p>Juana mangea\u2026<\/p>\n<p>\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n<p>IL A TROUV\u00c9 SA M\u00c8RE PIEDS NUS QUI MENDIAIT \u00c0 UN FEU DE CIRCULATION\u2026 ET IL A D\u00c9COUVERT QUE SON FR\u00c8RE AVAIT PARI\u00c9 JUSQU&#8217;AU DERNIER PESO D&#8217;ELLE<\/p>\n<p>Partie 1<\/p>\n<p>Le feu passa au vert, mais Roberto Torres n&#8217;avan\u00e7a pas.<\/p>\n<p>Les klaxons commenc\u00e8rent \u00e0 retentir derri\u00e8re sa berline noire, se m\u00ealant au bruit des vendeurs ambulants, des camions et des gens qui traversaient pr\u00e9cipitamment l\u2019Avenida Insurgentes. Il restait cinq jours avant No\u00ebl et Mexico \u00e9tait recouverte de lumi\u00e8res, d&#8217;enseignes lumineuses et d&#8217;une odeur de punch \u00e0 la cannelle.<\/p>\n<p>Roberto ne voyait rien de tout cela.<\/p>\n<p>Il ne voyait que la femme \u00e2g\u00e9e aux pieds nus qui marchait entre les voitures avec une main tendue.<\/p>\n<p>La femme portait une jupe sale, un chemisier trop grand et un sac en plastique attach\u00e9 \u00e0 son poignet. Ses pieds enfl\u00e9s foulaient l&#8217;asphalte avec pr\u00e9caution. Lorsqu&#8217;un conducteur ferma sa vitre devant elle, elle baissa la t\u00eate et continua de marcher.<\/p>\n<p>Puis elle leva les yeux.<\/p>\n<p>Roberto reconnut ce regard brun. Il reconnut la petite tache pr\u00e8s du cou et la fa\u00e7on de serrer les l\u00e8vres pour ne pas pleurer.<\/p>\n<p>\u2014Ce n&#8217;est pas possible\u2026<\/p>\n<p>Il ouvrit la porti\u00e8re et descendit sans couper le moteur.<\/p>\n<p>\u2014Maman !<\/p>\n<p>La femme s&#8217;arr\u00eata.<\/p>\n<p>Do\u00f1a Juana le regarda comme si un fant\u00f4me venait d&#8217;appara\u00eetre. Sur son visage, il n&#8217;y avait pas de joie, mais de la peur. Elle essaya de cacher les pi\u00e8ces dans son sac.<\/p>\n<p>\u2014Roberto\u2026 tu ne devais pas me voir ainsi.<\/p>\n<p>Il la saisit doucement par les \u00e9paules.<\/p>\n<p>\u2014Qu&#8217;est-ce que tu fais ici ? O\u00f9 est Marcos ?<\/p>\n<p>Un agent de la circulation lui cria de d\u00e9placer la voiture. Roberto emmena sa m\u00e8re sur le trottoir, se gara comme il put et revint en courant.<\/p>\n<p>Do\u00f1a Juana tremblait, appuy\u00e9e contre un poteau. Roberto retira sa veste et la lui posa sur les \u00e9paules.<\/p>\n<p>\u2014Je t&#8217;envoie de l&#8217;argent chaque mois. Marcos me dit que tu vis avec lui, que tu vas bien.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9tourna le regard.<\/p>\n<p>\u2014Ton fr\u00e8re a beaucoup de d\u00e9penses.<\/p>\n<p>\u2014O\u00f9 dors-tu ?<\/p>\n<p>\u2014Parfois dans un refuge. Parfois, ils me laissent rester chez une connaissance.<\/p>\n<p>Roberto sentit que l&#8217;air disparaissait.<\/p>\n<p>La femme qui avait nettoy\u00e9 des maisons \u00e0 l&#8217;aube pour lui payer ses \u00e9tudes secondaires, celle qui avait vendu son alliance lorsqu&#8217;il avait besoin d&#8217;un ordinateur, dormait depuis des mois l\u00e0 o\u00f9 elle trouvait de la place.<\/p>\n<p>Et il ne le savait pas.<\/p>\n<p>\u2014Pourquoi ne m&#8217;as-tu pas appel\u00e9 ?<\/p>\n<p>\u2014Marcos disait que tu \u00e9tais tr\u00e8s occup\u00e9. Je ne voulais pas devenir un souci de plus.<\/p>\n<p>Roberto serra ce corps fragile dans ses bras et d\u00e9couvrit que sa m\u00e8re ne pesait presque rien.<\/p>\n<p>\u2014Tu n&#8217;es pas un souci. Tu es ma m\u00e8re.<\/p>\n<p>Il l&#8217;emmena dans son appartement \u00e0 Polanco. Pendant le trajet, Juana resta coll\u00e9e \u00e0 la porti\u00e8re, serrant son vieux sac contre sa poitrine. En entrant dans l&#8217;immeuble, le concierge l&#8217;observa avec m\u00e9fiance.<\/p>\n<p>Roberto lui lan\u00e7a un regard si dur que l&#8217;homme baissa la t\u00eate.<\/p>\n<p>Norma, la femme qui travaillait chez lui, avait pr\u00e9par\u00e9 la chambre d&#8217;amis, des v\u00eatements propres et de la nourriture chaude.<\/p>\n<p>Juana prit un tr\u00e8s long bain.<\/p>\n<p>Quand elle sortit, elle portait un pantalon confortable et un chemisier de Norma. M\u00eame propre et coiff\u00e9e, elle avait l&#8217;air perdue, comme si elle craignait de toucher les meubles ou de salir le sol.<\/p>\n<p>Roberto r\u00e9chauffa du poulet au mole et du riz.<\/p>\n<p>\u2014Mange, maman.<\/p>\n<p>Elle prit la fourchette avec timidit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014Je ne veux pas abuser.<\/p>\n<p>\u2014Cette nourriture aussi est \u00e0 toi.<\/p>\n<p>Juana mangea\u2026<\/p>\n<p>\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n<p>Partie 1<\/p>\n<p>Le feu passa au vert, mais Roberto Torres ne partit pas.<\/p>\n<p>Les klaxons commenc\u00e8rent \u00e0 retentir derri\u00e8re sa berline noire, se m\u00ealant au bruit des vendeurs ambulants, des camions et des gens qui traversaient pr\u00e9cipitamment l\u2019Avenida Insurgentes. C&#8217;\u00e9tait \u00e0 cinq jours de No\u00ebl et Mexico \u00e9tait recouverte de lumi\u00e8res, de panneaux publicitaires lumineux et d&#8217;une odeur de punch \u00e0 la cannelle.<\/p>\n<p>Roberto ne voyait rien de tout cela.<\/p>\n<p>Il ne voyait que la femme \u00e2g\u00e9e aux pieds nus qui marchait entre les voitures avec une main tendue.<\/p>\n<p>La femme portait une jupe sale, un chemisier trop grand et un sac en plastique attach\u00e9 \u00e0 son poignet. Ses pieds enfl\u00e9s foulaient l&#8217;asphalte avec pr\u00e9caution. Lorsqu&#8217;un conducteur ferma sa vitre devant elle, elle baissa la t\u00eate et continua de marcher.<\/p>\n<p>Puis elle leva les yeux.<\/p>\n<p>Roberto reconnut ce regard sombre. Il reconnut la petite tache pr\u00e8s du cou et la fa\u00e7on dont elle serrait les l\u00e8vres pour ne pas pleurer.<\/p>\n<p>\u2014Ce n&#8217;est pas possible\u2026<\/p>\n<p>Il ouvrit la porti\u00e8re et descendit sans couper le moteur.<\/p>\n<p>\u2014Maman !<\/p>\n<p>La femme s&#8217;arr\u00eata.<\/p>\n<p>Do\u00f1a Juana le regarda comme si un fant\u00f4me venait d&#8217;appara\u00eetre. Sur son visage, il n&#8217;y avait pas de joie, mais de la peur. Elle essaya de cacher les pi\u00e8ces dans son sac.<\/p>\n<p>\u2014Roberto\u2026 tu ne devais pas me voir ainsi.<\/p>\n<p>Il la saisit doucement par les \u00e9paules.<\/p>\n<p>\u2014Qu&#8217;est-ce que tu fais ici ? O\u00f9 est Marcos ?<\/p>\n<p>Un agent de la circulation lui cria de d\u00e9placer la voiture. Roberto emmena sa m\u00e8re sur le trottoir, se gara comme il put et revint en courant.<\/p>\n<p>Do\u00f1a Juana tremblait, appuy\u00e9e contre un poteau. Roberto retira sa veste et la lui posa sur les \u00e9paules.<\/p>\n<p>\u2014Je t&#8217;envoie de l&#8217;argent chaque mois. Marcos me dit que tu vis avec lui, que tu vas bien.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9tourna le regard.<\/p>\n<p>\u2014Ton fr\u00e8re a beaucoup de d\u00e9penses.<\/p>\n<p>\u2014O\u00f9 dors-tu ?<\/p>\n<p>\u2014Parfois dans un refuge. Parfois, ils me laissent rester chez une connaissance.<\/p>\n<p>Roberto sentit que l&#8217;air lui manquait.<\/p>\n<p>La femme qui avait nettoy\u00e9 des maisons \u00e0 l&#8217;aube pour lui payer le lyc\u00e9e, celle qui avait vendu son alliance lorsqu&#8217;il avait eu besoin d&#8217;un ordinateur, dormait depuis des mois l\u00e0 o\u00f9 elle trouvait de la place.<\/p>\n<p>Et lui ne le savait pas.<\/p>\n<p>\u2014 Pourquoi ne m&#8217;as-tu pas appel\u00e9 ?<\/p>\n<p>\u2014 Marcos disait que tu \u00e9tais tr\u00e8s occup\u00e9. Je ne voulais pas devenir un souci de plus.<\/p>\n<p>Roberto serra ce corps fragile dans ses bras et d\u00e9couvrit que sa m\u00e8re ne pesait presque rien.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n&#8217;es pas un souci. Tu es ma m\u00e8re.<\/p>\n<p>Il l&#8217;emmena dans son appartement \u00e0 Polanco. Pendant le trajet, Juana resta coll\u00e9e \u00e0 la porti\u00e8re, serrant son vieux sac contre sa poitrine. En entrant dans l&#8217;immeuble, le portier l&#8217;observa avec m\u00e9fiance.<\/p>\n<p>Roberto lui lan\u00e7a un regard si dur que l&#8217;homme baissa la t\u00eate.<\/p>\n<p>Norma, la femme qui travaillait chez lui, avait pr\u00e9par\u00e9 la chambre d&#8217;amis, des v\u00eatements propres et un repas chaud.<\/p>\n<p>Juana prit un tr\u00e8s long bain.<\/p>\n<p>Quand elle sortit, elle portait un pantalon confortable et un chemisier appartenant \u00e0 Norma. M\u00eame propre et coiff\u00e9e, elle semblait perdue, comme si elle avait peur de toucher les meubles ou de salir le sol.<\/p>\n<p>Roberto r\u00e9chauffa du poulet avec du mole et du riz.<\/p>\n<p>\u2014 Mange, maman.<\/p>\n<p>Elle prit la fourchette avec timidit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Je ne veux pas abuser.<\/p>\n<p>\u2014 Cette nourriture est \u00e0 toi aussi.<\/p>\n<p>Juana mangea lentement, regardant son assiette comme quelqu&#8217;un qui craint qu&#8217;on ne vienne la lui enlever.<\/p>\n<p>Puis elle commen\u00e7a \u00e0 raconter.<\/p>\n<p>Deux ans auparavant, Marcos l&#8217;avait convaincue de vendre sa petite maison \u00e0 Iztapalapa et d&#8217;emm\u00e9nager chez lui. Il avait promis de prendre soin d&#8217;elle. Roberto envoyait dix mille pesos par mois pour sa nourriture, ses m\u00e9dicaments et ses besoins.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, tout fonctionnait.<\/p>\n<p>Puis Marcos commen\u00e7a \u00e0 dire que l&#8217;argent ne suffisait pas. Il lui demanda de manger moins, de renoncer \u00e0 certains m\u00e9dicaments et de ne pas appeler Roberto parce qu&#8217;il \u00e9tait sous trop de pression.<\/p>\n<p>Trois mois plus t\u00f4t, il l&#8217;avait envoy\u00e9e chez une voisine, en apparence pour quelques jours.<\/p>\n<p>Il n&#8217;\u00e9tait jamais revenu la chercher.<\/p>\n<p>Juana \u00e9tait pass\u00e9e de maisons pr\u00eat\u00e9es en refuges, jusqu&#8217;\u00e0 se retrouver compl\u00e8tement seule.<\/p>\n<p>\u2014 Qu&#8217;est-il arriv\u00e9 \u00e0 l&#8217;argent de la vente de ta maison ? demanda Roberto.<\/p>\n<p>Elle p\u00e2lit.<\/p>\n<p>\u2014 Marcos a dit qu&#8217;il l&#8217;avait mis de c\u00f4t\u00e9 pour mon avenir.<\/p>\n<p>\u2014 C&#8217;\u00e9tait combien ?<\/p>\n<p>\u2014 Pr\u00e8s de neuf cent mille pesos.<\/p>\n<p>Roberto laissa tomber sa cuill\u00e8re.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 ce moment-l\u00e0, il avait cru que son fr\u00e8re n&#8217;avait d\u00e9tourn\u00e9 que les mensualit\u00e9s. Mais il y avait quelque chose de bien plus grave.<\/p>\n<p>Il prit son t\u00e9l\u00e9phone et appela Marcos.<\/p>\n<p>\u2014 J&#8217;ai trouv\u00e9 maman en train de mendier.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;autre bout du fil, il n&#8217;y eut pas de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>\u2014 Demain, tu vas m&#8217;expliquer ce que tu as fait de chaque peso qu&#8217;elle t&#8217;a donn\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Roberto, laisse-moi t&#8217;expliquer\u2026<\/p>\n<p>\u2014 Et je veux aussi savoir o\u00f9 sont les neuf cent mille pesos de sa maison.<\/p>\n<p>Le silence de Marcos confirma le pire.<\/p>\n<p>\u2014 Tu ne les as plus, n&#8217;est-ce pas ?<\/p>\n<p>Roberto raccrocha.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, il trouva Juana assise sur le lit, serrant un oreiller dans ses bras.<\/p>\n<p>\u2014 J&#8217;ai peur de me r\u00e9veiller et d&#8217;\u00eatre encore dans la rue, chuchota-t-elle.<\/p>\n<p>Il s&#8217;assit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;elle.<\/p>\n<p>\u2014 Tu n&#8217;y retourneras pas.<\/p>\n<p>Mais alors que sa m\u00e8re s&#8217;appuyait sur son \u00e9paule, le t\u00e9l\u00e9phone de Roberto vibra.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait un message de Marcos :<\/p>\n<p>\u00ab Ne viens pas chez moi. L&#8217;argent n&#8217;existe plus et il y a des gens dangereux impliqu\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Partie 2<\/p>\n<p>Roberto conduisit jusqu&#8217;\u00e0 Santa Mar\u00eda la Ribera avant le lever du jour.<\/p>\n<p>Il trouva la maison de Marcos avec la porte entrouverte et une fen\u00eatre bris\u00e9e. \u00c0 l&#8217;int\u00e9rieur, les meubles \u00e9taient sens dessus dessous. Camila, sa belle-s\u0153ur, pleurait pr\u00e8s de la table tout en ramassant des \u00e9clats de verre sur le sol.<\/p>\n<p>\u2014 O\u00f9 est Marcos ?<\/p>\n<p>\u2014 Ils l&#8217;ont emmen\u00e9 hier soir.<\/p>\n<p>Roberto resta immobile.<\/p>\n<p>Camila expliqua que Marcos jouait \u00e0 des jeux d&#8217;argent depuis des ann\u00e9es. D&#8217;abord sur des matchs, puis dans des casinos clandestins et enfin aupr\u00e8s d&#8217;usuriers qui appliquaient des taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat impossibles. Il avait utilis\u00e9 l&#8217;argent de Juana pour couvrir ses dettes, croyant qu&#8217;il allait remporter un gros pari et tout rembourser.<\/p>\n<p>La dette n&#8217;avait fait qu&#8217;augmenter.<\/p>\n<p>\u2014 Qui l&#8217;a emmen\u00e9 ?<\/p>\n<p>\u2014 Un homme qu&#8217;on appelle el G\u00fcero Salas. Marcos lui a promis de payer aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>\u2014 Combien ?<\/p>\n<p>\u2014 Plus d&#8217;un million.<\/p>\n<p>Roberto ressentit un m\u00e9lange amer de col\u00e8re et de peur. Son fr\u00e8re avait abandonn\u00e9 sa m\u00e8re, mais maintenant il pouvait \u00eatre en danger.<\/p>\n<p>Dans une chambre, il trouva des cartons avec les v\u00eatements de Juana, son acte de naissance, des ordonnances m\u00e9dicales et un livret bancaire vide. Tout \u00e9tait couvert de poussi\u00e8re, comme si Marcos avait effac\u00e9 sa m\u00e8re de la maison sans m\u00eame prendre la peine de se d\u00e9barrasser de ses affaires.<\/p>\n<p>Roberto retourna \u00e0 l&#8217;appartement avec les cartons.<\/p>\n<p>En les voyant, Juana porta une main \u00e0 sa bouche.<\/p>\n<p>\u2014 O\u00f9 est ton fr\u00e8re ?<\/p>\n<p>Roberto ne voulut pas mentir.<\/p>\n<p>\u2014 Il a des probl\u00e8mes. Graves.<\/p>\n<p>Elle comprit imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>\u2014 Est-il vivant ?<\/p>\n<p>\u2014 Je l&#8217;esp\u00e8re.<\/p>\n<p>Do\u00f1a Juana ferma les yeux. La trahison n&#8217;avait pas effac\u00e9 l&#8217;amour d&#8217;une m\u00e8re. Elle s&#8217;assit et commen\u00e7a \u00e0 prier en silence.<\/p>\n<p>Roberto contacta un avocat et le parquet. Il v\u00e9rifia \u00e9galement les relev\u00e9s bancaires. Il d\u00e9couvrit que Marcos avait retir\u00e9 tout l&#8217;argent de la vente de la maison en dix-huit mois.<\/p>\n<p>Une grande partie avait fini sur des comptes li\u00e9s \u00e0 des paris et \u00e0 des pr\u00eats informels.<\/p>\n<p>Mais il y avait un dernier retrait de trois cent mille pesos effectu\u00e9 seulement quatre jours plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>\u2014 Il pourrait encore en avoir une partie, dit l\u2019avocat. Ou peut-\u00eatre a-t-il essay\u00e9 de n\u00e9gocier avec ses cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, Roberto re\u00e7ut un appel d\u2019un num\u00e9ro inconnu.<\/p>\n<p>\u2014 C\u2019est toi le fr\u00e8re riche ?<\/p>\n<p>La voix masculine semblait calme.<\/p>\n<p>\u2014 Je veux parler \u00e0 Marcos.<\/p>\n<p>\u2014 Ton fr\u00e8re a promis de l\u2019argent qu\u2019il n\u2019a pas. Mais il dit que toi, tu l\u2019as.<\/p>\n<p>\u2014 Dis-moi o\u00f9 il est.<\/p>\n<p>\u2014 \u00c9coute d\u2019abord. Demain \u00e0 neuf heures, dans un entrep\u00f4t de la Central de Abasto. Apporte cinq cent mille en liquide et viens seul.<\/p>\n<p>\u2014 Je veux une preuve qu\u2019il est encore en vie.<\/p>\n<p>On entendit un coup, puis la voix bris\u00e9e de Marcos.<\/p>\n<p>\u2014 Ne viens pas, mon fr\u00e8re. Appelle la police.<\/p>\n<p>L\u2019appel prit fin.<\/p>\n<p>Roberto informa les autorit\u00e9s, bien qu\u2019elles l\u2019aient averti qu\u2019une intervention pr\u00e9cipit\u00e9e pouvait mettre Marcos encore plus en danger.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, Juana entendit une partie de la conversation.<\/p>\n<p>\u2014 Je viens avec toi, dit-elle.<\/p>\n<p>\u2014 Pas question.<\/p>\n<p>\u2014 Marcos a fait une chose terrible, mais il reste mon fils.<\/p>\n<p>\u2014 C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cela que tu dois rester ici.<\/p>\n<p>Elle le regarda avec fermet\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Quand tu avais huit ans, tu as eu une pneumonie. J\u2019ai pass\u00e9 trois nuits assise au chevet de ton lit. Quand Marcos en avait douze et qu\u2019il a disparu, j\u2019ai arpent\u00e9 tout Iztapalapa jusqu\u2019\u00e0 ce que je le retrouve.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas cess\u00e9 d\u2019\u00eatre m\u00e8re parce que vous avez grandi.<\/p>\n<p>Roberto baissa la t\u00eate.<\/p>\n<p>\u2014 On a failli te perdre par sa faute.<\/p>\n<p>\u2014 Et je ne veux pas le perdre \u00e0 cause de sa honte.<\/p>\n<p>Le lendemain matin, Roberto apporta une valise contenant l\u2019argent. La police surveillait \u00e0 distance.<\/p>\n<p>L\u2019entrep\u00f4t \u00e9tait presque vide. Il y r\u00e9gnait une odeur d\u2019humidit\u00e9, de fruits pourris et d\u2019huile. Marcos \u00e9tait assis sur une chaise, le visage tum\u00e9fi\u00e9.<\/p>\n<p>Devant lui se trouvaient trois hommes.<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai apport\u00e9 l\u2019argent, dit Roberto.<\/p>\n<p>El G\u00fcero sourit.<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai toujours su que tu viendrais.<\/p>\n<p>Roberto ouvrit la valise.<\/p>\n<p>\u2014 Lib\u00e9rez-le d\u2019abord.<\/p>\n<p>\u2014 \u00c7a ne marche pas comme \u00e7a.<\/p>\n<p>\u00c0 cet instant, un bruit se fit entendre derri\u00e8re la porte. Do\u00f1a Juana entra en marchant avec peine.<\/p>\n<p>Roberto sentit son c\u0153ur s\u2019arr\u00eater.<\/p>\n<p>\u2014 Maman ! Qu\u2019est-ce que tu fais l\u00e0 ?<\/p>\n<p>Elle ne r\u00e9pondit pas. Elle regarda el G\u00fcero et sortit une chemise de son sac.<\/p>\n<p>\u2014 Voici le titre de propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un terrain dont j\u2019ai h\u00e9rit\u00e9 de mes parents, dit-elle. Il vaut plus que ce qu\u2019il vous doit.<\/p>\n<p>Marcos leva la t\u00eate, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Non, maman !<\/p>\n<p>L\u2019homme prit la chemise et commen\u00e7a \u00e0 l\u2019examiner.<\/p>\n<p>Juana s\u2019approcha de son fils.<\/p>\n<p>\u2014 Une m\u00e8re peut pardonner beaucoup de choses, mais elle ne laissera pas tuer l\u2019un de ses enfants sous ses yeux.<\/p>\n<p>Soudain, des sir\u00e8nes retentirent. Les hommes tent\u00e8rent de s\u2019enfuir. La police fit irruption par deux acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Il y eut des cris, des coups et une d\u00e9tonation.<\/p>\n<p>Juana s\u2019effondra au sol.<\/p>\n<p>Roberto courut vers elle. Il y avait du sang sur son chemisier.<\/p>\n<p>\u2014 Maman, regarde-moi !<\/p>\n<p>Marcos, toujours ligot\u00e9, hurlait \u00e0 l\u2019aide.<\/p>\n<p>Dans l\u2019ambulance, Juana perdit connaissance. La balle avait effleur\u00e9 son flanc, mais la perte de sang \u00e9tait importante et son \u00e9tat de d\u00e9nutrition compliquait tout.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019H\u00f4pital G\u00e9n\u00e9ral, Roberto et Marcos attendaient \u00e0 quelques m\u00e8tres l\u2019un de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Marcos avait le visage boursoufl\u00e9 et les mains tremblantes.<\/p>\n<p>\u2014 Tout cela est de ma faute.<\/p>\n<p>Roberto le fixa avec rage.<\/p>\n<p>\u2014 Oui.<\/p>\n<p>Marcos se mit \u00e0 pleurer.<\/p>\n<p>\u2014 Je voulais juste r\u00e9cup\u00e9rer ce que j\u2019avais perdu. Chaque pari semblait \u00eatre le dernier.<\/p>\n<p>\u2014 Pendant que tu essayais de r\u00e9cup\u00e9rer de l\u2019argent, elle perdait sa maison, ses m\u00e9dicaments et m\u00eame le droit de se sentir humaine.<\/p>\n<p>Une femme m\u00e9decin sortit du bloc op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>\u2014 L\u2019op\u00e9ration est termin\u00e9e, mais son c\u0153ur est faible. Les prochaines heures seront d\u00e9cisives.<\/p>\n<p>Roberto entra pour la voir.<\/p>\n<p>Juana \u00e9tait entour\u00e9e de tuyaux. Il lui prit la main et y posa son front.<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai b\u00e2ti des entreprises, achet\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s, voyag\u00e9 dans le monde entier\u2026 et je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 capable de voir que ma m\u00e8re \u00e9tait en train de dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Les doigts de Juana boug\u00e8rent \u00e0 peine.<\/p>\n<p>Roberto leva la t\u00eate.<\/p>\n<p>Elle n\u2019ouvrit pas les yeux, mais elle serra faiblement sa main.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un signe infime.<\/p>\n<p>Suffisant pour esp\u00e9rer.<\/p>\n<p>Partie 3<\/p>\n<p>Juana se r\u00e9veilla deux jours plus tard.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose qu\u2019elle vit fut ses deux fils assis de chaque c\u00f4t\u00e9 du lit. Roberto lui tenait la main. Marcos avait le regard fix\u00e9 sur le sol.<\/p>\n<p>\u2014 Vous avez l\u2019air d\u2019enfants punis, murmura-t-elle.<\/p>\n<p>Roberto laissa \u00e9chapper un rire bris\u00e9.<\/p>\n<p>Marcos s\u2019approcha.<\/p>\n<p>\u2014 Je ne sais pas comment te demander pardon.<\/p>\n<p>\u2014 Alors ne commence pas par des mots, r\u00e9pondit Juana. Commence par ce que tu feras quand nous sortirons d\u2019ici.<\/p>\n<p>Marcos acquies\u00e7a en pleurant.<\/p>\n<p>El G\u00fcero et ses hommes furent arr\u00eat\u00e9s. L\u2019acte que Juana avait apport\u00e9 \u00e0 l\u2019entrep\u00f4t \u00e9tait une vieille copie sans valeur l\u00e9gale. Elle avait entendu Roberto parler \u00e0 la police et avait suivi le v\u00e9hicule, accompagn\u00e9e de Norma, convaincue que ses fils avaient besoin de la voir pour se rappeler pourquoi ils devaient sortir vivants de cet endroit.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa sortie de l\u2019h\u00f4pital, Juana retourna \u00e0 l\u2019appartement de Roberto.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res semaines furent difficiles. Elle se r\u00e9veillait \u00e0 l\u2019aube en cherchant son sac. Elle gardait le pain dans les tiroirs et demandait la permission avant d\u2019ouvrir le r\u00e9frig\u00e9rateur.<\/p>\n<p>Norma commen\u00e7a \u00e0 l\u2019accompagner au march\u00e9 de Medell\u00edn. Elles marchaient entre les \u00e9tals de fruits, de fleurs et de nourriture, discutant avec les marchandes qui eurent t\u00f4t fait d\u2019apprendre son nom.<\/p>\n<p>Marcos entra dans un programme pour soigner sa d\u00e9pendance au jeu. Il vendit sa voiture, ses \u00e9lectrom\u00e9nagers et tout ce qu&#8217;il put r\u00e9cup\u00e9rer. Il trouva un travail dans un atelier et remettait directement \u00e0 Juana une partie de chaque salaire.<\/p>\n<p>Elle n&#8217;oublia pas ce qui s&#8217;\u00e9tait pass\u00e9.<\/p>\n<p>Elle ne retourna m\u00eame pas vivre avec lui.<\/p>\n<p>Le pardon arriva lentement, par de petits gestes : une visite ponctuelle, une ordonnance retir\u00e9e, un coup de fil sans mensonges, un apr\u00e8s-midi entier pass\u00e9 \u00e0 r\u00e9parer une chaise sans rien demander en \u00e9change.<\/p>\n<p>Roberto aussi changea.<\/p>\n<p>Il annula les voyages inutiles et r\u00e9serva ses dimanches pour prendre le petit-d\u00e9jeuner avec sa m\u00e8re. Il ne prenait plus de ses nouvelles par des tiers. Il s&#8217;asseyait en face de Juana et \u00e9coutait m\u00eame les histoires r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<p>Trois mois plus tard, Juana annon\u00e7a qu&#8217;elle voulait un espace \u00e0 elle.<\/p>\n<p>\u2014Je ne veux pas passer de la d\u00e9pendance envers Marcos \u00e0 la d\u00e9pendance envers toi.<\/p>\n<p>Roberto essaya de protester.<\/p>\n<p>\u2014Ici, tu as tout.<\/p>\n<p>\u2014Je sais. C&#8217;est pour cela que je peux partir sans peur. Parce que maintenant je sais que je peux t&#8217;appeler.<\/p>\n<p>Ils trouv\u00e8rent un petit appartement dans la colonia Del Valle, pr\u00e8s d&#8217;une \u00e9glise, d&#8217;un parc et du centre communautaire que Juana commen\u00e7a \u00e0 fr\u00e9quenter. Il avait deux chambres, une cuisine lumineuse et un balcon o\u00f9 elle mit des pots de g\u00e9raniums.<\/p>\n<p>Le jour du d\u00e9m\u00e9nagement, Roberto lui remit les cl\u00e9s.<\/p>\n<p>\u2014Cette fois, personne ne pourra te dire quand entrer ou sortir.<\/p>\n<p>Juana referma ses doigts autour d&#8217;elles.<\/p>\n<p>\u2014Cette fois, je ne me tairai m\u00eame pas si quelque chose me fait mal.<\/p>\n<p>Le mois de d\u00e9cembre suivant, elle pr\u00e9para le d\u00eener de No\u00ebl.<\/p>\n<p>La table n&#8217;\u00e9tait pas luxueuse. Il y avait de la dinde, du riz, des romeritos, une salade de pommes et une carafe de ponche fumant. Marcos arriva t\u00f4t avec du pain sucr\u00e9.<\/p>\n<p>Roberto apporta des fleurs et laissa son t\u00e9l\u00e9phone portable \u00e9teint dans sa veste.<\/p>\n<p>Pendant le d\u00eener, il y eut des silences, mais ce n&#8217;\u00e9taient plus des silences de peur.<\/p>\n<p>Marcos parla de sa th\u00e9rapie et montra les re\u00e7us des paiements qu&#8217;il continuait \u00e0 faire. Roberto raconta que son entreprise allait financer un programme pour les personnes \u00e2g\u00e9es sans abri, inspir\u00e9 par des femmes qui, comme Juana, disparaissaient peu \u00e0 peu dans les rues.<\/p>\n<p>Elle \u00e9couta sans ostentation d&#8217;orgueil.<\/p>\n<p>Puis elle leva sa tasse.<\/p>\n<p>\u2014\u00c0 ceux qui recommencent \u00e0 se regarder dans les yeux.<\/p>\n<p>Tous trois trinqu\u00e8rent.<\/p>\n<p>Du balcon, on voyait les lumi\u00e8res de la ville. Au loin, on entendait des feux d&#8217;artifice et la musique d&#8217;une posada voisine.<\/p>\n<p>Roberto observa sa m\u00e8re. Elle portait la robe bleue qu&#8217;elle avait choisie un an auparavant. Elle ne cachait plus la nourriture et ne demandait plus la permission de se servir une autre assiette.<\/p>\n<p>Marcos s&#8217;approcha pour l&#8217;aider \u00e0 d\u00e9barrasser.<\/p>\n<p>\u2014Laisse, dit-elle. Aujourd&#8217;hui, je veux m&#8217;asseoir un peu.<\/p>\n<p>Et elle s&#8217;assit.<\/p>\n<p>Sans culpabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Sans se presser de prouver qu&#8217;elle m\u00e9ritait d&#8217;\u00eatre l\u00e0.<\/p>\n<p>Roberto comprit alors que c&#8217;\u00e9tait le plus grand triomphe qu&#8217;il ait jamais vu de sa vie : une femme qui avait \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9e de sa propre famille et qui recouvrait le droit d&#8217;occuper de l&#8217;espace.<\/p>\n<p>Juana regarda ses fils imparfaits, encore bless\u00e9s, mais pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>Un an plus t\u00f4t, elle avait demand\u00e9 des pi\u00e8ces entre les voitures. Maintenant, elle avait une petite maison, ses propres cl\u00e9s et deux num\u00e9ros qu&#8217;elle pouvait appeler sans peur.<\/p>\n<p>Elle n&#8217;avait pas r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 tout ce qu&#8217;elle avait perdu.<\/p>\n<p>Elle avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 quelque chose de plus important.<\/p>\n<p>Elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>L&#8217;histoire ci-dessus est un recueil et n&#8217;est pas une histoire vraie.<\/p>\n<p><em>L&#8217;histoire ci-dessus est une compilation et n&#8217;est pas une histoire vraie.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Partie 1 Le feu passa au vert, mais Roberto Torres n\u2019avan\u00e7a pas. Les klaxons commenc\u00e8rent \u00e0 retentir derri\u00e8re sa berline noire, se m\u00ealant au bruit des vendeurs ambulants, des camions &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":13065,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-13064","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-drama-sory"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13064","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13064"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13064\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13066,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13064\/revisions\/13066"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13065"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13064"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13064"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lastestdrama.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13064"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}